#17 | Juin 2024 Soigner et prendre soin Nos initiatives • Le Centre de Ressource Territorial, Ehpad et domicile main dans la main • Mementop•Gait : une solution numérique d’autorééducation • LNA Tour : un athlète handisport à la rencontre de patients en rééducation Le dossier détachable Les Soins Médicaux et de Réadaptation, comment s'en passer !
L’HOSPITALISATION PARTIELLE REPRÉSENTE 34 % des séjours chez LNA Santé (la moyenne nationale est de 14%) 2 4 Nos initiatives • Soins de continuité et télé-MED • Ehpad et domicile, main dans la main : illustration avec la résidence Creisker • LNA Tour : un athlète handisport à la rencontre de patients en rééducation • Mementop•Gait : une solution numérique d’autorééducation • Secrétaire médical : garantie d’un temps de soin augmenté pour les résidents d’Ehpad 11 Projets & actus des établissements • Des étudiants en médecine auprès des résidents : une initiative fructueuse à Mer Iroise • Étude clinique SLIMS • HAD OrléansMontargis : transfusion sanguine à domicile et soins non programmés • ROSA Knee, le robot qui révolutionne la prothèse du genou • La Récupération Améliorée Après Chirurgie : un protocole innovant à la Clinique Saint-Roch • Institut Médical de Breteuil : apprendre à se connaître avec un escape game 18 Nos projets immo • L'architecture d'intérieur et l'orientation biophilique pour le bien‑être des patients et des résidents 20 Nos talents • Le métier d'Infirmier en Pratique Avancée Le Dossier détachable en partie centrale : Les Soins Médicaux et de Réadaptation, comment s'en passer ! Sommaire Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) Chiffres clés En France, 1 805 établissements de Soins Médicaux et de Réadaptation En 2022 AVC & arthrose: principales causes d'hospitalisation en SMR entre 60 - 80 ans 18,4 % d'augmentation des hospitalisations partielles 2 patients sur 3 adressés dans les SMR LNA Santé proviennent de l’hôpital public ¾ des patients en séjour d'hospitalisation complète retournent à leur domicile Depuis 2017, les journées d’hospitalisation complète progressent de + 6 % pour les 70‑74 ans (dues à l’arrivée des baby-boomers) 915 000 patients pris en charge dans les services de SMR 3 patients sur 4 accueillis en SMR ont 60 ans et plus dont 482 établissements privés commerciaux
Si les hôpitaux sont souvent les premiers intervenants dans les moments critiques de la maladie ou de l'urgence, les établissements de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) jouent un rôle tout aussi crucial, mais souvent méconnu, dans le processus de réadaptation et de réinsertion des patients, le plus souvent, à la suite d’un accident de la vie. 1. Infirmier en Pratique Avancée 2.Activité Physique Adaptée 3. Accident Vasculaire Cérébral Pour lever le voile sur cet acteur de santé majeur qu’est le SMR, nous avons décidé de lui consacrer notre dossier « Les Soins Médicaux et de Réadaptation, comment s’en passer ! ». Au travers d’histoires de vie et de témoignages de nos professionnels, vous mesurerez combien leurs missions sont essentielles en amont et en aval d’une hospitalisation. En complément, les articles du Mag#17 sont l’illustration concrète de notre raison d'être : l’innovation organisationnelle et technologique avec la robotisation chirurgicale, le programme de recherche sur les chutes des seniors avec un consortium public/privé, les soins non programmés en HAD, le métier d’IPA1 ou encore l’orientation biophilique pour le bien-être de tous… Au sein de nos SMR, une équipe multidisciplinaire composée de médecins, kinésithérapeutes, enseignants APA2, infirmiers, aides-soignants*, neuropsychologues, ergothérapeutes, psychologues et autres spécialistes, élabore des programmes de réadaptation personnalisés. Ils accompagnent les patients à retrouver leurs capacités fonctionnelles, à surmonter les limitations physiques et cognitives, et à réapprendre les gestes clés du quotidien. Ils contribuent fortement au soutien psychologique des patients et de leurs proches, à l’acceptation d’une nouvelle vie avec une maladie chronique, une incapacité temporaire ou un handicap irréversible et à la préservation de leur place dans la société. Les SMR ne se limitent pas à la réadaptation physique et cognitive. Ils facilitent l'intégration sociale et la réinsertion professionnelle dans le processus de retour à domicile. Vous découvrirez le rôle de l’assistant social, le réapprentissage de la conduite sur un simulateur, les soins de support en cancérologie, la gestion de la douleur, la réadaptation d’un patient complexe en neuro-orthopédie ou en suite d’AVC3, l’HAD-R ou encore la téléréadaptation des patients en insuffisance respiratoire. Tous ces parcours s’organisent avec l’agilité nécessaire à leur mise en œuvre, en séjours d’hospitalisation complète ou en hospitalisation partielle – qui représente 34 % de l’activité totale des SMR LNA Santé (contre 14 % au niveau national) – comme le suivi d’une amputation de la main en hôpital de jour, ou en hôpital du soir pour les patients ayant une activité professionnelle. Nos plateaux techniques de réadaptation intègrent des technologies de pointe et des méthodes innovantes pour répondre à une demande croissante des hôpitaux face aux besoins de prise en soins de leurs patients dans les filières de santé du territoire. En effet, dans nos SMR, deux patients sur trois sont adressés par les hôpitaux publics pour bénéficier de parcours de réadaptation hautement spécialisés en suite d’hospitalisation. Enfin, nous vous partagerons les témoignages inédits de patients dont le leitmotiv, à leur sortie, est édifiant « si l’hôpital sauve des vies, les SMR sauvent la qualité de la vie. » Alors… comment s’en passer ! * Pour faciliter la lecture, les métiers sont inscrits au masculin mais ils se déclinent aussi bien dans les deux genres. WILLY SIRET, Directeur Général 3
