SUPPLÉMENT LE MAG #18 # 18 | AVRIL 2025 L’Hôpital à Domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
L’HAD : partout, pour tous ! Les professionnels des établissements d’hospitalisation à domicile (HAD) LNA Santé réalisent quotidiennement des soins hospitaliers médicotechniques complexes sur les lieux de vie de 1 300 patients. De la naissance à la fin de vie, du parcours de soins HAD-requérants simples à l’accompagnement de fins de vie complexes, nos 11 HAD ont à cœur de remplir leurs missions d’hospitalisation sans hébergement au sein de leurs territoires d’implantation, en travaillant main dans la main avec les acteurs locaux. « L’HAD partout, pour tous ! », c’est ce concept qui guide Bertrand Caillaud, directeur du développement et Emmanuelle Johann, directrice de projets, pour œuvrer avec les acteurs de santé des territoires et promouvoir l’HAD en complémentarité avec l’offre de soins présente localement. Nos HAD sont au carrefour des activités de l’entreprise et s’appuient sur les expertises historiques de LNA santé dans les secteurs médico-social et sanitaire : Ehpad et Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR). Elles bénéficient également d’une cellule d’appui à la recherche, implantée au cœur de la direction médicale, qui supporte et promeut la recherche, à l’initiative des établissements. Enfin, et c’est primordial, la démarche de réflexion éthique est positionnée au cœur des établissements et soutenue par la direction médicale, sous l’égide du Dr Sylvie Sacher-Huvelin. Ces singularités LNA Santé se retrouvent également dans le management de proximité, un niveau d’encadrement soignant élevé, une expertise médicale éprouvée, ce qui permet à nos HAD de rapidement hospitaliser des patients au sein de leur domicile ou de permettre le retour à la maison après un passage en hospitalisation conventionnelle. En effet, dans le contexte actuel la réactivité et l’agilité sont nécessaires pour accompagner les enjeux d’efficience du système de santé, mais également sa transformation. Les établissements d’HAD sont un maillon essentiel de la prise en charge des patients en soins palliatifs complexes, qu’ils peuvent réaliser au domicile des patients. Au moment où les questionnements autour de la fin de vie sont nombreux, plusieurs milliers de patients sont accompagnés à leur domicile, en soins palliatifs par les HAD, permettant à ceux-ci de rester chez eux, en bénéficiant des soins nécessaires à une fin de vie apaisée. Par ailleurs, à l’heure de la transition démographique, ce mode d’hospitalisation vient également en appui du système de santé pour permettre des retours à domicile complexes et assurer, par exemple, le gain en autonomie qui permettra de prolonger encore un peu le maintien à domicile des personnes polypathologiques âgées fragilisées. Pour elles, chaque jour gagné à la maison compte ! C’est pourquoi, au travers de ce MAG spécial HAD nous avons voulu rendre hommage à tous nos établissements d’hospitalisation à domicile, à nos professionnels qui œuvrent au quotidien, à nos partenaires libéraux et institutionnels et, par leur intermédiaire, à tous ceux qui œuvrent en France dans les hôpitaux à la maison. L’HAD est un mode d’hospitalisation de plus en plus plébiscité par les patients et leurs familles, et nous espérons qu’au travers de ce MAG, vous comprendrez au fil des propos de chacun en quoi nos hôpitaux à domicile LNA santé sont au cœur de ce mouvement citoyen. Dr Sophia Belhadjin, Coordinatrice médicale sanitaire - Référente HAD 2 LE DOSSIER L’Hôpital à Domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
Le Grand Hôpital de l’Est Francilien et LNA Santé : une coopération inspirante ! Avec deux HAD opérant sur le Nord Seine-etMarne, l’un à Serris, l’autre à Coulommiers, LNA Santé a réalisé 650 admissions en 2024, en croissance de 5,5%. Ces deux HAD travaillent en étroite collaboration avec le Grand Hôpital de l’Est Francilien (GHEF), 1er hôpital public français hors CHU, implanté sur 4 sites (Meaux, Jossigny, Coulommiers et Jouarre) et assurant la coordination des parcours patients d’un territoire de 850 000 habitants. Depuis plus d’un an, le partenariat entre le GHEF et LNA santé s’est fortement accéléré. Comme le souligne Jérôme Goeminne, directeur général du GHEF, « Ce partenariat renforcé est d’abord et avant tout le fruit d’une aventure humaine et de la confiance réciproque que nous avons su créer au niveau des dirigeants comme des équipes. » Il se traduit très concrètement. Aujourd’hui, quatre infirmières coordinatrices LNA Santé sont présentes physiquement sur chacun des sites hospitaliers du GHEF, un levier clé favorisant une connaissance mutuelle des équipes entre elles et une coopération quotidienne au service de la coordination du parcours patient. L’autre point fort du partenariat est le « dialogue au niveau institutionnel ». Ainsi, Jérôme Goeminne explique : « Toutes les six semaines, nous nous réunissons au niveau de la direction (directions générales et adjointes, directions d’établissement GHEF et LNA Santé) avec pour objectifs d’analyser ce qui fonctionne bien et identifier les axes d’amélioration à mettre en œuvre. » Deux projets en sont issus actuellement : l’un consiste à mettre en place un tableau de bord des patients et l’autre vise à permettre aux équipes de LNA Santé d’accéder à une partie des données du dossier patient nécessaires pour fluidifier le suivi de la prise en soin. Un défi sur le plan de la sécurisation des données patient. Entretien avec Jérôme Goeminne, Directeur général du GHEF 3
