Le Mag #19

Avec l’ERI-SP, l’HAD Val de Loire renforce la prise en charge palliative d’urgence Intervenir en moins de 4 heures auprès d’un patient en soins palliatifs à domicile, tel est l’objectif du dispositif Équipe rapide d’intervention en soins palliatifs (ERI-SP), expérimenté depuis février 2025 par l’HAD Val de Loire dans le cadre d’un appel à projet de l’ARS Centre-Val de Loire. L’ERI-SP permet d’apporter une réponse immédiate à une demande de prise en charge d’un symptôme aigu d’inconfort – douleur, détresse respiratoire, hémorragie, etc. – chez un patient souhaitant rester à domicile ou en EHPAD. À la demande d’un médecin (traitant, coordonnateur d’établissement, SAMU…), un binôme dédié médecin-infirmier se mobilise et intervient avec pour mission de stabiliser la situation et de permettre au patient de rester à son domicile. Des résultats probants sur le terrain Les chiffres sont parlants : en 7 mois, soit 170 jours ouvrés, 192 interventions ont été réalisées, avec un délai moyen d’intervention de 1 h 33. Parmi elles, 134 en EHPAD (70 %), et 57 à domicile (30 %). Après l’intervention, la durée moyenne d’hospitalisation en HAD s’établit à un peu plus de 6 jours. Ces résultats témoignent de la structuration d’une véritable organisation d’urgence palliative, pensée pour répondre aux besoins du terrain. L’équipe est composée de 6 médecins et de 3 à 4 infirmières formées en soins palliatifs, et intervient en rotation du lundi au vendredi. Elle dispose d’une voiture dédiée équipée d’un large panel de matériel technique et adapté : injectables sécurisés, pompes électroniques morphiniques, oxygène, sondes d’aspiration… permettant une prise en charge qualitative et adaptée au profil du patient. « Ce dispositif s’inscrit dans une logique plus large : éviter les hospitalisations non nécessaires, renforcer le lien entre l’hôpital, la ville et les EHPAD, et mieux anticiper les situations palliatives », souligne le Dr Nicolas De Vial, médecin praticien à l’HAD Val de Loire. Pour le Dr Valérie Duchêne, également médecin praticien à l’HAD Val de Loire : « L’ERI-SP permet d’intervenir tôt, de soulager, de stabiliser et de préserver le cadre de vie du patient. » « Les soins palliatifs ne concernent pas seulement les derniers jours de vie, mais toute personne atteinte d’une maladie grave et incurable », complète-t-elle. En moins d’un an, l’expérimentation prouve sa pertinence : réactivité, coordination fluide, soutien aux aidants et maintien à domicile sécurisé. Une dynamique territoriale forte au service des patients et de leurs proches. HAD Loir-et-Cher : une porte d’entrée alternative aux urgences Depuis 2023, l’HAD (hôpital à domicile) Loir-et-Cher participe à une expérimentation financée par l’Agence régionale de santé Centre-Val de Loire. L’objectif : éviter aux patients fragiles, polypathologiques ou en soins palliatifs un passage souvent délétère par les urgences, grâce à une évaluation médicale directement à domicile. Lorsqu’un appel arrive au SAMU (15), le médecin régulateur peut solliciter l’HAD si le patient répond à certains critères précis : risque de perte d’autonomie, absence de médecin traitant disponible ou besoin d’un accompagnement palliatif. « Notre équipe peut être appelée du lundi au vendredi sur un numéro dédié. L’infirmière de coordination prend l’appel et en réfère au médecin praticien d’HAD, qui décide de la conduite à tenir », explique Laetitia Philogone, infirmière de liaison à l’HAD Loir-et-Cher. Selon la situation, l’HAD assure une régulation téléphonique approfondie ou dépêche sur place un binôme médecin-infirmier équipé pour un examen complet. Une alternative efficace et de plus en plus reconnue Les résultats sont significatifs : 121 interventions ont été réalisées en 2024, contre 39 en 2023, et 54 patients ont ensuite été pris en charge en hospitalisation à domicile. « Plus les médecins régulateurs nous connaissent, plus ils font appel à nous », se réjouit Laure Jacques-FélixAlexandre, directrice de l’HAD Loir-et-Cher. Sur l’ensemble de la région, 220 patients ont bénéficié du dispositif SAMU-HAD, dont une majorité âgée de plus de 75 ans. Trois patients par jour peuvent être pris en charge dans chaque établissement, du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h. Une initiative qui illustre pleinement la capacité de l’HAD à désengorger les urgences tout en renforçant la continuité des soins de proximité. Projets & actus des établissements 10

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