Soins de continuité et Télé-MED 1. Rapports Annuels d’Activités Médicales Le profil des résidents a grandement évolué depuis une dizaine d’années. Le Dr Laure Jouatel, directrice médicale médico-social de LNA Santé, explique : Au-delà d’une impression, l’analyse minutieuse des 45 RAMA1 des établissements LNA Santé met en évidence l'évolution du profil type des résidents accueillis : 86,3 ans en moyenne, fragiles (après une rupture de parcours : hospitalisation brutale, chute…), dépendants (75 % GIR1 à GIR3), atteints cognitivement pour deux tiers d'entre eux, polypathologiques. L’accompagnement de ces profils résidents impose une adaptation de l’offre de soins. Face à des résidents fragilisés, enclins à des ruptures de parcours, la médicalisation qui mêle une expertise plurielle et la continuité de soins (24h/24 et 7j/7) n’est pas une option. Face à la pénurie médicale annoncée et les besoins sur tous les territoires, LNA Santé cherche à pallier cette difficulté en recrutant notamment des médecins « prescripteurs » salariés, mais il existe d’autres possibilités pour assurer la continuité de soins. De la crise estivale… Consciente que les périodes de congés scolaires sont des périodes de tension au sein des effectifs, l’équipe de direction médicale (dont le Dr Isabelle Hauger) a cherché à mener une expérimentation durant l’été 2023. Quel système mettre en place durant l’été pour pallier l’absence des médecins généralistes ou salariés sans mettre à contribution les médecins coordonnateurs ? Sollicités, quatre médecins financés par l’ensemble des établissements LNA Santé se sont rendus disponibles en tant que téléconsultants, une demi-journée par semaine. L'expérimentation a permis plus de 50 consultations durant l’été. Les sept établissements utilisateurs reconnaissent l’utilité du dispositif qui évite des hospitalisations ou des complications. Lors de la phase de test, le logiciel « Netsoins » a permis la sécurisation des données de santé et la société PARSYS a été support de téléconsultations. …À la solution pérenne Demain, le dispositif télé-MED prendra une autre ampleur avec des téléconsultations dites « spécialisées ». Un appel à candidatures de médecins titulaires de DU (diplômes universitaires) spécifiques va être engagé, pour mettre leur expertise au service de tous les établissements LNA Santé. Les besoins identifiés par les établissements concernent les plaies et la cicatrisation, les soins palliatifs et la gestion des troubles du comportement. Face à la pénurie annoncée, la solution de la téléconsultation apporte la garantie d’une continuité de soins. C'est encore une fois le collectif qui permet ainsi de valoriser les expertises de chacun au service de tous. Nos initiatives 4
Le Centre de Ressource Territorial, Ehpad et domicile main dans la main : illustration avec la résidence Creisker, pilote du CRT Loire Littoral 1. Loi de Finances de la Sécurité sociale La résidence Creisker à Pornichet a été retenue par l’ARS Pays de la Loire pour piloter la mise en place du Centre de Ressources Territorial (CRT) de la Communauté d’Agglomération de la Région Nazairienne et de l’Estuaire, depuis le 1er avril 2024. Pour rappel, les CRT, créés par la LFSS1 2022, s’inscrivent pleinement dans le cadre du virage domiciliaire engagé par l’État. Ils ont pour mission de permettre aux personnes âgées dépendantes ou en perte d’autonomie (de plus de 60 ans) de rester chez elles le plus longtemps possible, grâce à un accompagnement renforcé au domicile. Les CRT ont également pour objectif de soutenir les professionnels de la filière gérontologique du territoire, d’une part, et les proches aidants, d’autre part. « Forts de nos ressources et de notre réseau de partenaires, nous pourrons leur proposer un vaste panel d’activités à la journée. » Le choix de la résidence Creisker comme pilote est une juste récompense pour l’établissement déjà engagé, depuis 2021, dans un dispositif expérimental à l’échelle locale, tourné vers le domicile, DIVADOM. L’établissement a su aussi fédérer de nombreux acteurs de la filière gérontologique du territoire, indispensables au bon déploiement du CRT destiné à un bassin de population de plus de 140 000 habitants. Pour ne citer que les principaux (co-porteurs) : CH de Saint-Nazaire, SAAD ADT44, SSIAD ANSDPAH, et trois Ehpad (MAEPA Camille Claudel à Trignac, Galathéa et Jean-Macé à Saint-Nazaire). La Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS) Nord Estuaire siège également au sein du comité de pilotage. Le CRT s’appuiera sur une équipe pluridisciplinaire entièrement dédiée. Valérie Gouache, infirmière coordinatrice, qui assurait jusque-là la coordination de DIVADOM, dirigera l’équipe composée en outre de deux infirmières, d’une animatrice et de temps avec un psychologue, d’une assistante sociale et d’un médecin coordonnateur. Il interviendra sur les trois grands champs : l’accès des personnes âgées aux soins et à la prévention, la lutte contre l’isolement des personnes âgées et des proches aidants, l’amélioration des pratiques professionnelles et le partage des bonnes pratiques, un volet très novateur. Par ailleurs, comme le souligne Olivier de Cevins, directeur : Nous souhaitons tout particulièrement développer le volet « activités » pour les futurs bénéficiaires. Forts de nos ressources et de notre réseau de partenaires, nous pourrons leur proposer un vaste panel d’activités à la journée : des activités physiques adaptées, des activités culturelles ou de loisirs, des sorties… des activités essentielles pour favoriser le lien social et le maintien de l’autonomie. Et leur faire découvrir l’Ehpad autrement. 5
À l’occasion des Jeux paralympiques qui se dérouleront du 28 août au 8 septembre 2024, LNA Santé a lancé son LNA Tour 2024. Thibaud Lefrançois, membre de l’équipe de France de volley assis et des Neptunes de Nantes, pressenti pour les Jeux paralympiques de Paris 2024, est allé à la rencontre de patients et professionnels au sein de quatre établissements SMR (Soins Médicaux et de Réadaptation) LNA Santé. Un soutien et un projet porteurs de sens LNA Santé, acteur global de santé, réaffirme son engagement en faveur de l'inclusion des personnes en situation de handicap et de la promotion de la santé par le sport et l'activité physique pour ses professionnels. L'entreprise familiale a décidé de soutenir le parcours paralympique de Thibaud Lefrançois, un athlète handisport ayant déjà suivi des séances de rééducation en SMR. Dans le cadre de ce partenariat, jusqu'au mois de juin, Thibaud Lefrançois est allé à la rencontre des professionnels et patients de quatre établissements SMR au cours du « LNA Tour ». Chaque étape est conçue pour promouvoir l'inclusion et l'importance de l'activité physique dans le processus de réadaptation. Le projet incarne aussi l’esprit d’équipe et l’esprit entrepreneurial, deux valeurs fortes et historiques de l’entreprise. Au programme de ces journées : • Une conférence de l’athlète, au cours de laquelle il a dévoilé son projet paralympique et partagé son vécu, suivis d'échanges • Une visite de l’établissement pour l’athlète • L’expérimentation du volley assis, sport encore méconnu du grand public LNA Tour : un athlète handisport à la rencontre de patients en rééducation Nos initiatives 6
