#12 | DÉCEMBRE 2020 SUPPLÉMENT DÉTACHABLE LNA Santé au plus près des aidants
2 LNASanté auplus près des aidants En lien avec la stratégie gouvernementale 2020-2022 demobilisation et de soutien des aidants, LNASanté vous proposesondossier spécial. En tant qu’acteur de lasanté, il est pour nousprimordial deprendresoindespatients et des résidents tout en considérant le bien-être de leur entourage. Les aidants jouent souvent un rôle indispensable dans le maintien à domicile de la personne en perte d’autonomie. Le Baromètre BVA des aidants 2020 révèle que 74% des aidés vivent à leur domicile. Et seulement 1 personne fragilisée sur 5 habite chez son aidant. LE DOSSIER LNA Santé au plus près des aidants
3 Aidant familial ou aidant professionnel : quelle différence ? Un aidant, aussi appelé aidant familial ou proche aidant est une personne qui aide un de ses proches en perte d’autonomie. Selon le baromètre BVA, les aidants accompagnent le plus souvent une personne, toutefois, l’émergence du phénomène multi-aidants, ceux qui accompagnent 2 personnes ou + est en hausse depuis 2019*. • 61% des aidants viennent en aide à une personne • 39% des aidants accompagnent 2 personnes ou + L’aidant familial peut être un parent, un enfant ou encore un proche. Par exemple, un parent qui assiste dans les gestes du quotidien son enfant porteur d’un handicap est un aidant, au même titre qu’un enfant aux côtés de son parent âgé ou en souffrance. Le plus souvent, nous observons un lien familial entre le patient / résident et son aidant. • 79% des aidants viennent en aide à un membre de leur famille, • dans 58% des cas, il s’agit d’apporter leur aide à un proche en situation de dépendance due à la vieillesse (+12% depuis 2019). À la différence de l’aidant familial, venir en aide à une personne en perte d’autonomie est un métier pour l’aidant professionnel. Connu sous les noms d’aide à domicile ou auxiliaire de vie, l’aidant professionnel est formé et rémunéré. Il intervient au domicile du patient ou en établissement de soins. Il n’est pas rare qu’aidant familial et aidant professionnel collaborent pour garantir un accompagnement source de bien-être pour tous. L’aide apportée par un aidant familial et/ou professionnel peut être ponctuelle, régulière ou permanente. Aidant familial : quel est son champ d’intervention ? L’accompagnement par un aidant peut prendre différentes formes et intervenir à différents moments de la journée selon les besoins de l’aidé : toilette, habillage, préparation ou prise des repas, tâches ménagères, etc. L’aide peut également concerner les déplacements, l’organisation administrative et la gestion du budget. Toujours selon le baromètre BVA, 7 aidants sur 10 sont un soutien moral pour leurs aidés. C’est d’ailleurs le type d’aide le plus cité par les aidants. Sont classées ensuite l’aide pour les activités domestiques, la surveillance grâce aux contacts téléphoniques pour prendre des nouvelles ou lors des visites, et enfin l’aide dans les déplacements dans près d’un cas sur deux. Les aidants semblent sous-évaluer le temps qu’ils consacrent à leurs aidés par rapport au temps observé dans les études sur le sujet. De fait, le rapport de la Haute Autorité de Santé “Service des bonnes pratiques professionnelles” de février 2010 estime une charge de 6 heures par jour pour la majorité des conjoints aidants. C’est aussi le temps de soutien apporté à la moitié des enfants aidés. Qui est l’aidant familial en France ? Les aidants représentent près de 11 millions de personnes en France. La plupart d’entre eux sont des femmes (58%) et 80% ont moins de 65 ans. Nous observons que 62% sont encore actifs et doivent ainsi jongler entre leur vie professionnelle et leur vie d’aidant familial. Avec un allongement permanent de la durée de vie, le nombre d’aidants familiaux va continuer à augmenter dans les prochaines années. Ce vieillissement de la population entraîne inévitablement un besoin de solutions pérennes (EHPAD, HAD, Accueil de jour...).
