Le Mag #17

Nos projets Immo Tendance biophilique et architecture d’intérieur : à la recherche de l’harmonie Isabelle Sicart, Architecte d’intérieur En tant que directrice de l’architecture intérieure pour LNA Santé, comment pensez-vous les espaces des nouveaux établissements ? Isabelle Sicart : Je m’occupe depuis plus de 4 ans des projets d’architecture intérieure pour les Ehpad et les SMR de l’entreprise. Avant cela, j’ai travaillé dans d’autres secteurs comme de grands hôtels ou des musées. Durant mon parcours, j’ai notamment été marquée par l’architecture intérieure de certains bâtiments au cœur de Singapour : les effets de double peau végétale, le dialogue constant avec l’extérieur, les perspectives offertes par les jeux sur les volumes, le traitement de la lumière. C’est très intéressant et j’ai nourri mes propositions de cette influence. Les architectes avec lesquels nous travaillons sont également très inspirés par cette démarche. Qu’est-ce qui a changé dans la manière de concevoir et d’aménager ? IS : Il y a encore quelques années, les établissements de santé cherchaient à valoriser le côté hygiéniste des bâtiments, du mobilier, des espaces. L’exigence première était celle de la rigueur pour montrer l’aspect scientifique et le sérieux médical dans l’accueil des patients et résidents. Aujourd’hui, l’exigence n’est pas moindre, mais elle est moins démonstrative. Les études et l’expérience montrent que la reconnexion à la nature participe à la guérison et favorise le bien-être des résidents. La tendance actuelle vise à concevoir les espaces en lien avec le design biophilique. Il s’agit de s’inspirer de la nature dans le choix des matériaux, des formes, des volumes. Qu’entendez-vous par design biophilique ? IS : La « biophilie », c’est l’amour de la nature. Le design biophilique a pour vocation de créer des environnements de vie et de travail plus sains, en lien avec la nature ou inspirés par elle. Il s’agit, à nos yeux, d’établir un dialogue permanent entre l’intérieur et l’extérieur. Cette recherche d’harmonie a une incidence positive sur le patient. On cherche à capter la lumière naturelle, à donner des perspectives, à faire en sorte que les lieux de vie soient tournés vers la nature. Aujourd’hui, on travaille l’organisation des espaces de sorte que l’extérieur soit toujours visible, le cœur des lieux devient un patio ouvert. Et parfois, quand le bâtiment est vaste, on trouve plusieurs patios. Quelles sont vos solutions pour connecter les espaces à la nature ? IS : Il existe une myriade de petites solutions. Les trouées sur l’extérieur au niveau des bouts de couloir sont un espace où on cherche à créer du contraste pour permettre de mettre en scène la perspective. Par exemple, les couleurs des murs vont être plus contrastées pour valoriser la fenêtre et la vue qu’elle offre. On cherche aussi à créer des analogies naturelles indirectes avec le choix de matériaux. Le bois, la pierre ou bien leur évocation sont privilégiés. Le traitement de la lumière et le choix des couleurs sont décisifs. Aussi, on privilégie des nuances de couleurs douces, minérales ou végétales pour rappeler le sable, la terre ou les arbres. On s’intéresse aux formes arrondies, notamment pour les assises, pour que le patient ou le résident se sente enveloppé. Les motifs sélectionnés font écho au ciel, au désert, aux feuillages, aux grands espaces. « On parle d’intervention non médicamenteuse chez LNA Santé. Je suis convaincue que l’harmonie des lieux, l’aménagement des espaces entrent dans la liste des solutions. » Isabelle Sicart 1. 2. 18

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