« LNA Santé est fière d'accompagner Thibaud dans sa préparation olympique avec l'équipe de France de volley assis, en l’accueillant au sein de ses établissements de réadaptation et ainsi lui permettre de témoigner et de mobiliser patients et professionnels autour d'un challenge sportif. » Willy Siret, Directeur général LNA Santé Témoignage Thibaud Lefrançois : objectif Jeux paralympiques 2024 Après un accident de travail en 2018, le sport, déjà bien présent dans sa vie, va lui permettre de retrouver l’usage de son corps, jusqu’à se lancer, il y a 5 ans, un défi majeur : se préparer pour participer aux Jeux paralympiques de Paris 2024 de volley assis. Son parcours unique fait ainsi écho à la politique d’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap et des engagements LNA Santé pour favoriser le maintien durable dans l’emploi. Avec LNA Santé, nous avons les mêmes aspirations. Je souhaite vraiment partager mon vécu comme j’aurais aimé en bénéficier au moment de mon accident en 2018, lorsque j’étais en centre de rééducation. Aller à la rencontre des patients et des professionnels LNA Santé fait pleinement sens pour moi ! Thibaud Lefrançois À l’Institut Médical de Breteuil, comme à l’Institut de Réadaptation d’Achères, des classes d’écoles primaires étaient aussi conviées, favorisant davantage l’intergénérationnel. L'originalité du LNA Tour 2024 réside également dans le challenge connecté, organisé en collaboration avec l'Agence Biped qui suivra chaque journée. Les participants auront la possibilité d'enregistrer leurs activités physiques et sportives, y compris celles réalisées sur les plateaux techniques des établissements. Cela permettra de créer un lien virtuel entre les différentes étapes du tour, favorisant l'échange d'expériences et la création d'une communauté engagée dans la promotion de la santé par le mouvement. En soutenant Thibaud Lefrançois et en organisant cette manifestation, LNA Santé fait le lien avec sa politique sociale en faveur de l’accès à l’emploi et du maintien durable dans l’emploi des personnes en situation de handicap. Ce dispositif inscrit plusieurs des engagements pris dans le cadre du projet stratégique « Grandir Ensemble 2023-2027 » et dans celui de l'accord global sur la Qualité de Vie et les Conditions de Travail (QVCT) signé en 2023 avec l'ensemble de ses partenaires sociaux. 7
Chaque année en France, plus de 2,4 millions de chutes de personnes âgées de plus de 65 ans sont observées1. Né d’une prise de conscience des enjeux politiques et sociaux sous-jacents, le plan Antichute a été mis en place en février 2022 par le ministère en charge de l’Autonomie. Il est décliné dans chaque région sous l’égide des ARS pour le mettre en place techniquement. La solution numérique Mementop•Gait veut répondre à cet enjeu de santé publique à travers un dispositif de rééducation. L’objectif est ambitieux : réduire de 30 % le risque de chute d’un senior ayant déjà chuté ou à risque. Mementop•Gait : une solution numérique d'autorééducation de la personne âgée à domicile pour éviter les chutes Un consortium d’acteurs aux expertises complémentaires Pour concevoir et développer une application utilisable par une personne âgée après une chute, un consortium ligérien a été créé, témoignant d’une réelle synergie entre acteurs publics et privés du territoire. Cette gouvernance est composée du CHU de Nantes, du CHU d’Angers, de la start-up Smart Macadam, du Gérontopôle des Pays de la Loire et de LNA Santé. Ensemble, ils mènent les actions nécessaires à la conception de l’application et à sa validation clinique par la conduite de tests cliniques de faisabilité et d’efficacité. 1. Ministère chargé de l’Autonomie. Plan Antichute des personnes âgées. 21/02/2021 Conférence de presse du 2 février 2024 pour le lancement du projet. Nos initiatives 8
Une solution numérique d’autoréhabilitation innovante Mementop•Gait est une solution numérique de type application pour smartphone, facilitant le suivi d’un protocole personnalisé d’autorééducation d’un senior après une chute visant à améliorer sa qualité de vie en réduisant son risque de rechute. D’une durée de plusieurs semaines, le protocole personnalisé d’autorééducation combine plusieurs activités quotidiennes à réaliser par le patient, telles que des exercices physiques, des recommandations en matière d’hygiène de vie ou encore un nombre de pas à effectuer chaque jour. Des tests cliniques prévus dans des établissements LNA Santé Le Dr Sylvie Sacher Huvelin, directrice médicale LNA Santé et membre du comité de pilotage de ce consortium évoque les phases clés du programme : Nous sommes actuellement au stade d’études qualitatives qui évaluent l’appropriation de la solution numérique et son usage par le senior et les professionnels de santé (expérience client). Nous débuterons en 2025 des tests cliniques auxquels participeront plusieurs établissements SMR (Soins Médicaux et de Réadaptation) LNA Santé. Ils permettront de valider ou d’améliorer les programmes d’autorééducation proposés par l’application. Chez LNA Santé, nous cherchons, par la prévention, à maintenir l’autonomie de la personne âgée. LNA Santé apporte dans ce consortium d’acteurs un œil expert en matière de rééducation, de réadaptation et de prévention. Nous devons tous nous emparer de ce sujet. Chez LNA Santé, nous cherchons, par la prévention, à maintenir l’autonomie de la personne âgée, poursuit le Dr Sacher Huvelin. Ce dispositif médical, prescrit par des kinésithérapeutes notamment, a pour but d’impliquer le senior à son domicile, dans sa propre prise en soin, de manière autonome. Le Dr Sacher Huvelin précise toutefois : Nous pourrons également utiliser l’application au sein des plateaux techniques de nos cliniques SMR, afin que le patient puisse poursuivre et reproduire facilement les exercices à son retour au domicile. Lauréat de l’appel à projets i-démo soutenu par la région Pays de la Loire et BPI France dans le cadre de « France 2030 », pour un montant de 1,7 M€, ce programme de recherche s’étalera sur 6 ans et impliquera dans ses études cliniques près de 4 000 personnes, en France, et en Europe. 9