4 Être aidant familial : quel impact ? L’aidant familial, une personne exposée à des risques pour sa santé Pour 37% des aidants, ils sont seuls à prendre soin de leur proche. Cette situation les expose à des symptômes de stress et d’anxiété. D’après une étude du gérontologue, C.J. Rosenthal, certains facteurs sont reconnus pour augmenter le risque de dépression de l’aidant. On retrouve notamment : • le niveau de perte d’autonomie de la personne ; • l’état de santé de l’aidant ; • le manque de repos ou de temps libre ; • le difficile choix entre les besoins ressentis de l’aidé et ses propres attentes. L’impact sur la vie de l’aidant L’investissement en temps a toujours un impact direct sur la santé des aidants mais cette année ils sont moins nombreux à en percevoir les effets négatifs. Que ce soit le manque de sommeil (21 %), le moral (20%), ou encore la vie sociale (20%), chacun des items est en baisse par rapport à l’étude de l’année précédente (- 6 point pour le sommeil, - 7 pour l’impact sur le moral et jusqu’à - 11 points concernant la vie sociale). Toutefois, on note que les aidants ne sont que 7% à utiliser leur temps de répit pour consulter un médecin... À ce jour, ce sont les non-aidants qui ont plutôt tendance à identifier l’impact négatif du statut d’aidant. Selon eux, la situation d’aidant a des impacts négatifs sur les 3 grands items suivants : la vie sociale (sorties, loisirs) pour 47%, la vie professionnelle de l’aidant (40%) ainsi que sa vie conjugale (39%). La vie professionnelle des aidants Près de 8 aidants sur 10 reconnaissent avoir des difficultés à concilier leur vie professionnelle et leur rôle d’aidant. Selon le rapport de l’Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises & de l’Union Nationale des Associations Familiales, 24% des aidants doivent ré-aménager leur activité professionnelle afin de prendre en charge leur proche. Ils demandent principalement des changements d’horaires, mais aussi une réduction de leur temps de travail qui a bien évidemment un fort impact sur leur rémunération et leur carrière. Quelques infos utiles à connaître pour se renseigner • 0820 10 39 39 : la plateforme gouvernementale pour les personnes âgées et leurs proches aidants • 0800 360 360 : un numéro d’appui dans le cadre de la crise Covid pour les personnes handicapées et les proches aidants • www.aidant.info : site dédié aux aidants • https://guide.francealzheimer.org : un guide d’accompagnement des aidants familiaux • Nid des Aidants 77 : plateforme d’accompagnement et de répit Seine et Marne - tél. : 06.46.32.91.92 seine-et-marne@leniddesaidants.fr https://seine-et-marne.leniddesaidants.fr/ • Nid des Aidants 85 : plateforme d’accompagnement et de répit Sables d’Olonne, Vendée Grand Littoral et Pays des Achards - tél. : 06.29.39.83.09 contact@leniddesaidants.fr https://www.leniddesaidants.fr/ • Nid des Aidants 91 : plateforme d’accompagnement et de répit des aidants Nord-Est Essonne - tél. : 01.69.83.53.91 essonne@leniddesaidants.fr https://essonne.leniddesaidants.fr/ LE DOSSIER LNA Santé au plus près des aidants Qui sont les aidants ? 58% sont des femmes 62% sont en activité 80% ont moins de 65 ans 58% aident un proche en situation de dépendance due à la veillesse 79% aident un membre de leur famille *BAROMÈTRE DES AIDANTS 2020 - Fondation APRIL / Institut BVA
