Le Mag #18

Depuis décembre 2022, le Dr Jean-Yves Lemonnier, médecin praticien HAD et Thomas Siboni directeur d’établissement, ont initié un projet visant à répondre aux enjeux d’engorgement des urgences hospitalières en ayant recours à l’Hospitalisation à Domicile (HAD) pour les soins non programmés. Leur idée est née en réponse à la saturation des services d’urgence, exacerbée par la crise du COVID-19. Convaincus que le système de santé doit s’adapter aux nouvelles attentes d’offres de soins, ils ont élaboré un dispositif qui permet de fournir des traitements d’urgence non vitaux, directement au domicile de certains patients. Lucie Charpentier, directrice des soins, explique que les patients leur sont souvent adressés directement via le CHRO (Centre Hospitalier Régional d’Orléans). Le processus d’intervention pour les soins non programmés repose sur des critères précis définis dans un cahier des charges soumis à l’Agence Régionale de Santé (ARS). Les patients ciblés sont ceux sans médecin traitant, les personnes âgées ou fragiles, à domicile privé ou en Ehpad, nécessitant des soins urgents qui, lors de l’appel du SAMU, peuvent être anticipés comme des traitements lourds. Le processus est le suivant : le centre 15 reçoit un appel, et quand cela répond aux critères mentionnés ci-dessus, le transfère vers l’Hôpital à Domicile. Il s’agit d’appels concernant une pathologie urgente, mais qui peut être traitée par l’HAD grâce à ses ressources (un médecin et une infirmière se rendent sur place pour évaluer la situation). Étant donné la taille de la structure, l’HAD Loiret (anciennement dénommé HAD Orléans-Montargis) a évalué le nombre de visites possibles sur la base des critères évoqués, à maximum 3 demandes par jour pour garantir la qualité des soins, sans perturber le fonctionnement habituel du service. Cette organisation permet une réactivité immédiate. Les résultats obtenus depuis le lancement de ce projet sont prometteurs. En 2024, dans le Loiret, 22 appels ont été reçus, dont 17 patients ont été pris en charge en hospitalisation à domicile et 5 n’ont eu besoin que d’une visite médicale sur place permettant ainsi d’éviter une surcharge supplémentaire des urgences. Ce succès a conduit l’ARS à étendre le dispositif dans 4 départements de la région (45 - le Loiret, 41 - le Loiret-Cher, 37 - l’Indre-et-Loire et 28 - l’Eure-et-Loir). Les équipes des HAD LNA Santé ont démontré leur capacité à gérer les périodes de forte demande, comme lors des vacances d’hiver ou estivales. Une présentation du dispositif a été réalisée dans les hôpitaux pour faire connaître ce service et pour préciser les « conditions d’intervention » telles que la typologie des patients, ou de soins réalisés par les médecins de l’Hôpital à Domicile. Face à ces résultats positifs, le projet a pris une place de plus en plus importante dans son territoire de santé, offrant ainsi une autre possibilité au transfert en service d’urgences. L’ARS a salué l’efficacité de cette initiative, la considérant comme un modèle pour désengorger les hôpitaux, tout en assurant une prise en soin réactive et de qualité. Les besoins évolutifs des territoires Soins médicaux urgents en HAD CHIFFRES CLÉS • Sur 22 appels reçus en 2024, par le SAMU, 17 ont été pris en charge en HAD • 4 départements de la région Centre Val de Loire bénéficient de ce dispositif ARS. 8 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !

RkJQdWJsaXNoZXIy MTc4MDQxMw==