L’Ehpad plateforme de ressources, un nouveau modèle en soutien du domicile

SUPPLÉMENT DÉTACHABLE #14 | MAI 2022 L’Ehpadplateformede ressources,unnouveau modèle en soutien dudomicile

Depuis 2018, nos différentes contributions au débat public, concrétisées par 4 numéros des Cahiers du Prendre Soin, posent un corpus de propositions offensives et pragmatiques de LNA Santé et revendiquent la nécessité de réfléchir à un nouvel modèle d’Ehpad. L’accompagnement du vieillissement et des pathologies liées au grand âge posent de nombreuses questions. Les difficultés surviennent parfois rapidement et beaucoup de personnes âgées, comme leur entourage, n’y sont pas préparées. La plupart du temps, quand cela est possible, le choix de rester à domicile est plébiscité. Seulement, les situations évoluent. Il est parfois nécessaire de sécuriser davantage la vie quotidienne, d’adapter la prise en charge médicale. Ce qui est apparu comme la bonne solution à un moment peut se révéler inadapté plus tard. Dans une société dite du «care», attentive à chacun, la période COVID a montré de profonds dysfonctionnements. Forte de ce constat, le Docteur Sophia BELHADJIN, médecin gériatre coordonnateur SMR (Surveillance Médicale Réglementaire) LNA Santé déplore : « ce n’est pas nouveau, le point de vue, les besoins et la parole de la personne âgée comptent de moins en moins au fur et à mesure qu’elle vieillit ». Alors, comment y remédier ? Ce dossier du Mag#14 permet le décryptage des initiatives déployées par les Ehpad LNA Santé au sein de leurs territoires d’implantation. L’Ehpad plateforme de ressources, un nouveaumodèle en soutien du domicile. CHIFFRES CLÉS EHPAD LNA SANTÉ : PMP (1) = 241 / GMP (2) = 748 TARIF SOIN GLOBAL : 28 % des Ehpad au niveau national (source CNSA 2020) 88 % des Ehpad LNA Santé RATIO ETP (3) : 7 ETP pour 10 résidents en Ehpad dont 4,5 ETP soignants 87 % des Ehpad LNA Santé ont recours à un dispositif IDE (4) de nuit LNA SANTÉ : 8 structures d’HAD / 6 Ehpad centre de ressources et/ou Hors les murs / 3 Plateformes d’accompagnement et de répit des aidants ESPÉRANCE DE VIE (Source : INSEE en France en 2021) Femme : 85 ans / Homme : 79 ans en bonne santé, femme : 64,1 / homme : 62,7 (1) PMP : Pathos moyen pondéré (2) GMP : GIR moyen pondéré (3) ETP : Équivalent temps plein (4) IDE : Infirmière diplômée d’État 2 LE DOSSIER L’Ehpad plateforme de ressources, un nouveaumodèle en soutien du domicile

Trois projets d’établissements LNA Santé ont été retenus : celui de la résidence Asphodia (centre de ressources territorial + SRAD), de la résidence Les Berges du Danube (SRAD) et de la résidence Marconi (Télémédecine). Les choix de l’ARS et des Conseils départementaux se sont également portés sur le développement d’expertises pointues, comme la création d’équipes mobiles spécialisées dans la démence à corps de Lewy au sein d’un SSIAD, également l’ouverture d’une unité de 14 places pour de la gérontopsychiatrie en Ehpad… Comme le souligne Isabelle Bilger : « La variété des initiatives présentées par les différents gestionnaires et leur mobilisation pour relever ces défis est une réussite. Nous allons poursuivre ce type de démarche, en particulier pour inventer de nouvelles offres à destination de publics spécifiques : les personnes en situation de grande précarité ainsi que les personnes âgées ayant des troubles psychiatriques. » Une mobilisation de tous les acteurs du territoire Îlede-France pour relever les défis duvieillissement de la population et favoriser les innovations Dès octobre 2019, l’ARS Île-de-France et les 8 Conseils départementaux de la région lançaient un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie. Objectif : construire collectivement « Des solutions innovantes pour faire face au défi du grand âge ». Derrière cet objectif, l’enjeu vise à répondre à un double impératif : favoriser le maintien à domicile et éviter les ruptures de prise en charge entre les différents dispositifs. Si la crise sanitaire survenue quelques mois plus tard suspend temporairement cet AMI, il n’en reste pas moins qu’en 2021, de nombreux projets de la part de différents gestionnaires sont sur la table. Comme l’explique Isabelle Bilger, Directrice de l’Autonomie à l’ARS Île-de-France : « Après la crise COVID, nous avons interrogé les gestionnaires sur ce moment inédit. Il a été en réalité l’occasion de voir émerger des pratiques innovantesou ledéploiement denouvellesméthodesou