Dossier dormant : un bel exemple de collaboration entre l’Ehpad et l’HAD Un processus clair Virginie Maslard, directrice des soins, explique que le dossier dormant concerne tous les patients, dont les résidents en Ehpad. L’objectif est d’anticiper les prises en charge en HAD pour les patients dont l’état de santé peut se dégrader rapidement, afin d’éviter toute hospitalisation non souhaitée par le patient et lui garantir un confort et des soins de qualité à son domicile. La transmission du dossier médical se fait en amont entre le médecin prescripteur et l’équipe de l’HAD. Un « dossier dormant » est donc « ouvert après la réception d’une prescription médicale. Les infirmières coordinatrices et médecins praticiens d’HAD complètent un dossier d’évaluation où ils s’informent de l’état général du patient, des soins prodigués, des diagnostics et pronostics, des directives anticipées et du consentement patient et/ou famille. Un déclenchement opportun Si l’état de santé du patient se dégrade soudainement (jour, nuit ou week-end), les professionnels de l’HAD peuvent alors intervenir rapidement et dans les meilleures conditions, car toutes les informations ont été recueillies en amont. Grâce aux moyens dont dispose l’HAD, les médecins peuvent prescrire des médicaments hospitaliers administrés via des pompes programmables qui permettent de délivrer un débit continu et d’administrer de manière sécurisée des doses supplémentaires d’antalgique ou d’anxiolytique, en cas de pic algique ou anxieux. Un lien continu entre Ehpad et HAD D’un dispositif expérimental, proposé par quelques HAD il y a une dizaine d’années, à sa reconnaissance et son extension depuis 2020, les dossiers dormants permettent aux équipes médicales des Ehpad d’identifier les patients qui pourraient bénéficier de cette prise en soin conditionnelle. Ce dispositif permet de respecter le souhait du patient notamment dans les contextes de fin de vie avec un accompagnement du résident jusqu’au décès dans son lieu de vie. Ce dispositif permet de créer un lien étroit entre les Ehpad et l’HAD en collaborant pour le bien du résident et en sécurisant les équipes par la disponibilité des professionnels soignants et médicaux 7j/7, 24h/24. Un engagement personnel Le Dr Sophia Belhadjin, médecin gériatre, coordinatrice médicale sanitaire et référente HAD, découvre l’existence des « dossiers dormants » il y a plusieurs années. En 2019, avec une équipe de professionnels de santé, ils rédigent un protocole visant à favoriser la mise en place de ces dossiers entre son HAD et les Ehpad de territoire. Ayant elle-même été confrontée à une situation compliquée avec un de ses proches, elle se promet de développer le dispositif sur le Nord Seineet-Marne. Aujourd’hui, pour elle, les dossiers dormants sont la résultante « d’une prise de conscience sociétale sur les sujets de fin de vie et d’une prise en compte du désir du patient ». Une prise de conscience sociétale sur les sujets de fin de vie et d’une prise en compte du désir du patient 9
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