Syndrome parkinsonien et maladie de Parkinson : comment s'y retrouver ?

Date de publication : 13/10/26
Date de mise à jour : 14/10/26

Tremblement, raideur, lenteur des gestes : ces symptômes sont souvent associés à la maladie de Parkinson. Pourtant, ils peuvent relever de réalités très différentes, regroupées sous le terme de « syndrome parkinsonien ». Comprendre cette distinction, c’est mieux saisir ce que vit votre proche, pourquoi le diagnostic peut prendre du temps, et comment l’accompagnement peut être adapté à chaque situation. Ce que vous ressentez face à cette maladie (l’inquiétude, les questions, parfois l’incompréhension) est tout à fait légitime. On vous aide à y voir plus clair !

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Le syndrome parkinsonien : un ensemble de symptômes, pas une maladie unique

Le terme « syndrome parkinsonien » désigne un ensemble de symptômes qui touchent le contrôle des mouvements. On parle de syndrome lorsque plusieurs de ces signes sont multiples : une lenteur anormale des gestes (appelée bradykinésie ou akinésie), une rigidité musculaire, des tremblements au repos et, à un stade plus avancé, des difficultés d'équilibre. Ces symptômes sont liés à un dysfonctionnement des circuits cérébraux qui régulent le mouvement, en particulier à une perturbation de la dopamine, un messager chimique essentiel produit par certains neurones du cerveau.

Mais un syndrome parkinsonien n'est pas une maladie en soi : c'est un tableau clinique qui peut avoir plusieurs causes. La maladie de Parkinson en est la cause la plus fréquente, mais elle n'est pas la seule. C'est pourquoi le travail du neurologue consiste d'abord à identifier précisément l'origine de ces symptômes, avant de pouvoir proposer une prise en charge adaptée.

Quelques chiffres à retenir

  • Plus de 270 000 personnes vivent avec la maladie de Parkinson ou une maladie apparentée en France.
  • La maladie de Parkinson représente environ 80 % des syndromes parkinsoniens.
  • 15 à 20 % des syndromes parkinsoniens sont dits « atypiques » : ils correspondent à d'autres pathologies neuro-évolutives.

Sources : Fondation pour la Recherche Médicale, France Parkinson .

Cette réalité peut être déstabilisante pour les proches : on pense avoir affaire à la maladie de Parkinson, et voilà qu'on parle de diagnostics différents, d'examens complémentaires, de délais. Il est important de savoir que cette précision diagnostique est indispensable : elle conditionne le traitement, le suivi et l'accompagnement proposés.

La maladie de Parkinson : la forme la plus fréquente

La maladie de Parkinson, aussi appelée syndrome parkinsonien idiopathique, est une maladie neuro-évolutive. Elle se caractérise par la disparition progressive de neurones dopaminergiques situés dans une zone profonde du cerveau appelée la substance noire. Sans ces neurones, le cerveau ne produit plus suffisamment de dopamine, ce qui perturbe progressivement le contrôle des mouvements. C'est une maladie chronique et évolutive, qui progresse lentement avec le temps et dont l'expression est unique pour chaque personne.

Des symptômes moteurs et non moteurs

La maladie de Parkinson est souvent connue pour ses symptômes moteurs : tremblements au repos (présents chez environ deux personnes sur trois), raideur musculaire, lenteur des gestes et, à un stade plus avancé, troubles de l'équilibre et de la marche. Ces signes peuvent être asymétriques au début, c'est-à-dire toucher davantage un côté du corps que l'autre.

Il existe aussi des symptômes moins visibles, mais tout aussi importants : troubles du sommeil, fatigue persistante, anxiété, dépression, troubles cognitifs, difficultés de déglutition ou encore constipation. Ces symptômes non moteurs peuvent apparaître bien avant les signes moteurs, parfois des années en amont du diagnostic.

À retenir

Chaque personne atteinte de la maladie de Parkinson est unique. La nature des symptômes, leur intensité et leur évolution varient d'un individu à l'autre. Il n'existe pas une seule maladie de Parkinson, mais plusieurs formes.

 Le diagnostic : une démarche spécialisée qui peut prendre du temps

Le diagnostic de la maladie de Parkinson est avant tout clinique : il repose sur l'examen d'un neurologue, qui observe les symptômes, évalue la marche, la gestuelle et l'écriture, et interroge le patient sur son histoire médicale. Il n'existe pas de test biologique ou d'examen d'imagerie permettant à lui seul de confirmer le diagnostic. Pour étayer son évaluation, le neurologue peut parfois prescrire un traitement test à base de lévodopa : si les symptômes moteurs s'améliorent nettement, c'est un élément qui oriente vers la maladie de Parkinson. Des examens complémentaires, comme un DaTscan ou une IRM cérébrale, peuvent également être réalisés pour écarter d'autres causes.

Ce processus peut prendre du temps, surtout aux premiers stades de la maladie. Les signes précurseurs sont parfois discrets et, pris isolément, n'évoquent pas immédiatement la maladie. C'est pourquoi un premier diagnostic peut être affiné, voire révisé, au fil du suivi. Cette démarche progressive est inhérente à la complexité de ces pathologies.