Décryptage avec Éric Fossier, consultant à la FNEHAD 1 L’HAD, bien que souvent méconnue, s’étend sur l’ensemble du territoire métropolitain et ultramarin. Les ARS déterminent si un ou plusieurs opérateurs couvrent une même zone géographique. Alors qu’en 2024, l’HAD ne représente que 2% des hospitalisations, les acteurs qui la composent espèrent que ce chiffre ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. En effet, son potentiel de croissance est exponentiel. Sa légitimité en matière de soins complexes et techniques à domicile n’est plus à prouver, comme en témoigne le développement récent de nouvelles spécialités. Elle est aussi plébiscitée par les patients. Plus que jamais, le contexte en fait un maillon du parcours patient indispensable : d’ici à 2030 la population des patients de plus de 75 ans va augmenter de 50%, les maladies chroniques ne cessent d’augmenter, la désertification médicale s’étend... Reste que, pour se développer, l’intégration de l’HAD dans les parcours de soins territoriaux doit devenir systématique. Si les ARS jouent un rôle d’accélérateur clé en la matière, de leur côté, les acteurs de l’HAD doivent impérativement s’emparer des défis qui leur incombent : • homogénéiser l’offre de soins afin qu’elle soit clairement identifiée par les prescripteurs et qu’aucune « brique » ne manque (toutes les spécialités, partout, pour tous) • atteindre une taille critique (file active cible : 100 patients/ jour) non seulement pour garantir des interventions auprès des patients 7j/7 et 24 h/24 d’équipes médicales expertes et réactives, mais aussi pour attirer les talents • se doter des capacités d’investissement indispensables pour développer le domicile connecté. Pour Éric Fossier : « Il faut que les acteurs de santé changent de paradigme. L’HAD ne doit plus être “l’ultime recours” en cas de saturation de l’hôpital. C’est l’inverse.» « L’hospitalisation au domicile doit devenir “première”. Il faut anticiper le parcours pertinent pour chaque patient : est-ce que ce patient a vraiment besoin “des murs” pour sa prise en charge ? Les soins techniques peuvent-ils être réalisés sur son lieu de vie ? Est-ce que son environnement le permet ? Si les réponses sont favorables, l’HAD doit être privilégiée. » Si les prises en charge en sortie d’hôpital ou sur les lieux de vie (au domicile ou en Ehpad) demeurent les deux axes majeurs de développement de l’HAD, celle-ci a aussi un rôle à jouer face à la désertification médicale. Pallier l’absence de médecins traitants en se positionnant en relai et en apportant son support technique est une véritable potentialité offerte par l’HAD, sous réserve qu’elle soit en mesure d’accueillir de nouveaux patients 7j/7, 24 h/24. La création récente d’une équipe rapide d’intervention en soins palliatifs portée par les équipes de l’HAD Val de Loire en est une illustration. Bref, l’HAD n’en est qu’à ses débuts. L’HAD au service des territoires : il va falloir encore élever le niveau de jeu ! CHIFFRES CLÉS • 7 millions de journées d’HAD • 200 000 patients/an • Moins de 2 % des hospitalisations • Progression annuelle moyenne de 4 % en 2024 1. Fédération Nationale des Etablissements d'Hospitalisation à Domicile 4 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
HAD Mayotte : une solidarité à toute épreuve Le 14 décembre dernier, le cyclone Chido dévastait Mayotte. L’HAD MdzHADé, situé à Mamoudzou, au nord-est de l’île, n’a malheureusement pas été épargné : les bureaux ont été endommagés, la toiture des locaux a été détruite, l’approvisionnement en eau et en électricité a été rompu pendant plusieurs semaines. Trois des membres de l’équipe ont également perdu leur logement. Régine Tardy, directrice de l’établissement, exprime son ressenti deux mois après : « Si personne ne peut imaginer ce que nous avons vécu au sein de l’équipe ce jour-là, ce qui est le plus important à retenir, c’est de voir combien nous avons été réactifs et solidaires dans cette épreuve, à la fois entre nous, vis-àvis de la population et des patients. » Dans les jours qui suivent, l’équipe fait jouer la solidarité pour trouver un logement à chacun et un infirmier met à disposition son appartement pour y établir les locaux de l’HAD. En parallèle, jusqu’à fin décembre, Axel Repinçay, infirmier coordinateur, organise tous les jours des maraudes dans 6 centres d’hébergement avec l’équipe de l’HAD, des volontaires du CHM et des libéraux. Et très vite, l’équipe va reprendre contact avec les 55 patients et redémarrer la prise en soin à leur domicile, malgré l’état des routes. Depuis début février, les professionnels ont réinvesti leurs locaux, la toiture et les bureaux ont été remis en état, le matériel a été renouvelé. « Les conditions d’intervention demeurent difficiles, une partie de la population manque encore d’eau et de nourriture, les routes sont délabrées… mais nous avons retrouvé une activité quasi normale et nous sommes plus que jamais mobilisés ! », explique la directrice. À la suite de cette épreuve, LNA Santé a rejoint 30 associations du monde médico-social ayant décidé de se fédérer pour travailler au service de la santé des Mahorais. Une initiative supplémentaire témoignant pleinement de la résilience des professionnels. La solidarité en acte : la direction et les équipes LNA Santé en soutien Depuis la métropole, la direction et les membres du siège, comme les collègues partout en France, ont apporté un énorme soutien à leurs collègues mahorais : réunions quotidiennes, déploiement de moyens et de ressources nécessaires sur place, cellule d’écoute psychologique… Autre belle idée des professionnels : la mise en place d’une cagnotte Leetchi pour leurs collaborateurs mahorais. L’HAD de Mayotte s’est aussi vu remettre le trophée interne « Oser Ensemble », pour récompenser l’équipe de sa capacité d’adaptation exceptionnelle dans ce contexte extrême ! 5
