Le Clos Champirol : restauration fonctionnelle de l’épaule 3 QUESTIONS AU DR GILLES BRUYÈRE Le Dr Gilles Bruyère, MPR(3) et Rhumatologue au Clos Champirol (42) et Médecin expert du groupe, mène avec ses équipes une étude sur la restauration fonctionnelle de l’épaule après une chirurgie réparatrice de la coiffe des rotateurs. Les résultats seront publiés l’an prochain. Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots cette étude? Si, en 20 ans, la prise en charge chirurgicale de l’épaule a beaucoup évolué, il existe toujours un faible niveau de preuve au stade tertiaire de la rééducation après une chirurgie de réparation de la coiffe des rotateurs. En effet, après cinq mois de prise en charge, on constate certes un retour à des capacités fonctionnelles de l’épaule mais si les patients veulent récupérer une épaule forte pour reprendre leur activité professionnelle ou sportive, c’est le flou. Nous avons donc engagé, en 2013, une rééducation innovante sur cette phase 3 de la rééducation et les résultats menés sur 39 patients sont encourageants : nous avons constaté une reprise du travail manuel dans 85 % des cas entre le 6e mois et le 12e mois post-opératoire y compris dans les 50 % de notre population pris en charge en arrêt de travail ou maladie professionnelle. Nous n’avons déploré aucune complication. Au-delà du mieux-être des patients, en quoi cette étude est-elle bénéfique? Ce lourd travail n’a été possible qu’avec l’étroite collaboration des professionnels de santé locaux. Nos confrères chirurgiens, régulièrement informés de nos travaux, nous font confiance en nous adressant régulièrement de nouveaux patients. Nos possibilités de prise en charge et notre expertise sont aujourd’hui davantage reconnues par la communauté des soignants : kinésithérapeutes de ville, médecins généralistes, et médecins de la santé au travail. Par ailleurs, c’est aussi un travail d’équipe avec les paramédicaux de l’établissement qui utilisent nos outils de rééducation performants (isocinétisme). Cette étude crée des liens, tous se sentent impliqués car le travail que nous faisons ensemble est innovant, évalué et efficace. Que vous a apporté la création du pôle Recherche Clinique de LNA? L’aide du pôle Recherche Clinique est précieuse pour nous car, comme tout centre isolé, nous manquons de temps et avons besoin de compétences complémentaires pour effectuer l’analyse statistique des cas suivis, pour bénéficier d’une analyse critique et pour préparer la communication des résultats (publication, participation à des colloques…). Le pôle a grandement facilité l’aboutissement de cette étude. Dans ce registre, il faut souligner l’intérêt d’une initiative récente de LNA Santé avec la constitution d’un réseau de médecins experts – les Medex – nommés par spécialité. C’est particulièrement enrichissant car cela nous permet de communiquer avec des confrères d’autres centres, de partager des points de vue complémentaires ou différents, de coordonner ou d’imaginer des travaux multicentriques. Cela génère une dynamique positive. P.7 Notre dossier
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