Nos initiatives Secrétaire médical : garantie d’un temps de soin augmenté pour les résidents d’Ehpad La question du « bien vieillir » est de plus en plus prégnante dans les débats publics et les préoccupations des politiques publiques. À cette question, LNA Santé propose des expérimentations pour esquisser des solutions concrètes telles que le recrutement et la formation de secrétaires médicaux au sein des Ehpad pour prendre en charge les tâches administratives. Les professionnels de santé, déplorant l’augmentation du temps de travail consacré aux tâches administratives, accueillent ces nouveaux collègues avec beaucoup d’enthousiasme. Les secrétaires médicaux les libèrent de temps administratif pour se consacrer pleinement au soin des résidents. De l’expérimentation pilote à la formation de promotions Il y a 4 ans, notre Ehpad bordelais, Les Jardins de Leysotte, décide de tester le poste de secrétaire médical salarié à mitemps. L’objectif de ce recrutement ? Seconder les infirmiers de l’établissement sur les tâches administratives et les prises de rendez-vous. Les retours des familles, des médecins traitants et des professionnels de l’établissement sont unanimes : le poste est indispensable et apporte confort aux collaborateurs et davantage de présence soignante auprès des résidents. En janvier 2022, LNA Santé décide d’étendre le dispositif à 13 établissements. Les semaines des apprentis s’organisent autour d’un temps plein avec 4 jours passés aux côtés des infirmiers d’établissement et une journée par semaine en visio avec une formation théorique. Sophie Quilio, coordinatrice de la qualité des soins, et Audrey Bockelée, directrice d’exploitation, s’attachent à observer le temps passé par les secrétaires médicaux en suivi téléphonique par jour avant et après la mise en place de ce dispositif. Aujourd’hui, grâce à cette expérimentation, on comprend à quel point ces postes permettent de renforcer le temps de soin auprès des résidents et d’améliorer les conditions de travail de l’équipe soignante. Il est nécessaire de pérenniser ces emplois, dont l’action est désormais reconnue comme indispensable. « Le poste de secrétaire médical en Ehpad est bénéfique sur de nombreux points. » 13 promotions LNA Santé pour le poste de secrétaire médical en Ehpad Ce sont 55 minutes par jour qui sont consacrées au suivi du résident en lieu et place des tâches administratives 55' La mise à jour informatique des dossiers médicaux se fait 8 fois plus rapidement 92 % des infirmiers jugent ce poste indispensable 10
Des étudiants en médecine auprès des résidents : une initiative fructueuse à Mer Iroise La résidence Mer Iroise est partenaire du Pôle Santé Globale et Solidarité de la Corporation des Étudiants de la Faculté de Médecine de Brest. À leur initiative et avec l'accompagnement de Mikaël Tessiot, coordinateur de vie sociale et culturelle, ce projet vise à rompre la solitude des résidents et à favoriser le lien intergénérationnel. C’est aussi pour les étudiants une occasion d’appréhender les enjeux de la filière gériatrique. Des activités variées qui s’inscrivent dans le projet de vie sociale et culturelle de la résidence. Mikaël Tessiot, fort de ses 25 années d'expérience au sein de la résidence, a lancé ce projet lors de la « semaine bleue », en 2022. En collaboration avec une équipe soignante pluridisciplinaire, il invite un groupe d’étudiants volontaires en 2e et 3e année de médecine à partager environ deux fois par mois, des activités ludiques et culturelles aux côtés des résidents. Ateliers cuisine, jeux de société, soirées musicales et blind test, les activités sont conçues pour favoriser l'interaction et le partage. Des sorties au café associatif et culturel du quartier de Kerinou sont aussi organisées et permettent aux résidents de découvrir leur environnement et de participer à la vie locale. Un partenariat gagnant-gagnant pour les résidents et les étudiants Cette collaboration revêt une dimension significative pour tous les participants. D’un côté, les résidents attendent avec impatience ces rencontres. De l’autre, l’engagement bénévole des étudiants en médecine leur apporte un précieux savoir-être et contribue à leur développement personnel et professionnel. En accueillant des étudiants en médecine et en leur offrant l’occasion de s'impliquer dans la vie quotidienne des résidents, l'établissement se positionne comme un acteur engagé dans l'offre de soins, renforçant ainsi sa réputation et son attractivité. En effet, les étudiants interviennent également pour des remplacements d'aides-soignants : c’est un levier pour fidéliser et attirer de futurs soignants. « Ces rencontres entre les étudiants en médecine et les résidents de Mer Iroise illustrent parfaitement les bénéfices mutuels. Au-delà des simples activités, c'est un véritable échange de savoir, de compassion et de solidarité qui s'opère, enrichissant la vie de chacun et contribuant à tisser des liens durables au sein de la communauté.» Mikaël Tessiot, coordinateur de vie sociale et culturelle à la résidence Mer Iroise. «Ça nous apporte beaucoup personnellement. On a envie, en tant que futur médecin, d’être plus humain et de mêler l’humain au soin. Les résidents nous touchent en racontant leur vie d’antan. » Capucine Godard, 22 ans, étudiante en 3e année de faculté de médecine. Projets & actus des établissements 11
Projets & actus des établissements 12
