Le Mag #17

La gestion de la douleur par des techniques de neuromodulation en SMR 1 Hopital Privé du Pays d’Auge Partenaire de l’hôpital de Lisieux et de la Polyclinique du Parc à Caen, le SMR LNA Santé de Deauville est spécialisé notamment en réadaptation neurologique : réadaptation fonctionnelle et gestion de la douleur. L’approche globale et pluridisciplinaire permise par le SMR est particulièrement adaptée à ce type de pathologie. Hospitalisation complète ou de jour offrent la souplesse nécessaire aux différentes étapes du parcours des patients, sans oublier les proches aidants pouvant bénéficier de soutien psychologique ou social. L’établissement a développé une expertise en matière de gestion de la douleur. Décryptage avec le Dr Gilles Mazaltarine, spécialiste en Médecine Physique et de Réadaptation, des techniques de neuromodulation et algologue. À quels types de patients s’adresse la neuromodulation au sein de l’HPPA1 ? Elle concerne des patients aigus après une intervention chirurgicale ou bien des personnes souffrant de douleurs chroniques, présentant des douleurs neuropathiques par exemple, consécutives à des AVC ou liées à une sclérose en plaques, ou encore à des patients atteints de fibromyalgie, de COVID long… Nous suivons environ 15 patients par semaine en neuromodulation. Quelles sont les techniques de neuromodulation ? Il existe deux approches principales : les techniques dites « invasives », comme la stimulation médullaire pour laquelle on implante par voie percutanée ou par voie chirurgicale une électrode reliée à un boitier stimulateur et les techniques dites « non invasives », comme l’électrostimulation classique (Appareil TENS) ou encore la Stimulation Magnétique Transcrânienne répétitive (rTMS). Au sein de l’HPPA, vous êtes spécialisé dans la Stimulation transcrânienne à Courant Direct (tDCS), quelles sont les raisons de ce choix thérapeutique? Cette technologie non invasive et indolore a l’avantage de traiter aussi bien des douleurs diffuses que localisées. Elle permet une stimulation directe, par un courant électrique continu et de faible intensité, de la zone du cerveau choisie. Nous l’utilisons également au niveau du cervelet, centre de l’équilibre et de l’activité motrice dans les dystonies (contraction spontanée d’un muscle) afin de leur permettre d’améliorer le contrôle des contractures musculaires, de les réduire et, donc, de réduire la douleur. Vous avez décidé de développer également la Stimulation à Courant Continu Spinale transcutanée (tSDCS), de quoi s’agit-il? La Stimulation à Courant Continu Spinale transcutanée (tSDCS) permet d’améliorer le contrôle des douleurs neuropathiques. Cette alternative à la stimulation médullaire invasive convient à des patients atteints entre autres de névralgie cervico-brachiale réfractaire ou de névralgie d’Arnold. Si la technologie joue un rôle important, son succès s’inscrit dans une approche plus globale et holistique du patient, pouvez-vous nous en donner une illustration ? Si nous prenons l’exemple d’un patient post-AVC souffrant de troubles aphasiques et d’héminégligences, la neuromodulation s’accompagne d’une prise en charge complémentaire tout spécialement avec l’orthophoniste et l’ergothérapeute. Et c’est bien l’équipe pluridisciplinaire qui va accompagner le patient dans son projet personnalisé de soins et l’adapter au regard de l’évolution du patient. Cette approche globale et coordonnée est systématique. 18 LE DOSSIER Les Soins Médicaux et de Réadaptation, comment s’en passer!

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