La chimiothérapie en HAD : une approche sécurisante et adaptée pour les patients atteints de cancers La chimiothérapie à domicile (HAD) représente une avancée majeure dans la prise en soin des patients atteints de cancer. Selon le Dr Nicolas de Vial, médecin praticien en HAD, « grâce aux progrès de la médecine, les personnes atteintes d’un cancer vivent plus longtemps en moyenne. Cela explique en partie la saturation des hôpitaux de jour (HDJ) qui pratiquent les chimiothérapies. » Face à ce constat, le Dr de Vial explique l’intérêt d’avoir un relai HAD pour l’administration de la chimiothérapie qu’elle soit orale, sous-cutanée ou en intraveineuse. Environ 20 à 30 patients par mois bénéficient de ce suivi en HAD, après avoir commencé leur traitement en hôpital de jour (HDJ). Pour valider la cure, il est nécessaire que les patients aient vu un médecin oncologue/hématologue qui donne le « OK chimio » après un examen clinique et une observation des résultats biologiques (prise de sang). Après les premiers cycles, lorsque les patients tolèrent bien les soins, l’HAD peut leur être proposée. Cela permet de renforcer le confort des patients en leur évitant des déplacements fréquents, une source de stress supplémentaire et une grande fatigue. Le Midline ; une réussite à tous les niveaux L’HAD Val de Loire propose une innovation qui participe à l’amélioration de la prise en soin des patients grâce à l’utilisation de cathéters Midline. « Le cathéter (habituel) de 4 cm placé en souscutané ou en intraveineux, ne pouvant être gardé que 4 jours, est remplacé par le Midline, un cathéter placé au niveau du bras, mesurant 20 cm et pouvant être conservé 28 jours en théorie », explique le Dr de Vial qui s’est formé au CHRU de Tours avant de le mettre en place 18 mois plus tard en HAD. Cela évite au patient d’être piqué très, voire trop, régulièrement. Depuis août 2024, 21 Midline ont été posés en HAD dans la région du Val de Loire, pour des antibiothérapies au long cours, dans le cadre de soins palliatifs ou de sédation profonde. Le rôle clé de l’infirmière en pratique avancée en HAD L’Infirmière en Pratique Avancée (IPA) occupe un rôle stratégique dans le cadre de la chimiothérapie en HAD : suivi des patients, continuité des soins entre l’hôpital et le domicile, lien entre les oncologues, les hématologues et les patients... L’IPA, accompagnée d’une équipe de médecins et d’infirmières, assure un suivi personnalisé et holistique pour chacun, en garantissant la sécurité et l’efficacité de la prise en soin. En cas de situation complexe ne relevant pas de son champ de compétence, l’IPA réoriente les patients. Anastasia Jesop, IPA, donne un exemple concret de son intervention dans le cadre des transfusions sanguines : « Depuis octobre 2022, près de 1 049 poches de transfusion ont été administrées à domicile, ce qui place la structure comme un des principaux transfuseurs en France. Ces transfusions à domicile, souvent essentielles pour maintenir l’état de santé des patients, sont réalisées avec une grande sécurité, en collaboration avec les hôpitaux locaux, notamment le CHRU de Tours ». 12 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
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