Étude clinique SLIMS : prévenir, repérer et accompagner la fragilité des seniors Dans un contexte de vieillissement de la population où, selon l’INSEE, un quart des Français auront plus de 65 ans en 2030, la détection, la prise en soin, mais aussi la prédiction de l’évolution de l’état de la fragilité de la personne âgée devient un enjeu de santé publique majeur. C’est dans ce cadre que l’étude SLIMS (Suivi Longitudinal Individuel Multimodal du Senior) a été lancée au sein de la Clinique Saint-Roch en partenariat avec la CARSAT des Hauts-de-France et l’ENS Paris-Saclay. Coordonnée par le Dr Woly Moti et la Cellule d’Appui à la Recherche de LNA Santé, cette étude doit permettre d’appréhender les profils de fragilité des seniors, de mieux comprendre les signes de la fragilité et de proposer un accompagnement personnalisé. La fragilité Le concept de fragilité désigne un syndrome clinique qui se caractérise par une diminution des capacités physiologiques de la personne. Elle altère ses mécanismes d’adaptation au stress, majorant ainsi sa vulnérabilité. Le stress est multifactoriel : physiologique, social, économique et environnemental. Quand cette fragilité existe, elle se révèle être un marqueur de risque de mortalité et d’événements péjoratifs (incapacité, chutes, hospitalisation, entrée en institution). L’existence de la fragilité est donc prédictive d’un événement grave. L’âge est un déterminant majeur, mais n’explique pas à lui seul ce syndrome. La prise en soin des déterminants de la fragilité peut réduire ou retarder ses conséquences. Ainsi, la fragilité s’inscrirait dans un processus potentiellement réversible. SLIMS : outil de détection simple, reproductible et efficace Bien que de nombreux outils existent (plus de 27 outils ou échelles, à ce jour), aucun ne fait réellement consensus sur le terrain et aucun ne permet aujourd'hui de prédire l’évolution de la fragilité à court terme. L’objectif de l’étude SLIMS est, à travers une analyse des multiples paramètres (physiologiques, biologiques, psychologiques et socio-économiques), de pouvoir déterminer un outil simple qui serait comparable aux autres en termes de détection de la fragilité, mais qui rajouterait une composante prédictive. L’étude SLIMS est proposée à toutes les personnes de plus de 65 ans qui résident en région Hauts-de-France. Les personnes sont rencontrées à deux reprises : lors d’une première visite (visite d’inclusion), puis six mois plus tard. L’équipe médicale réalise un bilan complet gériatrique et transmet aux participants ainsi qu’au médecin traitant des conseils et recommandations personnalisés. Accompagner la fragilité avec une prise en charge de rééducation en HDJ Pour les personnes évaluées comme pré-fragiles ou fragiles, un programme personnalisé pluri-hebdomadaire en hospitalisation de jour est proposé. Un parcours sur mesure co-construit en équipe pluridisciplinaire détermine le programme qui sera le plus adapté au patient (fréquence, durée...) en tenant compte de la plus grande fatigabilité des patients gériatriques. Ce programme innovant de rééducation en HDJ gériatrique est une des clés pour réduire le risque d’aggravation de la fragilité. Une proposition à haute valeur ajoutée pour contribuer à réduire les fragilités constatées au niveau du territoire. 13
des patients adultes du Loiret n’ont pas de médecin traitant Profil des bénéficiaires adressés par le 15 : Profil polypathologique Motifs de consultation : détresse respiratoire altération de l’état général accompagnement en fin de vie Projets & actus des établissements HAD Orléans-Montargis : transfusion sanguine à domicile et soins non programmés, deux nouvelles prises en charge innovantes Dans le département du Loiret, à la demande de l’ARS, du Service Hématologie du CHU d’Orléans et de l’Établissement français du sang, l’HAD d’Orléans-Montargis déploie, depuis début 2023, cette prise en soin. Le Dr Jean-Yves Lemonnier et le Dr Johary Razanatsimba, respectivement médecins praticiens de l’HAD d’OrléansMontargis et correspondants d’hémovigilance pour l’HAD, expliquent : La mise en œuvre de la transfusion à domicile a nécessité un an de travail préparatoire : organisation et procédure dédiées, formation des équipes, signature de la convention avec le CHU d’Orléans et d’un correspondant d’hémovigilance, etc. Nous devons garantir aux patients, sur son lieu de vie, cette prise en soin complexe dans les mêmes conditions de sécurité et de qualité des soins que dans les établissements de santé conventionnels. Pour nos infirmiers, c’est aussi l’occasion de développer de nouvelles compétences. Et si, pour le moment, l’établissement ne propose que la transfusion de concentrés de globules rouges, la prochaine étape visera également la transfusion de plaquettes. Autre expertise proposée par l’établissement du Loiret : les soins non programmés. Fin 2022, devant l’engorgement des Urgences, l’HAD du Loiret a proposé de développer une nouvelle offre : des consultations au domicile des patients pour des urgences non vitales, quand aucun médecin traitant n’est disponible ou quand le patient n’en dispose pas. Ce dispositif soulage les services d’Urgences, mais il a aussi pour avantage d’éviter l’hospitalisation (en particulier aux Urgences) quand elle n’est pas nécessaire. Dans ce cas, le médecin de l’HAD joue un rôle d’adressage essentiel en réorientant vers une prise en soin libérale ou en HAD. Ce dispositif régional précurseur est déployé avec les HAD LNA Santé de Blois et de Tours. Il est une possibilité expérimentale très complémentaire des services d’Urgences de l’hôpital et l’une des réponses à la désertification médicale du Loiret. CHIFFRES CLÉS BILAN • En 2023 : 30 journées de transfusion auprès de 20 patients ont été réalisées. • Une trentaine de journées de transfusion par mois pour 20 patients. 25 % 84 ans d'âge moyen 14