pratiques mises en place pour faire face à la situation. Certaines de ces initiatives méritaient d’être déployées durablement et donc intégrées à l’AMI. C’est le cas, par exemple, des solutions d’hébergement temporaire en Ehpad en sortie d’hospitalisation, en transition avant la définition du projet (domicile ou Ehpad). » Au total, 93 dossiers de dispositifs innovants ont été retenus et se répartissent sur tout le territoire régional. Concernant les Ehpad, 9 projets d’Ehpad « plateforme » ou d’Ehpad « territorial » ont été sélectionnés ainsi que 17 projets de Services Renforcés à Domicilie (SRAD). LA POPULATION ÂGÉE EN ÎLE-DE-FRANCE En 2016, la région Île-de-France comptait 822 000 personnes âgées de 75 ans et 266 000 personnes âgées de 85 ans et plus. À l’horizon 2030, elle connaitra une progression de l’ordre de 40 % des personnes âgées de plus de 75 ans Près de 200 000 personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer ou d’autres maladies neurodégénératives « La variété des initiatives présentées par les différents gestionnaires et leur mobilisation pour relever ces défis est une réussite » 3

une palette de services en soutien du domicile RÉSIDENCE ASPHODIA Dans l’Essonne, bientôt, le domicile et l’Ehpad ne feront plus qu’un ! Ehpad plateforme : Depuis deux ans, la résidence Asphodia, à Yerres, et le Service Public Essonien du Grand Âge (SEGA) se sont rapprochés pour travailler ensemble notamment, dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) initié par la Région Île-de-France et ses 8 départements (cf. article dédié). Cette collaboration « public-privé » a permis de construire un projet très abouti sur le territoire Nord-Est Essonne, incluant un Ehpad Plateforme et des Services Renforcés à Domicile (SRAD), gérés par la résidence Asphodia ainsi que de l’accueil séquentiel, avec hébergement temporaire en sortie d’hospitalisation, géré par le SEGA. Comme l’explique Olivier Lefebvre, directeur de la résidence Asphodia : «Cedispositif trèscomplet s’inscrit pleinement dans les objectifs de l’AMI : garantir la continuité du parcours de soins et favoriser le soutien à domicile des personnes âgées fragilisées, en assurant la coordination de tous les acteurs du territoire amenés à intervenir dans le parcours de l’usager. Notre établissement déjà très bien intégré dans la filière de soins gériatriques, s’est tout naturellement positionné sur l’AMI. Et ce, dans une logique partenariale vertueuse avec le SEGA qui souhaitait lui aussi avancer dans le même sens. » Eneffet, à terme, l’EhpadPlateforme assurera la coordination et le pilotage opérationnel de tous les intervenants : le CLIC qui intervient en tant que guichet unique d’intervention et d’orientation et identifie les bénéficiaires, DRAD et SSIAD qui assurent la prise en charge au domicile (aide à la vie quotidienne, suivi et surveillance médicale, sécurisation du logement…), la PFR (Plateforme de Répit des aidants) qui accompagne l’aidé et l’aidant, les structures qui assurent l’accueil séquentiel et les Ehpad, soit pour accueillir une personne pour de l’hébergement permanent, ou à la journée en PASA (pôle d’activités et de soins adaptés), ou en unité protégée… Pleinement inscrit dans cette logique de l’Ehpad de demain, le projet prévoit d’agréger de nombreux services proposés par l’Ehpad et de les ouvrir sur le domicile tant à destination des usagers que des professionnels du domicile. Par exemple, des ateliers de prévention et de formation sont programmés autour de sujets comme la nutrition ou l’aménagement du domicile. Le dispositif va inclure aussi des réponses à des besoins prégnants sur le territoire. On peut citer entre autres, la mise en place d’une prise en charge d’urgence de nuit, le développement de l’offre d’accueil séquentiel qui répond à des besoins d’accueils courts (3 à 4 jours), le déploiement d’équipes mobiles spécialisées… Interopérabilité numérique dans le suivi des personnes et innovation numérique auront aussi toute leur place dans ce projet. Un pack technologique sera testé puis déployé au domicile intégrant de la téléassistance 24h/24, un dispositif de géolocalisation et de détection de chute, des capteurs intelligents installés au domicile, des verres anti-déshydratation, un suivi nutritionnel à distance… Pour déployer ce dispositif, la résidence Asphodia prévoit de s’appuyer, d’une part sur ses équipes déjà en place, d’autre part, de recruter de nouvelles compétences : médecin, thérapeute, assistante sociale, évaluatrice, assistante de soins en gérontologie… À partir du printemps 2022, au minimum500 personnes, chaque année, pourront bénéficier de ce dispositif sur tout le territoire Nord-Est Essonne. La résidence Asphodia et le SEGA entendent poursuivre sur leur lancée et d’autres projets pourraient voir le jour prochainement. « Notre établissement déjà très bien intégré dans la filière de soins gériatriques, s’est tout naturellement positionné sur l’AMI. » 4 LE DOSSIER L’Ehpad plateforme de ressources, un nouveau modèle en soutien du domicile

