Comment accompagner un proche atteint d'une maladie chronique : conseils pour les aidants

Date de publication : 23/04/26
Date de mise à jour : 23/04/26

Diabète, insuffisance cardiaque, sclérose en plaques, maladie de Parkinson, cancer… Les maladies chroniques touchent des millions de personnes en France et bouleversent, par ricochet, la vie de celles et ceux qui les entourent. Conjoint, enfant, parent, ami proche : lorsqu’on accompagne régulièrement un être cher fragilisé par la maladie, on devient, souvent sans s’en rendre compte, un « proche aidant ». Ce rôle, à la fois précieux et exigeant, mérite d’être reconnu et pleinement soutenu.

Les aidants représentent plusieurs millions de personnes en France, mais peu se considèrent comme tels. Pourtant, se reconnaître dans ce rôle est une première étape essentielle : elle permet de prendre conscience des ressources disponibles, de solliciter de l’aide et de prévenir l’épuisement.

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Comprendre son rôle d’aidant

Accompagner un proche atteint d'une maladie chronique ne signifie pas endosser le rôle d'un professionnel de santé. L'accompagnement proposé par les aidants à leur proche est varié : activités domestiques, hygiène et soins, démarches administratives, soutien psychologique, aide aux sorties... Cet accompagnement prend avant tout la forme d'une présence humaine, bienveillante, adaptée aux besoins spécifiques de la personne aidée.

La maladie chronique peut parfois induire une perte d'autonomie. Les premières personnes à venir en aide à une personne malade sont généralement ses proches : conjoint, enfants, frères et sœurs. Cet engagement peut être lourd à porter au quotidien, c'est pourquoi l'implication des proches aidants est de plus en plus reconnue et soutenue.

Reconnaître que l'on est aidant, c'est aussi accepter d'avoir besoin d'aide pour ne pas s'épuiser. C'est un droit, en aucun cas un aveu de faiblesse.

Prendre soin de sa propre santé : une priorité trop souvent négligée

L'un des enseignements les plus importants dans l'accompagnement des aidants est le suivant : on ne peut pas donner plus que ce que l’on a. Les aidants sont particulièrement exposés au stress, à la fatigue et à l’épuisement.

L’épuisement des aidants peut se manifester par une fatigue persistante, des troubles du sommeil, une irritabilité accrue ou une perte de motivation. Il s'installe souvent de façon progressive et silencieuse, sans que l'aidant en perçoive les premiers signes.

Parmi les signaux d'alerte à ne pas ignorer :

  • Une fatigue persistante malgré le repos ;
  • Des troubles du sommeil ou de l'appétit ;
  • Une irritabilité ou une tristesse inhabituelles ;
  • Un sentiment d'isolement ou de perte de sens ;
  • La négligence de sa propre santé ou de ses propres besoins.

Dès les premiers signes d'épuisement, il est important de consulter un professionnel de santé. Prendre des pauses, rechercher des soutiens dans l'entourage, contacter des associations de malades et de familles, ou confier ponctuellement la personne aidée à une structure de répit (accueil de jour, hébergement temporaire) sont autant de réflexes à adopter.

Cinq conseils pratiques pour les aidants

1. S'informer sur la maladie et les droits existants

Mieux comprendre la pathologie de son proche permet d'adapter son accompagnement, d'anticiper les évolutions possibles et de communiquer plus sereinement avec les équipes médicales. De nombreuses associations de patients proposent des documents clairs, accessibles, et des espaces d'échange entre pairs. Par exemple, au sein du Pôle de Santé de Breteuil ou de la Clinique Saint Roch, on retrouve des maisons des usagers regroupant des associations locales, dont certaines proposent des groupes de parole pour les aidants. Participer à des groupes de parole pour aidants peut également être très bénéfique. Ces rencontres permettent d'échanger avec des personnes vivant des situations similaires, de partager des conseils et de se sentir compris.

