Conseil national de refondation "Bien vieillir"

LNA SANTÉ • Conseil National de la Refondation « Bien Vieillir » • Axes de réflexion, propositions et partage d’expériences 10 Selon un rapport de la Cour des comptes7 , la prise en charge sanitaire dans les EHPAD présente de « notables faiblesses ». En 2020, le nombre d’admissions en HAD pour les résidents en EHPAD a augmenté de 79 %, soit près de 12 000 séjours (et le nombre de journées de + 25,5 %). Cette évolution est presque entièrement due à la prise en charge des patients atteints de la covid 19. Cependant, beaucoup d'établissements n'ont pas de médecin coordonnateur, de médecins de ville à proximité, et peinent à recruter et à fidéliser un nombre suffisant d'aides-soignants et d'infirmiers. Cette pénurie « peut susciter de réels problèmes de qualité de prise en charge, hors situation de crise ». Par ailleurs, un quart des décès de résidents en EHPAD n’ont pas lieu au sein de l’établissement mais au cours d’une hospitalisation. Lorsqu’une infirmière est disponible 24 heures sur 24, la probabilité de décéder lors d’une hospitalisation est plus faible. Lorsque l’EHPAD connaît des difficultés de recrutement, elle est plus élevée (source DREES 2018). Actuellement, de nombreux services des urgences prennent en charge les urgences vitales uniquement. La régulation de tous les patients se fait via le SAMU qui redirige vers d’autres professionnels de santé s’il n’est pas possible d’admettre le patient aux urgences. Dès lors, les patients sont orientés vers l’HAD, SOS médecin, ou le médecin traitant... Dans ce contexte, les patients arrivés aux urgences relèvent majoritairement d'une surveillance continue 24h/24h, d'examens complémentaires nécessitant le recours au plateau technique disponible et d’une hospitalisation conventionnelle en services de soins hospitaliers. Notre expertise de plusieurs années, à la fois en tant qu’opérateur d’EHPAD et d’HAD, nous permet de formaliser quelques pistes afin d’augmenter le taux de recours de l’HAD en EHPAD et ainsi de désengorger les urgences hospitalières. Encourager la création de dossier dormant d’HAD au décours du 1er passage aux urgences Pour les patients porteurs d’une pathologie susceptible de présenter des décompensations itératives (surinfection sur BPCO, insuffisance cardiaque chronique, pathologies cancéreuses…) responsables de fréquents passages aux urgences, nous proposons la création d’un « dossier dormant » d’HAD. Ce dossier, réalisé au décours du premier passage aux urgences, comporte toutes les données indispensables à une prise en charge rapide en HAD (données médicales, - pathologie et traitements mis en œuvre -, familiales, administratives, sociales). Dès la survenue des premiers symptômes annonciateurs d’une nouvelle décompensation, l’équipe médico-soignante de l’EHPAD prévient directement l’équipe de l’HAD, qui peut donc intervenir dans un délai très bref, permettant ainsi d’éviter des passages aux urgences non pertinents et les hospitalisations qui en découlent. Miser sur un lien permanent interdisciplinaire et interétablissements Former et informer en continu les équipes d’EHPAD et les médecins traitants par les équipes de l’HAD (Médecins et IDE liaison). Établir un lien continu avec les établissements par le biais de la présence des IDE de liaison des HAD dans le service d’urgences et UHCD8 (bureau partagé, staff, ligne de téléphone directe et interne au centre hospitalier). Plus largement, encourager une coopération renforcée avec les dispositifs de gestion des lits hospitaliers avec un HAD nécessairement associé à ces dispositifs. Établir un partenariat entre les équipes mobiles gériatriques, les soins palliatifs et l’HAD pour favoriser la fluidification du parcours patient et le repérage de situations de personnes âgées nécessitant une prise en soins HAD. PROPOSITION N°36 Amplifier le recours à l’hospitalisation à domicile (HAD), un enjeu pour réussir le virage domiciliaire et éviter le recours à l’hôpital 6 Cette proposition est issue de la contribution de LNA Santé à la mission flash « sur les urgences et soins non programmés – Recommandation n°41 », déposée auprès de l’ARS Centre-Val-de-Loire, le 13 septembre 2022 7 La prise en charge médicale des personnes âgées en EHPAD, un nouveau modèle à construire - février 2022 8 Unité d’Hospitalisation de Courte Durée

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