RÉSIDENCE CREISKER Ehpad plateforme : l’innovation au service du soutien à domicile Le projet Divadom Côte d’Amour, déployé par la résidence Creisker, Ehpad LNA Santé localisé à Pornichet (44), répond à une attente forte des personnes âgées qui souhaitent pouvoir rester à domicile dans les meilleures conditions. « Notre dispositif repose sur deux piliers, explique Olivier de Cevins, directeur de la résidence Creisker. Le premier pilier consiste à coordonner l’action des différents prestataires de services à domicile : soins infirmiers, soins de « nursing », téléassistance, aide-ménagères, auxiliaires de vie ou portage de repas… Nous proposons aussi un suivi gérontologique à domicile tous les trois mois par notre médecin coordonnateur, spécialiste en gériatrie. Cela permet d’évaluer l’évolution de l’état de dépendance et des besoins qui en découlent. Ce premier pilier vise à s’assurer que les besoins de base sont complètement satisfaits, y compris lorsqu’ils évoluent. » À cette fonction de coordination, s’ajoutent des services innovants, second pilier de l’offre, proposés aux adhérents du dispositif Divadom (dispositif de vie à domicile). Ils visent à rompre l’isolement et à mener des actions préventives. Les bénéficiaires peuvent venir passer des moments conviviaux au sein de l’Ehpad pour des activités physiques adaptées, des repas, des activités mémorielles ou de loisir. Par ailleurs, la proposition leur est faite de bénéficier du regard expert d’un ergothérapeute qui s’assure de l’adaptation du domicile aux besoins de la personne. L’idée est de créer pour les bénéficiaires un environnement sécurisé, de proximité et de confiance autour de leur lieu de vie. Dans cet esprit, les bénéficiaires peuvent également avoir recours à l’infirmière d’astreinte de nuit (dispositif qui est piloté par la résidence Creisker depuis 3 ans au bénéfice de 7 Ehpad de la communauté d’agglomération de Saint-Nazaire). Et, en cas d’aléas à domicile (type hospitalisation de l’aidant), les bénéficiairesdeDivadompeuvent êtreaccueillissousuncourt délai à résidence Creisker grâce à la mise à disposition d’une chambre d’accueil d’urgence. Pour sept jours, renouvelables une fois, le temps qu’une solution pérenne soit mise en place. « Cette expérimentation d’une durée de 3 ans devrait ouvrir la voie à une nouvelle approche, plus complète et plus efficiente, dumaintienàdomicilededemains’appuyant sur l’expertise d’un Ehpad plateforme. » confie Olivier de Cevins. LES JARDINS D’OLONNE Une heureuse alternative face à la saturation des Ehpad Sur la côte vendéenne, les Ehpad affichent complets. Face à cette difficulté, et pour répondre aux souhaits de la population, l’Ehpad Les Jardins d’Olonne a décidé de répondre à l’AMI (Appel à manifestation d’intérêt) DIVADOM (dispositif de vie à domicile), lancé par l’ARS. Encouragée par la ville des Sables d’Olonne, l’expérimentation DIVADOM, appelée JDO’M (pour Jardins d’Olonne à domicile), a démarré en février pour une durée de trois ans. Coordonné par une infirmière à temps plein sur le projet, le dispositif est aujourd’hui ouvert à quarante personnes âgées qui sont encore en capacité de rester vivre chez elles. L’ambition est de « leur permettre de rester à leur domicile jusqu’au bout » confie Clémentine Arnaud, infirmière coordinatrice aux Jardins d’Olonne, en précisant « qu’au quotidien, ils peuvent bénéficier des activités à l’Ehpad pour rester en contact et créer des liens ». Infirmières à domicile, aidessoignantes, médecin traitant, kinésithérapeute… tous interviennent sous la houlette de la coordinatrice. Grâce à la plateforme de téléassistance 24h/24 7j/7 et l’équipement complet (boitier à clef, transmetteur, bracelet détecteur de chutes…), le moindre incident est remonté et l’infirmière peut se déplacer pour s’assurer que tout va bien. 5

