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Parkinson et mouvement : un lien paradoxal
La maladie de Parkinson est une maladie neurologique chronique liée à la disparition progressive de neurones producteurs de dopamine, un neurotransmetteur essentiel au contrôle du mouvement. Elle se manifeste principalement par des tremblements au repos, une rigidité musculaire, une lenteur dans les gestes (akinésie), et des troubles de l'équilibre et de la marche.
Face à ces difficultés, le réflexe de protection est compréhensible. Pourtant, réduire son activité physique aggrave souvent la situation : les muscles s'affaiblissent, l'équilibre se détériore, la rigidité s'accentue. L'activité physique n'est donc pas contre-indiquée avec la maladie de Parkinson. Bien au contraire, elle en fait partie intégrante !
Quelques chiffres à retenir
- 277 800 personnes étaient traitées pour la maladie de Parkinson en France en 2023 (Ameli).
- Près d'une personne sur deux déclare ne plus pratiquer d'activité physique, ou en avoir réduit la pratique, depuis l'annonce du diagnostic (France Parkinson).
- 44 % des personnes malades interrogées ne respectent pas la durée hebdomadaire recommandée par l'OMS : 75 min d'activité intense ou 150 min d'activité modérée.
- 61 % d'entre elles ignoraient même ces recommandations (France Parkinson).
Ces chiffres illustrent un paradoxe : la maladie elle-même, par ses symptômes, éloigne les personnes atteintes de l'activité physique, alors que c'est précisément le moment où elle est le plus nécessaire.
Des bénéfices reconnus, au-delà des idées reçues
Les bénéfices de l'activité physique ne se limitent pas au corps. Elle agit aussi sur les symptômes non moteurs fréquemment associés à la maladie : anxiété, dépression, fatigue chronique, troubles du sommeil. En agissant positivement sur le système dopaminergique et en favorisant la libération d'endorphines, l'exercice contribue à améliorer l'humeur, renforce l'estime de soi et participe à une meilleure qualité de vie globale.
La dimension sociale de l'activité physique joue également un rôle important. Pratiquer en groupe, en club ou avec des proches, rompt l'isolement et enrichit la vie relationnelle. C’est un facteur de bien-être souvent sous-estimé.
Un point d'attention pour les proches : encourager son proche à bouger est précieux, mais il est essentiel de le faire sans mettre de pression. La régularité prime sur l'intensité. L'objectif n'est pas la performance, mais le plaisir de bouger et le maintien de l'autonomie. Chaque mouvement compte, même les plus modestes.
Quelles activités pratiquer ?
Il n'existe pas d’activité idéale unique. Les spécialistes recommandent de combiner plusieurs types d'exercices, adaptés aux capacités, aux envies et à l'évolution de la maladie. Voici les quatre grandes familles d'activités recommandées :
- Les activités aérobies : marche rapide, vélo (y compris stationnaire), natation, aquagym. Elles améliorent l'endurance et la fluidité du mouvement.
- Le renforcement musculaire : exercices doux de résistance, adaptés à la condition physique. Ils préservent la masse musculaire et soutiennent la posture.
- Le travail de l'équilibre et de la coordination : tai-chi, yoga adapté, danse, ping-pong. Ces activités sollicitent à la fois le corps et la concentration, et se révèlent particulièrement bénéfiques pour les personnes atteintes de Parkinson.
- Les étirements et exercices de souplesse : ils contribuent à lutter contre la rigidité, à améliorer l'amplitude des mouvements et à réduire les douleurs musculaires.
Le plus important est de trouver une ou plusieurs activités qui procurent du plaisir et s'intègrent naturellement dans le quotidien. La régularité (plusieurs fois par semaine) est bien plus déterminante que l'intensité. Et il n'est jamais trop tard pour (re)commencer.
Comment aider son proche à maintenir une pratique régulière ?
Encourager son proche à rester actif est l'un des gestes les plus précieux qu'un aidant puisse faire. Cela demande parfois de la patience, de l'adaptation et une bonne dose de bienveillance.
Dépasser les freins du quotidien
La fatigue, la peur de tomber, les fluctuations motrices (les périodes « off » pendant lesquelles les traitements sont moins efficaces), ou encore le découragement face aux difficultés : autant d'obstacles réels qu'il ne faut ni minimiser, ni laisser s'installer. Avec l'appui des équipes médicales et paramédicales, il est souvent possible d'identifier les créneaux où votre proche se sent le mieux pour pratiquer, et de choisir des activités adaptées à son niveau du moment.
Le rôle concret des proches
Votre présence et votre soutien peuvent faire toute la différence. Proposer d'accompagner votre proche lors d'une séance de marche, de lui tenir compagnie lors d'un atelier, ou simplement de valoriser ses efforts au quotidien : ces gestes simples renforcent la motivation et la confiance en soi.
Conseil pratique pour les proches
Parlez en amont avec les professionnels qui suivent votre proche : médecin traitant, neurologue, kinésithérapeute ou enseignant en activité physique adaptée (EAPA). Ils pourront vous orienter vers les activités les mieux adaptées à sa situation et vous donner des repères concrets pour l'accompagner en toute sécurité. N'hésitez pas à leur poser vos questions : il n'y a pas de mauvaises questions lorsqu'il s'agit du bien-être de votre proche.