5 Soutien aux aidants familiaux : des actions concrètes Dans leur investissement quotidien, les 11 millions d’aidants en France jouent, non seulement, un rôle primordial auprès de leur proche en perte d’autonomie, mais ils assument également une fonction essentielle au sein de la société. Le gouvernement a récemment fait part d’un ambitieux plan de mobilisation “Agir pour les aidants”, avec 17 mesures-phares. Le rôle d’aidant est enfin reconnu au travers de ces mesures concrètes annoncées fin 2019 et soutenues par une enveloppe financière de 400M€ sur trois ans. Les initiatives pour accompagner et soutenir l’aidant Conscient des difficultés quotidiennes rencontrées par les proches lorsqu’ils aident unmembre de leur famillemalade ou en perte d’autonomie, LNA Santé se mobilise pour les accompagner. LNA Santé a mis en place plusieurs dispositifs innovants tels que : • l’Ehpad pensé comme un pôle de ressources, • l’éducation thérapeutique pour le patient atteint de lamaladie d’Alzheimer et de la maladie de Parkinson, • la plateforme d’accompagnement et de répit des aidants avec une approche sur le rôle qu’elle peut jouer, • les séjours organisés pour les malades en partenariat avec France Alzheimer. Les établissements du groupe LNA Santé ont également développé des services aidants / aidés, le séminaire bientraitance et un regard croisé aidant / aidé. LNA Santé s’implique également dans la place qu’occupent les aidants dans le retour à domicile d’un patient après une rééducation directe post AVC ainsi que le rôle clé de l’aidant en hôpital de jour. 6 aidants sur 10 ne se considèrent pas comme tels 1 aidant sur 6 consacre 20 heures par semaine ou plus pour aider son ou ses proches (soit 16%) +11 millions d’aidants en France
6 INITIATIVE 1 JARDINS D’OLONNE : Accueil de jour et Plateforme de Répit au service du maintien à domicile Depuis mai 2020, la résidence Les Jardins d’Olonne propose 12 places en Accueil de Jour, contre 6 lors de la création de ces places en 2014. Cette augmentation de places est bienvenue compte tenu des nombreuses demandes. En effet, l’accueil de jour est une solution dédiée à toutes les personnes âgées vivant à leur domicile, souvent seules, certaines pouvant être atteintes de troubles cognitifs. Comme l’explique Isabelle Ricou, Maîtresse de Maison : «C’est l’occasion pour elles, au cours d’une ou plusieurs journées par semaine, de se retrouver aux Jardins d’Olonne, au sein d’un groupe pour partager des moments de la vie importants, comme le temps du repas et participer à des activités ou des sorties (activités cognitives, gymdouce, atelier cuisine, musique, chant...).» Rompre avec l’isolement, stimuler les personnes, réduire la perte d’autonomie, telles sont les missions de l’accueil de jour, pour, in fine, leur permettre de rester le plus longtemps possible à leur domicile. C’est aussi un moyen de les familiariser avec l’établissement, si à un moment donné, elles sont amenées à rejoindre l’institution. Ce “sas” pour la personne âgée représente aussi un moment de répit pour l’aidant. Le soutien des aidants est, en effet, un enjeu clé dans le maintien des personnes âgées à leur domicile, afin d’éviter leur épuisement. 7 initiatives pour soutenir les aidants LE DOSSIER LNA Santé au plus près des aidants Une approche personnalisée pour accompagner les aidants Un enjeu bien pris en compte à Olonne puisqu’une Plateforme de Répit, “Le Nid des Aidants 85”, adossée à l’établissement, a également été créée en 2018. «Elle est destinée aux aidants de 36 communes du territoire littoral. Elle a plusieurs missions : informer et accompagner les aidants, leur proposer un panel d’activités (musicothérapie, gym, relaxation…), les former pour mieux comprendre la maladie de leurs proches. Pour chacun, un projet personnalisé est défini afin de répondre au mieux à ses besoins. Depuis sa création, plus de 250 personnes ont été accompagnées», précise Charline Vinet, Coordinatrice de la Plateforme. Finalement, deux dispositifs complémentaires et vertueux, facteurs d’un bien-être durable de l’aidé comme de l’aidant en lien avec un Ehpad qui est ouvert sur l’extérieur. Il partage son expertise en matière de soins ainsi qu’en matière de coordination entre les différents acteurs de la filière gériatrique.
