#18 | Avril 2025 Soigner et prendre soin Nos initiatives • Un exosquelette conçu pour et par des soignants • L’étude clinique Oppozic' Le dossier encarté L'Hôpital à Domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
2 4 Nos initiatives • LNA Santé : acteur majeur des interventions non médicamenteuses Un exosquelette conçu pour et par des soignants • L’étude clinique Oppozic' • Mangeons, Bougeons, Sourions 9 Projets & actus des établissements • La prise en charge de la maladie de Charcot-Marie-Tooth • Une plateforme numérique dédiée à la rééducation • La boxe, un second souffle en Ehpad 12 Nos projets Immo • Construction du futur Institut de Réadaptation du Cap Ouest : un modèle de durabilité Le Dossier encarté : L'hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai ! Sommaire Chiffres clés ENVIRON 30 % des hospitalisations en HAD concernent les soins palliatifs Chiffres clés sur l’HAD (Hôpital à Domicile) 24 000 patients pris en charge en moyenne chaque jour Plus de la moitié des séjours en HAD accueillent des personnes âgées. L’HAD Pédiatrie correspond à 6,5 % des séjours en HAD. L’HAD ne représente que 2% des hospitalisations. On compte 288 HAD dont 61 HAD privés commerciaux. En 2021, le montant du coût global de l'HAD s’élève à 1,53 milliard d’euros, soit 0,5% des dépenses de l’Assurance Maladie. Sources : Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH), données 2023 • Fédération nationale des établissements d’hospitalisation à domicile (FNEHAD), données 2021 • Analyse de l’activité hospitalière 2022 en SMR ATIH- 2022 • DREES – Ministère des solidarités et de la santé – 2020 • Fédération Hospitalisation Privée
Pour les professionnels de l’Hospitalisation à Domicile (HAD) et pour les patients qui en bénéficient, la légitimité en matière de soins complexes et techniques à domicile n’est plus à prouver, comme en témoigne le développement récent de nouvelles spécialités. Et pourtant, elle reste largement sous-utilisée alors même que son potentiel est immense ! En 2024, elle représente encore moins de 2 % des hospitalisations. Il est temps d’accélérer, de structurer et de faire évoluer cette offre pour répondre aux défis de santé actuels et futurs. LNA Santé, à travers l’expertise reconnue de ses 11 HAD, démontre chaque jour la pertinence de son offre de soins à domicile. Plus de 1200 patients bénéficient quotidiennement de soins médicotechniques complexes sur leur lieu de vie, qu’il s’agisse de soins postopératoires, de chimiothérapies, de rééducation ou encore d’accompagnement en soins palliatifs. Ce dernier point est essentiel : permettre aux patients requérant de soins complexes ou en fin de vie, de rester chez eux, entourés de leurs proches, avec un suivi médical de qualité. C’est une avancée majeure dans l’humanisation des soins. L’HAD devient un choix de vie autant qu’un choix de soins. Pourtant, des défis restent à relever. L’intégration de l’HAD dans les parcours de soins doit devenir systématique et non une option de dernier recours. Il est fondamental que les acteurs de santé, en ville comme à l’hôpital adoptent pleinement cette approche. Cette transformation nécessite une collaboration renforcée entre établissements de santé, praticiens libéraux et structures médico-sociales. C’est ce que nous construisons chaque jour chez LNA Santé, grâce à des partenariats clés innovants, comme les admissions directes en HAD depuis le service d’accueil des urgences (SAU) du Grand Hôpital de l’Est Francilien (GHEF), la pérennisation dans tous nos HAD, de la mise en place des IDE de liaison au sein des SAU au dispositif de garde des IDE de nuit en Ehpad (GINE). L’HAD a également un rôle essentiel à jouer dans la lutte contre la désertification médicale, la réduction des tensions hospitalières et l’engorgement des urgences. Les procédés mis en place par LNA Santé, comme la sécurisation des Ehpad la nuit, grâce à l’intervention des infirmières de l’HAD ou les interventions en soins non programmés en partenariat avec le SAMU, montrent que l'hospitalisation à domicile peut être une réponse concrète aux besoins de soins de proximité. De même, les innovations technologiques — télémédecine, domicile connecté — doivent être renforcées pour permettre une prise en charge encore plus efficace et sécurisée. Mais pour que l’HAD atteigne pleinement son potentiel, une mobilisation collective est indispensable. Les prescripteurs doivent s’approprier pleinement ce mode d’hospitalisation et les patients doivent être mieux informés sur cette possibilité. Les pouvoirs publics doivent soutenir davantage l’HAD en facilitant son développement et en simplifiant son accès. Au moment où la nécessité de simplifier les règles et les normes à l’échelle du pays et de l’Europe est enfin reconnue, et débattue, il est impératif aussi d’éviter de complexifier sa tarification et d’en limiter son développement, comme les prémices d’une énième réforme tarifaire dans la santé semblent le faire craindre. L’HAD est une réponse concrète aux enjeux d’un système de santé en mutation et une source majeure d’économies potentielles pour l’Assurance Maladie. Avec conviction et détermination, LNA Santé continue d’innover et de structurer cette offre pour qu’elle devienne un pilier incontournable des soins de proximité. Ensemble, jouons collectif et transformons l’essai ! WILLY SIRET, Directeur Général 3
