Financer la maison de retraite : aides et conseils

Date de publication : 30/07/26
Date de mise à jour : 11/08/26

Envisager l’entrée d’un proche en maison de retraite soulève souvent une question que les familles n’osent pas toujours formuler : qui va payer, et comment ? Face à des coûts mensuels qui peuvent s’élever à plusieurs milliers d’euros, il est rassurant de savoir qu’un ensemble d’aides publiques, fiscales et complémentaires existe pour alléger le reste à charge. Encore faut-il les connaître, les anticiper et savoir comment les mobiliser. Dans cet article, nous vous guidons pas à pas à travers les principaux dispositifs de financement d’un EHPAD, les démarches à engager et les points de vigilance à garder en tête.

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Comprendre la structure des coûts en EHPAD

Avant de s’interroger sur les aides disponibles, il est utile de comprendre comment se compose la facture mensuelle d’un EHPAD. Trois postes de dépenses distincts coexistent, chacun relevant de mécanismes de financement différents.

Le tarif hébergement

Il couvre le logement, la restauration, l’entretien des locaux, les animations sociales et culturelles ainsi que les services hôteliers. Son montant est fixé librement par chaque établissement (pour les établissements minoritairement habilités à l’aide sociale) et varie selon la qualité des prestations et la localisation. C’est ce poste qui reste principalement à la charge du résident ou de sa famille.

Le tarif soins

Il couvre l’ensemble des prestations médicales et paramédicales assurées au sein de l’établissement : coordination médicale, actes infirmiers, soins d’hygiène et de confort (aide soignant) produits pharmaceutiques de base, matériel de soins. Ce tarif est directement financé par l’Assurance maladie et n’apparaît donc pas dans la facture adressée au résident.

Le tarif dépendance

Il couvre l’aide apportée au résident pour les actes du quotidien : se lever, se laver, s’habiller, se déplacer. Son montant, fixé annuellement par le Conseil départemental, varie selon le degré d’autonomie de la personne et ses ressources, évalué via la grille AGGIR qui classe les résidents de GIR 1 (dépendance la plus élevée) à GIR 6 (quasi-autonomie).

Depuis le 1er juillet 2025, une nouvelle modalité de financement des EHPAD est expérimentée dans 23 départements français, à l’initiative du Ministère de la Santé et des Solidarités et des départements volontaires. Cette réforme vise à fusionner les sections « soins » et « dépendance » des EHPAD en simplifiant la tarification des établissements pour les personnes âgées, tout en la rendant plus lisible et équitable pour les résidents et leurs familles.

Quelques chiffres à retenir

  • 3 tarifs distincts : hébergement (charge du résident), soins (Assurance maladie), dépendance (partagé avec l’APA)
  • 6 niveaux de GIR : de GIR 1 (dépendance maximale) à GIR 6 (quasi-autonomie), déterminants pour l’accès à certaines aides

Le reste à charge, c’est-à-dire la somme effectivement payée par le résident et sa famille après déduction des aides, peut être considérable. C’est précisément pour réduire ce reste à charge qu’il est essentiel d’identifier et de mobiliser l’ensemble des dispositifs disponibles.

Les principales aides pour financer l’EHPAD

Plusieurs dispositifs d’aides publiques peuvent se cumuler pour alléger le coût de l’hébergement. Leur obtention n’est pas automatique : il est nécessaire d’en faire la demande et de constituer un dossier.

L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie)

L’APA est versée en EHPAD aux établissements pour le compte des résidents, par le Conseil départemental aux personnes âgées de 60 ans et plus dont le niveau de dépendance est évalué entre GIR 1 et GIR 4. En EHPAD, elle permet de financer tout ou partie du tarif dépendance. Son montant dépend des ressources du bénéficiaire : plus les revenus sont limités, plus l’aide est élevée.

Pour en bénéficier, un dossier de demande doit être déposé auprès du Conseil départemental, du centre communal d’action sociale (CCAS) ou d’un point d’information local. Il comprend notamment une pièce d’identité, le dernier avis d’imposition et un relevé bancaire. Généralement il n’y a pas de dépôt individuel. Les établissements accompagnent ces dépôts.

A retenir

Les personnes classées GIR 5 ou GIR 6 ne peuvent pas bénéficier de l’APA. En revanche, l’APA est cumulable avec les aides au logement (APL ou ALS), qui couvrent le tarif hébergement.

L’ASH (Aide Sociale à l’Hébergement)

L’ASH est destinée aux personnes âgées de 65 ans et plus (ou de 60 ans en cas d’inaptitude au travail) dont les ressources sont insuffisantes pour couvrir les frais d’hébergement. Versée par le Conseil départemental directement à l’EHPAD, elle prend en charge tout ou partie du tarif hébergement. Elle n’est accessible que dans les établissements habilités à accueillir des bénéficiaires de l’aide sociale. Ceux-ci sont assez minoritaires.