7 INITIATIVE 2 PARC DE LA PLESSE : Un programme d’éducation thérapeutique sur les troubles de la mémoire Aux portes d’Angers, la maison de retraite médicalisée LNA Santé du Parc de la Plesse a mis en place un programme d’éducation thérapeutique du patient ouvert à toute personne atteinte de troubles de la mémoire et à son proche aidant. En 2019, 19 personnes, dont 6 aidants, ont participé à ces ateliers créés en réponse à un appel à projets lancé par l’ARS. «L’un des objectifs de cet appel à projets était de contribuer à un partage d’expériences et de pratiques en matière d’éducation thérapeutique pour les maladies neurodégénératives en prenant en compte les besoins spécifiques des malades et de leurs proches », rappelle Christophe Joucla, directeur. «Ces ateliers s’adressent à toute personne atteinte de troubles de la mémoire». Des ateliers centrés sur l’aidé Ce programme s’adresse avant tout à l’aidé, toutefois son proche aidant est invité à participer à ses côtés. «Nous effectuons préalablement une évaluation des besoins en proposant un temps d’échanges individuel avec l’aidé et son aidant », détaille Marlène Gandon, psychologue au sein de l’établissement. Chacun y explique ses difficultés, son ressenti. Ils participent ensuite librement aux ateliers pris en charge à 100% par l’ARS. 4 thématiques sont abordées dans le programme : • comprendre les troubles de la mémoire, • mieux se nourrir, • améliorer sa motricité, • mieux gérer son quotidien (stress…). « Pour les aidés, ces groupes sont bénéfiques : ils y trouvent un intérêt à échanger sur leurs difficultés, se donnent des conseils, partagent des astuces. Ils se sentent moins seuls face à ce qu’ils vivent. Les aidants comprennent mieux, quant à eux, leur conjoint et leurs réactions». Des experts au service du plus grand nombre Chaque atelier est animé par une équipe pluridisciplinaire de l’établissement. «Forts de l’expertise acquise au quotidien auprès de nos résidents atteints de la maladie d’Alzheimer, nous sommes ravis de partager notre expérience auprès du plus grand nombre. Pour inciter un maximum de personnes à y participer, nos ateliers se déroulent en-dehors de l’établissement, dans une salle mise à disposition par le CCAS ou d’autres structures partenaires», témoigne Christophe Joucla. «Nous effectuons préalablement une évaluation des besoins en proposant un temps d’échanges individuel avec l’aidé et son aidant»
8 INITIATIVE 3 RÉSIDENCE TALANSSA : « Agir Ensemble » : inclusion des familles ou des proches dans le projet de vie de l’établissement Au sein d’un EHPAD comme la Résidence Talanssa à Bordeaux, il n’est pas toujours aisé pour les résidents, leur famille ou les équipes de trouver sa place, tant chacun est accaparé par ses propres préoccupations… Consciente de cet enjeu, la direction de Talanssa a initié en 2019, une démarche de médiation originale impliquant tout le monde : “Agir Ensemble”. Comme l’explique Rachel Le Borgne, directrice de la Résidence Talanssa : « les instances de discussions existantes comme le Conseil de Vie Sociale (CVS) sont importantes pour échanger avec les familles mais, notre CVS était, sans doute, devenu un lieu un peu trop “institutionnel”. Nous avions besoin de transformer en profondeur les relations au sein de l’établissement, en particulier celles entre les familles, les proches des résidents et le personnel. Nous avons donc décidé de mettre en œuvre une forme originale de médiation impliquant aussi bien les résidents, leur famille et proches que les équipes. » Une année 2019 riche de dialogues, d’idées et… plus Le Comité Bientraitance de l’établissement est impliqué au premier chef dans le pilotage de la démarche. Il a donc été remanié et ses membres ont bénéficié de 2 sessions de formation en 2019. Odile Pitot, infirmière référente qualité au sein des 4 établissements bordelais LNA Santé est une personne ressource et moteur aux côtés de Rachel Le Borgne pour porter durablement la démarche. De nombreux temps d’échanges ont ponctué l’année, sous des formes variées et conviviales. D’abord des réunions mensuelles avec les familles qui ont permis de renouer avec un certain “parler vrai” et une liberté d’expression du ressenti de tous (résidents, familles/proches ou soignants). L’occasion de prendre conscience des préoccupations légitimes de chacun. De là sont nées plusieurs idées qui ont abouti à la mise en place de 4 ateliers de réflexions : • «Réinventer le CVS : pour un CVS