Évaluer la pertinence du premier guide INM Le projet INM a été lancé en 2020 avec pour ambition d'intégrer ces pratiques dans tous les parcours de soins, pour améliorer ainsi le bien-être des résidents. En 2022, un premier guide a été élaboré avec près de 140 professionnels pour accompagner les équipes dans l'implémentation des INM de manière harmonisée. Le guide leur a permis de s'approprier la démarche et de l’adapter tout en respectant une cohérence commune. Un an après son déploiement, plus de 90% des répondants ont confirmé son usage pratique lors des réunions pluridisciplinaires (staff) et pour la mise en place d’ateliers thérapeutiques. Le guide INM 2 : une nouvelle version pour une approche systémique Depuis septembre 2024, LNA Santé a lancé la version 2 du Guide INM pour clarifier et distinguer les activités ainsi que les interventions non médicamenteuses authentiques. Ce nouveau guide se divise en deux parties : la première met l’accent sur les approches « non médicamenteuses » qui prend en compte l'environnement du patient tel que l’aménagement des espaces de vie, l’adaptation des stimuli sensoriels et la création de conditions propices au bien-être qui sont désormais intégrés ainsi que les approches de soins. Il détaille comment la posture, la disponibilité, la qualité relationnelle influencent le bien-être. La seconde partie du guide éclaire sur la différence entre activité et INM. Elle préconise les INM indiquées en fonction des besoins du résident ainsi que leur évaluation. LNA Santé : acteur majeur des interventions non médicamenteuses Depuis 2020, LNA Santé s’est fermement engagée dans la promotion des Interventions Non Médicamenteuses (INM) au sein de ses Ehpad. Les INM sont des méthodes ciblées sur un problème de santé, efficaces, sûres et encadrées par des professionnels formés. Elles sont désormais au cœur des pratiques de soins chez LNA Santé. Cette dynamique d'innovation en santé portée par le Dr Laure Jouatel, directrice médicale au sein des établissements médico-sociaux LNA Santé, et Magali Franchet, psychologue et thérapeute référente, a permis de faire progresser ces approches au fil des années. Nos initiatives 4
1. L’expérience de cohabitation d’un groupe de soignants, d’artistes et de patients atteints d'Alzheimer, pendant 15 jours dans un cadre de vie désinstitutionnalisé 2. Voir l’article dédié en page 7 3.Non Pharmacological Intervention Society Perspectives : les INM, un axe stratégique en pleine expansion Les professionnels perçoivent les INM comme un axe indispensable de leur approche. Ce développement s’inscrit d’ailleurs dans l’axe 1 du projet stratégique « Grandir ensemble 3 » de l’entreprise. Certains projets portent sur l’environnement (partie 1 du Guide INM V2) : • Un projet porté par la démarche SENS vise à explorer l'impact du port des tenues civiles sur la qualité de vie non seulement des résidents atteints d'Alzheimer, mais aussi celle au travail des professionnels. • Dans la continuité du film « Les Esprits libres 1 », tourné en 2022 à Loctudy (Bretagne), et diffusé sur les écrans en avril, un ouvrage illustré coécrit par le Dr Laure Jouatel et Bertrand Hagenmüller sortira cet été, avec le soutien de la CNSA. Il fait suite à l’étude exploratoire menée par Laure Jouatel en 2022. D’autres projets évaluent l’impact des INM sur la santé des résidents comme le projet de recherche « Oppozic' 2» piloté par la cellule d’appui à la recherche LNA Santé et bientôt le projet de musicothérapie (« Harpe-thérapie ») sur les troubles psycho-comportementaux (Résidence La Villa Eléonore). LNA Santé, partenaire de la NPIS Depuis 2024, LNA Santé est partenaire de la NPIS 3, une société savante dédiée aux INM. Ce partenariat est une étape clé pour faire des INM une composante essentielle du parcours de soins validée scientifiquement et intégrée dans les pratiques médicales quotidiennes. Les membres de la NPIS contribuent à la constitution d’un patrimoine universel de protocoles immatériels de santé ciblés, personnalisés et essentiels de prévention, de soins et d’aide à l’autonomie. Ce partenariat témoigne de l'engagement de notre entreprise dans la promotion des INM. Ainsi, LNA Santé est représentée au sein de la NPIS par Laure Jouatel, membre fondateur et membre du conseil d'administration de cette société. Le Dr Jouatel travaille sur la qualité du référentiel NPIS. En effet, l’intégration d’une INM dans ce référentiel se déroule en plusieurs étapes : soumission à la NPIS, évaluation selon des critères précis et une méthodologie scientifique rigoureuse, relecture et validation par un collège d’experts relecteurs, création d’une fiche détaillée de l’INM. Au plus près du terrain : le parti pris de la formation LNA Santé a fait de la formation un levier essentiel de la réussite du projet INM. Afin de garantir la bonne mise en œuvre des INM, Laure Jouatel et Magali Franchet assurent des sessions de sensibilisations en visio d’une heure auprès de tous les établissements médico-sociaux, pour présenter cette nouvelle version. En 2025, ce sont des formations complémentaires qui seront dispensées à deux niveaux : le niveau 1 s’adressera à tout soignant désirant se former et le niveau 2 aux médecins et thérapeutes, mais également aux assistants de soins en gérontologie (ASG) qui piloteront le déploiement des INM dans leurs établissements. À noter que 5 personnes volontaires (médecins et thérapeutes) bénéficient d’un DU au CHU de Caen. 5
Un exosquelette innovant entièrement conçu pour et par des soignants En fin d’année 2024, ErgoSanté (leader européen de la conception et la fabrication des exosquelettes non motorisés), en collaboration avec LNA Santé, a dévoilé le nouvel exosquelette « HAPO pour les Soignants » afin de prévenir les troubles musculo-squelettiques (TMS) liés aux tâches physiques répétitives et exigeantes du métier, notamment sur les transferts et la toilette au lit. Engagée dans une démarche structurée de prévention des risques, LNA Santé a initié, dès 2021, une expérimentation en vue de développer cet exosquelette spécifiquement conçu pour les aides-soignants. Depuis 4 ans, la cellule Innovation et la cellule d’Appui à la Recherche ainsi qu’un groupe de soignants de la Résidence Creisker, située à Guérande, sont mobilisés autour de ce projet, dans toutes les phases de développement. Ce travail de coconstruction a permis de tester et d’évaluer 4 prototypes successifs, affinés à chaque étape grâce aux retours des utilisateurs. L’approche scientifique adoptée (analyse, tests sur le terrain, ajustements techniques) a abouti à un dispositif ergonomique, léger et parfaitement adapté aux besoins spécifiques des soignants. Pesant moins de 900 grammes, le « HAPO pour les Soignants » est conçu pour être discret et pratique : il peut être porté sous une blouse, facile à enfiler (40 secondes). Grâce à des ressorts en matériau composite, il réduit les efforts lombaires en