ROSA Knee : le robot qui révolutionne la prothèse totale du genou à la Clinique Saint-Roch Parce que les études indiquent que l’utilisation de la prothèse de genou va connaître une croissance supérieure à 400 % d’ici à 2050, l’établissement a investi dans une technologie de pointe: le robot ROSA Knee, un assistant avec bras robotisé. Sa vocation : ajuster la position de la prothèse de genou à la morphologie du patient directement durant l’opération chirurgicale pour assister les équipes chirurgicales. Le Dr Matthieu Grelier, diplômé d’étude spécialisée en chirurgie orthopédique, le décrit : Le robot est composé de deux éléments, un bras robotisé pour le guide des coupes osseuses et un système de repérage type caméra. Il possède des capteurs qui permettent de représenter le genou opéré en trois dimensions. Les informations collectées sont analysées et communiquées, ce qui permet un placement précis de l’implant avec un positionnement au degré et au millimètre près. Le robot vérifie l’équilibre en flexion et en extension ainsi que sur les ligaments collatéraux. Grâce à son contrôle, le robot s’assure du bon équilibre de ces ligaments essentiels pour le bon fonctionnement de la prothèse totale de genou. Les bénéfices sont majeurs : l’optimisation du positionnement de l’implant favorise de cette manière un bon fonctionnement de la prothèse, l’atteinte d’un équilibrage idéal limite les douleurs et les raideurs postopératoires pour le patient et, plus globalement, cela réduit le risque de complications. L’arrivée du robot ROSA Knee à la Clinique Saint-Roch s’accompagne d’un parcours d’accompagnement plus global, efficient depuis début 2024, dénommé « RAAC », Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie (cf. article page 16). Il vise à faciliter la récupération et la rééducation postopératoire des patients. Grâce à l’application « my mobility » par exemple, ces derniers ont accès à des auto-exercices qu’ils peuvent réaliser chez eux. Ils sont aussi informés quant à l’organisation du domicile, au sujet de la chirurgie ou de leur rééducation. À noter également que la Clinique s'est dotée d'un second dispositif : le NextAR, casque de réalité virtuelle. Pour Youcef Amara, directeur de la Clinique Saint-Roch, l’investissement dans des technologies de pointe, telles que le robot ROSA Knee, permet de relever le double défi suivant : « Améliorer toujours davantage la qualité de la prise en soin des patients et accompagner les chirurgiens orthopédistes dans leur recherche d’excellence. » La Clinique Saint-Roch s'inscrit ainsi comme un établissement de soin incontournable dans la rééducation du genou dans la région des Hautsde-France. 15
La RAAC (Récupération Améliorée Après Chirurgie): un protocole innovant à la Clinique d'Alençon Arrivé récemment au sein de la Clinique d’Alençon, le Dr Babak Kianifard, chirurgien général et viscéral, a impulsé en septembre 2023 une nouvelle dynamique en introduisant un protocole moderne de Récupération Améliorée Après Chirurgie (RAAC), qui s’étend aujourd’hui à plusieurs spécialités, en plaçant le patient comme acteur de sa prise en soin. En quoi consiste le protocole RAAC ? La RAAC est une approche de prise en soin globale du patient favorisant le rétablissement précoce de ses capacités à la suite d’une intervention chirurgicale. La mise en place d’un tel programme représente une démarche d’amélioration des pratiques pour toutes les équipes. Celle-ci nécessite une réorganisation des soins et des efforts combinés au sein d’une équipe pluridisciplinaire impliquant tous les acteurs autour du patient. Ce programme de récupération vise plusieurs objectifs : • Réduire les complications postopératoires • Diminuer la durée d’hospitalisation en minimisant l’incapacité des patients • Favoriser une récupération plus rapide postopératoire • Réduire les douleurs postopératoires Pour quelles spécialités et quels types de patients ? Bien que la RAAC, dans son principe, soit applicable à de nombreuses chirurgies et à la plupart des patients, ce sont chez les personnes fragilisées que les résultats observés sont les plus nets, notamment en termes de prévention des complications postopératoires. Ce programme de récupération améliorée s’étend à toutes les étapes de la chirurgie : • Avant la chirurgie, c’est une phase de préparation où toutes les étapes de l’intervention sont expliquées et où le patient devient acteur de sa prise en soin (adaptation de la nutrition, activité physique, sevrage tabagique par exemple). On parle souvent de « préhabilitation » ; • Pendant l’hospitalisation, chirurgiens et anesthésistes, puis tous les professionnels du soin vont, en postopératoire, adapter leurs pratiques dans l’objectif de favoriser la récupération, aussi appelée « réhabilitation ». Cette modalité de parcours chirurgical, uniquement applicable en chirurgie colo-rectale dans les années 1990, est dorénavant couramment utilisée dans de nombreuses spécialités et pour les chirurgies lourdes. Ce programme, parce qu’il place le patient au centre de sa prise en soin, est un outil essentiel pour améliorer l’expérience-patient et le vécu de son intervention. Le Dr Kianifard témoigne de l’efficacité du protocole et se projette déjà sur une plus large étendue de ce dernier : Tous ont pu sortir après seulement 5 jours d’hospitalisation à la suite de leurs opérations. Nous devons désormais être en mesure d’identifier plus encore, des patients susceptibles de bénéficier du protocole RAAC. Depuis septembre 2023, déjà 7 patients ont bénéficié de ce protocole à la Clinique d’Alençon et d’autres patients sont à venir 3 phases clés dans le processus RAAC Selon la HAS, dans la chirurgie hépatique, la durée moyenne de séjour peut être plus courte de : Projets & actus des établissements CHIFFRES CLÉS 7 2 à 4 jours 16
À l’Institut Médical de Breteuil, apprendre à se connaître avec un escape game Le projet SimUSantEscape Interpro est né d’une idée, renforcer la coopération et la collaboration entre professionnels ayant des expertises différentes, et d’une perspective de collaboration entre l’Institut Médical de Breteuil et le centre de pédagogie active multidisciplinaire SimUSanté-Epione d’Amiens. À l’initiative du projet, Julie De Wever, docteure en neuropsychologie, chercheuse associée, membre du groupe de ludopédagogie de SimUSanté mené par Eric Dessenne et Julien Fidelin, infirmier et responsable d’unité de soins, vise à développer un escape game pédagogique sur mesure (sous la forme d’un kit) que chaque établissement pourra conduire, après formation au bon usage de l’outil. La ludopédagogie : qu’est-ce que c’est ? L’escape game pédagogique est une forme de ludopédagogie, d’apprentissage par le jeu. S’il reprend les codes de l’escape game loisir, il est adapté pour cibler des apprentissages et l’objectif ludique est doublé d’un