Le montant de l’ASH est calculé après examen des revenus du résident, de son conjoint et de ses « obligés alimentaires » (enfants, gendres et belles-filles selon les situations). Le résident conserve obligatoirement au minimum 10 % de ses revenus mensuels. La demande est à déposer en mairie ou au CCAS, en principe dans les deux mois suivant l’entrée en EHPAD, même si ce délai peut varier selon les départements.

Point d’attention : recours sur succession

En cas de bénéfice de l’ASH, le Conseil départemental peut, après le décès du résident, récupérer tout ou partie des sommes versées sur l’actif successoral, dès lors qu’il dépasse 46 000 €. Les donations consenties dans les dix années précédant la demande d’ASH peuvent également faire l’objet d’une récupération. Il est donc conseillé d’en informer les membres de la famille concernés.

Les aides au logement (APL et ALS)

Ces aides couvrent une partie du tarif hébergement et peuvent, sous conditions, se cumuler avec l’APA et l’ASH.

  • L’APL (Allocation Personnalisée au Logement) est réservée aux résidents hébergés dans un établissement conventionné par l’État.
  • Lorsque l’EHPAD n’est pas conventionné, la personne peut se tourner vers l’ALS (Allocation de Logement Sociale).

L’APL et l’ALS ne sont pas cumulables entre elles. Dans les deux cas, la demande est à adresser à la CAF, souvent avec l’appui de l’établissement qui peut effectuer les démarches directement.

Les aides complémentaires

Au-delà des trois aides principales, d’autres dispositifs peuvent contribuer à alléger le reste à charge. Souvent méconnus des familles, ils peuvent représenter une aide non négligeable.

  • La déduction fiscale : les résidents imposables bénéficient d’une réduction d’impôt égale à 25 % des frais d’hébergement et de dépendance effectivement payés (déduction faite des aides perçues), dans la limite de 10 000 € de dépenses par an, soit au maximum 2 500 € de réduction. Aucune démarche spécifique n’est requise : il suffit de reporter les sommes concernées sur la déclaration annuelle de revenus.
  • Les aides des caisses de retraite : certaines caisses de retraite de base (CNAV, CARSAT, MSA) ou complémentaires (AGIRC-ARRCO) proposent des aides financières ponctuelles ou régulières à leurs affiliés en perte d’autonomie, sous conditions de ressources. Ces aides ne sont pas automatiques : elles sont à solliciter auprès du service social de la caisse concernée, idéalement plusieurs mois avant l’entrée en EHPAD.
  • Le chèque énergie : attribué automatiquement sous conditions de ressources, il peut, dans certains établissements et sous conditions spécifiques, être utilisé pour couvrir la part d’énergie incluse dans le tarif hébergement. En pratique, son application en EHPAD reste limitée, les charges énergétiques n’étant pas toujours individualisées. Il est conseillé de se renseigner directement auprès de l’établissement.
  • Les aides des mutuelles et contrats prévoyance : selon les contrats souscrits, certaines mutuelles ou assurances prévoyance peuvent prévoir le versement d’une rente ou d’une aide ponctuelle en cas d’entrée en EHPAD. Il est conseillé de contacter son organisme pour faire le point sur les droits ouverts.

Plusieurs de ces dispositifs peuvent se cumuler. Un travailleur social, un CCAS ou le service social de l’EHPAD peuvent vous aider à dresser un panorama complet des aides auxquelles votre proche peut prétendre. Vous pouvez aussi solliciter directement l'EHPAD que vous visez pour avoir des informations sur le financement de la place en hébergement.

Quand les ressources ne suffisent pas : ce que dit la loi

Même après mobilisation des aides disponibles, il arrive que les ressources du résident demeurent insuffisantes. La loi prévoit alors deux mécanismes complémentaires.

L’obligation alimentaire

Le Code civil permet au résident ou aux services départementaux de solliciter une contribution financière des proches dans le cadre de l’obligation alimentaire. Sont concernés en premier lieu le conjoint (en vertu du devoir de secours), puis les enfants et les descendants directs selon leurs ressources et leurs charges. Les gendres et belles-filles peuvent également être sollicités dans certaines conditions. Les petits-enfants sont théoriquement concernés par l’obligation alimentaire au sens du Code civil, même si cela reste rare en pratique. En revanche, dans le cadre spécifique d’une demande d’ASH, le Conseil départemental ne peut pas leur imposer de participation. Les frères et sœurs ainsi que les concubins n’ont, quant à eux, aucune obligation alimentaire.

En cas de désaccord au sein de la famille sur la répartition des contributions, le juge aux affaires familiales peut être saisi. Sa décision prend en compte les ressources et les charges de chacun. Il est souvent possible de trouver un accord à l’amiable grâce à une médiation familiale avant d’en arriver là.

Les contributions familiales sont déductibles des impôts

Les sommes versées par un proche au titre de l’obligation alimentaire pour financer l’hébergement d’un parent en EHPAD sont déductibles du revenu imposable du contributeur. Elles doivent être déclarées comme pensions alimentaires dans la déclaration de revenus annuelle.