Reconnaissance des expertises en HAD La reconnaissance des expertises en Hospitalisation à Domicile (HAD) s’est renforcée avec le décret du 28 avril 2022, structurant les prises en charge spécialisées. Ante et post-partum : pour une continuité des soins et une surveillance rapprochée à domicile L’enjeu principal est d’assurer la sécurité des patientes prises en charge en HAD pour une grossesse à risque ou des suites de couches pathologiques. La surveillance rapprochée, avec des visites quotidiennes des sages-femmes de l’HAD, permet de repérer rapidement toute complication et de gérer les urgences, en lien étroit avec les maternités. La mise en place d’un dispositif d’astreinte téléphonique à Blois et Tours assure une disponibilité constante des sagesfemmes de l’hôpital à domicile. De plus, le Dr Anne-Charlotte Adam-Bretonnière, gynécologueobstétricienne responsable de l’unité, supervise les prises en soins par l’évaluation des patientes, l’adaptation des traitements et la surveillance selon leur évolution, l’élaboration de protocoles. Elle assure le lien médical avec ses confrères. La proposition systématique d’intégrer la sagefemme libérale référente de la patiente au dispositif permet de conserver leur lien privilégié. L’hospitalisation à domicile périnatale, encore en développement, accompagne ainsi quotidiennement 12 patientes en moyenne à Blois et 5 à Tours, dont l’activité est plus récente. L’accompagnement ante et postpartum bénéficie également des compétences des psychologues et des assistants sociaux de l’HAD pour une prise en soin globale. Enfin, une collaboration étroite avec l’hôpital pédiatrique à domicile permet une prise en charge renforcée des nouveau-nés, notamment grâce aux compétences des puéricultrices et de la pédiatre, le Dr Sandrine Keromnes, à l’HAD Val de Loire. 6 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
HAD et Réadaptation : une nouvelle possibilité pour la rééducation intensive et multidisciplinaire L’HAD de réadaptation offre une alternative pour les patients nécessitant une rééducation intensive et multidisciplinaire avec les soins classiques en SMR (hospitalisation complète ou partielle) ou en libéral. L’objectif est d’améliorer l’autonomie et la qualité de vie en intégrant la rééducation dans l’environnement quotidien du patient. Une relation privilégiée se crée avec les proches aidants. Le Dr Angélique Chomienne l’explique : « Nous assurons une rééducation intensive, pluridisciplinaire, personnalisée et coordonnée à domicile en lien avec les autres acteurs de soins. Ma présence, un jour par semaine au CHU de Tours, est intéressante à ce titre pour renforcer les liaisons entre les différents intervenants et offrir la meilleure solution au bon moment au bon patient. » HAD et pédiatrie : une réponse humanisée aux besoins des enfants et de leurs familles Depuis 2017 au sein de l’HAD Saint-Sauveur, l’équipe prend en soins les enfants de moins de 3 ans, notamment en néonatologie, cancérologie et médecine infantile. Le Dr Isabelle Spiroux, médecin praticienne, explique : « Aujourd’hui, 20 à 30 enfants sont suivis quotidiennement dans le Maine-et-Loire, à Angers, par une équipe spécialisée. La moitié des enfants sont en cancérologie, nécessitant une surveillance post-chimiothérapie. Un quart sont des bébés prématurés avec des troubles de prise de poids ». Laure Mocoeur Menochet, puéricultrice et coordinatrice de l’unité pédiatrique HAD, précise : « L’hospitalisation à domicile permet aussi le traitement d’infections néonatales et de soins palliatifs garantissant confort et soutien familial. » Les soins post-chirurgicaux, comme les pansements et la thérapie par pression négative, sont également assurés à domicile. L’HAD pédiatrique envisage le développement d’un projet autour de la photothérapie pour l’ictère du nouveau-né. Des séjours de répit pour parents d’enfants polyhandicapés sont aussi à l’étude. Découvrez l’HAD-R en vidéo ! 7
Depuis décembre 2022, le Dr Jean-Yves Lemonnier, médecin praticien HAD et Thomas Siboni directeur d’établissement, ont initié un projet visant à répondre aux enjeux d’engorgement des urgences hospitalières en ayant recours à l’Hospitalisation à Domicile (HAD) pour les soins non programmés. Leur idée est née en réponse à la saturation des services d’urgence, exacerbée par la crise du COVID-19. Convaincus que le système de santé doit s’adapter aux nouvelles attentes d’offres de soins, ils ont élaboré un dispositif qui permet de fournir des traitements d’urgence non vitaux, directement au domicile de certains patients. Lucie Charpentier, directrice des soins, explique que les patients leur sont souvent adressés directement via le CHRO (Centre Hospitalier Régional d’Orléans). Le processus d’intervention pour les soins non programmés repose sur des critères précis définis dans un cahier des charges soumis à l’Agence Régionale de Santé (ARS). Les patients ciblés sont ceux sans médecin traitant, les personnes âgées ou fragiles, à domicile privé ou en Ehpad, nécessitant des soins urgents qui, lors de l’appel du SAMU, peuvent être anticipés comme des traitements lourds. Le processus est le suivant : le centre 15 reçoit un appel, et quand cela répond aux