intérêt pédagogique. L’escape game pédagogique se poursuit avec une phase essentielle de débriefing. D’un point de vue neuropsychologique, les études montrent que lorsque de multiples sens sont sollicités, ils laissent un meilleur ancrage en mémoire. Ces apprentissages sont aussi renforcés par l’ancrage émotionnel positif et l’activation alors du système de récompense (incitant à poursuivre dans cette direction). Les sens, comme les émotions, sont particulièrement sollicités dans le cas de l’escape game. Le participant est plongé dans un état cognitif optimal de flow, qui implique une immersion et une concentration intense sur l’activité, si bien qu’il peut perdre en partie conscience de lui et du temps. Faire équipe avec un espace game pédagogique L’objectif est simple : améliorer la connaissance du domaine d’intervention de chaque professionnel impliqué dans l'accompagnement des patients (professionnels de santé, de la rééducation, etc.) et amener chacun à prendre conscience de la complémentarité de leurs expertises. Pour cela, lors de sa construction, tous les métiers seront représentés et sollicités pour définir leurs expertises. À l’issue de cet escape game, l’objectif est que chaque professionnel puisse comprendre le champ d’action des personnes avec qui il travaille quotidiennement, par exemple l’expertise de la psychomotricienne, de l’ergothérapeute, du psychologue spécialisé en neuropsychologie ou encore de l’enseignant en activités physiques adaptées. Tous ces professionnels exercent au sein du même établissement, parfois dans la même salle ou dans la pièce d’à côté, mais savent-ils ce qui se passe pendant les séances ? 17
Nos projets Immo Tendance biophilique et architecture d’intérieur : à la recherche de l’harmonie Isabelle Sicart, Architecte d’intérieur En tant que directrice de l’architecture intérieure pour LNA Santé, comment pensez-vous les espaces des nouveaux établissements ? Isabelle Sicart : Je m’occupe depuis plus de 4 ans des projets d’architecture intérieure pour les Ehpad et les SMR de l’entreprise. Avant cela, j’ai travaillé dans d’autres secteurs comme de grands hôtels ou des musées. Durant mon parcours, j’ai notamment été marquée par l’architecture intérieure de certains bâtiments au cœur de Singapour : les effets de double peau végétale, le dialogue constant avec l’extérieur, les perspectives offertes par les jeux sur les volumes, le traitement de la lumière. C’est très intéressant et j’ai nourri mes propositions de cette influence. Les architectes avec lesquels nous travaillons sont également très inspirés par cette démarche. Qu’est-ce qui a changé dans la manière de concevoir et d’aménager ? IS : Il y a encore quelques années, les établissements de santé cherchaient à valoriser le côté hygiéniste des bâtiments, du mobilier, des espaces. L’exigence première était celle de la rigueur pour montrer l’aspect scientifique et le sérieux médical dans l’accueil des patients et résidents. Aujourd’hui, l’exigence n’est pas moindre, mais elle est moins démonstrative. Les études et l’expérience montrent que la reconnexion à la nature participe à la guérison et favorise le bien-être des résidents. La tendance actuelle vise à concevoir les espaces en lien avec le design biophilique. Il s’agit de s’inspirer de la nature dans le choix des matériaux, des formes, des volumes. Qu’entendez-vous par design biophilique ? IS : La « biophilie », c’est l’amour de la nature. Le design biophilique a pour vocation de créer des environnements de vie et de travail plus sains, en lien avec la nature ou inspirés par elle. Il s’agit, à nos yeux, d’établir un dialogue permanent entre l’intérieur et l’extérieur. Cette recherche d’harmonie a une incidence positive sur le patient. On cherche à capter la lumière naturelle, à donner des perspectives, à faire en sorte que les lieux de vie soient tournés vers la nature. Aujourd’hui, on travaille l’organisation des espaces de sorte que l’extérieur soit toujours visible, le cœur des lieux devient un patio ouvert. Et parfois, quand le bâtiment est vaste, on trouve plusieurs patios. Quelles sont vos solutions pour connecter les espaces à la nature ? IS : Il existe une myriade de petites solutions. Les trouées sur l’extérieur au niveau des bouts de couloir sont un espace où on cherche à créer du contraste pour permettre de mettre en scène la perspective. Par exemple, les couleurs des murs vont être plus contrastées pour valoriser la fenêtre et la vue qu’elle offre. On cherche aussi à créer des analogies naturelles indirectes avec le choix de matériaux. Le bois, la pierre ou bien leur évocation sont privilégiés. Le traitement de la lumière et le choix des couleurs sont décisifs. Aussi, on privilégie des nuances de couleurs douces, minérales ou végétales pour rappeler le sable, la terre ou les arbres. On s’intéresse aux formes arrondies, notamment pour les assises, pour que le patient ou le résident se sente enveloppé. Les motifs sélectionnés font écho au ciel, au désert, aux feuillages, aux grands espaces. « On parle d’intervention non médicamenteuse chez LNA Santé. Je suis convaincue que l’harmonie des lieux, l’aménagement des espaces entrent dans la liste des solutions. » Isabelle Sicart 1. 2. 18
À quoi prêtez-vous une attention particulière dans la conception et l’architecture intérieure ? IS : D’emblée, je peux répondre : le travail de la lumière. Il s’agit d’offrir une lumière dynamique et diffuse qui respecte le cycle circadien et qui propose un juste éclairage. Pour évaluer la lumière, l’exposition, la hauteur sous plafond, la hauteur des fenêtres sont déterminantes. Par exemple, nous déterminons toujours l’emplacement et la hauteur des fenêtres par rapport au lit et à la position allongée. Le défi est différent pour les pièces qui donnent sur le patio. La lumière y est stable et rassurante, un peu comme dans un atelier d’artiste. Comment travaillez-vous avec tous les partenaires ? IS : En général, lorsqu’un projet est lancé, LNA Santé missionne une équipe d’architectes avec lesquels l’équipe Immobilier dialogue et écrit le projet. Il est important de tenir compte de tous les usages. Les établissements sont des lieux de repos et de soin, mais aussi des espaces de rencontre et de travail. C’est tout cela qui doit être mis en musique. Lorsque je travaille sur un projet, je crée des planches d’inspiration. Je les présente en insistant sur les intentions et les ambiances. Pour aider les décideurs à opter pour une solution et à faire des retours, nous réalisons les images 3D des lieux principaux. 3. 4. 5. Photos 1,2,4 et 5 : Projections 3D du concept de biophilie au sein du futur SMR à Poitiers Photo 3 : Nouvel Institut de Réadaptation de Meaux 19