Du côté des droits, des dispositifs concrets existent. Le congé proche aidant permet aux aidants de s'absenter de leur emploi pour accompagner un proche en perte d'autonomie. Depuis 2022, ce congé peut être rémunéré sous la forme de l'allocation journalière du proche aidant (AJPA).

D'autres aides financières, comme l'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) ou la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), peuvent également être mobilisées selon les situations.

2. Ne pas rester seul face à la situation

L'une des principales difficultés des aidants est d'admettre qu'ils ne peuvent pas tout faire seuls. Accepter ses limites n'est pas un signe de faiblesse, mais de la sagesse. Solliciter son entourage, répartir les responsabilités au sein de la famille, faire appel à des professionnels ou à des associations spécialisées sont des démarches à engager sans attendre d'être à bout.

3. Utiliser les dispositifs de répit

Le répit désigne toute solution permettant à l'aidant de souffler, temporairement, tout en s'assurant que son proche continue d'être accompagné. Il peut s'agir d'un accueil de jour, d'un hébergement temporaire, ou d'une aide à domicile. Ces dispositifs sont souvent méconnus, mais ils jouent un rôle déterminant dans la prévention de l'épuisement.

En France, des Plateformes d'Accompagnement et de Répit (PFR) existent pour accompagner spécifiquement les aidants. LNA Santé dispose ainsi de trois PFR appelées « Nid des Aidants », situées en Vendée, en Essonne et en Seine-et-Marne. Ces dispositifs émanant des Agences Régionales de Santé proposent écoute, soutien psychologique, orientation et solutions de répit adaptées à chaque situation.

L’hébergement temporaire en EHPAD peut être une façon de prendre du répit pour placer un proche le temps des vacances par exemple. D’une grande flexibilité, le séjour temporaire en Ehpad propose un accompagnement adapté aux besoins de la personne âgée prise en soin.

4. Maintenir un espace de vie personnel

Le risque pour l’aidant est de s’oublier dans son rôle, au point de perdre de vue ses propres besoins, liens sociaux et centres d'intérêt. Maintenir des activités personnelles, conserver des liens avec ses proches, ou simplement s'accorder du temps libre, ne signifie pas abandonner la personne aidée. C'est au contraire indispensable pour rester un soutien de qualité sur la durée.

5. Travailler en lien avec les équipes soignantes

L'aidant n'est pas seul face à la maladie. Les équipes médicales et paramédicales qui prennent en charge le proche sont des interlocuteurs essentiels. L’aidant ne doit pas hésiter à poser des questions, à exprimer ses interrogations ou ses inquiétudes, ou encore à participer aux échanges autour du suivi de son proche. Cette coordination renforce la qualité de l'accompagnement global.

Pour les personnes atteintes de pathologies nécessitant une rééducation ou une réadaptation, certaines structures peuvent apporter un soutien précieux. Les Cliniques de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) de LNA Santé, comme ses Hôpitaux à Domicile (HAD), s'inscrivent dans cette vocation : soigner et prendre soin des personnes fragilisées, en associant l'aidant au parcours de soin chaque fois que cela est pertinent.

Ce que dit la loi : les aidants de mieux en mieux reconnus

La reconnaissance du rôle d'aidant a progressé ces dernières années en France. La loi d'adaptation de la société au vieillissement, entrée en vigueur le 1er janvier 2016, donne une définition et reconnaît des droits aux proches aidants.

Depuis, les politiques publiques ont continué d'évoluer dans ce sens, avec notamment le plan national « Agir pour les aidants 2023-2027 », qui vise à mieux soutenir, former et protéger les millions de personnes qui accompagnent un proche au quotidien.

En résumé : être aidant, ça s'apprend

Accompagner un proche atteint d'une maladie chronique est un engagement profond, souvent silencieux, qui mérite toute l'attention et le soutien de la société. Soutenir les familles permet non seulement d'améliorer la qualité de vie des aidants, mais aussi d'optimiser la prise en charge des personnes concernées.

