Maladie de Parkinson : comment faire face aux troubles de la mémoire et de la concentration ?

Date de publication : 12/06/26
Date de mise à jour : 12/06/26

La maladie de Parkinson est souvent associée aux tremblements et aux difficultés motrices. Pourtant, elle peut aussi affecter la mémoire, la concentration et la rapidité de la pensée. Ces troubles cognitifs, moins visibles, sont parfois les plus déstabilisants pour les malades comme pour leurs proches, et aussi les moins bien compris. Dans cet article, nous vous donnons des repères fiables pour mieux les identifier, les comprendre et, surtout, mieux y faire face au quotidien.

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Parkinson et troubles cognitifs : de quoi parle-t-on vraiment ?

Quand on pense à la maladie de Parkinson, on pense d’abord aux symptômes moteurs : les tremblements, la rigidité musculaire ou encore la lenteur des mouvements. Ce sont effectivement les manifestations les plus visibles. Mais la maladie de Parkinson est aussi une maladie neurologique qui peut affecter, à des degrés variables, les fonctions cognitives : c’est-à-dire la mémoire, la concentration, la capacité à planifier ou à prendre des décisions.

Ces troubles font partie des symptômes dits « non moteurs » de la maladie. Ils sont fréquents, mais leur intensité et leur moment d’apparition varient considérablement d’une personne à l’autre. Ce qu’il est important de comprendre d’emblée : avoir des troubles de la mémoire ou de la concentration dans le cadre d’un Parkinson n’est pas automatiquement synonyme de démence. Cette distinction est fondamentale pour éviter des inquiétudes injustifiées et mettre en place les bons accompagnements.

Quelques chiffres à retenir

  •  272 500 personnes sont atteintes de la maladie de Parkinson en France, avec environ 25 000 nouveaux cas par an.
  • Environ 25 % des personnes atteintes présentent des troubles cognitifs légers.
  • Jusqu’à 30 % développeront des troubles cognitifs plus significatifs à un stade avancé de la maladie.

Sources : France Parkinson, Santé Mentale.fr

Ces chiffres rappellent aussi que la majorité des personnes parkinsoniennes ne présentent pas de troubles cognitifs sévères, en particulier dans les premières années suivant le diagnostic.

Quels troubles de la mémoire et de la concentration peut-on observer ?

Les troubles cognitifs liés à la maladie de Parkinson ne ressemblent pas à ceux que l’on associe spontanément à la perte de mémoire. Leur nature est souvent différente, et c’est pourquoi ils peuvent passer inaperçus ou être mal interprétés, que ce soit par le malade lui-même, mais aussi par ses proches.

Le « cerveau au ralenti » : le signe le plus fréquent

Le symptôme le plus caractéristique est un ralentissement du traitement de l’information. Les personnes malades décrivent souvent une sensation de « cerveau au ralenti » : les idées viennent, mais plus lentement. Les réponses prennent du temps à se formuler. Trouver le bon mot, suivre une conversation rapide ou s’adapter à une situation imprévue demande un effort plus important qu’auparavant.

Ce phénomène, appelé bradyphémie ou bradypsychie, est directement lié à la perte de neurones dopaminergiques qui sous-tend la maladie. La dopamine joue en effet un rôle non seulement dans la motricité, mais aussi dans la régulation de l’attention, de l’apprentissage et de certaines fonctions cognitives et/ou exécutives.

À retenir

Les troubles cognitifs du Parkinson sont différents de ceux de la maladie d’Alzheimer. La mémoire à long terme est souvent préservée. Ce sont principalement la rapidité de traitement de l’information, l’attention soutenue et les fonctions exécutives (planification, organisation) qui sont affectées en priorité.

Les autres manifestations possibles

Au-delà de ce ralentissement général de la pensée, d’autres difficultés peuvent apparaître :

  •   Les difficultés d’attention et de concentration : se concentrer pour lire un livre, suivre un film ou rester attentif pendant une conversation peut devenir complexe.
  •   Les troubles des fonctions exécutives : planifier une activité, organiser ses journées, prendre des décisions ou gérer plusieurs tâches en même temps peuvent nécessiter un effort accru.
  •   Les difficultés à trouver ses mots : la personne sait ce qu’elle veut dire, mais l’accès aux mots prend plus de temps. Ce phénomène est souvent vécu comme frustrant.
  •   Les troubles visuospatiaux : s’orienter dans un lieu peu familier, mémoriser l’emplacement de certaines choses peut devenir plus difficile.
  •   Les fluctuations cognitives : ces troubles varient souvent selon les moments de la journée, le niveau de fatigue ou la qualité du sommeil. Un « bon jour » peut succéder à un « mauvais jour » sans raison apparente.