redirigeant les contraintes du haut du corps vers les cuisses. Ce soutien soulage significativement les soignants lors des tâches génératrices de TMS 1, tout en respectant la morphologie, notamment féminine, majoritaire dans la profession. LNA Santé entre désormais dans la phase de partage de l’expérimentation et de déploiement progressif au sein de ses établissements. Willy Siret, directeur général LNA Santé : « Nous avons à cœur de concrétiser la politique volontariste qui est la nôtre en matière de Qualité de Vie au Travail et en faveur de la santé de nos professionnels. Cette expérimentation a mis en évidence combien cette technologie s’avère être un levier concret et très prometteur en matière de prévention des risques, en particulier sur la prévention des accidents du travail et de l’usure professionnelle. » Dominique Seau, directeur général ErgoSanté : « Le quotidien d'une aide-soignante est caractérisé par des tâches exigeantes physiquement qui peuvent entraîner à long terme des douleurs lombaires et musculaires, des hernies discales et des problèmes articulaires. HAPO est un moyen efficace pour atténuer les contraintes physiques, améliorer les postures des soignants et leur bien-être au travail. » 1.troubles musculo-squelettique Nos initiatives « C’est très satisfaisant d’avoir participé à cette expérimentation. Tout au long des phases de test, nos remarques et nos besoins ont été pleinement pris en compte afin d’améliorer le dispositif. Aujourd’hui, le résultat est au rendez-vous. L’exosquelette me permet d’avoir la bonne posture systématiquement. » Margaux Crusson, aide-soignante 6
OPPOZIC' : une étude clinique face à l'opposition aux soins en Ehpad En Ehpad, la prise en soin de résidents souffrant de la maladie d'Alzheimer et de maladies apparentées peut représenter un défi au quotidien pour les soignants. Ces résidents présentent couramment des Symptômes PsychoComportementaux liés à la Démence (SPCD) (anxiété, dépression et apathie). Parmi eux, nous retrouvons également l’opposition aux soins. Souvent liés à un inconfort physique, psychologique et/ou des difficultés de communication, cette opposition impacte non seulement la qualité de vie des résidents, mais aussi le quotidien des soignants. Les Interventions Non Médicamenteuses (INM) sont recommandées pour la prise en soin de ces troubles neurocognitifs, dont l’approche musicale. Depuis 2020, Music Care©, outil d’intervention musicale réceptive, validé par plusieurs études cliniques, est utilisé dans les Ehpad LNA Santé pour apaiser l’anxiété, la douleur ou les oppositions aux soins. Toutefois, son utilisation reste variable selon les établissements. Éva Briand, coordinatrice d’études cliniques LNA Santé, souligne : « Il est préconisé de protocoliser l’intervention non médicamenteuse pour observer un impact sur les SPCD des résidents. » Face à ces enjeux, LNA Santé lance l’étude Oppozic', qui vise à évaluer l’impact de la protocolisation de Music Care© face à des situations d’opposition aux soins chez des résidents atteints de troubles neuroévolutifs majeurs. Objectifs et méthodologie L’étude, impliquant 16 établissements, répartira ses participants en 3 groupes : le premier conservera ses pratiques habituelles face à l’opposition aux soins, le second réalisera une séance quotidienne de 20 minutes de Music Care© pendant les soins et pour le dernier groupe, une séance quotidienne de 2 x 20 minutes, avant et pendant les soins pendant 4 semaines. L'évaluation reposera sur la réalisation des soins (critère principal) et sur des critères secondaires : la durée des soins, le recours aux psychotropes, l'impact sur les symptômes psychocomportementaux et sur l’épuisement des soignants. 60 résidents volontaires seront suivis par les pilotes dans chaque Ehpad : médecin coordinateur et thérapeutes. Impacts attendus et perspectives Les attendus ? Réduire les situations d’opposition aux soins, la durée des soins et améliorer la relation soignantsoigné. Elle permettra également de positionner cette INM comme une proposition incontournable, avec une posologie spécifique, à l'opposition aux soins. Oppozic' pourrait marquer un tournant dans la prise en soin des résidents en Ehpad, pour apaiser ces oppositions et rétablir la relation soignant-soigné. Résultats attendus fin 2027. 7
Face aux défis de la dénutrition, des chutes et des troubles bucco-dentaires, LNA Santé déploie un programme innovant : « Mangeons, Bougeons, Sourions ». Il s’inscrit dans le plan stratégique « Grandir Ensemble 3 », qui place le bien-être des résidents au cœur des priorités de l’entreprise. Conçu pour être pleinement opérationnel d’ici à 2026, ce projet vise à améliorer la qualité de vie des résidents grâce à une prise en charge pluridisciplinaire, intégrant l’alimentation, la mobilité et la santé orale. Sophie Drévillon, médecin coordinatrice à la Villa Tohannic (Vannes) et médecin référente du projet, explique : « À l’origine, le projet portait principalement sur la nutrition. Mais une alimentation équilibrée n’est pas suffisante si la mobilité et la santé bucco-dentaire ne sont pas prises en considération. On connaît la spirale de la dénutrition : un résident qui ne peut pas bien mâcher aura tendance à moins manger, entraînant une dénutrition avec sarcopénie qui, associée à un manque d’activité physique, majore le risque de chute. Ce programme global permet d’agir en synergie sur ces trois piliers essentiels. » Le projet est structuré en trois groupes de travail pluridisciplinaires impliquant divers professionnels tels que des médecins, kinésithérapeutes, infirmiers, chefs cuisiniers, diététicien, EAPA, responsables hôteliers et ergothérapeutes : nutrition, mobilité et santé buccodentaire. Le premier groupe travaille déjà au développement de repas équilibrés, enrichis et adaptés aux besoins des résidents. Le deuxième prévoit des séances d’activité physique hebdomadaires, avec un suivi individualisé pour la prévention de la perte musculaire et des chutes. Le dernier groupe se concentre sur les bilans dentaires, les soins préventifs et la formation des équipes CSO (Correspondant en Santé Orale). Ce projet se