Si vous observez chez votre proche plusieurs signes inhabituels (tremblement d'une main au repos, ralentissement des gestes, écriture qui rapetisse, expression du visage moins animée...), n'attendez pas : consultez un médecin traitant qui pourra orienter vers un neurologue. Un rendez-vous précoce permet d'engager plus tôt un accompagnement adapté.

Les syndromes parkinsoniens atypiques : quand les symptômes ne correspondent pas tout à fait

Il existe d'autres maladies neuroévolutives, plus rares, qui provoquent des symptômes parkinsoniens tout en présentant des caractéristiques distinctes. On les appelle les syndromes parkinsoniens atypiques, parfois désignés sous le terme de « Parkinson plus ». Ils représentent 15 à 20 % des syndromes parkinsoniens. Les quatre principales sont : la paralysie supranucléaire progressive (PSP), l'atrophie multisystématisée (AMS), la démence à corps de Lewy (DCL) et la dégénérescence corticobasale (DCB).

Ces pathologies partagent avec la maladie de Parkinson des symptômes moteurs comme la lenteur et la rigidité, mais s'en distinguent par certains signes spécifiques, une progression souvent plus rapide et une réponse limitée, voire absente, aux traitements habituellement prescrits dans la maladie de Parkinson. Certains signes, appelés « drapeaux rouges », peuvent alerter le neurologue et conduire à reconsidérer le diagnostic initial.

Les principaux sont :

  • Des chutes répétées et précoces, survenant dès la première année, souvent vers l'arrière.
  • Des difficultés à bouger les yeux verticalement (haut ou bas), caractéristiques de la PSP.
  • Une dysautonomie marquée dès le début : baisse de tension en position debout, troubles urinaires importants ou sexuels , troubles digestifs (signe évocateur de l'AMS).
  • Des troubles cognitifs importants au premier plan, notamment des fluctuations de la vigilance et des hallucinations visuelles (évocateurs de la démence à corps de Lewy).
  • Une absence de réponse, ou une réponse très partielle et transitoire, au traitement par lévodopa.

La distinction entre ces différentes pathologies est parfois difficile, notamment à un stade précoce. C'est pourquoi un suivi neurologique régulier est essentiel : le diagnostic peut évoluer avec le temps, à mesure que le tableau clinique se précise. Pour les proches, cette incertitude peut être douloureuse, mais elle ne signifie pas que la personne malade n'est pas bien prise en charge.

Les syndromes parkinsoniens secondaires : des causes identifiables

Certains syndromes parkinsoniens ne sont pas liés à une maladie neuroévolutive, mais à une cause extérieure identifiable. On les appelle syndromes parkinsoniens secondaires. Leur particularité : lorsque la cause est traitée ou supprimée, les symptômes peuvent parfois s'améliorer, ce qui les distingue nettement des formes neuro-évolutives.

Le parkinsonisme médicamenteux

Certains médicaments peuvent provoquer ou aggraver des symptômes parkinsoniens, en particulier les médicaments qui bloquent les récepteurs de la dopamine dans le cerveau. C'est notamment le cas de certains neuroleptiques (prescrits pour des troubles psychiatriques), de certains antiémétiques ou de régulateurs du transit. Ces effets indésirables disparaissent généralement à l'arrêt du traitement responsable, sous supervision médicale. Il est donc très important de signaler tous les médicaments pris par votre proche au neurologue lors de la consultation.

Le parkinsonisme vasculaire

Des lésions cérébrales liées à des accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou à une altération de la substance blanche du cerveau peuvent aussi provoquer un tableau parkinsonien. Ce type de parkinsonisme touche souvent davantage la marche et l'équilibre que les bras ou les mains, contrairement à la maladie de Parkinson classique. Il répond généralement peu au traitement dopaminergique, mais la prise en charge des facteurs de risque vasculaires (hypertension, diabète, cholestérol) fait partie intégrante du suivi.

Conseil pratique pour les proches

Après un avis médical pour éliminer une cause médicamenteuse, toxique ou une urgence neurologique, préparer la consultation avec un neurologue en tenant un journal des symptômes de votre proche : notez leur nature, leur fréquence, les moments de la journée où ils sont plus marqués, ainsi que les médicaments pris (y compris ceux en automédication). Ce document sera d’une aide précieuse pour le neurologue lors des consultations et permettra d'affiner le diagnostic et le suivi.

Accompagner la personne malade : l’importance d’une prise en charge adaptée

Quel que soit le type de syndrome parkinsonien, une chose est certaine : l'accompagnement fait une réelle différence dans la qualité de vie de la personne malade et de ses proches. Un diagnostic précis permet de proposer un programme de soins véritablement personnalisé, qui prend en compte les symptômes spécifiques de chaque personne, leur évolution et leurs besoins. La prise en charge ne se résume pas aux médicaments : elle mobilise une équipe pluridisciplinaire et s'appuie sur des approches complémentaires, médicamenteuses et non médicamenteuses.

