Décryptage avec Éric Fossier, consultant à la FNEHAD 1 L’HAD, bien que souvent méconnue, s’étend sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin. Les ARS déterminent si un ou plusieurs opérateurs couvrent une même zone géographique. Alors qu’en 2024, l’HAD ne représente que 2% des hospitalisations, les acteurs qui la composent espèrent que ce chiffre ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. En effet, son potentiel de croissance est exponentiel. Sa légitimité en matière de soins complexes et techniques à domicile n’est plus à prouver, comme en témoigne le développement récent de nouvelles spécialités. Elle est aussi plébiscitée par les patients. Plus que jamais, le contexte en fait un maillon du parcours patient indispensable : d’ici à 2030 la population des patients de plus de 75 ans va augmenter de 50%, les maladies chroniques ne cessent d’augmenter, la désertification médicale s’étend... Reste que, pour se développer, l’intégration de l’HAD dans les parcours de soins territoriaux doit devenir systématique. Si les ARS jouent un rôle d’accélérateur clé en la matière, de leur côté, les acteurs de l’HAD doivent impérativement s’emparer des défis qui leur incombent : • homogénéiser l’offre de soins afin qu’elle soit clairement identifiée par les prescripteurs et qu’aucune « brique » ne manque (toutes les spécialités, partout, pour tous) • atteindre une taille critique (file active cible : 100 patients/ jour) non seulement pour garantir des interventions auprès des patients 7j/7 et 24 h/24 d’équipes médicales expertes et réactives, mais aussi pour attirer les talents • se doter des capacités d’investissement indispensables pour développer le domicile connecté. Pour Éric Fossier : « Il faut que les acteurs de santé changent de paradigme. L’HAD ne doit plus être “l’ultime recours” en cas de saturation de l’hôpital. C’est l’inverse.» « L’hospitalisation au domicile doit devenir “première”. Il faut anticiper le parcours pertinent pour chaque patient : est-ce que ce patient a vraiment besoin “des murs” pour sa prise en charge ? Les soins techniques peuvent-ils être réalisés sur son lieu de vie ? Est-ce que son environnement le permet ? Si les réponses sont favorables, l’HAD doit être privilégiée. » Si les prises en charge en sortie d’hôpital ou sur les lieux de vie (au domicile ou en Ehpad) demeurent les deux axes majeurs de développement de l’HAD, celle-ci a aussi un rôle à jouer face à la désertification médicale. Pallier l’absence de médecins traitants en se positionnant en relai et en apportant son support technique est une véritable potentialité offerte par l’HAD, sous réserve qu’elle soit en mesure d’accueillir de nouveaux patients 7j/7, 24 h/24. La création récente d’une équipe rapide d’intervention en soins palliatifs portée par les équipes de l’HAD Val de Loire en est une illustration. Bref, l’HAD n’en est qu’à ses débuts. L’HAD au service des territoires : il va falloir encore élever le niveau de jeu ! CHIFFRES CLÉS • 7 millions de journées d’HAD • 200 000 patients/an • Moins de 2 % des hospitalisations • Progression annuelle moyenne de 4 % en 2024 1. Fédération Nationale des Etablissements d'Hospitalisation à Domicile 4 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
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