Pour les proches, ces fluctuations peuvent être particulièrement déroutantes : votre proche peut sembler alerte et bien orienté à un moment, puis plus lent et confus quelques heures plus tard. Ce n’est pas de la simulation, ni le signe d’une aggravation soudaine. C’est une caractéristique fréquente de la maladie, qui demande adaptabilité et bienveillance au quotidien.

Quels facteurs influencent l’apparition de ces troubles ?

L’apparition et l’évolution des troubles cognitifs dans la maladie de Parkinson ne suivent pas un schéma unique. Plusieurs facteurs peuvent favoriser leur émergence ou en moduler l’intensité :

  •   L’âge : le risque de déclin cognitif augmente naturellement avec l’avancée en âge, indépendamment de la maladie.
  •   L’ancienneté et la sévérité de la maladie : plus la maladie évolue depuis longtemps et plus les symptômes moteurs sont marqués, plus le risque de troubles cognitifs associés est élevé.
  •   La qualité du sommeil : les troubles du sommeil (agitation nocturne, somnolence diurne) contribuent directement à aggraver les difficultés d’attention et de mémoire.
  •   La dépression et l’anxiété : ces troubles de l’humeur, fréquemment associés à la maladie de Parkinson, ont un impact direct sur les fonctions cognitives. Les traiter améliore souvent la situation.
  •   Certains médicaments : quelques traitements peuvent affecter la mémoire. Il est toujours utile d’en parler avec le neurologue ou le médecin traitant.
  •   L’isolement social et la sédentarité : à l’inverse, le maintien d’une vie sociale active et d’une activité physique régulière est associé à un risque moindre de déclin cognitif.

Ces facteurs sont importants à connaître, car certains d’entre eux sont modifiables. Améliorer la qualité du sommeil, traiter une dépression, maintenir une activité physique et intellectuelle : autant de leviers concrets sur lesquels il est possible d’agir, avec l’appui des équipes médicales et paramédicales.

Comment aider au quotidien ? Conseils pour les malades et leurs proches

Face aux troubles cognitifs, des stratégies simples, mises en place progressivement, peuvent faire une vraie différence dans la vie de tous les jours. Ces conseils s’adressent aux personnes malades, mais aussi, et surtout, à leurs proches aidants.

Aménager l’environnement et instaurer une routine stable

Un cadre de vie organisé et prévisible réduit la charge cognitive liée aux imprévus. Conserver les objets du quotidien toujours aux mêmes endroits, utiliser des listes de tâches, des post-it dans les zones stratégiques du domicile, un agenda ou un tableau récapitulatif des rendez-vous et des prises de médicaments : autant de supports externes qui compensent efficacement les difficultés de mémorisation. Instaurer une routine quotidienne claire permet aussi de réduire le stress et de rester concentré sur ce qui est important.

Stimuler sans épuiser

Maintenir une activité intellectuelle régulière est bénéfique : mots croisés, sudokus, jeux de cartes, lecture, discussions sur l’actualité… Ces activités entretiennent les fonctions cognitives sans les solliciter de manière excessive. L’activité physique a par ailleurs des effets documentés sur la cognition : la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande la pratique d’une activité physique adaptée à tous les stades de la maladie. Il est aussi judicieux de planifier les activités les plus exigeantes intellectuellement aux moments de la journée où la personne se sent la plus alerte.

Adapter sa communication

Pour les proches, la manière de communiquer joue un rôle majeur. Parler lentement, formuler une idée à la fois, laisser le temps de répondre sans finir les phrases à la place du malade, reformuler avec patience si nécessaire : ces ajustements simples réduisent la frustration et préservent la qualité de la relation.

Conseil pratique pour les proches

La patience est le maître-mot. Laisser votre proche accomplir les choses par lui-même, même lentement, n’est pas une perte de temps : c’est un acte de respect de son autonomie et de son estime de soi. Faire systématiquement les choses à sa place accélère au contraire la perte d’indépendance. Ne culpabilisez pas si certains jours sont plus difficiles que d’autres, c’est un ressenti parfaitement humain. Demander de l’aide n’est pas un aveu d’échec : c’est une décision lucide et courageuse.

Un accompagnement spécialisé pour les personnes atteintes de Parkinson

Les troubles cognitifs liés au Parkinson méritent une évaluation et un suivi spécialisés. Plusieurs professionnels peuvent intervenir de manière complémentaire, dans le cadre d’un projet de soins :

Les professionnels paramédicaux au service de la cognition

  •   Le neuropsychologue réalise un bilan permettant d’évaluer objectivement les fonctions cognitives et d’orienter vers une prise en charge adaptée.
  •   L’orthophoniste intervient sur les fonctions cognitives (mémoire, attention, langage) grâce à des exercices de rééducation spécifiques.
  •   Le psychomotricien travaille à l’interface entre corps et cognition, en rééduquant la concentration, la coordination et la mémoire procédurale.
  •   L'ergothérapeute évalue les répercussions des troubles cognitifs sur les activités de la vie quotidienne et propose des adaptations concrètes.