critères mentionnés ci-dessus, le transfère vers l’Hôpital à Domicile. Il s’agit d’appels concernant une pathologie urgente, mais qui peut être traitée par l’HAD grâce à ses ressources (un médecin et une infirmière se rendent sur place pour évaluer la situation). Étant donné la taille de la structure, l’HAD Loiret (anciennement dénommé HAD Orléans-Montargis) a évalué le nombre de visites possibles sur la base des critères évoqués, à maximum 3 demandes par jour pour garantir la qualité des soins, sans perturber le fonctionnement habituel du service. Cette organisation permet une réactivité immédiate. Les résultats obtenus depuis le lancement de ce projet sont prometteurs. En 2024, dans le Loiret, 22 appels ont été reçus, dont 17 patients ont été pris en charge en hospitalisation à domicile et 5 n’ont eu besoin que d’une visite médicale sur place permettant ainsi d’éviter une surcharge supplémentaire des urgences. Ce succès a conduit l’ARS à étendre le dispositif dans 4 départements de la région (45 - le Loiret, 41 - le Loiret-Cher, 37 - l’Indre-et-Loire et 28 - l’Eure-et-Loir). Les équipes des HAD LNA Santé ont démontré leur capacité à gérer les périodes de forte demande, comme lors des vacances d’hiver ou estivales. Une présentation du dispositif a été réalisée dans les hôpitaux pour faire connaître ce service et pour préciser les « conditions d’intervention » telles que la typologie des patients, ou de soins réalisés par les médecins de l’Hôpital à Domicile. Face à ces résultats positifs, le projet a pris une place de plus en plus importante dans son territoire de santé, offrant ainsi une autre possibilité au transfert en service d’urgences. L’ARS a salué l’efficacité de cette initiative, la considérant comme un modèle pour désengorger les hôpitaux, tout en assurant une prise en soin réactive et de qualité. Les besoins évolutifs des territoires Soins médicaux urgents en HAD CHIFFRES CLÉS • Sur 22 appels reçus en 2024, par le SAMU, 17 ont été pris en charge en HAD • 4 départements de la région Centre Val de Loire bénéficient de ce dispositif ARS. 8 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
Dossier dormant : un bel exemple de collaboration entre l’Ehpad et l’HAD Un processus clair Virginie Maslard, directrice des soins, explique que le dossier dormant concerne tous les patients, dont les résidents en Ehpad. L’objectif est d’anticiper les prises en charge en HAD pour les patients dont l’état de santé peut se dégrader rapidement, afin d’éviter toute hospitalisation non souhaitée par le patient et lui garantir un confort et des soins de qualité à son domicile. La transmission du dossier médical se fait en amont entre le médecin prescripteur et l’équipe de l’HAD. Un « dossier dormant » est donc « ouvert après la réception d’une prescription médicale. Les infirmières coordinatrices et médecins praticiens d’HAD complètent un dossier d’évaluation où ils s’informent de l’état général du patient, des soins prodigués, des diagnostics et pronostics, des directives anticipées et du consentement patient et/ou famille. Un déclenchement opportun Si l’état de santé du patient se dégrade soudainement (jour, nuit ou week-end), les professionnels de l’HAD peuvent alors intervenir rapidement et dans les meilleures conditions, car toutes les informations ont été recueillies en amont. Grâce aux moyens dont dispose l’HAD, les médecins peuvent prescrire des médicaments hospitaliers administrés via des pompes programmables qui permettent de délivrer un débit continu et d’administrer de manière sécurisée des doses supplémentaires d’antalgique ou d’anxiolytique, en cas de pic algique ou anxieux. Un lien continu entre Ehpad et HAD D’un dispositif expérimental, proposé par quelques HAD il y a une dizaine d’années, à sa reconnaissance et son extension depuis 2020, les dossiers dormants permettent aux équipes médicales des Ehpad d’identifier les patients qui pourraient bénéficier de cette prise en soin conditionnelle. Ce dispositif permet de respecter le souhait du patient notamment dans les contextes de fin de vie avec un accompagnement du résident jusqu’au décès dans son lieu de vie. Ce dispositif permet de créer un lien étroit entre les Ehpad et l’HAD en collaborant pour le bien du résident et en sécurisant les équipes par la disponibilité des professionnels soignants et médicaux 7j/7, 24h/24. Un engagement personnel Le Dr Sophia Belhadjin, médecin gériatre, coordinatrice médicale sanitaire et référente HAD, découvre l’existence des « dossiers dormants » il y a plusieurs années. En 2019, avec une équipe de professionnels de santé, ils rédigent un protocole visant à favoriser la mise en place de ces dossiers entre son HAD et les Ehpad de territoire. Ayant elle-même été confrontée à une situation compliquée avec un de ses proches, elle se promet de développer le dispositif sur le Nord Seineet-Marne. Aujourd’hui, pour elle, les dossiers dormants sont la résultante « d’une prise de conscience sociétale sur les sujets de fin de vie et d’une prise en compte du désir du patient ». Une prise de conscience sociétale sur les sujets de fin de vie et d’une prise en compte du désir du patient 9