Nos talents Soigner et prendre soin Directrice de la publication : Marie-Laure Levêque • Réalisation : TheLINKS.fr • Photos : LNA Santé, Franck Gallen, AIA Architectes • Imprimé sur papier PEFC avec encres végétales par Goubault, imprimeur certifié ISO 14001 à La Chapelle-sur-Erdre Le métier d’Infirmier en Pratique Avancé (IPA) : une évolution dans la prise en charge médicale La loi de modernisation de 2016 a marqué un tournant dans le paysage médical français en introduisant les Infirmiers en Pratique Avancée (IPA). Ces professionnels, souvent méconnus du grand public, jouent un rôle crucial dans la prise en soin des patients. L’IPA, véritable « pivot » dans l’approche du soin L'IPA n'est pas destiné à remplacer les acteurs médicaux et paramédicaux existants, mais plutôt à compléter leur action. Dotés d'une expertise clinique approfondie, d'une capacité de recherche, de prise de décision éthique et de coordination, ils agissent comme des intermédiaires essentiels dans le parcours de soins des patients. Matthias Larat – IPA depuis 2 ans spécialisé dans les prises en soins des patients avec pathologies cardiaques et diabète Infirmier en SMR cardio/pneumo au Clos Champirol depuis 2017, Matthias a été encouragé et soutenu par l'équipe médicale, notamment par le Dr Jessica Daher-Patrouillault, cardiologue, à se former en tant qu'IPA. Cette décision a été motivée par le besoin d'une prise en soin plus individualisée des patients diabétiques et cardiaques. Son rôle en tant qu'IPA s'est révélé essentiel dans la coordination des parcours de soins pour les patients atteints d'insuffisance cardiaque. Il a d’ailleurs contribué à la mise en place d’un programme de réadaptation spécifique, « Coup de cœur » à destination des patients insuffisants cardiaques. Il a pour objectif de proposer une prise en soin spécifique de la pathologie et de proposer de la télésurveillance lors de leur retour à domicile. Outre ses missions cliniques, Matthias s'engage également dans la gestion de projets et la recherche, contribuant ainsi à l'amélioration continue des pratiques de soins comme le projet qu’il coordonne dans son établissement : « Inspir’Action ». Ce dernier vise à améliorer la prise en soin de patients ayant une insuffisance pulmonaire (BPCO) grâce à l'utilisation de nouvelles technologies de type téléréadaptation et télé-suivi. IPA, une nouvelle vision du soin et des enjeux pour demain Pour les médecins, le métier d’IPA est une opportunité précieuse d'améliorer l'efficacité et la qualité des soins, de progresser dans l’éducation thérapeutique du patient, tout en déchargeant partiellement leur charge de travail. La collaboration étroite entre les professionnels de santé est au cœur de cette nouvelle approche, garantissant une prise en soin globale et personnalisée des patients. Ce nouveau métier n’en est qu’aux prémices et de nouveaux enjeux se dessinent déjà selon Matthias, dans le cadre des pathologies qu’il accompagne. Retrouvez l’ensemble de nos établissements sur lna-sante.com Contact à votre disposition : communication@lna-sante.com Découvrez plus de contenus exclusifs sur nos réseaux sociaux:
SUPPLÉMENT DÉTACHABLE # 17 | JUIN 2024 Les Soins Médicaux et de Réadaptation, comment s’en passer !
SMR : penser les « parcours patients » dès maintenant, pour demain La politique médicale LNA Santé repose sur trois fondamentaux : un patient acteur de sa santé, des proches aidants partenaires et des professionnels de santé qui trouvent du sens dans leur métier. La politique médicale a pour objectif d’apporter une qualité et une sécurité de soins optimales, adaptées aux pathologies du patient et une offre médicale ajustée aux enjeux des territoires, notamment en termes de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR). Les SMR ont plusieurs missions complémentaires qui permettent une prise en soins globale du patient. Les principales sont : • une mission de soins médicaux après une hospitalisation ou directement depuis le domicile, • une mission de réadaptation basée sur un projet personnalisé de soins évolutif tout au long de l’hospitalisation. L’objectif est d’obtenir une récupération des fonctions fragilisées, une adaptation à l’environnement de vie et une réinsertion du patient au niveau social, familial et professionnel, • une mission de prévention visant à améliorer la qualité de vie des patients hospitalisés. Les singularités des SMR LNA Santé reposent sur : • une expertise de l’offre adaptée aux enjeux du territoire avec des offres médicales qui couvrent tous les modes de prise en soin (hospitalisation complète, hospitalisation de jour, consultations spécialisées, téléréadaptation, HAD de rééducation) et sont reconnues comme expertes sur le territoire, • une infrastructure de haute qualité avec des établissements de grande taille, neufs ou refaits à neuf, des plateaux techniques spécialisés avec des équipements de rééducation performants et innovants adaptés à chaque spécialité, • un patient acteur de son programme personnalisé de réadaptation, en autonomie pour certaines activités d’autorééducation, en responsabilisation de sa prise en soin par l’éducation thérapeutique avec le soutien de patients experts et d’associations de patients, • une équipe de proximité, dédiée au patient pendant son hospitalisation, tant médicale que paramédicale, interlocutrice privilégiée du patient et de ses proches. Ces singularités sont engageantes pour LNA Santé avec une finalité d’établissements spécialisés et experts sachant impliquer les patients et leurs proches aidants. commente le Dr Sylvie Sacher Huvelin, directrice médicale LNA Santé. 2 LE DOSSIER Les Soins Médicaux et de Réadaptation, comment s’en passer!
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