Créatif, Convivial, Constructif» • Les espaces à vivre et l’appropriation des lieux, • L’accueil des premiers jours, • Les talents internes (familles, résidents et personnels). D’ores et déjà, de nombreuses idées sont devenues réalité : un reportage photos réalisé par la fille d’une résidente, désormais reporter attitrée pour nos événements internes ; une bibliothèque mobile commune ; des valises “mémoire” et “musique” avec des objets donnés par les familles de résidents ou les salariés… “Agir Ensemble” : une démarche inscrite dans la durée «Pour nous tous, il y a un avant et un après “Agir Ensemble”», témoigneRachel LeBorgne. «Nousavonsmesuré l’intérêt d’établir des relations de coopération entre tous. Et nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin !». Ainsi, plusieurs chantiers se poursuivent comme l’élaboration, à travers des états généraux, d’une charte de bonnes pratiques et du bien vivre ensemble. D’autres rencontres informelles ont été programmées tous les trimestres. Bref, la noble mission partagée par tous du Vivre et Agir Ensemble à Talanssa n’est pas prête de s’achever ! LE DOSSIER LNA Santé au plus près des aidants
9 INITIATIVE 4 RÉSIDENCE LAMEULIÈRE DE LAMARNE : NID DES AIDANTS 77 Un nid “itinérant” pour les aidants Les personnes qui consacrent beaucoup de leur temps à un proche malade sont nombreuses à arrêter de prendre soin d’elles. Le Nid des aidants 77, plateforme de répit (PFR) créée par LNA Santé et rattachée à la Résidence La Meulière de la Marne, les aide à soulager leur quotidien. « Il est important de déculpabiliser les aidants lorsqu’ils prennent du temps pour eux», insiste Fabienne Chauvin, coordinatrice du Nid des aidants 77. « Il est essentiel pour eux de se prévoir des moments agréables, avec ou sans leur proche, en dehors du quotidien du domicile. Ce temps libre, ils en ont besoin pour recharger leur batterie et souffler ». Soins esthétiques, musicothérapie, sophrologie, médiation animale, sorties au musée, gym... La liste des activités proposées par la PFR est longue. Celles-ci sont toutes prises en charge à 100% par l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Île-de-France. Afin de les informer sur les activités à venir, une newsletter est envoyée chaque mois aux aidants. 140 communes couvertes par la PFR LNA Santé En 2019, 70 aidants ont été accompagnés par la PFR. Celleci a été créée fin 2018 en réponse à un appel à projets de l’ARS d’Île-de-France pour accompagner les aidants de personnes atteintes de maladies neurodégénératives, en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Elle couvre un vaste secteur géographique et pas moins de 140 communes. «Nous avons tout de suite réfléchi à un fonctionnement en itinérance pour faciliter l’accès, surtout pour les aidants qui habitent en milieu rural. Nous avons donc scindé le département en quatre zones et nous proposons chaque jour de la semaine une activité dans l’un de ces secteurs». Les activités s’effectuent, la plupart du temps, dans des salles mises à disposition par les mairies ou les CCAS. Des formations en partenariat avec le milieu associatif En lien avec plusieurs associations, la PFR propose également des formations sur des thématiques spécifiques pour faciliter le quotidien des aidants. Elle met ainsi à disposition six modules de trois heures, animés par l’Association Française des Aidants sur des sujets tels que la posture de l’aidant, trouver sa place avec les professionnels, etc. « En 2020, nous proposerons également des formations avec France Alzheimer, car il y a une demande très forte des aidants confrontés à cette maladie. Et nous aimerions aussi organiser avec cette association un ou plusieurs séjours de répit, de trois à quatre jours, pour le couple aidant-aidé». Un pôle “Ressource” En France, il existe de multiples aides en direction des aidants. Malheureusement, elles sont souvent méconnues ou mal utilisées. La PFR La Meulière joue un rôle essentiel pour favoriser l’accès des proches à l’information. Comme l’explique Fabienne Chauvin : «Plus le territoire est grand, plus c’est complexe. Je suis donc en lien avec les CCAS, la MAIA portée par le réseau (bientôt DAC, Dispositif d’Appui à la Coordination), les Pôles autonomie territoriaux (PAT), les maisons des solidarités, le Conseil Départemental, les associations du secteur… Cela me permet d’orienter les aidants vers les bonnes structures. Le Nid des aidants 77 devient, de fait, un véritable pôle Ressource».