Des ressources et des professionnels pour ne pas rester seul

Le suivi d'un syndrome parkinsonien repose sur la coordination de plusieurs acteurs : le médecin traitant, le neurologue spécialisé, et une équipe de rééducation qui peut comprendre kinésithérapeutes, orthophonistes, ergothérapeutes et enseignants en activité physique adaptée (APA). L'activité physique adaptée, en particulier, fait partie intégrante des programmes de rééducation et de réadaptation : elle contribue à maintenir la mobilité, l'équilibre et l'autonomie. Elle peut être proposée aussi bien à domicile qu'en établissement. Des associations comme France Parkinson proposent aussi des ressources précieuses pour les malades et leurs familles.

  • Suivi neurologique régulier et adaptation du traitement médicamenteux.
  • Kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie : des soins de rééducation essentiels pour préserver l'autonomie.
  • Activité physique adaptée (APA) : une composante clé des programmes de rééducation et de réadaptation.
  • Interventions non médicamenteuses : musicothérapie, médiation animale, ateliers équilibre, danse-thérapie...
  • Soutien psychologique pour la personne malade et pour les aidants.
  • Groupes de parole et programmes de formation pour les proches-aidants.

LNA Santé et France Parkinson : un engagement commun pour les personnes parkinsoniennes

LNA Santé a officialisé en mars 2025 un partenariat national avec l'association France Parkinson, dans la continuité d'une collaboration engagée dès 2019. Au cœur de ce partenariat : la démarche ParKours, un programme structuré déjà déployé dans 5 EHPAD LNA Santé (Les Pléiades, Les Nymphéas, Les Jardins de Leysotte, Le Mas de la Côte Bleue...). Ce dispositif s'articule autour de cinq axes : la prise en soin thérapeutique, la formation des équipes, le parcours territorial coordonné, les outils et l'organisation, et le soutien aux aidants.

Concrètement, dans les EHPAD LNA Santé engagés dans la démarche ParKours, les équipes médicales, paramédicales et de rééducation bénéficient de formations spécifiques sur la maladie de Parkinson. Les résidents bénéficient d'un projet thérapeutique personnalisé, avec une priorité donnée aux approches non médicamenteuses (activité physique adaptée, ateliers équilibre, parcours de marche, musicothérapie...). Les aidants sont également accompagnés : groupes de parole, plateforme d'e-learning France Parkinson, programme d'actions de sensibilisation A2PA.

LNA Santé dispose également de trois plateformes d’accompagnement et de répit pour les aidants : les Nids des Aidants, situées en Vendée, en Essonne et en Seine-et-Marne, pour offrir aux proches-aidants un temps de respiration indispensable.

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Questions fréquentes

Pas nécessairement. Tous les tremblements ne sont pas d'origine parkinsonienne : certains sont liés à l'âge, au stress, à d'autres maladies neurologiques comme le tremblement essentiel. À l'inverse, tous les patients atteints de la maladie de Parkinson ne tremblent pas : le tremblement est absent chez environ un tiers d'entre eux. La présence ou l'absence de tremblement ne suffit donc pas à établir un diagnostic. Seul un neurologue peut évaluer l'ensemble du tableau clinique.

Oui, et c'est plus fréquent qu'on ne le pense, surtout aux premiers stades. La maladie de Parkinson et certains syndromes parkinsoniens atypiques peuvent se ressembler au début, avant que des signes distinctifs apparaissent. Le diagnostic peut donc évoluer avec le temps : ce n'est pas une erreur, mais le reflet de la complexité de ces maladies. Un suivi neurologique régulier permet de réévaluer la situation et d'adapter la prise en charge si nécessaire.

Non. Le traitement par lévodopa, très efficace dans la maladie de Parkinson, est peu ou pas efficace dans les syndromes parkinsoniens atypiques. C'est d'ailleurs l'une des clés du diagnostic : une bonne réponse à la lévodopa oriente vers la maladie de Parkinson idiopathique. Dans les autres formes, la prise en charge repose davantage sur la rééducation, l'adaptation du cadre de vie et le soutien pluridisciplinaire. Dans tous les cas, l'objectif est de préserver au mieux la qualité de vie et l'autonomie.

Dans la grande majorité des cas, non. La maladie de Parkinson est liée à une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux, et sa cause exacte reste le plus souvent inconnue. Des mutations génétiques peuvent jouer un rôle dans certains cas, notamment lorsque la maladie survient tôt ou que plusieurs membres d'une même famille sont concernés. Si vous avez des questions à ce sujet, n'hésitez pas à en parler avec un neurologue.

Accompagner un proche atteint d'une maladie évolutive est exigeant, et il est tout à fait normal de ressentir de la fatigue ou du découragement. Quelques repères utiles : ne pas tout porter seul, accepter l'aide des professionnels et de l'entourage ; participer aux groupes de parole pour les aidants proposés par France Parkinson ou dans les établissements spécialisés ; envisager des temps de répit, même ponctuels, pour souffler. Prendre soin de soi, c'est aussi prendre soin de son proche.

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Article rédigé par Aurore Le Potier, rédactrice LNA Santé
Article vérifié par Dr Said ATTAILIA, médecin coordonnateur à la Villa de Rimiez

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