LES CAMÉLIAS Accompagner le «bien vieillir à domicile » ensemble Le projet de soutien renforcé pour bien vieillir à domicile a vu le jour pour répondre à différentes attentes : la sécurisation du domicile, la coordination des actions et la circulation des informations auprès des intervenants à domicile, lemaintien du lien social, l’accompagnement des aidants. La résidence Les Camélias à Cabestany (66), dirigée par Cindy Cauvet, a su trouver lesressourcespourmettreenplaceunserviceadapté à la demande. Ce projet, démarré en novembre 2021, s’est inspiréd’expériencesconduitesdansd’autresétablissements LNA Santé et de besoins identifiés sur le territoire. En outre, le projet s’est adapté aux exigences particulières de l’appel à projet de l’Agence Régionale de Santé Occitanie. Depuis quelquesmois, lespremiersbénéficiaires sont accompagnés grâce à une équipe experte en gérontologie. Le suivi est complet, régulier et transversal puisque les intervenants externes sont intégrés dans le projet de prise en soin. Ils viennent compléter l’accompagnement en apportant une attentionparticulièreausoutienpsychologique, à l’ergonomie du domicile, à l’évaluation de lamotricité, aux soins à domicile. Le lien social est renforcé pour les aidés avec la possibilité de venir déjeuner au restaurant des invités de l’Ehpad une fois par semaine et, pour les aidants, la possibilité de trouver du temps pour eux et/ou bénéficier s’ils le souhaitent d’un accompagnement psychologique. Ce projet multifacette permet d’offrir un accompagnement global aux personnes concernées par le bien vieillir à domicile. Demain, Cindy Cauvet espère pouvoir aller plus loin car « il y a une très grande demande sur la sécurisation de la nuit et aucun dispositif à ce jour n’existe sur notre département pour accompagner, la nuit, nos seniors ». LES JARDINS DE MAR VIVO Retour d’expérience sur l’Ehpad «hors les murs» Depuis quatre années, l’établissement Les Jardins de Mar Vivo participe à l’expérimentation de « l’Ehpad de demain » à l’échelle nationale. Ce projet-pilote, aux côtés de six autres établissements, offre un retour d’expérience sur le maintien à domicile des personnes dépendantes (en perte d’autonomie). Stéphane Deutsch, le directeur, explique tous les bénéfices de ce projet : « Avec cette solution d’Ehpad « hors les murs », nous venons répondre à un besoin réel. En effet, les études ont montré que, le plus souvent, les personnes souhaitent rester à leur domicile. Le projet est donc parfaitement utile et permet de réduire les hospitalisations inutiles la nuit avec la présence d’IDE. En second lieu, cette initiative est une formidable opportunité pour connecter l’établissement avec la médecine de ville, les partenaires libéraux, et les associations du territoire. Enfin, il favorise la mutualisation des équipes sur l’ensemble du pôle de santé. Les conditions de travail, des infirmières de nuit, par exemple, s’en trouvent améliorées. » Aujourd’hui, alors que les équipes participent à la co-construction des cahiers des charges aux côtés de l’ARS, elles étoffent leur offre dans une logique d’amélioration continue dont l’accompagnement des proches aidants. Dans les cas où malheureusement le bénéficiaire décède, il n’était pas prévu de continuer à accompagner l’aidant. Pourtant, l’arrêt brutal est souvent difficile à supporter. C’est pourquoi, il est dorénavant proposé de poursuivre l’accompagnement psychologique pour l’aidant. Quand les besoins des uns fondent la motivation des autres, la réussite inspire tout le monde. « Le projet est parfaitement utile et permet de réduire les hospitalisations inutiles la nuit avec la présence d’IDE. » 6 LE DOSSIER L’Ehpad plateforme de ressources, un nouveau modèle en soutien du domicile

LES BERGES DU DANUBE Ehpad “hors les murs” : un prolongement évident Quand Cédric Erdogan, directeur du Pôle de santé de Serris et ses équipes répondent à l’AMI Île-de-France en 2019, à la veille de la crise sanitaire, ils sont motivés par l’idée de pouvoir proposer un nouveau service pour accompagner des personnes âgées en perte d’autonomie à leur domicile. Le Pôle de santé de Serris s’organise autour de trois activités principales : une clinique de soins médicaux et de réadaptation, un Ehpad et une structure d’HAD. « Les compétences sont toutes là et les besoins sont réels. Nous apportons la brique manquante pour permettre le maintien à domicile : la coordination et la sécurisation de la nuit. Nous