veut flexible et évolutif. Dans une première phase pilote, les établissements impliqués testeront les protocoles, permettant d’apporter des ajustements en fonction des retours d’expérience. Une fois les premiers résultats consolidés, les formations et les supports pédagogiques seront progressivement déployés à l’ensemble des Ehpad de l’entreprise en 2026. Ce programme vise un changement profond des habitudes des équipes soignantes et des résidents. Le principal défi réside dans la coordination des équipes et un engagement de tous. Chacun doit être formé et sensibilisé pour assurer une cohérence dans la mise en place des recommandations. Un autre enjeu est l’adhésion des résidents au projet « résident acteur ». Avec ce programme, LNA Santé innove en soins gériatriques en intégrant les enjeux de nutrition, de mobilité et de santé bucco-dentaire dans une approche préventive globale. Mangeons, Bougeons, Sourions : Une approche globale pour améliorer la qualité de vie des résidents en Ehpad Nos initiatives 8
Charcot-Marie-Tooth : une prise en charge spécialisée pour préserver l’autonomie La maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT) est une neuropathie périphérique rare et héréditaire touchant environ 200 000 personnes en France. Découverte en 1886 par Charcot, Marie et Tooth, la CMT regroupe plus de 80 mutations génétiques connues, mais beaucoup de mutations restent encore non identifiées. Le diagnostic repose sur un examen clinique, un électroneuromyogramme (ENMG) pour évaluer la conduction nerveuse, la réalisation d’un arbre généalogique et parfois un test ADN pour identifier les mutations génétiques. L’atteinte est le plus souvent une perte de force et de sensibilité au niveau des pieds puis au niveau des mains. Il existe cependant d’autres symptômes associés : déformations du pied (pieds creux, orteils en griffe), scoliose, hypoacousie, tremblements, atteinte cardiaque ou diaphragmatique. Le diagnostic peut être posé dès l'enfance ou plus tardivement à l’âge adulte. Prise en charge multidisciplinaire En l’absence de traitement curatif, la prise en charge repose sur une approche multidisciplinaire impliquant neurologues, kinésithérapeutes, podologues, chirurgiens et médecins MPR. L’objectif est d'améliorer le quotidien des patients et de ralentir l’évolution de la maladie. À l’Institut de Réadaptation de Romainville, le Dr Maeva Ferrari, spécialiste en neuro-orthopédie, accompagne les patients avec des programmes de rééducation personnalisés. Elle souligne l’importance des soins prodigués par les podologues et orthoprothésistes : « Ils soulagent les douleurs et limitent l’aggravation des déformations. Les kinésithérapeutes travaillent avec des programmes adaptés à la fatigue et à la douleur des patients. Le quotidien de nombreux patients s’est vraiment amélioré grâce à ces interventions », précise-t-elle. Suivi à long terme et comportements neuroprotecteurs Le suivi à long terme est essentiel pour maintenir l’autonomie. Il inclut des exercices de rééducation, l’adaptation des appareillages orthopédiques et la surveillance des fonctions vitales, notamment cardiaques et respiratoires. Le respect de comportements neuroprotecteurs, comme une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et l’évitement de substances toxiques (alcool, tabac), est crucial. Manque de reconnaissance et défis du diagnostic Bien que la recherche progresse, la CMT reste difficile à diagnostiquer et manque de visibilité auprès du grand public. L’amélioration continue des soins et la sensibilisation des professionnels de santé sont des leviers importants pour une prise en charge plus efficace. LNA Santé est engagée dans l'accompagnement des maladies neuromusculaires. L’entreprise continue de structurer des parcours de soins optimisés et de promouvoir l’innovation en rééducation pour offrir une prise en charge globale et personnalisée à chaque patient. 1886 Année de découverte de la maladie CHIFFRES CLÉS 200 000 personnes touchées en France + de 80 mutations génétiques identifiées 21% Part des patients bénéficiant d’un suivi régulier en rééducation Projets & actus des établissements 9
Projets & actus des établissements Une plateforme qui remet en forme : quand le numérique prolonge la rééducation À l’Institut de Diabétologie et Nutrition du Centre (IDNC) de Mainvilliers, l’accompagnement des patients va au-delà de l’établissement. Un programme numérique innovant a été lancé pour le suivi post-hospitalisation après un séjour en Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR). Mélissa Papin, enseignante en Activité Physique Adaptée (EAPA), et son équipe, accompagnés de Céline Rémond, chargée de communication, ont créé cette plateforme après les demandes des patients souhaitant continuer leurs exercices chez eux. « Au lieu de donner des fiches imprimées à chaque séance, nous avons conçu une solution numérique simple et accessible » Avec l’appui du service communication de LNA Santé, un site internet a été développé, permettant aux patients de retrouver des exercices adaptés à leur condition physique. L’accès se fait par QR code, facilitant la transition entre le séjour en SMR et le retour à domicile. Un programme pour encourager l’autonomie et soutenir les proches aidants L’objectif est de maintenir les acquis de la réadaptation et d’inciter les patients à adopter des habitudes de vie saines après leur hospitalisation. « Le programme propose une bibliothèque d'exercices personnalisés pour prévenir la fonte musculaire, améliorer l’équilibre et accompagner la perte de poids tout en préservant la musculature », précise Mélissa Papin. Le contenu est élaboré selon les recommandations des soignants et les besoins des patients, avec des mises à jour régulières basées sur leurs retours d'expérience. Un projet évolutif avec de nouvelles fonctionnalités Dès le deuxième trimestre, la plateforme s’étendra pour inclure la nutrition, le soutien psychologique, l’accompagnement social et des informations sur les associations de patients. « Initialement axée sur l’activité physique, nous voulons aller plus loin en offrant une continuité des soins après l’hospitalisation. » Une alternative durable au papier Cette plateforme est également un choix plus vertueux. « Nous remplaçons les brochures papier par un accès numérique, réduisant ainsi notre consommation de documents imprimés tout en garantissant des informations toujours à jour », souligne madame Rémond. Une initiative qui pourrait s’étendre Face au succès de ce projet, l'idée d'étendre cette plateforme à d'autres établissements LNA Santé prend forme. Ce modèle pourrait être dupliqué dans plusieurs structures, apportant une solution innovante pour améliorer le suivi post-réadaptation. 10