10 INITIATIVE 5 RÉSIDENCE ASPHODIA : NID DES AIDANTS 91 Un café des aidants pour souffler un moment Dans le nord de l’Essonne, la Plateforme d’accompagnement et de répit Entr’aidants Asphodia LNA Santé offre une palette de dispositifs de répit pour les aidants des personnes souffrant des maladies d’Alzheimer, Parkinson ou de sclérose en plaques. Zoom sur l’une de ses initiatives : le café des aidants. Créée pour répondre à un appel à projets de l’Agence Régionale de Santé (ARS) lancé en 2017, dans le cadre du déploiement de la mesure 28 du Plan Maladies Neuro Dégénératives 2008-2012, la Plateforme de répit (PFR) Asphodia LNA Santé couvre dix communes du nord de l’Essonne. Elle a vocation à repérer et à accompagner les proches aidants s’occupant de personnes âgées en perte d’autonomie, fréquentant ou non l’accueil de jour. Des temps d’échanges entre aidants « Nous offrons aux aidants un moment collectif et convivialque l’on a appelé le café des aidants», précise Sarah Malki-Amrouche, coordinatrice de la PFR Asphodia LNA Santé. « Il est important de proposer ce dispositif à un moment où les aidants, s’ils sont encore en activité professionnelle, peuvent se libérer». Un samedi par mois, de 14h00 à 16h30, le couple aidant-aidé participe à des activités adaptées. Durant la première heure, tous les participants se retrouvent avec la psychomotricienne LNA Santé et un prestataire extérieur pour une animation permettant de créer du lien social et installer un climat de confiance. Ensuite, le groupe est séparé en deux : tandis que leurs proches malades participent à une activité de stimulation cognitive animée par la psychomotricienne LNA Santé, les aidants se réunissent autour d’un café. «La parole se libère, sans jugement de l’autre… En tant que psychologue, j’apporte bien évidemment mon expertise. Mais la richesse des échanges entre aidants fait le reste et les aidants repartent souvent avec des solutions concrètes», remarque Sarah Malki-Amrouche. D’autres activités de répits, en solo ou à plusieurs La PFR Entr’aidants Asphodia LNA Santé propose également aux aidants des activités individuelles comme des séances de réflexologie plantaire ou de soins esthétiques. Une fois par mois, ils peuvent participer à une sortie aidants-aidés, au restaurant la plupart du temps, en groupe restreint de trois à quatre couples, ou encore à une sortie entre aidants au restaurant, au musée, à l’aquarium, etc. Toutes ces activités de répit sont prises en charge à 100% par l’ARS. Depuis sa création en juin 2018, 70 aidants du nord de l’Essonne ont bénéficié de ces activités de répit. En lien avec les autres acteurs du territoire La PFR Entr’aidants d’Asphodia LNA Santé (se nomme désormais le Nid des aidants 91) fonctionne en binôme avec le Centre local d’information et de coordination (CLIC). «Je participe tous les deux mois à une réunion qui réunit l’ensemble des acteurs du territoire : direction des CCAS, direction des services de soins infirmiers, direction des services d’aide à domicile (SSIAD), assistantes sociales du Conseil Départemental, pilote Maia… Nous sommes en relation régulière avec tous ces acteurs locaux, ce qui nous permet d’être bien identifiés sur le territoire». D’autres projets en prévision La PFR Asphodia LNA Santé souhaite aller encore plus loin dans l’accompagnement des aidants en organisant un séjour de vacances pour les couples aidant-aidé. L’équipe réfléchit également à la