Un dispositif innovant : l’extension de la garde infirmière de nuit en Ehpad vers les Centres de Ressources Territoriaux et les Foyers d’Accueil Médicalisés Le dispositif de Garde IDE de Nuit (GINE), développé initialement pour les Ehpad et porté par toutes les HAD LNA Santé, a été étendu depuis fin 2024 aux Centres de Ressources Territoriaux (CRT) dans le bassin du territoire de l’HAD Saumurois, sous l’impulsion de l’établissement. Et, en avril 2025, il est étendu à un Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM) marquant ainsi une évolution majeure dans la prise en soin des patients. L’initiative, portée par Anthony Xavier, directeur adjoint de l’HAD Saumurois, avec le soutien de l’infirmière de liaison, Sandra Chardine, permet de répondre aux urgences relatives (non vitales) la nuit sans recourir systématiquement à l’hospitalisation ou à un service d’accueil des urgences. Cette initiative soutenue par l’ARS a été nominée au sein de LNA Santé par un trophée « Ose » récompensant les innovations. Un succès tangible : hospitalisations évitées et sécurisation des acteurs de santé Au-delà du désengorgement des urgences, les bénéfices sont évidents. En seulement 6 mois de déploiement du dispositif (8 Ehpad, 1 FAM et 1 CRT à ce jour), plus de 50 interventions GINE ont été réalisées, permettant d’éviter une trentaine d’hospitalisations, un bénéfice pour les usagers, des frais de santé minorés (transport, hospitalisation). « Comme les autres hôpitaux à domicile LNA Santé, on est venu assurer la sécurisation des nuits là où rien n’était proposé », explique Anthony Xavier. Cette réussite s’explique par une sollicitation « au bon moment » du dispositif par les soignants et une excellente réactivité des IDE de nuit HAD pour évaluer la situation et stabiliser les bénéficiaires. Ce dispositif permet aussi une montée en compétences des soignants de nuit des Ehpad qui bénéficient de l’expertise de ces infirmières Partenariats locaux et sécurisation des nuits du CRT L’extension de ce dispositif au CRT s’inscrit dans une logique de collaboration renforcée sur le territoire. La complémentarité avec les acteurs du CRT, dont la plateforme Senior À Dom, est un atout pour la sécurisation du maintien à domicile. Si un des bénéficiaires appelle la nuit, la plateforme peut orienter vers le dispositif (numéro unique) porté par l’HAD Saumurois. En période nocturne, lorsqu’une urgence relative se présente, c’est le dispositif de GINE qui peut prendre le relais. Cette coordination permet de répondre aux besoins des bénéficiaires à tous les moments de la journée. 10 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
Pharmacie à Usage Intérieur : une horlogerie de précision au service des patients en HAD L’Hospitalisation à Domicile (HAD) permet aux patients de recevoir des soins tout en restant chez eux, mais cela impose une gestion rigoureuse des médicaments. LNA Santé a fait le choix d’un dispositif basé sur des Pharmacies à Usage Intérieur (PUI), qui centralisent l’approvisionnement des médicaments et garantissent leur sécurité. Les PUI sont des structures intégrées aux établissements de santé, chargées de gérer le circuit du médicament, garantissant sa traçabilité et sa sécurité. La réglementation impose aux HAD de posséder leur propre PUI ou d’avoir un partenariat avec une pharmacie de ville. « Nous avons choisi d’intégrer une PUI pour mieux maîtriser le circuit du médicament et assurer une prise en soin sécurisée », explique Antoine Sapin, pharmacien responsable de l’organisation des PUI chez LNA Santé. Un suivi rigoureux et personnalisé Ce modèle garantit une gestion adaptée, évitant les erreurs médicamenteuses et assurant un suivi personnalisé. Les médicaments sont délivrés sous forme de piluliers préparés et sécurisés. LNA Santé coordonne l’approvisionnement via une centrale d’achat, réduisant ainsi les risques de rupture de traitement. Les médicaments sont livrés quotidiennement ou hebdomadairement et chaque étape du processus est contrôlée. « Pour les équipes médicales, cette organisation permet de renforcer la sécurité du parcours de soins. De la prescription saisie par le médecin jusqu’à l’administration par l’infirmière, tout est organisé pour garantir une administration fluide et sécurisée », précise Antoine Sapin. Une coordination optimale pour éviter les ruptures de traitement L’un des défis majeurs réside dans la logistique de l’acheminement des traitements et sa surveillance au domicile des patients. Contrairement aux hôpitaux, où les médicaments sont stockés sur place, l’HAD nécessite une logistique minutieuse pour garantir les conditions de stockage et de délivrance jusqu’au domicile. « Afin d’être au plus près de la prise en soin, une dispensation nominative et journalière a été mise en place pour répondre aux besoins des patients », ajoute Antoine Sapin. Optimisation des ressources et sécurité maximale Dans certains établissements, LNA Santé a créé un Groupement de Coopération Sanitaire pour mutualiser les ressources entre établissements, anticiper les absences et améliorer la collaboration entre pharmaciens. Ce dispositif, dans lequel les HAD s’intègrent dans certains cas, est un moyen de mutualiser les besoins des membres du groupement. L’HAD comme autre solution face à l’hospitalisation traditionnelle L’HAD est en pleine expansion et son modèle répond aux défis de la médecine moderne. « L’HAD assure un circuit pharmaceutique sécurisé, offrant aux patients une prise en soin médicale optimale, même à domicile », conclut Antoine Sapin. Ce modèle est une réponse idéale à la demande des tutelles de santé d’une part, mais également des patients qui souhaitent aujourd’hui une médecine tournée vers des soins de santé de proximité et adaptés aux besoins du territoire. CHIFFRES CLÉS • 75 000 pharmaciens en France • 7 000 pharmaciens hospitaliers • Plus de 1 300 patients pris en charge par l’HAD chez LNA Santé 11