La boxe, un second souffle en Ehpad À la Villa d’Épidaure à Garches, l’idée de proposer de la boxe aux résidents d’un Ehpad est devenue une réalité. Depuis deux ans, cette initiative rencontre un vif succès. Dans cet établissement, on enfile les gants et on frappe dans des pattes d’ours, avec sérieux et plaisir. Ce projet, initié par Chafia Bourennani, Coordinatrice de la Vie Sociale et Culturelle (CVSC), vise à maintenir la mobilité, la coordination et l’équilibre des résidents, tout en leur offrant un moment valorisant. Bien que la boxe semble éloignée des seniors, elle a été adoptée après la découverte de l’accompagnement proposé par l’association Deuxième Souffle. Une activité pensée pour les résidents Irène Blayo-Morice, psychomotricienne et responsable du projet, raconte : « Nous avons testé dix séances pour évaluer l’intérêt des résidents. Deux ans plus tard, l’enthousiasme est toujours là. » L’association Deuxième Souffle, spécialisée dans les sports adaptés, propose une boxe douce respectant les capacités de chacun tout en stimulant la coordination et l’équilibre. Des bienfaits physiques et cognitifs Les séances sont pensées pour chaque participant. Il ne s’agit pas de combat, mais de mouvements pour améliorer la posture, la mobilité et la confiance en soi. « Chaque exercice travaille la posture, les appuis et la coordination des bras et des jambes de manière ludique », explique Irène Blayo-Morice. Les séances peuvent se faire assis ou debout, sous l’encadrement du personnel soignant. Les résultats sont visibles rapidement : meilleure coordination, équilibre, renforcement musculaire et stimulation cognitive. La boxe améliore la mémoire, la concentration et la structuration spatiale. Elle est bénéfique pour les résidents atteints de troubles neuro-évolutifs. Les familles constatent des bénéfices physiques et moraux. Un engouement croissant Bien que certains résidents aient été réticents au début, l’enthousiasme a rapidement gagné. Aujourd’hui, une dizaine de participants, principalement des femmes, assistent régulièrement aux séances. Les résultats dépassent les performances physiques : certains patients retrouvent de l’autonomie au quotidien. Une dynamique d’innovation Après le succès de la boxe, les équipes souhaitent continuer à explorer d’autres sports adaptés comme le tai-chi ou la danse. « Il faut oser proposer des activités inattendues. Avec un bon encadrement et une approche progressive, tout devient possible. L’important est de permettre aux résidents de se sentir pleinement vivants », conclut Irène Blayo-Morice, qui n’hésite pas à enfiler les gants elle aussi. 11
Construction du futur Institut de Réadaptation du Cap Ouest : un modèle de durabilité La construction du futur Institut de Réadaptation du Cap Ouest, à SaintHerblain (44), près de l’Hôpital Nord Laennec, a débuté depuis octobre 2024. Les fondations sont désormais achevées et la construction du rez-de-jardin est entamée pour un bâtiment qui s’élèvera, à terme, sur cinq niveaux. Un parking enterré et des stationnements en extérieur sont également prévus. Ce chantier devrait être terminé fin 2026. Un bâtiment ultra vertueux ! Boris Gervais, directeur de programmes LNA Santé, nous dévoile les secrets de fabrication de ce bâtiment durable, bénéficiant notamment d’une labellisation et d’une certification d’excellence ! Ce bâtiment sera certifié HQE, Haute Qualité Environnementale, au niveau « Excellent », pour sa conception et sa construction. « Nous utilisons, par exemple, des matériaux bas-carbone comme des structures mixtes bois et béton ou des isolants biosourcés. » Le label BiodiverCity® Construction : tous les sujets liés à la biodiversité ont été pris en compte aux différentes étapes du projet de construction. « L’intégration du bâtiment dans le paysage urbain et dans l’écosystème présent a fait l’objet d’un important travail, notamment avec un écologue. » Sur le plan énergétique, le bâtiment sera mieux-disant de 20 % en termes de consommations par rapport à la réglementation. Pour y parvenir, il s’appuiera sur un réseau de panneaux photovoltaïques intégrés et sur le réseau de chaleur de la ville de Saint-Herblain auquel il sera raccordé à l’avenir. À partir de 2027, l’établissement, spécialisé en réadaptation neurologique, de l’appareil locomoteur et en gériatrie, regroupera ainsi les deux actuels centres de réadaptation de l’Estuaire et du Confluent. Chaque jour, de nombreux patients seront ainsi accueillis en hospitalisation complète, en hôpital de jour ou en consultations externes. Un plateau technique ultraperformant proposera aux patients des salles de kinésithérapie, un bassin de balnéothérapie, de la robotisation, etc. Nos projets Immo Soigner et prendre soin Directrice de la publication : Marie-Laure Levêque • Réalisation : Phenix Studio • Photos : LNA Santé, Franck Gallen, AIA Architectes • Imprimé sur papier PEFC avec encres végétales par Goubault, imprimeur certifié ISO 14001 à La Chapelle-sur-Erdre Retrouvez l’ensemble de nos établissements sur lna-sante.com Contact à votre disposition : communication@lna-sante.com Découvrez plus de contenus exclusifs sur nos réseaux sociaux:
SUPPLÉMENT LE MAG #18 # 18 | AVRIL 2025 L’Hôpital à Domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
