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Anticiper la question de l’entrée en établissement
La maladie d'Alzheimer évolue de façon progressive et différente d'une personne à l'autre. À un moment de ce parcours, le maintien à domicile peut devenir plus difficile à organiser, que ce soit pour des raisons de sécurité, de perte d'autonomie ou de disponibilité de l'entourage. Réfléchir à la question de l'entrée en établissement en amont, avant qu'elle ne s'impose dans l'urgence, permet d'aborder cette décision avec davantage de recul et de discernement.
Lorsque cela est possible, il est préférable d'évoquer le sujet avec la personne malade elle-même, à un stade où elle peut encore exprimer ses préférences et participer à la réflexion. Cette implication, même partielle, contribue à la préservation de son sentiment de dignité. Il est également recommandé d'associer les autres membres de la famille à la décision, pour la porter collectivement plutôt que de la faire reposer sur une seule personne.
Quelques chiffres à retenir
- Environ 1,4 million de personnes vivent avec la maladie d'Alzheimer ou une maladie apparentée en France en 2025 (France Alzheimer).
- Environ 225 000 nouveaux cas seraient diagnostiqués chaque année en France (Fondation Vaincre Alzheimer).
- La maladie concerne davantage les femmes, qui représentent une majorité des personnes touchées (France Alzheimer).
Un élément complique souvent cette anticipation : l'anosognosie, c'est-à-dire l'absence de conscience du trouble par la personne malade elle-même. De nombreuses personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ne perçoivent pas la gravité de leurs difficultés, ce qui peut rendre le dialogue autour d'un futur établissement délicat. Ce phénomène est une conséquence de la maladie, et non un signe de mauvaise volonté : le comprendre permet aux proches d'aborder la situation avec davantage de bienveillance, envers la personne malade comme envers eux-mêmes.
Choisir un établissement adapté à la maladie d’Alzheimer
Le choix de l'établissement est une étape déterminante, qui mérite d'être mûrie avant toute décision. Plusieurs critères permettent d'orienter cette réflexion.
Les critères à évaluer
La proximité géographique de l'établissement facilite les visites régulières des proches, ce qui reste un facteur important pour maintenir le lien avec la personne malade. Il convient également de s'assurer que l'établissement dispose d'une organisation adaptée aux maladies neuroévolutives, avec des équipes formées spécifiquement à leur accompagnement et des espaces de vie sécurisés. Le projet personnalisé de soins proposé, ainsi que la place donnée aux approches non médicamenteuses (stimulation cognitive, activités sensorielles, ateliers de réminiscence...), sont également des éléments à prendre en compte.
A retenir
La plupart des établissements médicalisés disposent aujourd'hui d'une unité de vie protégée, un espace dédié aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de troubles neuroévolutifs apparentés, avec des équipes spécifiquement formées à leur accompagnement.
L'intérêt de visiter plusieurs établissements
Visiter plusieurs établissements avant de faire un choix permet de comparer les organisations, les ambiances et les approches proposées. N'hésitez pas à vous y rendre à différents moments de la journée, à observer la relation entre les équipes et les résidents, et à poser des questions concrètes sur le projet de soins, les activités proposées ou l'accompagnement des familles. Le ressenti du futur résident, lorsqu'il peut être exprimé, mérite également d'être pris en compte.
Prévoyez, si possible, de faire découvrir l'établissement à la personne malade avant son entrée officielle, par exemple à l'occasion d'un accueil de jour ou d'une visite accompagnée. Cette familiarisation progressive réduit souvent l'appréhension liée à la découverte d'un lieu inconnu.
Préparer l’annonce et associer la personne malade
Annoncer une entrée en établissement à une personne atteinte de la maladie d'Alzheimer demande une attention particulière. En effet, le discours doit être adapté à son stade d'évolution et à ses capacités de compréhension du moment :
- Adapter les mots employés au stade de la maladie, en privilégiant des termes rassurants comme « maison » ou « résidence » plutôt que des explications trop détaillées ou anxiogènes.
- Éviter les justifications trop rationnelles (« tu ne peux plus rester seul », « c'est pour ton bien »), qui peuvent être mal interprétées et renforcer un sentiment d'incompréhension.
- Privilégier une posture calme et constante, qui rassure souvent davantage que des arguments répétés ou insistants.
- Envisager, lorsque cela est possible, des formules progressives comme l'accueil de jour ou l'hébergement temporaire, pour habituer la personne à un nouvel environnement avant une entrée en établissement.
Une transition préparée et progressive, plutôt qu'une entrée vécue comme brutale, contribue à limiter l'anxiété de la personne malade et facilite son adaptation à son nouveau lieu de vie.
Anticiper les démarches pratiques
Au-delà des aspects humains et relationnels, l'entrée en établissement implique plusieurs démarches administratives qu'il est utile d'anticiper.
Le dossier d'admission et les aides financières
La constitution du dossier d'admission nécessite généralement un volet médical, complété par le médecin traitant, ainsi qu'un volet administratif. Une demande d'Allocation Personnalisée d'Autonomie (APA) peut être déposée auprès du Conseil départemental afin de contribuer au financement du tarif dépendance, sous réserve d'éligibilité selon le niveau de perte d'autonomie. Le coût de l'hébergement peut varier sensiblement selon les établissements, leurs prestations et leur localisation : il est donc conseillé de se renseigner précisément auprès de l'établissement et du Conseil départemental sur les tarifs et les aides mobilisables.
Le jour de l'entrée
Le jour de l'admission, apporter quelques objets personnels (photographies, couverture, bibelots familiers) contribue à recréer un cadre rassurant dans la nouvelle chambre.
