Tous mobilisés, pour préserver l’autonomie et lutter contre « l’âgisme »

Une approche basée sur trois principes clés LES STATUTS NE SONT PAS DES FRONTIÈRES Trop longtemps, le secteur de la santé a été enfermé dans une frontièreartificielleentreacteursde différents statuts. Le secteur privé, surtout commercial , est encore considéré comme un sous-acteur qui n’apporterait pas la même qualité de services aux patients ou aux résidents, au prétexte qu’il est opéré par des entreprises. En ce qui concerne l’accompagnement des personnes âgées, cette approche parait particulièrement dépassée. La crise Covid-19 révèle la diversité des situations. Elle a mis en exergue un certain nombre de bonnes pratiques, la mobilisationde tous lesprofessionnels, quel que soit leur statut ainsi quel’importanced’unebonnecoordination entre les intervenants. Elle a également replacé l’importance d’une architecture adaptée à la bonneorganisationdessoinsetdes services délivrés aux résidents et aux patients. Surtout, il est indispensabledes’appuyer sur l’ensemble des acteurs pour réussir la mutation de l’offre nationale pour le grand âge. Tous les savoir-faire doivent êtremobilisés en s’appuyant sur les spécificités et capacités de chacun. Il doit être possible d’envisager des rapprochements public/privé sans susciter des polémiques futiles. L’enjeu est bien de privilégier la qualité d’accompagnement des personnes âgées atteintes ou non de maladies chroniques. Y parvenir impose de dépasser les blocages historiques et d’envisager une approche en rupture avec les a priori. 4 LE FINANCEMENT MOBILISÉ POUR LES PLUS VULNÉRABLES Ne nous leurrons pas, le financement est au cœur de nos difficultés. Il serait illusoire d’envisagerunemobilisationbudgétaire à la hauteur des moyens nécessaires sans des remises en question profondes. Contrairement à bien des idées reçues notre système de santé est bien financé. L’étude « Panorama de la santé 2019 » de l’OCDE classe la France au premier rang des pays européens, avec l’Allemagne, avec 11,3% de son PIB consacréaux dépenses de santé. Nous sommes face à un paradoxe : un très fort sentiment de déclassement des personnels soignants, une impression de manque de services de santé dans certaines zones, notamment rurales, alors que nous mobilisons d’énormesmoyensfinancierspour notre système de santé. Cette perception est largement amplifiée par les effets pervers d’une approche trop longtemps basée sur les statuts des opérateurs de santé. Nous perdons beaucoup d’énergie financière à vouloir sanctuariser certaines activités sous couvert de service publicoud’intérêt général. Or, l’ensemble des acteurs de notre systèmedesantésont bienauservice de « missions d’intérêt général » et de nos concitoyens. Que ce soit la rénovation des établissements ou la revalorisation des professionnels, les moyens financiers indispensables se comptent en dizaine de milliards d’euros. Des arbitrages devront être opérés. Revoir certaines approches organisationnelles ou sectorielles permettrait de concentrer des investissements là où ils seront directement bénéfiques pour nos aînés. En ce qui concerne legrandâge, lesmoyens à mobiliser sont donc colossaux. Nous ne pourrons atteindre nos objectifs sans dépasser les clivages artificiels entre opérateurs. LE FONCTIONNEMENT DOIT ÊTRE FLUIDIFIÉ L’un des défis que nous avons à relever pour mieux accompagner les personnes âgées est la collaborationentreétablissements à toutes les étapes de la prise en charge. Les outils informatiques disponibles permettent désormais de favoriser un parcours de soins plus adapté pour la personne pour éviter, chaquefoisquecelaestpossible, les hospitalisations. Celles-ci constituent toujours un bouleversement de la vie de la personne et peuvent avoir de graves répercussions au plan psychologique qui peuvent impacter son autonomie. Toutefois, la sortie de l’hospitalisation est également un sujet crucial et peut avoir un impact sur la réhospitalisationet, bienentendu, sur le bien-être de lapersonne. Or, il existe encore de réels freins dans le fonctionnement interétablissements et la coordination entre les acteurs. Il est indispensable de dépasser les clivages de statuts des opérateurs pour raisonner àpartir de lapersonne. Enfin, unemeilleure coordination à toutes lesétapesdelapriseensoins maiségalementduparcoursdevie doit être favorisée. Les différentes strates administratives pourraient être simplifiées ou adaptées à l’urgence de la situation.

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