L’HAD : partout, pour tous ! Les professionnels des établissements d’hospitalisation à domicile (HAD) LNA Santé réalisent quotidiennement des soins hospitaliers médicotechniques complexes sur les lieux de vie de 1 300 patients. De la naissance à la fin de vie, du parcours de soins HAD-requérants simples à l’accompagnement de fins de vie complexes, nos 11 HAD ont à cœur de remplir leurs missions d’hospitalisation sans hébergement au sein de leurs territoires d’implantation, en travaillant main dans la main avec les acteurs locaux. « L’HAD partout, pour tous ! », c’est ce concept qui guide Bertrand Caillaud, directeur du développement et Emmanuelle Johann, directrice de projets, pour œuvrer avec les acteurs de santé des territoires et promouvoir l’HAD en complémentarité avec l’offre de soins présente localement. Nos HAD sont au carrefour des activités de l’entreprise et s’appuient sur les expertises historiques de LNA santé dans les secteurs médico-social et sanitaire : Ehpad et Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR). Elles bénéficient également d’une cellule d’appui à la recherche, implantée au cœur de la direction médicale, qui supporte et promeut la recherche, à l’initiative des établissements. Enfin, et c’est primordial, la démarche de réflexion éthique est positionnée au cœur des établissements et soutenue par la direction médicale, sous l’égide du Dr Sylvie Sacher-Huvelin. Ces singularités LNA Santé se retrouvent également dans le management de proximité, un niveau d’encadrement soignant élevé, une expertise médicale éprouvée, ce qui permet à nos HAD de rapidement hospitaliser des patients au sein de leur domicile ou de permettre le retour à la maison après un passage en hospitalisation conventionnelle. En effet, dans le contexte actuel la réactivité et l’agilité sont nécessaires pour accompagner les enjeux d’efficience du système de santé, mais également sa transformation. Les établissements d’HAD sont un maillon essentiel de la prise en charge des patients en soins palliatifs complexes, qu’ils peuvent réaliser au domicile des patients. Au moment où les questionnements autour de la fin de vie sont nombreux, plusieurs milliers de patients sont accompagnés à leur domicile, en soins palliatifs par les HAD, permettant à ceux-ci de rester chez eux, en bénéficiant des soins nécessaires à une fin de vie apaisée. Par ailleurs, à l’heure de la transition démographique, ce mode d’hospitalisation vient également en appui du système de santé pour permettre des retours à domicile complexes et assurer, par exemple, le gain en autonomie qui permettra de prolonger encore un peu le maintien à domicile des personnes polypathologiques âgées fragilisées. Pour elles, chaque jour gagné à la maison compte ! C’est pourquoi, au travers de ce MAG spécial HAD nous avons voulu rendre hommage à tous nos établissements d’hospitalisation à domicile, à nos professionnels qui œuvrent au quotidien, à nos partenaires libéraux et institutionnels et, par leur intermédiaire, à tous ceux qui œuvrent en France dans les hôpitaux à la maison. L’HAD est un mode d’hospitalisation de plus en plus plébiscité par les patients et leurs familles, et nous espérons qu’au travers de ce MAG, vous comprendrez au fil des propos de chacun en quoi nos hôpitaux à domicile LNA santé sont au cœur de ce mouvement citoyen. Dr Sophia Belhadjin, Coordinatrice médicale sanitaire - Référente HAD 2 LE DOSSIER L’Hôpital à Domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
Le Grand Hôpital de l’Est Francilien et LNA Santé : une coopération inspirante ! Avec deux HAD opérant sur le Nord Seine-etMarne, l’un à Serris, l’autre à Coulommiers, LNA Santé a réalisé 650 admissions en 2024, en croissance de 5,5%. Ces deux HAD travaillent en étroite collaboration avec le Grand Hôpital de l’Est Francilien (GHEF), 1er hôpital public français hors CHU, implanté sur 4 sites (Meaux, Jossigny, Coulommiers et Jouarre) et assurant la coordination des parcours patients d’un territoire de 850 000 habitants. Depuis plus d’un an, le partenariat entre le GHEF et LNA santé s’est fortement accéléré. Comme le souligne Jérôme Goeminne, directeur général du GHEF, « Ce partenariat renforcé est d’abord et avant tout le fruit d’une aventure humaine et de la confiance réciproque que nous avons su créer au niveau des dirigeants comme des équipes. » Il se traduit très concrètement. Aujourd’hui, quatre infirmières coordinatrices LNA Santé sont présentes physiquement sur chacun des sites hospitaliers du GHEF, un levier clé favorisant une connaissance mutuelle des équipes entre elles et une coopération quotidienne au service de la coordination du parcours patient. L’autre point fort du partenariat est le « dialogue au niveau institutionnel ». Ainsi, Jérôme Goeminne explique : « Toutes les six semaines, nous nous réunissons au niveau de la direction (directions générales et adjointes, directions d’établissement GHEF et LNA Santé) avec pour objectifs d’analyser ce qui fonctionne bien et identifier les axes d’amélioration à mettre en œuvre. » Deux projets en sont issus actuellement : l’un consiste à mettre en place un tableau de bord des patients et l’autre vise à permettre aux équipes de LNA Santé d’accéder à une partie des données du dossier patient nécessaires pour fluidifier le suivi de la prise en soin. Un défi sur le plan de la sécurisation des données patient. Entretien avec Jérôme Goeminne, Directeur général du GHEF 3
Décryptage avec Éric Fossier, consultant à la FNEHAD 1 L’HAD, bien que souvent méconnue, s’étend sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin. Les ARS déterminent si un ou plusieurs opérateurs couvrent une même zone géographique. Alors qu’en 2024, l’HAD ne représente que 2% des hospitalisations, les acteurs qui la composent espèrent que ce chiffre ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. En effet, son potentiel de croissance est exponentiel. Sa légitimité en matière de soins complexes et techniques à domicile n’est plus à prouver, comme en témoigne le développement récent de nouvelles spécialités. Elle est aussi plébiscitée par les patients. Plus que jamais, le contexte en fait un maillon du parcours patient indispensable : d’ici à 2030 la population des patients de plus de 75 ans va augmenter de 50%, les maladies chroniques ne cessent d’augmenter, la désertification médicale s’étend... Reste que, pour se développer, l’intégration de