Conseil pratique pour les proches
Après l'entrée en établissement, continuer à rendre visite régulièrement à votre proche et à partager des moments simples avec lui (un repas, une promenade, un temps de coiffage...) permet de maintenir le lien affectif, tout en laissant les équipes assurer l'accompagnement au quotidien.
L’accompagnement proposé par LNA Santé pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer
LNA Santé accompagne depuis de nombreuses années des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et de troubles neuroévolutifs apparentés, avec une organisation pensée pour répondre à leurs besoins spécifiques.
Une organisation en unités de vie protégées
L'ensemble des EHPAD LNA Santé dispose d'au moins une unité de vie protégée, un espace de vie sécurisé dédié aux résidents atteints de la maladie d'Alzheimer ou de troubles neuroévolutifs apparentés. Ces unités sont chapeautées par des équipes spécifiquement formées à l'accompagnement de ces pathologies, dans le cadre d'un projet personnalisé de soins établi pour chaque résident.
- Des activités culturelles et sportives adaptées, pensées pour stimuler les capacités préservées de chaque résident.
- Des approches non médicamenteuses telles que la stimulation cognitive, la médiation animale ou les ateliers de réminiscence.
- Un accompagnement des proches, considérés comme des partenaires à part entière de la prise en soin.
L'expertise LNA Santé sur les maladies neuroévolutives
La vocation de LNA Santé est de soigner et de prendre soin des personnes fragilisées, avec une attention particulière portée aux personnes atteintes de maladies neuroévolutives comme la maladie d'Alzheimer. Cette expertise s'appuie sur des équipes formées en continu et sur une démarche d'amélioration constante des pratiques d'accompagnement.
Des consultations mémoire et de la rééducation en hospitalisation à temps partielle/ hospitalisation de jour sont aussi envisageables.
Questions fréquentes
Comment savoir si le moment est venu d'envisager une entrée en établissement ?
Plusieurs signaux peuvent alerter les proches : risques de chute ou de blessure plus fréquents, épisodes d'errance ou de désorientation en dehors du domicile, oublis pouvant mettre en danger (feu, médicaments), ou encore un épuisement croissant de l'aidant qui peine à assurer une présence suffisante.
Aucun de ces signes pris isolément n'impose de décision immédiate, mais leur accumulation, associée à l'avis du médecin traitant, peut indiquer qu'un accompagnement renforcé, voire une entrée en établissement, peut être envisagé. Cette réflexion gagne à être partagée avec l'équipe médicale qui suit la personne malade.
Est-il normal de culpabiliser au moment de cette décision ?
Ce sentiment est fréquent chez les proches aidants et ne traduit pas un manque d'engagement ou d'affection. Il survient souvent après une période où l'aidant a consacré une part importante de son temps et de son énergie à l'accompagnement à domicile.
Se ménager des temps de repos, en parler avec d'autres aidants ou avec un professionnel, et garder à l'esprit que cette décision vise avant tout la sécurité et le bien-être de la personne malade, peuvent aider à traverser cette période. Si ce sentiment devient envahissant ou s'accompagne de troubles du sommeil ou d'une détresse persistante, un accompagnement psychologique peut être utile.
La personne malade peut-elle s'opposer à son entrée en établissement ?
En principe, le consentement de la personne concernée doit être recherché avant toute entrée en établissement, dans la mesure où elle est en capacité de l'exprimer. Lorsque la personne malade fait l'objet d'une mesure de protection juridique (curatelle, tutelle), ce consentement reste recherché autant que possible : une mise sous tutelle ne permet pas, à elle seule, à un tuteur de décider seul de l'entrée en établissement contre l'avis de la personne protégée.
En cas de refus persistant alors que le maintien à domicile met en cause la sécurité de la personne, une saisine du juge des contentieux de la protection (ancien juge des tutelles) peut être envisagée, sur la base d'un avis médical circonstancié. Cette procédure est encadrée par la loi et ne constitue pas une démarche automatique.
Combien de temps dure la période d'adaptation après l'entrée ?
Elle varie sensiblement d'une personne à l'autre : certains résidents trouvent leurs repères en quelques semaines, tandis que d'autres ont besoin de deux à trois mois pour s'installer dans leur nouvel environnement. Les premiers jours sont souvent les plus intenses sur le plan émotionnel, aussi bien pour la personne malade que pour ses proches. De nombreux établissements proposent un point d'étape avec la famille, le médecin coordonnateur et le psychologue, environ un mois après l'admission, afin d'ajuster si besoin le projet personnalisé de soins.
Où trouver un soutien pour les aidants pendant cette période ?
Plusieurs ressources existent pour accompagner les proches aidants pendant cette transition : les associations spécialisées comme France Alzheimer proposent des groupes de parole et des permanences d'écoute ; les Centres Locaux d'Information et de Coordination (CLIC) orientent vers les dispositifs disponibles localement. LNA Santé propose par ailleurs trois plateformes de répit dédiées aux aidants, les « Nid des Aidants », situées en Vendée, en Essonne et en Seine-et-Marne, qui offrent écoute, information et temps de répit aux proches aidants.
En conclusion
Préparer l'entrée d'un proche en établissement spécialisé demande du temps, de l'anticipation et une attention portée autant aux aspects pratiques qu'aux aspects émotionnels de cette étape. Choisir un établissement adapté, adapter l'annonce au stade de la maladie et organiser les démarches administratives sont autant de leviers pour aborder cette transition avec davantage de sérénité.
Cette étape reste sensible, pour la personne malade comme pour ses proches, et il n'existe pas de parcours tout fait. N'hésitez pas à vous appuyer sur les associations spécialisées, les professionnels de santé et les équipes des établissements pour vous accompagner dans cette réflexion.
En savoir plus
➜ France Alzheimer et maladies apparentées
➜ Portail national d'information pour les personnes âgées
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