Quels sont les types de cancers les plus fréquents ?

Date de publication : 11/03/26
Date de mise à jour : 11/03/26

En France, environ 433 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année. Quatre localisations dominent selon le sexe : sein, prostate, poumon et colon. Découvrez les caractéristiques de ces cancers, les facteurs de risque sur lesquels vous pouvez agir et les gestes de prévention associés.

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Les 4 cancers les plus fréquents (en France métropolitaine)

Quatre types de cancers dominent le paysage cancérologique en France : sein, prostate, poumon et colon. A eux seuls, ces quatre cancers représentent plus de la moitié des nouveaux diagnostics chaque année, avec une répartition différente selon le sexe.

Chez les femmes (données 2023)

  1. Cancer du sein : ~61 214 nouveaux cas par an
  2. Cancer colorectal : ~21 370 cas
  3. Cancer du poumon : ~19 339 cas

Chez les hommes (données 2023)

  1. Cancer de la prostate : ~59 885 nouveaux cas par an
  2. Cancer du poumon : ~33 382 cas
  3. Cancer colorectal : ~26 212 cas

Point clé : L'ordre d'incidence diffère de la mortalité. En effet, le poumon cause plus de décès que le sein ou la prostate, malgré un nombre de cas comparable. Cette différence s'explique par un pronostic globalement plus favorable pour le sein et la prostate, en raison de diagnostics plus précoces et de traitements plus efficaces. Le cancer colorectal a également un pronostic relativement favorable s’il est dépisté tôt, ce qui contribue à une mortalité proportionnellement plus faible que le poumon.

40 % des cancers sont évitables

En France, environ 40% des cancers diagnostiqués après 30 ans sont causés par des comportements qu’il est possible de changer. Agir sur ces différents leviers permet de réduire significativement les risques de développer certains cancers.

Tabac : le facteur n°1

  • Cancers concernés : poumon, bouche, pharynx, larynx, œsophage, vessie, pancréas, rein
  • Impact : principal responsable des cancers du poumon
  • Bonne nouvelle : le risque diminue dès l'arrêt, avec un bénéfice croissant dans le temps

Alcool : aucun seuil sans risque

  • Cancers concernés : bouche, pharynx, larynx, œsophage, foie, sein, colorectal
  • Effet synergique : multiplie les risques avec le tabac pour les cancers ORL
  • À retenir : le risque augmente dès de faibles consommations, notamment pour le cancer du sein et le cancer colorectal

Surpoids et sédentarité

  • Cancers concernés : sein après la ménopause, colorectal, endomètre, pancréas, foie, rein ; l’IMC >25 kg/m2 augmente le risque pour certains cancers,
  • Solutions : activité physique régulière et maintien d'un poids stable réduisent le risque et améliorent le pronostic. L’activité physique réduit aussi le risque de récidive après traitement.

Infections à papillomavirus (HPV)

  • Cancers concernés : col de l'utérus, anus, oropharynx, vulve, vagin, pénis
  • Prévention : la vaccination et le dépistage du col réduisent fortement le risque
  • Important : concerne les femmes comme les hommes

Évolutions récentes : le cancer du poumon progresse chez les femmes

Chez les femmes, l'incidence du cancer du poumon augmente nettement depuis 2010, conséquence du tabagisme féminin amorcé dans les années 1970-1980.

Chez les hommes, l'incidence du cancer du poumon est stable ou en baisse, grâce à une réduction plus précoce du tabagisme.

Ces tendances opposées expliquent la convergence progressive des taux de mortalité entre hommes et femmes pour le cancer du poumon.

Dépistages organisés : à qui, quand, comment ?

La France propose trois dépistages organisés pour détecter précocement certains cancers fréquents.

Cancer du sein

  • Pour qui ? Femmes de 50 à 74 ans
  • Rythme : Tous les 2 ans
  • Méthode : Mammographie avec double lecture

Bénéfices :

  • Détection à un stade précoce
  • Traitements moins lourds
  • Réduction de la mortalité si la participation est suffisante

Limites :

  • Risque de surdiagnostic (cancers qui n'auraient jamais évolué)
  • Faux positifs générant anxiété et examens complémentaires
  • Faibles doses d'irradiation répétées

Le dépistage organisé contre le cancer du sein commence à 50 ans, mais la surveillance débute bien avant ! Dès 25 ans, un examen clinique annuel des seins (palpation) par un gynécologue, un médecin généraliste ou une sage-femme est recommandé. Ce geste simple permet de détecter toute anomalie : grosseur, modification de la peau ou du mamelon.

En cas de doute (boule palpable, changement d'aspect), consultez sans attendre un professionnel. A noter que les femmes à risque en raison d’antécédents familiaux peuvent bénéficier d'un suivi renforcé dès l’âge de 30 ans (voire plus tôt selon les cas), avec IRM et mammographie annuelles.

Cancer colorectal

  • Pour qui ? Hommes et femmes de 50 à 74 ans
  • Rythme : Tous les 2 ans
  • Méthode : Test immunologique fécal à domicile, puis coloscopie, si positif

Bénéfices :

  • Détection et retrait des polypes avant qu'ils ne deviennent cancéreux
  • Baisse de l'incidence et de la mortalité

Limites :

  • Coloscopie nécessaire après test positif (risque rare de perforation ou hémorragie)
  • Délais variables selon l'organisation locale

Cancer du col de l'utérus

  • Pour qui ? Femmes de 25 à 65 ans

Rythme :

  • 25-29 ans :  étude des cellules (examen cytologique) à 25 ans, puis 1 an après, puis tous les 3 ans
  • 30-65 ans : test HPV tous les 5 ans

Bénéfices :

  • Détection et traitement des lésions précancéreuses
  • Forte diminution de l'incidence des cancers invasifs

Important : La vaccination HPV ne dispense pas du dépistage.