l’HAD dans les parcours de soins territoriaux doit devenir systématique. Si les ARS jouent un rôle d’accélérateur clé en la matière, de leur côté, les acteurs de l’HAD doivent impérativement s’emparer des défis qui leur incombent : • homogénéiser l’offre de soins afin qu’elle soit clairement identifiée par les prescripteurs et qu’aucune « brique » ne manque (toutes les spécialités, partout, pour tous) • atteindre une taille critique (file active cible : 100 patients/ jour) non seulement pour garantir des interventions auprès des patients 7j/7 et 24 h/24 d’équipes médicales expertes et réactives, mais aussi pour attirer les talents • se doter des capacités d’investissement indispensables pour développer le domicile connecté. Pour Éric Fossier : « Il faut que les acteurs de santé changent de paradigme. L’HAD ne doit plus être “l’ultime recours” en cas de saturation de l’hôpital. C’est l’inverse.» « L’hospitalisation au domicile doit devenir “première”. Il faut anticiper le parcours pertinent pour chaque patient : est-ce que ce patient a vraiment besoin “des murs” pour sa prise en charge ? Les soins techniques peuvent-ils être réalisés sur son lieu de vie ? Est-ce que son environnement le permet ? Si les réponses sont favorables, l’HAD doit être privilégiée. » Si les prises en charge en sortie d’hôpital ou sur les lieux de vie (au domicile ou en Ehpad) demeurent les deux axes majeurs de développement de l’HAD, celle-ci a aussi un rôle à jouer face à la désertification médicale. Pallier l’absence de médecins traitants en se positionnant en relai et en apportant son support technique est une véritable potentialité offerte par l’HAD, sous réserve qu’elle soit en mesure d’accueillir de nouveaux patients 7j/7, 24 h/24. La création récente d’une équipe rapide d’intervention en soins palliatifs portée par les équipes de l’HAD Val de Loire en est une illustration. Bref, l’HAD n’en est qu’à ses débuts. L’HAD au service des territoires : il va falloir encore élever le niveau de jeu ! CHIFFRES CLÉS • 7 millions de journées d’HAD • 200 000 patients/an • Moins de 2 % des hospitalisations • Progression annuelle moyenne de 4 % en 2024 1. Fédération Nationale des Etablissements d'Hospitalisation à Domicile 4 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
HAD Mayotte : une solidarité à toute épreuve Le 14 décembre dernier, le cyclone Chido dévastait Mayotte. L’HAD MdzHADé, situé à Mamoudzou, au nord-est de l’île, n’a malheureusement pas été épargné : les bureaux ont été endommagés, la toiture des locaux a été détruite, l’approvisionnement en eau et en électricité a été rompu pendant plusieurs semaines. Trois des membres de l’équipe ont également perdu leur logement. Régine Tardy, directrice de l’établissement, exprime son ressenti deux mois après : « Si personne ne peut imaginer ce que nous avons vécu au sein de l’équipe ce jour-là, ce qui est le plus important à retenir, c’est de voir combien nous avons été réactifs et solidaires dans cette épreuve, à la fois entre nous, vis-àvis de la population et des patients. » Dans les jours qui suivent, l’équipe fait jouer la solidarité pour trouver un logement à chacun et un infirmier met à disposition son appartement pour y établir les locaux de l’HAD. En parallèle, jusqu’à fin décembre, Axel Repinçay, infirmier coordinateur, organise tous les jours des maraudes dans 6 centres d’hébergement avec l’équipe de l’HAD, des volontaires du CHM et des libéraux. Et très vite, l’équipe va reprendre contact avec les 55 patients et redémarrer la prise en soin à leur domicile, malgré l’état des routes. Depuis début février, les professionnels ont réinvesti leurs locaux, la toiture et les bureaux ont été remis en état, le matériel a été renouvelé. « Les conditions d’intervention demeurent difficiles, une partie de la population manque encore d’eau et de nourriture, les routes sont délabrées… mais nous avons retrouvé une activité quasi normale et nous sommes plus que jamais mobilisés ! », explique la directrice. À la suite de cette épreuve, LNA Santé a rejoint 30 associations du monde médico-social ayant décidé de se fédérer pour travailler au service de la santé des Mahorais. Une initiative supplémentaire témoignant pleinement de la résilience des professionnels. La solidarité en acte : la direction et les équipes LNA Santé en soutien Depuis la métropole, la direction et les membres du siège, comme les collègues partout en France, ont apporté un énorme soutien à leurs collègues mahorais : réunions quotidiennes, déploiement de moyens et de ressources nécessaires sur place, cellule d’écoute psychologique… Autre belle idée des professionnels : la mise en place d’une cagnotte Leetchi pour leurs collaborateurs mahorais. L’HAD de Mayotte s’est aussi vu remettre le trophée interne « Oser Ensemble », pour récompenser l’équipe de sa capacité d’adaptation exceptionnelle dans ce contexte extrême ! 5
Reconnaissance des expertises en HAD La reconnaissance des expertises en Hospitalisation à Domicile (HAD) s’est renforcée avec le décret du 28 avril 2022, structurant les prises en charge spécialisées. Ante et post-partum : pour une continuité des soins et une surveillance rapprochée à domicile L’enjeu principal est d’assurer la sécurité des patientes prises en charge en HAD pour une grossesse à risque ou des suites de couches pathologiques. La surveillance rapprochée, avec des visites quotidiennes des sages-femmes de l’HAD, permet de repérer rapidement toute complication et de gérer les urgences, en lien étroit avec les maternités. La mise en place d’un dispositif d’astreinte téléphonique à Blois et Tours assure une disponibilité constante des sagesfemmes de l’hôpital à domicile. De plus, le Dr Anne-Charlotte Adam-Bretonnière, gynécologueobstétricienne responsable de l’unité, supervise les prises en soins par l’évaluation des patientes, l’adaptation des traitements et la surveillance selon leur évolution, l’élaboration de protocoles. Elle assure le lien médical avec ses confrères. La proposition systématique d’intégrer la sagefemme libérale référente de la patiente au dispositif permet de conserver leur lien privilégié. L’hospitalisation à domicile périnatale, encore en développement, accompagne ainsi quotidiennement 12 patientes en moyenne à Blois et 5 à Tours, dont l’activité est plus récente. L’accompagnement ante et postpartum bénéficie également des compétences des psychologues et des assistants sociaux de l’HAD pour une prise en soin globale. Enfin, une collaboration étroite avec l’hôpital pédiatrique à domicile permet une prise en charge renforcée des nouveau-nés, notamment grâce aux compétences des puéricultrices et de la pédiatre, le Dr Sandrine Keromnes, à l’HAD Val de Loire. 6 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
