Quelles sont les principales causes du cancer du sein ?

Date de publication : 27/10/26
Date de mise à jour : 27/10/26

Vous êtes suivie pour un cancer du sein, ou un examen récent vous a amenée à vous interroger, et une question revient sans cesse : pourquoi ? Cet article vous aide à faire le point sur ce que la recherche sait aujourd’hui des origines de ce cancer. Il distingue les facteurs de risque reconnus des idées reçues, mais ne remplace en aucun cas l’échange avec votre médecin.

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Un cancer qui n’a pas de cause unique

L'Institut national du cancer (INCa) décrit le cancer du sein comme une maladie multifactorielle : plusieurs éléments influencent sa probabilité d’apparaître, sans qu'aucun ne suffise à l'expliquer seul. C'est pour cette raison que les médecins préfèrent parler de facteurs de risque plutôt que de causes.

Cette distinction a une conséquence très concrète. Selon l'INCa, une personne qui présente un ou plusieurs facteurs de risque peut ne jamais développer de cancer du sein, et une personne qui n'en présente aucun peut en être atteinte. L'INCa reconnaît aussi que le poids exact de plusieurs de ces facteurs reste incertain.

Dans la très grande majorité des cas, il n'est donc pas possible de désigner avec certitude ce qui a déclenché un cancer chez une personne, y compris dans le cas d’un cancer du sein.

Les facteurs de risque les mieux établis

Santé publique France et l'INCa placent en tête des facteurs sur lesquels personne ne peut agir. Ce sont aussi des facteurs dont le lien avec la maladie est le plus solidement démontré.

Le sexe et l'âge

Plus de 99 % des cancers du sein touchent des femmes, d'après l'INCa. Cela veut aussi dire que les hommes peuvent être concernés. Chez la femme, la Haute Autorité de santé (HAS) considère l'âge comme le premier facteur de risque : la probabilité de développer la maladie augmente avec les années, surtout après 50 ans. C'est la raison pour laquelle le dépistage organisé du cancer du sein s'adresse aux femmes de 50 à 74 ans.

Les antécédents personnels

Avoir déjà eu un cancer du sein, de l'ovaire ou de l'endomètre augmente le risque, selon l'INCa. Santé publique France cite également les antécédents personnels de certaines maladies du sein. Pour plusieurs de ces situations, la HAS recommande une surveillance adaptée, différente du dépistage proposé à l'ensemble des femmes.

Les antécédents familiaux et la prédisposition génétique

Selon l'INCa, environ 5 à 10 % des cancers du sein sont d'origine génétique, le plus souvent liés à une altération des gènes BRCA1 ou BRCA2. Autrement dit, la grande majorité des cancers du sein ne s'expliquent pas par une anomalie génétique transmise dans la famille.

Avoir une mère ou une sœur touchée ne signifie pas pour autant que vous êtes nécessairement porteuse d'une mutation. Lorsque l'histoire familiale le justifie, votre médecin peut vous orienter vers une consultation d'oncogénétique, seule à même d'évaluer ce risque et de proposer, si besoin, un examen.

Une irradiation du thorax à forte dose

Parmi les principaux facteurs, Santé publique France retient un antécédent d'irradiation médicale du thorax à forte dose, c'est-à-dire un traitement par rayons reçu dans le passé au niveau de la poitrine

Hormones et mode de vie : des facteurs plus modestes

L'exposition aux hormones au fil de la vie

D'autres facteurs sont liés à l'exposition de l'organisme aux hormones. Santé publique France mentionne l'âge des premières règles, le nombre d'enfants, l'âge à la première grossesse, l'allaitement et le traitement hormonal de la ménopause (THM). L'agence les classe parmi les facteurs suspectés : leur influence existe, mais elle est moins marquée et plus difficile à mesurer.

Alcool, surpoids, activité physique et tabac

Ce sont les principaux facteurs sur lesquels il est possible d'agir. D'après les estimations du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) reprises par Santé publique France, environ 15 % des cancers du sein diagnostiqués en 2015 chez les femmes de plus de 30 ans étaient attribuables à la consommation d'alcool. Chez les femmes ménopausées, un peu plus de 10 % étaient attribuables au surpoids et à l'obésité. L'INCa cite aussi le manque d'activité physique.

Ces chiffres demandent une lecture prudente. Ils décrivent une part des cas à l'échelle de toute une population, calculée à partir d'un modèle statistique : ils ne disent rien de l'histoire d'une personne en particulier. Ils ne permettent pas d'affirmer que le cancer d'une patiente qui a pour habitude de boire un verre de vin le week-end vient de cette consommation.

Le tabac illustre bien la part d'incertitude qui demeure. Le CIRC lui attribue environ 4 % des cancers du sein en France, alors que la HAS, dans son évaluation de 2014, n'avait pas retenu d'association. Les connaissances sur ce point continuent d'évoluer.

Ce que les études n’ont pas démontré

De nombreuses rumeurs circulent sur les origines du cancer du sein. En 2014, la HAS a analysé 69 facteurs évoqués dans la littérature scientifique. Elle n'a retrouvé aucun lien avec les prothèses mammaires en silicone ni avec la consommation de café, de thé, de tomates ou de pamplemousse.

Pour l'usage d'un déodorant, le port du soutien-gorge ou la taille des seins, la HAS a conclu qu'aucune preuve solide ne permettait d'établir un lien. Si l'une de ces idées vous inquiète, votre médecin ou votre gynécologue pourra vous répondre au regard de votre situation.

Après le diagnostic, la question du « pourquoi moi ? »

Beaucoup de patientes cherchent dans leur passé ce qu'elles auraient pu faire autrement. Les connaissances actuelles invitent à la prudence : un facteur de risque augmente une probabilité, il ne désigne pas une responsabilité. La plupart des facteurs les plus importants, comme l'âge ou la génétique, ne dépendent d'ailleurs d'aucun choix personnel.

Vous vous posez des question ? LNA Santé propose LUMANISY, un dispositif de soutien social présenté dans une vidéo par l'une de ses infirmières. Pour mieux comprendre la maladie, le showroom interactif « Cancer du sein » de la Ligue contre le cancer propose des contenus pédagogiques accessibles à tous.

Chaque année, enfin, le siège de LNA Santé à Vertou et plusieurs établissements se mobilisent pour Octobre Rose : ateliers de sensibilisation, interventions de sages-femmes, supports sur la surveillance des seins. Les équipes participent aussi à des courses solidaires comme la course ODYSSEA de Nantes ou les Foulées Roses du Berry, avec les professionnels du Centre de Santé de l'Institut Médical de Sologne.

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Article rédigé par Aurore Le Potier
Article vérifié par Anastasia Jesop, Infirmière en Pratique Avancée à l'HAD Val de Loire (spécialisée en oncologie)

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