Le Mag #19

Télé-MED : la continuité des soins en pratique En EHPAD, les consultations externes sont source de fatigue, voire de désorientation, pour les résidents âgés fragiles. De plus, les hospitalisations mobilisent des soignants et encombrent des urgences déjà sous tension. Or, beaucoup de situations cliniques ne nécessitent pas de sortir le patient de sa chambre. C’est pourquoi, LNA Santé a développé une offre interne à l’entreprise, « Télé-MED » : délivrer le bon soin, au bon moment, au bon endroit, avec la même exigence qu’en présentiel, sans le transport. Deux usages dominent : la téléconsultation, qui met en lien à distance le médecin et le résident avec un soignant au chevet, et la téléexpertise, un échange entre professionnels pour affiner diagnostic et traitement. « Il faut réserver le présentiel aux situations qui l’exigent et mobiliser le distanciel pour tout ce qui peut l’être en sécurité », résume le Dr Ségolène Puechlong, médecin de l’équipe d’astreinte Télé-MED. Une offre née d’un double constat : des résidents plus fragiles et une pénurie médicale dans certains territoires. « Avec Isabelle Hauger, médecin référent Télémédecine, nous voulions mobiliser nos ressources internes avec une téléconsultation clinique intraentreprise. Avec à la clé des décisions plus rapides, tracées et partageables sur le DPI », précise Dr Laure Jouatel, directrice médicale médico-social. Le service fonctionne sur des plages sanctuarisées avec une équipe de trois médecins généralistes expérimentés en gériatrie et en télémédecine. Un soignant référent accompagne la téléconsultation et prépare en amont les éléments utiles. « Atout décisif : les médecins d’astreinte accèdent directement au dossier médical informatisé et y saisissent observations et prescriptions », précise Ségolène Puechlong. Télé-MED inspire : plusieurs groupes du secteur ont demandé à étudier le modèle. En Sarthe, où la pénurie médicale pèse, l’EHPAD Le Monthéard en a fait un réflexe d’organisation. « Nous sommes de gros utilisateurs. On l’active surtout en l’absence du médecin… Les équipes ne se verraient pas faire sans », explique Audrey Blin, directrice. Côté familles, la rapidité d’un avis sans déplacer leur proche rassure. Demain, deux extensions majeures se préparent : la couverture du week-end pour sécuriser retours d’hospitalisation et épisodes aigus, puis l’ouverture de créneaux dédiés sur trois besoins remontés du terrain : soins palliatifs, plaies chroniques, troubles du comportement. « Nous travaillons aussi, avec Isabelle Hauger et Ségolene Puechlong, à la démocratisation de l’outil, à l’amélioration du réseau et à une montée en puissance de la télécoordination avec les spécialistes LNA Santé », projette Laure Jouatel. 11

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