HAD et Réadaptation : une nouvelle possibilité pour la rééducation intensive et multidisciplinaire L’HAD de réadaptation offre une alternative pour les patients nécessitant une rééducation intensive et multidisciplinaire avec les soins classiques en SMR (hospitalisation complète ou partielle) ou en libéral. L’objectif est d’améliorer l’autonomie et la qualité de vie en intégrant la rééducation dans l’environnement quotidien du patient. Une relation privilégiée se crée avec les proches aidants. Le Dr Angélique Chomienne l’explique : « Nous assurons une rééducation intensive, pluridisciplinaire, personnalisée et coordonnée à domicile en lien avec les autres acteurs de soins. Ma présence, un jour par semaine au CHU de Tours, est intéressante à ce titre pour renforcer les liaisons entre les différents intervenants et offrir la meilleure solution au bon moment au bon patient. » HAD et pédiatrie : une réponse humanisée aux besoins des enfants et de leurs familles Depuis 2017 au sein de l’HAD Saint-Sauveur, l’équipe prend en soins les enfants de moins de 3 ans, notamment en néonatologie, cancérologie et médecine infantile. Le Dr Isabelle Spiroux, médecin praticienne, explique : « Aujourd’hui, 20 à 30 enfants sont suivis quotidiennement dans le Maine-et-Loire, à Angers, par une équipe spécialisée. La moitié des enfants sont en cancérologie, nécessitant une surveillance post-chimiothérapie. Un quart sont des bébés prématurés avec des troubles de prise de poids ». Laure Mocoeur Menochet, puéricultrice et coordinatrice de l’unité pédiatrique HAD, précise : « L’hospitalisation à domicile permet aussi le traitement d’infections néonatales et de soins palliatifs garantissant confort et soutien familial. » Les soins post-chirurgicaux, comme les pansements et la thérapie par pression négative, sont également assurés à domicile. L’HAD pédiatrique envisage le développement d’un projet autour de la photothérapie pour l’ictère du nouveau-né. Des séjours de répit pour parents d’enfants polyhandicapés sont aussi à l’étude. Découvrez l’HAD-R en vidéo ! 7
Depuis décembre 2022, le Dr Jean-Yves Lemonnier, médecin praticien HAD et Thomas Siboni directeur d’établissement, ont initié un projet visant à répondre aux enjeux d’engorgement des urgences hospitalières en ayant recours à l’Hospitalisation à Domicile (HAD) pour les soins non programmés. Leur idée est née en réponse à la saturation des services d’urgence, exacerbée par la crise du COVID-19. Convaincus que le système de santé doit s’adapter aux nouvelles attentes d’offres de soins, ils ont élaboré un dispositif qui permet de fournir des traitements d’urgence non vitaux, directement au domicile de certains patients. Lucie Charpentier, directrice des soins, explique que les patients leur sont souvent adressés directement via le CHRO (Centre Hospitalier Régional d’Orléans). Le processus d’intervention pour les soins non programmés repose sur des critères précis définis dans un cahier des charges soumis à l’Agence Régionale de Santé (ARS). Les patients ciblés sont ceux sans médecin traitant, les personnes âgées ou fragiles, à domicile privé ou en Ehpad, nécessitant des soins urgents qui, lors de l’appel du SAMU, peuvent être anticipés comme des traitements lourds. Le processus est le suivant : le centre 15 reçoit un appel, et quand cela répond aux critères mentionnés ci-dessus, le transfère vers l’Hôpital à Domicile. Il s’agit d’appels concernant une pathologie urgente, mais qui peut être traitée par l’HAD grâce à ses ressources (un médecin et une infirmière se rendent sur place pour évaluer la situation). Étant donné la taille de la structure, l’HAD Loiret (anciennement dénommé HAD Orléans-Montargis) a évalué le nombre de visites possibles sur la base des critères évoqués, à maximum 3 demandes par jour pour garantir la qualité des soins, sans perturber le fonctionnement habituel du service. Cette organisation permet une réactivité immédiate. Les résultats obtenus depuis le lancement de ce projet sont prometteurs. En 2024, dans le Loiret, 22 appels ont été reçus, dont 17 patients ont été pris en charge en hospitalisation à domicile et 5 n’ont eu besoin que d’une visite médicale sur place permettant ainsi d’éviter une surcharge supplémentaire des urgences. Ce succès a conduit l’ARS à étendre le dispositif dans 4 départements de la région (45 - le Loiret, 41 - le Loiret-Cher, 37 - l’Indre-et-Loire et 28 - l’Eure-et-Loir). Les équipes des HAD LNA Santé ont démontré leur capacité à gérer les périodes de forte demande, comme lors des vacances d’hiver ou estivales. Une présentation du dispositif a été réalisée dans les hôpitaux pour faire connaître ce service et pour préciser les « conditions d’intervention » telles que la typologie des patients, ou de soins réalisés par les médecins de l’Hôpital à Domicile. Face à ces résultats positifs, le projet a pris une place de plus en plus importante dans son territoire de santé, offrant ainsi une autre possibilité au transfert en service d’urgences. L’ARS a salué l’efficacité de cette initiative, la considérant comme un modèle pour désengorger les hôpitaux, tout en assurant une prise en soin réactive et de qualité. Les besoins évolutifs des territoires Soins médicaux urgents en HAD CHIFFRES CLÉS • Sur 22 appels reçus en 2024, par le SAMU, 17 ont été pris en charge en HAD • 4 départements de la région Centre Val de Loire bénéficient de ce dispositif ARS. 8 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
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