mise en place d’un dispositif dit de “balluchonnage”. Ce concept venant du Canada proposerait un service d’aide à domicile jusqu’à 12 heures consécutives (une soirée et une nuit), pour que l’aidant puisse avoir un sommeil récupérateur. Enfin, la PFR Entr’aidants d’Asphodia LNA Santé aimerait faire profiter de ce dispositif à davantage de bénéficiaires, notamment en répondant à un nouvel appel à projets de l’ARS qui permettrait à toute personne de plus de 60 ans de bénéficier d’actions collectives dans le champ de la prévention. LE DOSSIER LNA Santé au plus près des aidants
11 INITIATIVE 6 INSTITUT DE RÉADAPTATION D’ACHÈRES : Une approche “aidant-aidé” en SSR pour faciliter le retour à domicile Après l’hospitalisation d’un patient âgé, la capacité de l’aidant à assister son proche conditionne souvent le retour à domicile. À Chapet, dans le nord des Yvelines, l’équipe de l’Institut de Réadaptation d’Achères, anciennement la clinique de Soins de Suite et de Réadaptation de Bazincourt l’a bien compris et propose l’accompagnement du binôme dans son parcours de soins. Spécialisé dans les affections de la personne âgée polypathologique, dépendante ou à risque de dépendance, l’Institut de Réadaptation d’Achères (SSR) adopte une approche globale du parcours de soins de ses patients. «En gériatrie, nous recevons des personnes âgées, la plupart du temps, de plus de 75 ans. Le profil habituel de l’aidant principal est souvent le conjoint, un peu moins souvent un membre de la famille», constate Florence Le Bihan, Cadre de Rééducation. « Il est essentiel d’évaluer la capacité de l’aidant à assister le malade lors du retour du patient à domicile». Des temps d’écoute approfondie «Dès que nous accueillons un patient âgé, nous mettons en place une prise en soin personnalisée non seulement pour lui, mais aussi pour son aidant principal », confirme le Dr Khedhir, médecin-gériatre au sein de l’Institut de Réadaptation d’Achères. Le couple aidant-aidé se voit alors proposer individuellement des entretiens avec différents professionnels de santé : médecin, ergothérapeute, kinésithérapeute, assistante sociale, diététicienne, éducateur physique… «Cela va nous permettre de pointer du doigt les difficultés rencontrées au domicile par l’aidant, d’évaluer son éventuelle souffrance et de proposer ensuite un dispositif de prise en soin à domicile réellement adapté à la situation. Notre objectif restant, bien évidemment, de limiter le temps d’hospitalisation et de favoriser le retour au domicile du couple aidant-aidé». Des tables rondes pour les aidants Pour aller encore plus loin dans la prise en soin globale du binôme aidant-aidé, l’équipe de l’Institut de Réadaptation d’Achères souhaite organiser des tables rondes, deux fois par mois, pendant une heure. «Nous avons listé les questions récurrentes que se posent les patients et leur aidant principal concernant les problématiques administratives, nutritionnelles, financières…», précise Florence Le Bihan. Les patients et les aidants pourront y assister gratuitement et à la carte, en fonction de leur intérêt pour telle ou telle thématique. «Ces temps d’échanges intègrent le projet personnalisé de soins, tout en se déroulant dans une ambiance conviviale, informelle et interactive. Nous allons d’abord effectuer une période de test avec cinq couples aidant-aidé. En fonction des résultats, nous verrons si nous en organisons davantage», explique Florence Le Bihan.
