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Pourquoi la BPCO essouffle-t-elle autant ?
Dans la BPCO, les bronches s'épaississent et produisent davantage de mucus, tandis que les alvéoles pulmonaires perdent progressivement leur élasticité. Ces transformations réduisent le calibre des voies respiratoires et gênent les échanges gazeux. L'essoufflement, aussi appelé dyspnée, s'installe progressivement : il apparaît d'abord à l'effort, puis pour des efforts de plus en plus faibles, et peut, à un stade avancé, se manifester au repos, au point de gêner les gestes du quotidien.
Comment évolue l'essoufflement ?
Les professionnels de santé distinguent plusieurs degrés de gêne respiratoire, allant d'un essoufflement ressenti uniquement lors d'un effort soutenu (comme monter deux étages), jusqu'à un essoufflement présent lors de la marche rapide ou en pente, puis lors de la marche sur terrain plat. Cette progression n'est toutefois pas figée dans le temps : elle varie selon les jours, la fatigue, la qualité du sommeil ou une éventuelle infection respiratoire.
Un essoufflement plus marqué un jour donné ne traduit donc pas systématiquement une aggravation durable de la maladie, ce qui n'empêche pas d'en parler à son médecin si la gêne persiste.
Les gestes qui aident pendant une crise d’essoufflement
La respiration à lèvres pincées
Cette technique consiste à inspirer calmement par le nez, puis à expirer lentement en pinçant légèrement les lèvres, comme pour souffler sur une bougie sans l'éteindre, en prenant davantage de temps pour expirer que pour inspirer.
Une synthèse de plusieurs essais cliniques a observé une amélioration modérée de la distance de marche chez des personnes atteintes de BPCO pratiquant ce type d'exercice respiratoire, avec des effets plus variables sur la sensation d'essoufflement elle-même. L'intérêt de cette technique est qu'elle se pratique n'importe où, sans matériel. Elle se travaille d'abord au calme, à la maison, avant d'être utilisée en situation d'effort ou de gêne.
les positions qui soulagent
S'asseoir en avançant légèrement le buste, avant-bras posés sur les cuisses ou sur une table, aide souvent à relâcher les épaules et à faciliter le travail du diaphragme. Se tenir debout et s'appuyer contre un mur ou un meuble stable peut produire un effet similaire.
Le rôle des traitements dans la maîtrise de l’essoufflement
Au début de la maladie, des bronchodilatateurs de courte durée d'action sont généralement pris uniquement pendant les périodes d'essoufflement. Lorsque la maladie évolue, le médecin peut prescrire des traitements de longue durée d'action, à prendre chaque jour, les deux types de traitement pouvant être associés selon les besoins.
Ces médicaments ne guérissent pas la BPCO, mais ils réduisent les symptômes, en particulier l'essoufflement, et améliorent la qualité de vie au quotidien. L'ajustement de ce traitement relève exclusivement du médecin traitant ou du pneumologue : il ne doit jamais être modifié de sa propre initiative, y compris en cas d'amélioration ressentie.
Limiter l’essoufflement au quotidien
La réadaptation respiratoire
Lorsque l'essoufflement complique les efforts, un programme de réadaptation respiratoire, centré sur le réentraînement à l'effort et encadré par un kinésithérapeute, peut être proposé. Ce programme permet de s'entraîner de nouveau à l'effort, de réduire l'essoufflement et d'améliorer la récupération après un effort. Il s'accompagne d'une éducation thérapeutique et, selon les besoins, d'un accompagnement diététique ou psychologique, dans le cadre d'un suivi coordonné entre le médecin traitant et une équipe pluridisciplinaire.
les cliniques smr lna santé
Plusieurs établissements du réseau LNA Santé disposent d'une expertise reconnue en pneumologie, à l'image de l'Institut Médical de Sologne (Loir-et-Cher), de la Clinique d'Alençon (Orne) ou du Moulin Vert (Vienne). L'objectif de ces programmes n'est pas de guérir la maladie, mais d'aider chaque personne à mieux gérer son souffle au quotidien, à retrouver progressivement de l'autonomie et à préserver sa qualité de vie.
L'activité physique adaptée
Contrairement à une idée répandue, l'inactivité n'aide pas à ménager le souffle : elle l'aggrave. La sédentarité est un facteur de risque d'aggravation de la BPCO, ce qui fait de l'activité physique une composante à part entière du traitement. Une activité régulière, prescrite après évaluation de la tolérance à l'effort, diminue les symptômes et améliore la tolérance à l'exercice comme la qualité de vie.
