Le Dossier #15

Dr. Kevin Charras Votre définition de l’INM Qu’onlesnommeinterventions/thérapiesnonmédicamenteuses, psychosociales et environnementales, ou autre, celles-ci ont toutes pour objectif de rétablir un état de bien-être et de fonctionnement optimal. Ces interventions peuvent remédier, au moins partiellement, à certaines difficultés que rencontrent les personnes atteintes de syndromes neuro-évolutifs, qu’elles soient denature psychologiques, comportementales, affectives, cognitives, motrices, sensorielles... Quel intérêt pour les Ehpad ? Ces interventionspermettent d’accompagner despersonnes en Ehpad selon 3 schémas : • En traitement d’attaque ou immédiat essentiellement destinées à atténuer la survenue de troubles du comportement (anxiété, agression, agitation, apathie...) à court ou moyen terme, en traitant directement la cause perturbatrice (propre à la personne ou provenant de son environnement) du symptôme identifié : gestiondes troubles à l’aidede techniques comportementales (relaxation, diversion...), sociales (orientation dans la réalité́, approche relationnelle...), sensorielles (stimulationmulti-sensorielle,musique,massage...) ou environnementale (réduction des stimulations, du nombre de personnes ou d’éléments environnementaux portant à confusion...). Le recours à des outils spécifiques (activités flashs, objet transitionnel, tablette tactile, lumières colorées...) est parfois nécessaire ; • Entraitementthérapeutique dont l’objectifestd’atténuerun symptôme ou d’améliorer un fonctionnement (psychologique, cognitif, social, comportemental ou moteur) durablement. Le plus souvent ces interventions utilisent des techniques ciblant directement les processus précités dans l’intention de modifier le fonctionnement de l’individu et de l’aider à vivre avec ou bien à surmonter les symptômes provoqués par la maladie. Elles se réalisent généralement par la mise en place d’ateliers individuels ou collectifs au long cours et réguliers sur des périodes s’étalant de 6 à 12 semaines ou plus, en fonction de la nature et de la sévérité des troubles ciblés (musicothérapie, stimulation cognitive, danse, dramathérapie, médiation animale...). Elles font appel à des compétences et des qualifications spécifiques des intervenants, parfois régulées par un diplôme d’État ou le suivi d’une formation, et nécessitent une attention particulière dans leur déroulement, leur mise en œuvre et leur évaluation sur le terrain ; • En modalité d’accompagnement par l’intermédiaire du cadre de vie : les activités de la vie quotidienne (cuisine, ménage, toilette, jardinage...) et les animations mobilisent un grand nombre de processus cognitifs, comportementaux, moteurs, affectifs et sociaux et le cadre de vie est un support essentiel pour ces activités. Le fait d’y participer redonne aux personnes un sentiment d’efficacité et d’autonomie, ainsi qu’une meilleure estime de soi. Elles se centrent sur des activités connues et appréciées des résidents qui les choisissent selon leur motivation, leurs préférences et leurs compétences. Plusieurs approches trouvent leurs fondements dans les activités de la vie quotidienne et le cadre de vie : la Validation, l’approche Montessori... Quelles ambitions pour demain ? Les interventions non médicamenteuses ou psychosociales ont de beaux jours devant elles car, même si l’on trouve un traitement médicamenteux, les personnes auront toujours besoind’êtreaccompagnées. Il restenéanmoinsbeaucoupà faire pour les démocratiser en Ehpad, en améliorer leur efficacité et permettre leur application efficiente sur le terrain, en termes de formation initiale et continue des professionnels, de recherche, d’applicationoudepolitiquede santépublique. Ces interventions doivent continuer de se développer par la combinaison des connaissances scientifiques, cliniques, pédagogiques et de terrain, ainsi que par la mutualisation des moyens entre établissements, avec le soutien des autorités, afin d’en garantir l’accessibilité́ au plus grand nombre. « C’est la combinaison des connaissances scientifiques, cliniques, pédagogiques et de terrain que ces interventions doivent continuer de se développer. » Kevin Charras, est docteur en psychologie, diplômé de l’Université de Paris. Il est Directeur et co-fondateur du LLV2 (Living Lab Vieillissement et Vulnérabilités, CHU Rennes), membre permanent du LSD (Laboratoire des Solutions de Demain) de la CNSA, Président du Kozh Ensemble – Gérontopôle de Bretagne, enseignant à l’université, pilote de nombreux projets de recherche. 10 LE DOSSIER Faire de l’intervention non médicamenteuse une proposition incontournable de soin

RkJQdWJsaXNoZXIy MTc4MDQxMw==