avions déjà de bonnes relations avec tous les partenaires du territoire, nous possédions déjà l’expertise médico-sociale avec l’Ehpad et l’expertise sanitaire et du domicile avec le SMR et l’HAD » explique Cédric Erdogan. Avec une nouvelle équipe entièrement dédiée au projet, le suivi des personnes dépendantes à leur domicile est continu. Les infirmières de nuit font la liaison avec les équipes de jour : ergothérapeute, psychomotricien, médecin, assistante sociale et psychologue. Une évidence et une continuité qui rassurent déjà les familles. RÉSIDENCE MARCONI Journée de convivialité : un objectif gagnant-gagnant Les journées de convivialité poursuivent deux objectifs : celui de rompre l’isolement des personnes qui vivent à leur domicile et celui de permettre aux résidents en Ehpad d’avoir des contacts avec des personnes venues de l’extérieur. Le déploiement de ces journées de convivialité a été rendu possible à la faveur de l’AMI Île-de-France auquel le SSIAD a répondu. Agnès Roos, directrice de la résidence Marconi, précise : « Se positionnant comme coordinateur du parcours de vie des patients, il a trouvé à nos côtés un soutien et une complémentarité réels. Ainsi, toute personne impliquée dans le dispositif est accompagnée par l’aide-soignante qui lui prodigue ses soins habituels. Lorsqu’elle arrive à l’Ehpad, elle est accueillie par certains résidents, elle participe aux activités du matin, déjeune au restaurant de l’établissement. L’après-midi, elle peut prendre un temps d’échange au salon avant de participer aux activités proposées dans l’après-midi. L’aide-soignante la raccompagne ensuite à son domicile. Ce dispositif constitue une réponse proactive pour rompre l’isolement des personnes âgées. » Une réponse que les élus et les services de la ville regardent avec un intérêt grandissant. « Les compétences sont toutes là et les besoins sont réels. » 7

Place aux aidants PFR 85 Le Nid des Aidants 85, le choix de l’accompagnement individualisé Laplateformed’accompagnement et de répit (PFAR) LeNiddes Aidants 85, adossée à l’Ehpad Les Jardins d’Olonne, disposant entre autres d’un accueil de jour de 12 places, est financée par l’ARS. CettePFARproposeplusieursvoletsd’accompagnement sur un territoire élargi puisqu’elle est passé de 36 communes concernées en 2018 à 173 aujourd’hui. « Le parti pris avec la direction, c’est de mettre l’humain au cœur du dispositif » expliqueCharlineVinet, coordinatricede laPFR85depuis 2018. « Notre projet est de personnaliser l’accompagnement : les animatrices territoriales commencent toujours par un rendez-vous individuel et bâtissent un projet individualisé qui répondauxbesoinsspécifiquesdesaidants. Ensuite, tout est sur-mesure : le parcours proposé avec une psychologue, des ateliers collectifs, des sorties aidés-aidants, des conférences, des formations par des professionnels pour mieux comprendre les maladies d’Alzheimer ou de Parkinson. » Avec le Nid des Aidants 85, la Vendée a trouvé une oreille attentive pour tous les aidants concernés par les maladies neuro-évolutives. PFR 77 Le Nid des Aidants 77, à pas de velours « Le point de départ, c’est l’éloignement géographique et l’isolement des aidés et des aidants » confie Fabienne Chauvin, coordinatrice du Nid des Aidants 77. Avec une couverture de 140 communes, Fabienne Chauvin avale les kilomètres par souci de ne pas ajouter de stress et de contraintes à ses aidants : « beaucoup n’ont pas le permis, d’autres sont épuisésouneconduisent plus. Lapsychologue consulte par téléphone pour suivre le plus de personnes désireuses de bénéficier de son écoute. Souvent peu enclines à intégrer un groupe sans connaître ses membres, les personnes accompagnées doivent être rassurées dès le premier rendez-vous. Avec tous les thérapeutes recrutés pour des aides à domicile, la démarche est toujours la même : commencer par rencontrer individuellement les personnes chez elles pour comprendre leur situation, leur passif, leurs craintes, leurs envies et leurs besoins. La musicothérapeute ou la socio-esthéticienne propose ainsi des activités à domicile le temps de créer un climat de confiance jusqu’à ce que l’aidant puisse rejoindre un groupe de pairs tandis que l’aidé est accompagné par un professionnel à domicile ». Un accompagnement « à pas de velours » depuis la première rencontre jusqu’au suivi régulier. Pour maintenir le lien et la confiance. Le Nid des Aidants 91, ces heures qui libèrent Le