HAD du Loir-et-Cher : un exemple d’accompagnement par LNA Santé

Avec ses 170 salariés, l’HAD (hôpital à domicile) du Loir-et-Cher LNA Santé, accompagne chaque jour plus de 200 patients atteints de pathologies variées.

« Dès 2022, l’idée de créer une filière rééducation et réadaptation a émergé au sein des HAD partout en France. L’objectif est notamment de pallier le manque de rééducateurs et de structures spécialisées sur le territoire national et de proposer aux patients un parcours de rééducation tout en restant chez eux », explique le Dr Maria Lapadat, médecin spécialisé en médecine physique et réadaptation à l’HAD Loir-et-Cher.

« La spécificité de cette filière repose sur une prise en charge pluridisciplinaire », souligne Laura Maréchal, infirmière coordinatrice. « Le patient bénéficie de 5 séances de rééducation par semaine, à son domicile, effectuées par un minimum de 3 rééducateurs de professions différentes. »

La maladie de Parkinson fait partie de ces pathologies prises en charge en HAD de réadaptation. Par conséquent, différents spécialistes (kinésithérapeutes, neuropsychologues, diététiciennes, ergothérapeutes, enseignants en activité physique adaptée, psychomotricienne et orthophoniste) interviennent au sein de cette filière en lien avec les autres métiers de l’HAD (psychologues, assistantes sociales, infirmières...).

LNA Santé et France Parkinson : un engagement commun pour les personnes parkinsoniennes

LNA Santé, dont la vocation est de soigner et prendre soin des personnes fragilisées, accompagne les résidents parkinsoniens dans ses EHPAD avec des projets personnalisés de soins prenant en compte l’ensemble des symptômes de la maladie, y compris les troubles cognitifs.

Le dispositif ParKours, co-construit avec France Parkinson dans le cadre du partenariat officiel signé en mai 2025, est déjà déployé dans plusieurs EHPAD LNA Santé : Les Pléiades, Les Nymphéas, Les Jardins de Leysotte, Mas de la Côte Bleue… À l’horizon fin 2026, l’ensemble des EHPAD LNA Santé bénéficieront d’une formation et d’une sensibilisation spécifiques à la maladie.

Pour les proches aidants, LNA Santé dispose également de trois Nids des Aidants (en Vendée, en Essonne et en Seine-et-Marne) des plateformes de répit dédiées à l’accompagnement des proches aidants.

En savoir plus

FAQ sur les troubles de la mémoire liés à Parkinson

Non, ce sont deux maladies distinctes. Dans la maladie d’Alzheimer, la mémoire épisodique (les souvenirs récents) est touchée en premier et de façon marquée. Avec Parkinson, c’est davantage la rapidité de la pensée, l’attention et les fonctions exécutives qui sont affectées, tandis que la mémoire à long terme est souvent préservée. La démence parkinsonienne existe, mais elle n’est pas systématique et survient généralement à un stade avancé de la maladie.

C’est une situation fréquente et une source d’inquiétude légitime, car la régularité des prises est essentielle dans la maladie de Parkinson. Des solutions simples peuvent aider : un pilulier hebdomadaire préparé à l’avance, des alarmes sur un téléphone ou une montre connectée, un tableau récapitulatif affiché dans la cuisine. Pour les situations plus complexes, l’équipe médicale ou paramédicale peut aider à mettre en place une organisation adaptée.

Pas nécessairement, et pas au même rythme pour tout le monde. L’évolution est très variable d’une personne à l’autre : certaines la maintiennent stable pendant de nombreuses années. Des facteurs modifiables (activité physique régulière, sommeil de qualité, prise en charge d’une dépression) peuvent contribuer à en ralentir la progression. Un suivi neuropsychologique régulier permet de détecter d’éventuelles modifications et d’adapter l’accompagnement.

C’est parfois difficile, et c’est précisément pour cela qu’un bilan neuropsychologique réalisé par un professionnel spécialisé est précieux. La fatigue, les troubles du sommeil et certains médicaments peuvent aggraver les difficultés cognitives de façon réversible. Il est important d’en parler au neurologue ou au médecin traitant, qui pourra réévaluer les traitements si nécessaire.

L’épuisement des aidants est une réalité bien documentée, et il ne faut ni l’ignorer ni le minimiser. Prendre soin de soi n’est pas un luxe : c’est une condition pour pouvoir continuer à accompagner votre proche dans la durée. Parler de ce que vous vivez, à un médecin, à une association ou à d’autres aidants, est souvent le premier pas le plus efficace. Des solutions de répit existent, ainsi que des programmes dédiés comme le programme A2PA de France Parkinson.

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Article rédigé par Aurore

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