Et le dépistage de la prostate ?

Il n'existe pas de dépistage organisé du cancer de la prostate en France. Le test PSA (dosage sanguin d'une protéine produite par la prostate) n'est proposé qu'après une discussion personnalisée avec votre médecin sur les bénéfices et les risques.

Pourquoi cette prudence ?

  • Détection de cancers réels mais à croissance très lente, qui n'auraient jamais causé de symptômes
  • Surtraitements entraînant des effets indésirables (troubles urinaires et sexuels)
  • Faux positifs fréquents nécessitant biopsies et examens répétés
  • Balance bénéfices-risques défavorable en population générale

En pratique : une discussion avec votre médecin permet d'évaluer votre situation personnelle (âge, antécédents familiaux, espérance de vie) avant toute démarche de dépistage.

Dépistage du cancer du poumon : un programme pilote

Depuis 2025, la France teste un programme de dépistage par scanner thoracique à faible dose chez les personnes à très haut risque réservé aux fumeurs ou ex-fumeurs de longue durée (≥30 paquets-années), âgés de 50 à 74 ans, (Programme IMPULSION - Institut National du Cancer).   

Bénéfices démontrés :

  • Réduction de la mortalité spécifique dans les essais internationaux
  • Détection précoce avec options curatives plus fréquentes

Points de vigilance :

  • Faux positifs fréquents nécessitant examens complémentaires
  • Irradiations cumulées faibles mais répétées
  • Équité d'accès pour les populations les plus exposées

Essentiel : l'arrêt du tabac reste la mesure la plus efficace pour réduire le risque de cancer du poumon.

Prise en charge du cancer : l’exemple de LNA Santé

Au-delà du dépistage et de la prévention, la qualité de la prise en charge tout au long du parcours de soins fait la différence. Les établissements LNA Santé proposent des prises en charge de patients atteints de cancer, de la phase active de traitement jusqu'à la réadaptation et la rémission.

Une prise en charge pluridisciplinaire

LNA Santé accompagne les patients atteints de cancer à différentes étapes de leur parcours :

Cette continuité de soins est assurée par des équipes pluridisciplinaires comprenant médecins spécialisés, infirmiers (y compris en pratique avancée), aides-soignants et professionnels paramédicaux.

Focus : la prise en charge en HAD

Les HAD LNA Santé, comme l'HAD Val de Loire et l'HAD Saint-Sauveur, se distinguent par une approche complète qui intègre soins techniques et accompagnement global, y compris pour le cancer pédiatrique.

Laure Jacques-Felix, Directrice HAD Loir-et-Cher : "Au-delà des traitements (chimio, soins…), nous proposons aussi des thérapies non médicamenteuses : socio-esthétique, aromathérapie, hypnose…"

Ces interventions non médicamenteuses complètent les traitements conventionnels et améliorent la qualité de vie des patients pendant et après les traitements anticancéreux. Elles participent à la gestion des effets secondaires, du stress et au maintien de l'estime de soi durant cette période difficile.

Les questions fréquentes sur les types de cancer

Environ 40 % des cancers diagnostiqués après 30 ans sont attribuables à des facteurs modifiables : tabac, alcool, surpoids, sédentarité, infections HPV. Agir sur ces leviers via le sevrage tabagique, la réduction d'alcool, l'activité physique et la vaccination HPV réduit significativement le risque.

Certains cancers fréquents (sein, prostate) ont un bon pronostic global grâce aux dépistages et aux traitements efficaces : ils représentent une part importante des nouveaux cas mais moins de décès. À l'inverse, le poumon et le pancréas ont un pronostic plus défavorable malgré une incidence parfois moindre, d'où leur poids élevé en mortalité.

Oui. L'activité physique régulière réduit le risque de cancers du sein après la ménopause et du colorectal, tout en améliorant la qualité de vie pendant et après les traitements. Une progression graduée, adaptée à l'âge et aux capacités, suffit pour obtenir des bénéfices mesurables.

La vaccination HPV protège contre les infections responsables de cancers du col de l'utérus, de l'anus, de l'oropharynx, de la vulve, du vagin et du pénis. Recommandée pour les hommes et les femmes avant l'exposition, elle réduit durablement le risque lorsque la couverture vaccinale progresse. Le dépistage du col reste nécessaire, même chez les personnes vaccinées.

Après 74 ans pour le sein et le colorectal, et après 65 ans pour le col de l'utérus, l'arrêt devient envisageable si les examens récents sont normaux. La poursuite se discute au cas par cas selon l'état de santé général et le bénéfice attendu, en concertation avec les professionnels de santé.

Ce qu’il faut retenir

  1. Sein, prostate, poumon, colorectal : ces 4 cancers concentrent la majorité des nouveaux cas en France, avec des pronostics très différents.
  2. 40 % des cancers sont évitables en agissant sur le tabac, l'alcool, le surpoids et les infections HPV.
  3. Les dépistages organisés (sein, colorectal, col) réduisent la mortalité quand ils sont suivis régulièrement, malgré des limites à connaître.
  4. La prévention d'abord : arrêt du tabac, réduction d'alcool, activité physique et vaccination HPV forment le socle d'une stratégie efficace.

 

Sources

  • Panorama des cancers en France – Édition 2024, Institut national du cancer
  • Incidence des principaux cancers en France métropolitaine en 2023 et tendances depuis 1990, Santé publique France
  • Stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030, Ministère de la Santé
  • Dépistage des cancers : recommandations et indicateurs de performance, Haute Autorité de Santé
Thèmes Cancer
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Article rédigé par Aurore
Article vérifié par Dr Nour-Eddine Khellouf, médecin spécialiste en oncologie au Pôle de Santé d'Ennery

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