succès du Nid des Aidants 91 est tel depuis 2017 qu’il est passéde70bénéficiairesàplusde170cetteannée. Lesaidants plébiscitent cet endroit privilégié où ils savent qu’ils vont être soutenus dans leur rôle, avec un soutien psychologique, une oreille attentive, des astuces et des conseils pour accompagner leur proche au domicile. Delphine Guzel, coordinatrice de la PFR 91, souligne : « C’est l’occasion pour eux de s’octroyer une pause autour d’activités : réflexologie, massage, méditation… » Aujourd’hui, pour les soutenir, le Nid des Aidants 91 va plus loin avec le dispositif « temps libéré ». Suite à un premier échange, et en fonction des besoins, les aidants peuvent bénéficier d’heures libérées entre une et trois heures, jour ou nuit, pour les soulager. Les demandes de soutien affluent si bien que l’extension de la plateforme est à l’étude et qu’un dossier de demande de subvention a été déposé auprès de l’ARS. Elles permettraient de couvrir non plus 10mais 35 communesde l’Essonne. L’ambitionconsisteà proposer une continuité dans la prise en charge des aidants à partir d’unpôled’accueil qui regrouperait plusieurs expertises. PFR 91 8 LE DOSSIER L’Ehpad plateforme de ressources, un nouveau modèle en soutien du domicile

Dis-moi quel aidant tu es… « Les difficultés des aidants ne s’arrêtent pas à la porte de l’établissement » indique Audrey Bockelee, directrice de la Villa Amélie. C’est pourquoi, depuis 2021, l’Ehpad déploie des ateliers spécifiques en fonction des profils d’aidants pour répondre aux besoins qu’ils n’osent pas toujours exprimer. Ainsi, l’atelier de socio-esthétique a permis aux aidants de se former au massage des mains à l’huile. Parfois démunis lors de leurs visites à leur proche non communicant, les enfants ont appris à établir le contact autrement avec leurs parents : par le massage. Pour d’autres, l’atelier consiste en une initiation au golf proposée au couple aidé-aidant quand les facultés motrices le permettent. Une manière de profiter de moments à deux hors de l’Ehpad. Enfin, pour renforcer la complicité des aidés et de leurs aidants une chasse au trésor a été proposée dans La Rochelle. Objectif : faire équipe. S’offrir un temps à soi L’initiative menée par Laura Fourthon, CPA* référente, rejointe par Clémence Legrand, psychologue, consiste à offrir aux aidants un espace « hors les murs » où ils VILLA AMÉLIE peuvent s’autoriser à prendre un temps pour eux. Si cette bulle rencontre un vif succès, c’est qu’elle propose des thématiques pertinentes, qu’elle est animée par des professionnels et soutenue par la mairie (prêt d’espace et communication). Ce lieu, souvent familier des aidants puisqu’il s’agit de la maison des seniors, se transforme le temps d’une après-midi en espace de convivialité où l’on partage son expérience et son vécu, où l’on écoute des témoignages, où l’on s’approprie des bonnes pratiques, notamment celles visant à se faire du bien (sophrologie, exercices de respiration…). Ces parenthèses permettent d’encourager la rencontre entre pairs et de puiser la ressource dans l’expérience de chacun. Assister au rendez-vous des aidants, c’est ouvrir la porte d’un monde qui nous veut du bien. « Bienvenue chez nous » Suite à l’appel à projet porté par la conférence des financeurs, l’Ehpad les Nymphéas lance le projet « Bienvenue chez nous ». En ligne avec le projet d’établissement, le dispositif consiste à ouvrir l’Ehpad sur l’extérieur et à rompre l’isolement des aidés restés à domicile sur le territoire. « Il s’agit de permettre de créer un lien dans la durée, explique Etienne Bouden, directeur de la résidence. On propose aux aidés de bénéficier de six journées sur un cycle de six semaines. Ce ne sont pas des moments isolés, on essaie d’inscrire cela dans un parcours. Les bénéficiaires sont accueillis par un résident devenu parrain ou marraine. » À la fin de ces six semaines, les aidés ont pu bénéficier d’ateliers de motricité ou d’activités culturelles. Il est alors temps de réfléchir à un projet adapté à leurs envies et leurs capacités. Parce que chaque situation est particulière et mérite toute notre attention. LES NYMPHÉAS LE BOURGAILH * Coordinatrice de Projets d’Animation 9

