LNA SANTÉ • Conseil National de la Refondation « Bien Vieillir » • Axes de réflexion, propositions et partage d’expériences 8 L’EHPAD n’est pas une maison de retraite L’EHPAD est perçu comme un lieu contraint. Les dysfonctionnements, voire les maltraitances, observés au sein de certains établissements et dénoncés à juste titre, se sont transformés au fil des articles de presse, des déclarations sans nuance et tonitruantes, comme une réalité transposable à l’ensemble des acteurs de la profession. C’est inexact et injuste. Il convient de rappeler que la bienveillance et l’attention aux résidents est la règle au sein de la grande majorité des établissements, même si des axes de progressionpeuvent, et doivent, être travaillés. Les dysfonctionnements doivent être détectés et corrigés. Les mesures prises par le gouvernement ainsi que les aménagements concrétisés dans la LFSS 2023 constituent des garanties et devront faire l’objet d’un suivi rigoureux et de retours d’expériences profitables pour tous les acteurs. Nous devons collectivement constater et accepter ce que l’EHPAD n’est pas. Il n’est plus une « maison de retraite » comme nous pouvions la concevoir il y a 20 ans. L’EHPAD est un lieu de soins et d’accueil de personnes, en général très âgées, souvent atteintes de plusieurs pathologies, dont certaines sont neuro-évolutives (Alzheimer, Parkinson…). Il doit donc être équipé de plateaux techniques et surtout être doté d’équipes médicales et soignantes formées à ces accompagnements spécifiques et indispensables pour accompagner avec respect et bienveillance les résidents. Pour réussir le virage domiciliaire, l’indispensable EHPAD Les Français souhaitent « bien vieillir » à leur domicile. Ce choix est légitime et il est de la responsabilité de la collectivité nationale mais également des établissements de l’accompagner. Nous devons toutefois considérer que ce virage domiciliaire ne pourra se transformer en succès sans un accompagnement expert. Une vie au domicile dans un isolement social et médical serait particulièrement insécurisant pour une personne âgée. La réussite du virage domiciliaire repose sur notre capacité à sécuriser le domicile en mettant en place un dispositif pluridisciplinaire, professionnel et évolutif d’intervenants. Aide-ménagère, aide-soignante, infirmière, kinésithérapeute, psychomotricien, APA, médecin, hôpital à domicile, hôpitaux de jour dans les SMR… les professionnels à mobiliser et à coordonner sont nombreux ainsi que des lieux d’accueil temporaires et sécurisés. Il existe aujourd’hui un lieu qui réunit, au moins en partie, ces expertises et qui est spécialisé dans la prise en soins de nos aînés. Ce lieu, c’est l’EHPAD. Quoi qu’on puisse en dire, la réalité est là. L’EHPAD est actuellement le seul « expert » du « bien vieillir ». Nier cette réalité reviendrait à se lancer dans une improbable expérience de la feuille blanche au risque d’échouer. Transformer l’EHPAD en référent du « bien vieillir » Il paraît évident que l’EHPAD doit se transformer et que cette mutation ne saurait se limiter à un changement de nom. Néanmoins, serait-il raisonnable de ne pas tenir compte de ce qui existe ? Nous devons donc engager la mutation vers le renforcement de l’EHPAD. L’EHPAD est d’ores et déjà le seul établissement que l’on peut qualifier « d’expert du bien vieillir ». Toutefois, il manque parfois de moyens, notamment dans les métiers du soin. La méthode la plus efficiente, afin d’assumer une montée en puissance rapide d’une nouvelle approche du « bien vieillir », est de prendre appui sur ces établissements qui existent et développent de nombreux savoir-faire. Il est devenu indispensable d’assurer et d’assumer, notamment par leur financement, une montée en puissance des professionnels du soin, paramédicaux et praticiens, au sein des EHPAD. Il s’agit d’ailleurs de propositions portées par de nombreux rapports parlementaires et d’experts. La promesse d’un « grand soir du bien vieillir » en repartant de zéro et en niant l’existant relève d’une forme de supercherie que nous devons collectivement dénoncer pour l’éviter. L’EHPAD en se transformant en Centre expert Ressource5 deviendrait le référent du « bien vieillir » : • Point de repère des professionnels du domicile ; • Accueil temporaire, jour et nuit, des personnes fragilisées afin d’accélérer le retour à domicile après une hospitalisation les concernant elles ou leurs proches aidants, ou afin de l’éviter ; • Coordination et formation des intervenants du domicile ; • Acteur de la prévention et de l’accompagnement du « bien vieillir » aux différents âges de la vie, dès 80 ans ; • Centre de ressources, de conseils et d’appui des proches aidants ; • Unités sécurisées et adaptées à l’accompagnement des troubles neuroévolutifs ; • Tiers lieu de partage et de loisirs créatifs ; • Point d’accueil en télémédecine afin de fluidifier le parcours de soins. PROPOSITION N°1 L’EHPAD Ressources, un véritable centre expert du « bien vieillir » 5 Nous retenons cette terminologie, à ce stade
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