La chimiothérapie en HAD : une approche sécurisante et adaptée pour les patients atteints de cancers La chimiothérapie à domicile (HAD) représente une avancée majeure dans la prise en soin des patients atteints de cancer. Selon le Dr Nicolas de Vial, médecin praticien en HAD, « grâce aux progrès de la médecine, les personnes atteintes d’un cancer vivent plus longtemps en moyenne. Cela explique en partie la saturation des hôpitaux de jour (HDJ) qui pratiquent les chimiothérapies. » Face à ce constat, le Dr de Vial explique l’intérêt d’avoir un relai HAD pour l’administration de la chimiothérapie qu’elle soit orale, sous-cutanée ou en intraveineuse. Environ 20 à 30 patients par mois bénéficient de ce suivi en HAD, après avoir commencé leur traitement en hôpital de jour (HDJ). Pour valider la cure, il est nécessaire que les patients aient vu un médecin oncologue/hématologue qui donne le « OK chimio » après un examen clinique et une observation des résultats biologiques (prise de sang). Après les premiers cycles, lorsque les patients tolèrent bien les soins, l’HAD peut leur être proposée. Cela permet de renforcer le confort des patients en leur évitant des déplacements fréquents, une source de stress supplémentaire et une grande fatigue. Le Midline ; une réussite à tous les niveaux L’HAD Val de Loire propose une innovation qui participe à l’amélioration de la prise en soin des patients grâce à l’utilisation de cathéters Midline. « Le cathéter (habituel) de 4 cm placé en souscutané ou en intraveineux, ne pouvant être gardé que 4 jours, est remplacé par le Midline, un cathéter placé au niveau du bras, mesurant 20 cm et pouvant être conservé 28 jours en théorie », explique le Dr de Vial qui s’est formé au CHRU de Tours avant de le mettre en place 18 mois plus tard en HAD. Cela évite au patient d’être piqué très, voire trop, régulièrement. Depuis août 2024, 21 Midline ont été posés en HAD dans la région du Val de Loire, pour des antibiothérapies au long cours, dans le cadre de soins palliatifs ou de sédation profonde. Le rôle clé de l’infirmière en pratique avancée en HAD L’Infirmière en Pratique Avancée (IPA) occupe un rôle stratégique dans le cadre de la chimiothérapie en HAD : suivi des patients, continuité des soins entre l’hôpital et le domicile, lien entre les oncologues, les hématologues et les patients... L’IPA, accompagnée d’une équipe de médecins et d’infirmières, assure un suivi personnalisé et holistique pour chacun, en garantissant la sécurité et l’efficacité de la prise en soin. En cas de situation complexe ne relevant pas de son champ de compétence, l’IPA réoriente les patients. Anastasia Jesop, IPA, donne un exemple concret de son intervention dans le cadre des transfusions sanguines : « Depuis octobre 2022, près de 1 049 poches de transfusion ont été administrées à domicile, ce qui place la structure comme un des principaux transfuseurs en France. Ces transfusions à domicile, souvent essentielles pour maintenir l’état de santé des patients, sont réalisées avec une grande sécurité, en collaboration avec les hôpitaux locaux, notamment le CHRU de Tours ». 12 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
HAD et SMR : le duo gagnant pour une rééducation du genou sur mesure La ligamentoplastie, qui consiste à reconstruire un ligament croisé antérieur rompu, nécessite un parcours de soins structuré et progressif. Pour garantir un suivi optimal, LNA Santé a développé une approche innovante alliant Hospitalisation à Domicile (HAD) et Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) en Hôpital de Jour (HDJ). Dès la décision d’opération, un protocole de soins est défini et l’HAD, au besoin l’HDJ, peut être proposé en pré et postopératoire en fonction du profil du patient. « Le chirurgien ou le médecin prescripteur évalue l’éligibilité du patient », explique Benjamin Millereux, coordinateur de rééducation à l’HAD du Pôle de Santé de Serris. L’HAD de rééducation : un suivi quotidien et sécurisé à domicile L’HAD repose sur une équipe pluridisciplinaire comprenant infirmiers, kinésithérapeutes, enseignants APA, ergothérapeutes, orthophonistes, médecins, aidesoignants et bien d’autres, qui interviennent à domicile. Chaque jour, les infirmiers assurent la surveillance des pansements, la gestion des anticoagulants et le suivi des constantes médicales. Parallèlement, un programme de rééducation intensif est mis en place avec cinq séances de rééducation par semaine pour limiter la fonte musculaire, récupérer les amplitudes articulaires et ainsi accélérer la récupération. Accessible 24h/24 et 7j/7, ce suivi personnalisé permet aux patients de récupérer sereinement tout en limitant les risques de complications postopératoires et de rassurer les proches aidants. « Le patient sait exactement à quel moment les soignants viendront, il peut se concentrer sur sa récupération sans gérer la logistique. » L’hôpital de jour en complément Le patient est hospitalisé à domicile pendant 28 jours. Cependant, certains patients nécessitent une rééducation plus approfondie avant de retrouver une autonomie complète. C’est pourquoi LNA Santé propose une prise en charge en hôpital de jour dans le cadre des soins médicaux et de réadaptation. Ce passage permet des séances de kinésithérapie ciblées, intensives grâce à du matériel de dernière génération, une balnéothérapie et un suivi rapproché par des médecins rééducateurs qui ajustent les programmes en fonction des progrès du patient. Une organisation millimétrée pour une coordination efficace Le succès de ce modèle