Un accompagnement spécialisé pour les personnes atteintes de Parkinson
Autour des personnes malades, des équipes pluridisciplinaires occupent une place centrale : médecins, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, psychologues et enseignants en activité physique adaptée (EAPA). L'activité physique adaptée (APA) s'inscrit dans les programmes personnalisés de rééducation et de réadaptation, en complémentarité avec des disciplines comme la kinésithérapie ou l'ergothérapie. Elle peut être proposée dans les cliniques de soins médicaux et de réadaptation (SMR), au sein d’établissements médico-sociaux comme les EHPAD ou encore en HAD (Hôpital À Domicile) (sur prescription médicale en SMR et en HAD).
En EHPAD : le dispositif ParKours
Pour les personnes résidant en établissement, LNA Santé a développé le dispositif ParKours : une approche globale et personnalisée de la prise en soin des résidents atteints de la maladie de Parkinson. Co-construit avec France Parkinson, association reconnue d'utilité publique, ce dispositif repose sur un référentiel structurant qui propose :
– Une formation approfondie de l'ensemble des professionnels impliqués dans l'accompagnement des résidents ;
– Un projet personnalisé de soins adapté aux spécificités de la maladie, incluant rééducation, activité physique, estime de soi et accompagnement psychologique ;
– La sécurisation du parcours thérapeutique : respect strict des horaires de traitement, suivi neurologique régulier, prévention des chutes ;
– Un soutien renforcé aux aidants : rencontres, soutien psychologique, ressources pratiques et formation.
Le dispositif ParKours en EHPAD LNA Santé
Né d'une expérimentation menée dès 2019 au Mas de la Côte Bleue (Martigues), le dispositif ParKours est aujourd'hui déployé dans cinq EHPAD LNA Santé : Les Pléiades (Toulon), Ger Home, Les Nymphéas (Rennes), Les Jardins de Leysotte (Bordeaux), le Mas de la Côte Bleue (Martigues)…
Dans le cadre de cette convention signée avec France Parkinson en mai 2025, LNA Santé s'est engagée à étendre ce dispositif à l'ensemble de ses EHPAD d'ici fin 2026 : formation, sensibilisation et montée en compétences de toutes les équipes, qu'elles soient médicales, paramédicales, hôtelières ou administratives.
FAQ sur l’évolution de la maladie de Parkinson
Des études récentes, dont certaines publiées dans des revues scientifiques de référence, suggèrent qu'une activité physique régulière et suffisamment intense pourrait contribuer à ralentir la progression de la maladie, notamment aux stades précoces. L'exercice semble agir positivement sur le système dopaminergique et favoriser la neuroplasticité. Ces résultats sont prometteurs, mais ils ne permettent pas encore d'affirmer avec certitude un effet neuroprotecteur clinique généralisé. L'activité physique ne guérit pas la maladie de Parkinson, mais les données disponibles montrent qu'elle peut en atténuer certains effets, améliorer la qualité de vie et, dans certaines situations, améliorer la réponse fonctionnelle aux traitements médicamenteux.
La peur de tomber est très fréquente et tout à fait légitime. Elle ne doit cependant pas mener à l'immobilité, ce qui, paradoxalement, fragilise davantage l'équilibre et augmente le risque de chutes à terme. Des activités spécifiques, comme le tai-chi, le yoga adapté ou les séances d'activité physique adaptée encadrées par un enseignant formé (EAPA), sont précisément conçues pour travailler l'équilibre en toute sécurité. L'essentiel est d'en parler avec le médecin traitant, le neurologue ou le kinésithérapeute de votre proche, qui pourront recommander les activités les plus appropriées.
L'OMS recommande, pour les personnes vivant avec une maladie chronique, au moins 150 minutes d'activité modérée ou 75 minutes d'activité intense par semaine. Des bénéfices supplémentaires sont attendus au-delà de 150 minutes d'activité intense hebdomadaire. En pratique, l'intensité doit toujours être adaptée à l'état de santé de votre proche, à ses fluctuations motrices et à d'éventuelles contre-indications (douleurs importantes, pathologies cardiaques ou pulmonaires sévères). L'avis médical est indispensable avant de (re)commencer une pratique.
L'activité physique adaptée (APA) désigne la pratique d'exercices physiques spécifiquement conçus et encadrés pour des personnes présentant des pathologies ou des limitations fonctionnelles. Elle est assurée par des enseignants spécialisés, les EAPA (Enseignants en Activité Physique Adaptée), formés à accompagner des personnes fragilisées. L'APA s'inscrit dans les programmes personnalisés de rééducation et de réadaptation, en complémentarité avec d'autres disciplines comme la kinésithérapie ou l'ergothérapie, dont elle reste distincte sur le plan médical et réglementaire. Elle peut être proposée dans les cliniques de soins médicaux et de réadaptation (SMR) ou au sein de certains établissements comme les EHPAD ou encore en HAD (Hôpital à Domicile), sur prescription médicale.
Absolument. L'entrée en EHPAD ne signifie pas la fin de l'activité physique, bien au contraire. Dans les établissements LNA Santé engagés dans le dispositif ParKours, l'activité physique adaptée fait partie intégrante du projet personnalisé de soins de chaque résident. Des ateliers de gymnastique douce, des parcours de marche intérieurs et extérieurs, ou encore des activités de coordination comme le ping-pong y sont proposés régulièrement. Chaque activité est adaptée aux capacités et aux envies de la personne, en lien avec l'ensemble des professionnels qui l'accompagnent.
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- Maladies neuroévolutives

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