L’Ehpad Confort, EHPAD CONFORT Une solution accessible au plus grand nombre grâce à un tarif d’hébergement modéré + 400 places habilitées à l’aide sociale. accessible à tous Quelles sont ses particularités ? Fort de son expertise, en particulier immobilière et architecturale sur ses établissements historiques, LNA Santé a développé un nouveau modèle d’Ehpad proposant unemédicalisation, desexpertisesdans l’accompagnement des maladies neuro-évolutives, une organisation en petites unités de vie, des soins et des animations strictement identiques aux établissements positionnés « haut de gamme ». Les arbitrages économiques reposent principalement sur l’emplacement des établissements, situés plutôt en périphérie des centres urbains (cf. coût du foncier moins élevé et financé sans aucune subvention publique), sur la taille de la résidence (125 lits) et sur une adaptation de l’offre hôtelière (simplification de la décoration, optimisation des locaux techniques et administratifs…). La Villa Océane, à Belz, dans le Morbihan, a été construite sur ce modèle, en 2014. Elle compte en particulier, trois unités protégées dédiées aux résidents atteints de pathologies neuro-évolutives. Présentation avec Georges Vieira, directeur de l’établissement : « La résidence est située en deuxième couronne de la ville de Vannes, ce qui nous permet de proposer un tarif d’hébergement de l’ordre de 70 € par jour. Notre organisation en unités de vie nous facilite une grande proximité avec nos résidents et leurs familles, conjoints ou enfants, qui bien souvent habitent à proximité. Ce modèle nous a vraiment permis de créer un environnement familial, un lieu que les familles peuvent facilement s’approprier. Pour preuve, lorsque nous avons fêté les 5 ans de l’établissement, nous avions invité la première famille dont le parent avait été accueilli ici. Il y a un attachement fort. » « Notre organisation en unités de vie nous permet d’avoir une grande proximité avec nos résidents et leurs familles, conjoints ou enfants, qui bien souvent habitent à proximité. » Alors que le niveau de pensionmoyenne s’élève en France à environ 1500 € (DREES 2021) pour les retraités et a tendance à diminuer et que, parallèlement, les financements publics se resserrent, LNA Santé a conçu depuis plusieurs années un modèle d’Ehpad proposant une prise en charge de qualité, à tarif accessible pour un grand nombre d’usagers. Ce modèle est dénommé « Ehpad Confort ». LNA Santé compte neufs établissements de ce type en France, soit 1 000 places, et continuera à les développer pour répondre aux enjeux sociétaux. 10 LE DOSSIER L’Ehpad plateforme de ressources, un nouveau modèle en soutien du domicile

Le modèle architectural spécifique de LNA Santé « Notre ambition est claire et sans concession : proposer systématiquement des bâtiments neufs ou rénovés et parfaitement adaptés aux enjeux de prise en soin d’aujourd’hui. » Nous considérons que le bâti est un atout au service des résidents et des professionnels. En effet, comment envisager une démarche bientraitante lorsque le bâtiment est inadapté à l’accueil de personnes en situation de perte d’autonomie, voire vétuste ? Au cours de la crise sanitaire, l’importance de l’architecture et de la qualité de nos Ehpad s’est affirmée être un avantage déterminant pour protéger les résidents et nos professionnels. Une organisation en unités de vie L’unité de vie ou « maisonnée » est le centre du concept d’accueil des Ehpad de LNA Santé. Chaque unité compte entre 20 lits, dans le cas de résidents souffrant de troubles neuro-évolutifs, et 25 à 30 lits pour les autres résidents. Ces « maisonnées » sont prévues pour accueillir les résidents au sein de la même unité pendant toute la durée de leur séjour. Au sein de nos unités de vie, les soignants sont connus des résidents avec lesquels ils partagent tous les moments de la vie quotidienne. Chaque unité de vie est dirigée par une maîtresse de maison, soignante-référente, garante du bien-être des résidents. Elle est l’ambassadeur des relations avec les familles et du management de son équipe. Des Ehpad spacieux pour plus de services, de confort et in fine de protection sanitaire Au sein de nos Ehpad, on comptabilise en moyenne 60m² par résident. Cet espace est 20 % supérieur aux autres opérateurs d’Ehpad, quel que soit leur statut juridique. Nos Ehpad spacieux proposent des équipements variés comme des salles de restaurant, des espaces de bien-être et de rééducation (Snoezelen, salle de kinésithérapie), des salons d’accueil pour les familles… Notre modèle architectural a été spécifiquement conçu pour être au service de nos professionnels et des résidents. Il s’est avéré un avantage déterminant lors de la crise Covid pour faciliter le respect des distanciations sociales. Parce que chaque unité de vie peut vivre en autarcie et qu’il est possible demettre en place demultiples espaces privatifs, les foyers de contamination ont pu être isolés. Des Ehpad neufs ou remis à neuf Notre approche des soins, de la gestion des pathologies telles qu’Alzheimer et de l’accueil des résidents en Ehpad est si singulière qu’elle ne pouvait s’envisager hors une démarche immobilière adaptée et spécifique. Elle s’appuie sur une équipe multidisciplinaire dédiée pour l’ensemble de notre politique de construction/reconstruction. 11