repose sur une gestion rigoureuse de la coordination entre les professionnels de santé. « Le patient ne doit jamais ressentir la complexité de l’organisation en coulisses. Tout doit être fluide : l’infirmière arrive à l’heure, le kinésithérapeute adapte la séance, les médicaments sont disponibles sans déplacement, le relai en HDJ se réalise de façon simplifiée pour le patient », ajoute Benjamin Millereux qui joue un rôle central dans la coordination. L’HAD de rééducation se développe progressivement à d’autres établissements LNA Santé, comme Orléans et Montargis. Un modèle d’avenir face aux défis du vieillissement L’HAD et les SMR répondent aux enjeux du vieillissement et aux tensions sur le système de santé. Offrant une prise en soin personnalisée, ce modèle garantit un suivi sécurisé tout en permettant aux patients de rester chez eux. Il est étendu à d’autres chirurgies orthopédiques et pathologies neurologiques comme l’AVC, les prothèses de hanche et les fractures complexes nécessitant un suivi long. « Avec ce modèle, nous réinventons la prise en charge postopératoire, en combinant l’expertise médicale et la souplesse du domicile », conclut Benjamin Millereux. CHIFFRES CLÉS • 3-6 semaines : Temps moyen pour retrouver une marche sans béquille. • 28 jours : Durée de prise en soin en HAD après ligamentoplastie. • 5 séances/semaine : Fréquence des séances de rééducation à domicile. • 24h/24 - 7j/7 : Disponibilité du dispositif HAD, garantissant sécurité et sérénité aux patients 13
La collaboration au service du patient ! L’HAD Haute-Savoie Sud, basé à Annecy, couvre un bassin de 350 000 habitants et les 65 professionnels prennent en soins environ 85 à 90 patients par jour. Si LNA Santé privilégie l’intégration des professionnels de l’hôpital à domicile en les salariant, l’établissement savoyard a choisi de développer, depuis quatre ans, un modèle « mixte », s’appuyant également sur des infirmiers libéraux. Isabelle Lavigne, directrice de l’établissement, explique ce choix : « Ce partenariat renforcé avec les infirmiers libéraux apporte une valeur ajoutée évidente pour le patient. » « Alors que nos équipes pluridisciplinaires interviennent sur un temps donné, en phase aiguë ou instable de la maladie, les soignants libéraux sont présents, bien souvent au quotidien, avant comme après notre intervention. Ils connaissent bien le patient, son entourage, sa maladie… Ils garantissent une continuité de la relation et de la prise en soin. C’est pourquoi nous demandons à chaque nouveau patient s’il souhaite que ses professionnels libéraux interviennent en complémentarité des soignants de l’HAD à son domicile. » Un partenariat construit dans la confiance Aujourd’hui, les interventions de l’HAD Haute-Savoie Sud sont réalisées avec 60 % d’infirmiers salariés et 40 % de libéraux. Ce résultat est l’aboutissement d’une démarche engagée il y a quatre ans. Elle a nécessité de sensibiliser les cabinets infirmiers à l’intérêt d’une collaboration mutuelle. Plusieurs cabinets sont entrés dans la démarche, puis un comité de pilotage a été créé ; il se réunit plusieurs fois par an. Il permet notamment de définir les modalités opérationnelles de la collaboration. Plusieurs solutions ont été développées pour permettre aux libéraux d’accéder aux données du dossier patient (via une application mobile) pour tracer la prise en soin ou encore pour faciliter le règlement des interventions via la dématérialisation des factures. Concrètement, comment ça marche ? Une convention de partenariat est passée avec chaque cabinet. Et pour chaque intervention chez un patient, une lettre de mission spécifique est rédigée par le médecin coordinateur et l’IDE coordinatrice de l’hôpital à domicile qui organisent la répartition des soins entre les équipes de l’HAD et le professionnel libéral. En parallèle, l’HAD est soucieux d’aller plus loin. Il associe les professionnels libéraux, notamment en leur proposant de participer à des formations ou à des temps de partage. Isabelle Lavigne précise : « À terme, nous souhaitons aussi les intégrer dans des réflexions plus globales, par exemple sur le matériel. Il serait intéressant d’avoir leur vision des axes d’amélioration possibles en la matière au regard de leur expertise du domicile. » « Ce partenariat renforcé avec les infirmiers libéraux apporte une valeur ajoutée évidente pour le patient. » Un modèle agile L’HAD Haute-Savoie Sud joue la complémentarité avec les cabinets infirmiers libéraux 14 LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
HAD LNA Santé : des soins d’excellence à domicile L’hôpital à Domicile (HAD) s’impose comme un acteur essentiel face à l’hospitalisation classique, offrant des soins de haute technicité continus et coordonnés au domicile des patients. Chaque HAD LNA Santé s’inscrit dans un réseau structuré, conçu pour soutenir des organisations locales, ancrées sur leur territoire, afin de répondre aux besoins des établissements hospitaliers et collaborer étroitement avec les professionnels libéraux. Dans le cadre de son développement d’activité, LNA Santé s’appuie sur un modèle d’HAD éprouvé autour de 4 enjeux importants. D’abord, le cadre réglementaire et les autorisations conditionnent toute création, reprise ou extension. Chaque projet doit répondre aux exigences de l’ARS et s’inscrire dans le schéma régional de santé pour garantir une offre de soins adaptée aux besoins du territoire. Ensuite, l’organisation et les ressources humaines sont incontournables pour assurer la continuité des traitements. LNA Santé