INITIATIVE 7 VILLA DE FALICON : Accompagner la transition, faciliter “l’après” pour les aidants À Nice, l’Ehpad de la Villa de Falicon LNA Santé accompagne les aidants après que leur proche a quitté le domicile pour intégrer la maison de retraite. Pour une transition en douceur… Selon une enquête récente de la Fondation April, un aidant sur quatre consacre en moyenne 20 heures et plus par semaine à un prochemalade. Consacrer du temps à prendre soin de l’autre n’est pas sans conséquence sur le moral de l’aidant quand vient le moment d’intégrer l’aidé dans un établissement médicalisé. Améliorer l’acceptation de la situation «Les aidants ressentent souvent une forte culpabilité et un grand vide après le départ de leur proche. C’est une véritable rupture qu’il leur faut apprendre à surmonter», constate Anaïs Dominici, neuropsychologue de la Villa de Falicon. «C’est pourquoi nous avons imaginé un dispositif pour accompagner les aidants dans cette nouvelle phase et nous remarquons, depuis sa création il y a un an, une amélioration de l’acceptation de la situation. C’est très positif ». La Pause Faliconaise : un groupe de parole en action La Pause Faliconaise est organisée une fois par mois, le jeudi à 17h00, au sein de la Villa de Falicon. «Nous avons volontairement choisi un horaire tardif pour pouvoir toucher les proches encore en activité», justifie Anaïs Dominici. «Ces temps d’échanges n’entrent dans aucun dispositif institutionnel, nous les organisons avec nos propres moyens. C’est un plus offert aux familles. » Cet espace de parole était, au départ, réservé aux proches des résidents des unités protégées. Mais, rapidement, l’équipe de la Villa de Falicon a souhaité l’élargir à un plus grand nombre de personnes en proposant aux proches des résidents des unités ouvertes d’y participer. Différents thèmes y sont abordés durant ce temps d’échanges, tels que «ma place d’aidant face aux envies et besoins du proche», «comprendre les évolutions physiques et cognitives du proche». Neuropsychologue, Anaïs Dominici guide la parole et apporte son expertise quant aux pathologies rencontrées. « On constate qu’une véritable relation de confiance s’instaure entre les familles et les soignants. Ce sont des moments privilégiés, au calme, où chacun prend le temps pour expliquer, rassurer ». Les échanges entre les familles, par petits groupes de six à dix personnes qui vivent les mêmes situations, sont particulièrement riches. « Les anciens aidants ont besoin de se sentir écoutés, de s’exprimer et d’avoir des visions croisées avec les autres familles. Des liens forts se tissent entre proches». Toucher encore davantage de personnes En 2020, quelques-unes de ces Pauses Faliconaises seront organisées à des horaires plus tardifs pour toucher encore davantage de personnes. «Les participants aux groupes actuels sont majoritairement des femmes retraitées, âgées de 60 à 70 ans. Mais nous aimerions faciliter la venue de proches plus jeunes. Nous avons également prévu d’organiser une conférence sur le thème des troubles du comportement pendant laquelle nous ferons intervenir les familles qui participent aux Pauses Faliconaises. Ce sont elles qui en parleront le mieux», conclut Anaïs Dominici. LE DOSSIER LNA Santé au plus près des aidants Ce dossier a été préparé et rédigé par le Groupe LNA Santé dans le cadre de son Magazine semestriel. N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations : communication@lna-sante.com > Directrice de la publication : Marie-Laure Levêque > Conception : Nouvelle Vague > Réalisation : Moka - Bruno Franceschini > Photos : LNA Santé, Franck Gallen, iStock > Impression sur papier PEFC avec des encres végétales par Goubault, imprimeur certifié ISO 14001.
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