Ce dossier a été préparé et rédigé par LNA Santé dans le cadre de son Magazine semestriel. N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations : communication@lna-sante.com En 2019, afin de répondre à la demande des résidents, des familles et des professionnels, la résidence le Mas de la Côte Bleue organise une conférence sur la maladie de Parkinson, en lien avec l’antenne marseillaise de France Parkinson. Cet événement marque le début d’un collaboration durable, entre l’établissement et l’association, au service d’un projet structurant de prise en soin des résidents atteints de cette pathologie. En parallèle, LNA Santé initie un partenariat national avec France Parkinson. Le Mas de la Côte Bleue, qui compte aujourd’hui 10 lits dédiés à cette pathologie dont deux places pour des séjours temporaires de répit, est établissement pilote pour construire un modèle de prise en soin pour ces résidents. Après avoir réalisé un état des lieux avec des experts du territoire (patients, neurologues, Hôpital, médecine de Ville…) et avec France Parkinson, un projet a été présenté à l’ARS PACA en 2020, orienté vers la montée en compétences des équipes et le positionnement de la résidence comme « établissement ressource ». Objectif : développer une approche globale de l’accompagnement du résident parkinsonien. Tous les professionnels sont impliqués dans cette démarche, pas uniquement les soignants. Ce projet qui aujourd’hui s’intitule « Parkours », s’articule autour de 6 axes : 1 ) Prévention et autonomie de la personne (activités adaptées, suivi médicamenteux, prévention des chutes…) 2 ) Outils et organisation (distribution des médicaments, préparation en amont avec le résident et les équipes de la consultation avec le neurologue…) 3 ) Formation de l’ensemble des professionnels par France Parkinson, également pour les familles (et deux salariées ont eu leur diplôme universitaire sur la maladie de Parkinson) 4 ) Accès à l’expertise (partenariats forts avec les différents experts sur le territoire) 5 ) Soutien aux aidants (séjour de répit, groupes de parole, formation, accès à des ateliers lors de journées Portes ouvertes…) 6 ) Pilotage et gouvernance (pilotage collaboratif avec France Parkinson et le groupe, au niveau local et national). Aujourd’hui, le Mas de la Côte Bleue réunit une équipe de thérapeutes spécialisés : ergothérapeute, kinésithérapeute, psychomotricienne. Et l’établissement recherche un orthophoniste. La montée en expertise de l’ensemble des acteurs aboutit à la structuration d’un parcours complet de prise en charge du résident parkinsonien et à l’intégration de l’établissement dans une filière experte (France Parkinson, centres experts, CPTS, SSR neuro, neurologue de ville…). Pour conclure, Joëlle Etcheverry, directrice de l’établissement, souligne l’intérêt de cette démarche : « D’une part, c’est un levier de mobilisation et de motivation pour les équipes qui s’engagent dans la démarche, d’autre part, c’est une montée en expertise qui doit bénéficier plus largement à nos collègues des autres établissements LNA Santé. C’est pourquoi un référentiel dédié aux résidents parkinsoniens est en cours d’élaboration, socle à partager et dupliquer largement. » Le Mas de la Côte Bleue : « Parkours », un centre ressources en soutien des personnes atteintes de maladie de parkinson. Directrice de la publication : Marie-Laure Levêque • Conception : Nouvelle Vague • Réalisation : Liner MorganView • Photos : LNA Santé, Franck Gallen, iStock • Imprimé sur papier PEFC avec encres végétales par Goubault, imprimeur certifié ISO 14001 à La Chapelle-sur-Erdre Soigner et prendre soin La création d’une filière de vie LE DOSSIER L’Ehpad plateforme de ressources, un nouveau modèle en soutien du domicile

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