promeut un management de proximité en « unités de soins » et des astreintes médicales assurées localement, souligne Baudouin Turquet, directeur d’exploitation sanitaire. Cette approche garantit une prise en charge fluide et réactive. Les partenariats territoriaux constituent un autre pilier clé. L’HAD fonctionne en synergie avec les hôpitaux, les médecins traitants et les professionnels libéraux. Cette collaboration est essentielle pour favoriser l’intégration de l’hôpital à domicile dans le parcours de soins coordonné du patient. Enfin, les systèmes d’information permettent de structurer efficacement les prises en charge. Grâce aux différents outils digitaux, les professionnels de santé ont accès aux dossiers des patients, facilitant la continuité et la traçabilité des soins. LNA Santé développe son offre d’HAD selon 3 approches : la création, la reprise et l’extension. Créer un hôpital à domicile est un défi d’envergure avec 2 enjeux clés : le recrutement d’une nouvelle équipe médicale et paramédicale ainsi que la structuration d’un circuit logistique des soins à domicile, qui repose sur une implantation territoriale réfléchie, en lien avec les infrastructures et particularités du territoire. L’HAD Eure-et-Loir, en activité depuis février 2025, illustre cette approche. La reprise d’un HAD, comme celui de Saint-Sauveur, fin 2024, a imposé un impératif majeur : assurer une transition réussie. Conserver et développer la qualité des prises en charge, tout comme renforcer l’attractivité des équipes professionnels sont nos priorités. « Nous veillons à ce qu’il existe une réelle symétrie des attentions : nous valorisons systématiquement les atouts de l’existant et nous les intégrons à notre culture d’entreprise. » Des initiatives comme les « Vis ma vie » et les journées métiers ont permis de renforcer les liens entre les professionnels des différents HAD et de réussir de cette intégration. L’extension d’un hôpital à domicile, comme celui de Deauville-Caen, permet d’investir fortement dans nos ressources humaines et logistiques et ainsi renforcer l’offre de soins sur le territoire : « Sans taille critique et d’une réponse adaptée de l’HAD, il n’y a pas de capacité d’investissement pour développer de nouveaux champs d’intervention au service des patients du territoire. » Une vision ambitieuse pour l’avenir Pour Baudouin Turquet, le développement de l’HAD pour LNA Santé passera notamment par « une forte diversification des modes de prise en charge et d’offre de soins sur le territoire. » L’objectif : garantir une réponse adaptée aux besoins des patients et des professionnels de santé, par exemple la chimiothérapie à domicile, les transfusions sanguines, la rééducation neurologique post-AVC ou encore les prises en charge pédiatriques. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives pour le système de santé. 15
Alors que le proche aidant joue un rôle essentiel auprès du malade au quotidien, l’intervention des soignants dans l’intimité du domicile peut parfois s’avérer complexe. La qualité de la relation est une préoccupation majeure pour tous. Comme l’explique Sylvie Sacher-Huvelin, directrice médicale LNA Santé : « Si de nombreuses bonnes pratiques existent déjà dans nos HAD, l’entreprise souhaite aller plus loin pour soutenir les professionnels et faire du proche aidant un véritable partenaire. Nous avons pris des engagements forts envers les aidants, inscrits dans la raison d’être de LNA Santé, le projet stratégique “Grandir Ensemble 3” et la politique médicale. En 2025, nous allons constituer un groupe de travail, piloté par le Dr Sophia Belhadjin, réunissant des professionnels de l’HAD ainsi que des proches aidants. Sa vocation : recenser les bonnes pratiques existantes, les harmoniser et les systématiser partout, ainsi que construire progressivement un modèle de partenariat avec les proches aidants. » Dans ce cadre, trois axes prioritaires ont d’ores et déjà été définis : 1 - Le premier : former les professionnels, en concevant une formation sur mesure autour de la relation avec les proches aidants et les accompagner dans leurs questionnements. 2 - Le second : renforcer l’information des proches aidants. Leur apporter une bonne compréhension de la maladie et de ses évolutions est essentiel, en s’inspirant notamment des méthodes d’éducation thérapeutique. Par exemple, cette année, un module d’e-éducation thérapeutique sur le diabète sera testé. Les informer également des aides existantes est primordial, en particulier concernant les dispositifs de répit propres à chaque territoire. 3 - Le troisième : développer l’implication des proches aidants dans le parcours de santé, en les intégrant dans l’élaboration du projet personnalisé de leur proche ou en systématisant leur participation dans les instances de réflexion ad hoc. Ce dossier a été préparé et rédigé par LNA Santé dans le cadre de son magazine semestriel. N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations : communication@lna-sante.com Directrice de la publication : Marie-Laure Levêque • Éxécution graphique : Phenix Studio • Photos : Franck Gallen, Philippe Noisette, iStock • Imprimé en France sur papier issu de forêts gérées durablement (IFGD) avec des encres sélectionnées pour leur impact limité, par Goubault, imprimeur certifié ISO 14001 à La Chapelle-sur-Erdre. Soigner et prendre soin Le proche aidant, véritable partenaire des professionnels LE DOSSIER L’Hôpital à domicile : jouons collectif et transformons l’essai !
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