Anticiper pour éviter les décisions dans l’urgence

Lorsque la situation financière est complexe, plusieurs options peuvent être envisagées : vente du bien immobilier du résident, mise en location pour générer des revenus réguliers, ou viager qui permet de toucher un capital initial puis une rente mensuelle. Ces décisions méritent d’être mûries avec un notaire ou un conseiller spécialisé, et idéalement préparées à l’avance plutôt que dans le contexte d’une entrée en urgence.

Conseil pratique pour les proches

Commencez les démarches idéalement 6 à 12 mois avant l’entrée prévue. Dès les premiers signes de perte d’autonomie, demandez une évaluation du GIR : c’est l’équipe médico-sociale du Conseil départemental (pour l’APA) ou le médecin coordonnateur de l’EHPAD qui la réalise. Le médecin traitant peut vous orienter vers la démarche. Faites le point sur l’ensemble des ressources disponibles (pensions, aides déjà perçues, patrimoine).

N’hésitez pas à vous faire accompagner par un travailleur social (CCAS, CLIC,assistants sociaux) pour recenser l’ensemble des droits et monter les dossiers de demande. Cet accompagnement est le plus souvent gratuit.

L’accompagnement des équipes LNA Santé

Pour LNA Santé, dont la vocation est de soigner et prendre soin des personnes fragilisées, l’accompagnement des familles ne s’arrête pas à la porte de la chambre. Dans cette perspective, trouver un financement adapté et naviguer dans les démarches administratives fait partie intégrante de l’accueil d’un résident.

Un accompagnement personnalisé dès l’admission

Dès la première visite, la Direction de l’établissement LNA Santé oriente les familles vers les aides auxquelles leur proche peut prétendre et les appuient dans les démarches auprès de la CAF, du Conseil départemental ou des caisses de retraite. La prise en soin de chaque résident repose sur un projet personnalisé de soins co-construit avec lui et ses proches, qui tient compte de l’ensemble de sa situation, y compris ses contraintes financières.

  • Orientation vers les aides légales (APA, ASH, aides au logement) et accompagnement des démarches
  • Appui au montage des dossiers CAF, Conseil départemental et caisses de retraite
  • Lien avec les travailleurs sociaux pour les situations complexes

Le Nid des Aidants LNA Santé

Accompagner un proche en perte d’autonomie peut être éprouvant pour les aidants, qui s’oublient souvent eux-mêmes dans ce rôle. LNA Santé dispose de trois plateformes d’accompagnement et de répit appelées « Nid des Aidants », implantées en Vendée, en Essonne et en Seine-et-Marne. Elles proposent des temps de répit, d’écoute et d’accompagnement aux aidants familiaux qui en ont besoin.

Questions fréquentes

L’APA est accessible aux personnes de 60 ans et plus dont le niveau de dépendance est évalué entre GIR 1 et GIR 4. L’évaluation officielle du GIR est réalisée le plus souvent par le médecin coordonnateur de l’EHPAD à l'entrée. Le médecin traitant ne réalise pas lui-même cette évaluation, mais peut vous orienter vers le Conseil départemental ou le CCAS pour initier la démarche. Plus tôt elle est engagée, plus vite les droits peuvent être ouverts.

L’ASH implique une instruction de la situation financière des « obligés alimentaires », c’est-à-dire principalement les enfants et le conjoint. Le Conseil départemental peut leur demander une contribution, calculée selon leurs revenus et leurs charges. Les barèmes varient d’un département à l’autre. Dans le cadre de l’ASH spécifiquement, le département ne peut pas imposer une participation aux petits-enfants, même si ceux-ci restent théoriquement soumis à l’obligation alimentaire au sens du Code civil. En cas de désaccord sur la répartition, le juge aux affaires familiales peut être saisi.

Oui. Plusieurs options sont envisageables : la vente du bien permet de disposer rapidement d’un capital, la mise en location génère des revenus réguliers qui réduisent le reste à charge, et le viager offre une rente mensuelle combinée à un bouquet initial. Il est important de noter qu’en cas de demande d’ASH, la personne ne peut pas être contrainte de vendre son bien immobilier. Ces options méritent d’être étudiées avec un notaire ou un conseiller spécialisé.

La plupart des aides sont réévaluables. Si les ressources du résident ou de ses obligés alimentaires diminuent, il est possible de solliciter une révision du montant des aides auprès du Conseil départemental, par simple courrier. De même, une amélioration de la situation financière peut entraîner une diminution du montant de l’aide. Il est conseillé de signaler tout changement de situation dans les meilleurs délais.

Plusieurs interlocuteurs peuvent vous aider : le service social de l’EHPAD ou de l’hôpital, le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de votre commune, le CLIC (Centre Local d’Information et de Coordination), ou encore le service social de votre caisse de retraite. Les équipes des EHPAD LNA Santé sont également disponibles pour orienter les familles dans ces démarches dès la prise de contact. Si vous êtes aidant et que vous avez besoin d’un temps de répit ou d’écoute, les Nid des Aidants LNA Santé, implantés en Vendée, en Essonne et en Seine-et-Marne, sont à votre disposition.

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Article rédigé par Aurore Le Potier

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