Le suivi médical régulier
Les consultations et examens de contrôle, notamment les explorations fonctionnelles respiratoires réalisées chaque année, permettent de surveiller le fonctionnement des poumons et d'ajuster les traitements en conséquence. Ce suivi est aussi l'occasion de signaler tout changement dans le ressenti de l'essoufflement, même modéré.
Le programme de réadaptation pneumologique de l'Institut Médical de SologneLe rôle de l’aidant face à un proche essoufflé
Voir un proche essoufflé peut inquiéter, même s’il n’est pas nécessaire d’intervenir à chaque épisode. Le rôle de l'aidant consiste surtout à créer les conditions du calme : aérer la pièce, éviter de presser la personne, l'inviter à s'installer dans une position confortable et à ralentir sa respiration plutôt qu'à la reprendre plus vite. Poser un rythme calme, sans multiplier les questions pendant la gêne respiratoire, aide souvent davantage que des encouragements répétés.
Au-delà de ces épisodes ponctuels, l'aidant peut aussi jouer un rôle dans le repérage des changements : une gêne qui apparaît pour des efforts de plus en plus petits, un essoufflement qui persiste plus longtemps après l'effort, ou une fatigue inhabituelle méritent d'être mentionnés au médecin traitant, sans attendre la prochaine consultation programmée. Cette vigilance n'implique pas de surveillance permanente, ce qui serait épuisant pour l'aidant comme pesant pour la personne accompagnée. Il s'agit plutôt d’apporter une attention ponctuelle, intégrée aux échanges du quotidien.
Quand consulter en urgence ?
Un essoufflement qui s'aggrave brutalement, associé à une toux plus importante ou à des crachats changés, correspond souvent à une exacerbation de la BPCO. Si l'aggravation est marquée et s'accompagne d'une détresse respiratoire (impossibilité de parler normalement, lèvres bleutées, épuisement), une hospitalisation est indispensable.
Le traitement d'une exacerbation repose généralement sur des bronchodilatateurs à dose élevée, une antibiothérapie si une infection bactérienne est en cause, et une oxygénothérapie lorsque celle-ci est nécessaire. En dehors de ces situations d'urgence, tout essoufflement inhabituel ou tout changement dans son intensité justifie un avis auprès du médecin traitant, sans attendre qu'il s'aggrave.
- En cas d’urgence médicale, composez le 15 pour joindre le SAMU.
- Si vous vous trouvez dans un pays de l’Union Européenne, composez le 112 pour être redirigé vers le bon service.
Conseil pratique pour les proches
Si vous remarquez chez un proche une toux persistante, un essoufflement inhabituel ou une fatigue qui s'installe, encouragez-le avec bienveillance à en parler à son médecin, sans dramatiser ni culpabiliser. Proposer de l'accompagner au rendez-vous peut aussi faciliter la démarche.
Questions fréquentes
Un essoufflement plus fréquent signifie-t-il que la BPCO s'aggrave ?
Pas nécessairement : la fatigue, la chaleur ou une petite infection peuvent majorer temporairement l'essoufflement. Un changement durable, en revanche, doit être signalé au médecin traitant pour ajuster le suivi.
Peut-on continuer une activité physique en cas d'essoufflement ?
Oui, dans la grande majorité des cas, à condition qu'elle soit adaptée à la capacité d'effort de la personne et évaluée au préalable par un professionnel de santé. L'arrêt complet de l'activité tend au contraire à aggraver la gêne respiratoire à moyen terme.
Existe-t-il des aides pour adapter le logement à la maladie ?
Depuis janvier 2024, une aide unique appelée MaPrimeAdapt' finance les travaux d'adaptation du logement des personnes en perte d'autonomie ou en situation de handicap, qu'elles soient propriétaires ou locataires du parc privé, sous certaines conditions d'âge, de perte d'autonomie ou de ressources. Un professionnel se déplace à domicile pour établir un diagnostic des difficultés rencontrées au quotidien, parfois accompagné d'un ergothérapeute. Les conditions précises d'éligibilité et les démarches à suivre étant amenées à évoluer, il est recommandé de se renseigner directement auprès de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) ou d'un travailleur social.
Sources
- Ameli.fr, « Vivre avec une BPCO »
- Ameli.fr, « Comprendre la BPCO ou bronchopneumopathie chronique obstructive »
- Ameli.fr, « Symptômes, diagnostic et évolution de la BPCO »
- Ameli.fr, « Traitement de la BPCO »
- Ameli.fr, « Essoufflement récent : quel bilan médical et quel traitement ? »,
- Cochrane, « Exercices de respiration pour le traitement de la maladie pulmonaire obstructive chronique »
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