Vous n'êtes pas obligé de traverser cette épreuve seul. Des ressources existent, des professionnels sont formés pour vous accompagner, et des structures comme les « Nid des Aidants » de LNA Santé sont précisément conçues pour vous offrir un espace de soutien et de répit. Prendre soin de vous, c'est aussi prendre soin de votre proche.

FAQ – Vos questions fréquentes

Il n'existe pas de profil type de l'aidant. Vous êtes considéré comme proche aidant dès lors que vous apportez une aide régulière et non professionnelle à un membre de votre entourage (conjoint, parent, enfant, ami proche) dont l'autonomie est réduite en raison d'une maladie, d'un handicap ou d'une perte d'autonomie. Cette aide peut prendre des formes très diverses : soutien aux actes du quotidien, accompagnement médical, gestion administrative, présence psychologique. Si vous vous reconnaissez dans cette description, vous êtes aidant, même si vous ne vous êtes jamais défini comme tel.

L'épuisement s'installe souvent progressivement et passe longtemps inaperçu. Les premiers signaux à surveiller sont une fatigue persistante qui ne se résout pas malgré le repos, des troubles du sommeil, une hausse de l’irritabilité ou de l’anxiété, un sentiment d'isolement croissant, une perte de plaisir pour les activités que l'on apprécie habituellement, ou encore une tendance à négliger sa propre santé. Si plusieurs de ces signes sont présents simultanément, il est important d'en parler à son médecin traitant et de s'orienter vers des dispositifs de soutien adaptés. La clé : ne pas attendre d'être en situation de rupture !

Oui, il existe plusieurs dispositifs d’aide en France. Le congé proche aidant permet de cesser ou réduire son activité professionnelle pour accompagner un proche en perte d'autonomie ; il peut être indemnisé via l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA).

-   L'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA), versée par le conseil départemental, aide à financer les besoins des personnes âgées dépendantes à domicile ou en établissement.

-   La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) peut quant à elle couvrir certaines dépenses liées au handicap d'un proche adulte.

Ces dispositifs sont soumis à conditions ; il est conseillé de se rapprocher de son conseil départemental, de la MDPH ou d'une assistante sociale pour faire le point sur sa situation.

Plusieurs ressources sont accessibles. Les associations de patients et d'aidants proposent des groupes de parole, des formations et une orientation vers les dispositifs locaux. Le portail national centralise les informations sur les droits et les aides disponibles. Des plateformes de répit permettent également à l'aidant de bénéficier d'un accompagnement personnalisé et de solutions de relais pour souffler.

LNA Santé dispose ainsi de trois Plateformes de Répit appelées « Nid des Aidants », situées en Vendée, en Essonne et en Seine-et-Marne, dédiées à l'écoute, au soutien et à l'orientation des proches aidants. Beaucoup d’établissements LNA Santé (EHPAD, SMR ou HAD) proposent aussi des temps individuels ou collectifs “café des aidants” pour accompagner l’aidant. Enfin, le médecin traitant reste un interlocuteur de première ligne pour orienter vers les ressources les plus adaptées à chaque situation.

Sources et références

Les informations présentées dans cet article s'appuient sur des sources institutionnelles et scientifiques reconnues :

Institutions publiques et autorités de santé

  •       Ministère chargé de la Santé et de la Prévention, Les aidants et les proches, sante.gouv.fr
  •       Haute Autorité de Santé (HAS), Le soutien des aidants non professionnels, recommandations à destination des professionnels du secteur social et médico-social, has-sante.fr
  •       Service public de l'autonomie, portail national d'information pour l'autonomie, aidants.gouv.fr
  •       Ministère des Solidarités et de l'Autonomie, campagne nationale Agir pour les aidants 2023-2027, handicap.gouv.fr
  •       Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS), Soutenir les aidants en levant les freins au développement de solutions de répit, 2024

Textes législatifs et réglementaires

  •       Loi n°2015-1776 d'adaptation de la société au vieillissement (ASV) du 28 décembre 2015, relative aux droits et à la reconnaissance des proches aidants
  •       Dispositif de l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA), mis en place en 2022

Ressources complémentaires recommandées

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Article rédigé par Aurore

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