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Qu’est-ce que l’activité physique adaptée (APA) ?
L'activité physique adaptée désigne l'ensemble des pratiques physiques et sportives dont le contenu, les modalités et l'encadrement sont ajustés à l'état de santé, aux capacités fonctionnelles et aux contre-indications médicales d'une personne. Elle se distingue de la pratique sportive ordinaire par son caractère individualisé et supervisé par des professionnels formés : les enseignants en activité physique adaptée (EAPA) ou des professionnels de santé de rééducation.
L'APA ne vise évidemment pas la performance. Elle cherche à maintenir ou améliorer les capacités fonctionnelles, à prévenir les complications liées à l'inactivité, à favoriser l'autonomie et à améliorer la qualité de vie de la personne. Elle peut prendre des formes très diverses selon les besoins : marche encadrée, renforcement musculaire doux, travail de l'équilibre et de la coordination, exercices respiratoires, natation adaptée, yoga thérapeutique, etc.
Quelles maladies chroniques peuvent bénéficier de l'APA ?
La liste des pathologies pour lesquelles l'APA a démontré des effets bénéfiques est large et régulièrement revue à la hausse. La HAS a publié des référentiels de prescription pour une vingtaine de situations cliniques, parmi lesquelles :
- Les maladies cardiovasculaires : insuffisance cardiaque chronique, maladie coronaire stable, hypertension artérielle, artériopathie des membres inférieurs
- Le diabète de type 2, le surpoids ou l'obésité
- Les maladies respiratoires chroniques : bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO)
- Les pathologies oncologiques : l'APA est proposée aux personnes atteintes de cancer, notamment dans le cadre de la rééducation en clinique de soins médicaux et de réadaptation (SMR) ou en hospitalisation à domicile (HAD-R "de réadaptation")
- Les maladies neurologiques : accident vasculaire cérébral (AVC), maladie de Parkinson, sclérose en plaques
- Les troubles musculo-squelettiques : arthrose, polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite axiale, lombalgie chronique
- La dépression et certains troubles psychiatriques
Cette diversité illustre la transversalité de l'APA, qui peut accompagner une personne à différentes étapes de sa vie avec la maladie, que ce soit en phase de rééducation active, de stabilisation ou de prévention des complications.
Les bienfaits de l'APA sur la santé physique
Les effets bénéfiques de l'activité physique adaptée sur la santé physique des personnes atteintes de maladie chronique sont aujourd'hui bien documentés. Selon le ministère de la Santé, la pratique régulière d'une activité physique est associée à une réduction significative de la mortalité précoce. Ces bénéfices s'observent même pour des niveaux d'activité modérés et inférieurs aux recommandations générales de l'OMS.
Amélioration des capacités fonctionnelles et de l'endurance
L'un des effets les plus concrets de l'APA est l'amélioration progressive de la tolérance à l'effort. Pour une personne touchée par une maladie chronique, retrouver la capacité de marcher plus longtemps, de monter des escaliers ou de réaliser des gestes du quotidien sans épuisement représente un gain considérable d'autonomie et de qualité de vie.
Réduction de la fatigue chronique
Paradoxalement, l'activité physique contribue à réduire la fatigue chronique, souvent associée aux maladies de longue durée et à leurs traitements. Ce bénéfice est particulièrement documenté chez les personnes atteintes de cancer, pour lesquelles la fatigue liée aux traitements est l'un des effets secondaires les plus invalidants.
Effets sur les paramètres biologiques et la progression de la maladie
Selon les pathologies, l'APA peut contribuer à améliorer le contrôle glycémique chez le patient diabétique, à réduire la pression artérielle, à préserver la masse musculaire, à améliorer la capacité respiratoire ou encore à maintenir l'équilibre. Elle peut également agir favorablement sur la composition corporelle et prévenir la dénutrition, notamment chez les patients en rééducation oncologique.
Il convient toutefois d'être prudent : l'APA ne permet pas de guérir les maladies chroniques. Elle contribue à leur meilleure gestion, à stabiliser certains paramètres et à ralentir certaines évolutions défavorables, en complément des traitements médicaux prescrits.
Comment est mise en place l’activité physique adaptée dans un parcours de rééducation ?
L'APA ne s'improvise pas et ne se prescrit pas à la légère. Sa mise en œuvre repose sur une évaluation rigoureuse et une coordination pluridisciplinaire, afin de garantir à chaque patient une pratique adaptée à sa situation.
Une évaluation préalable indispensable
Avant tout démarrage d'un programme d'APA, un bilan est réalisé par l'équipe médicale, paramédicale et de rééducation. Ce bilan prend en compte l'état de santé général du patient, sa condition physique, ses capacités fonctionnelles, les contre-indications liées à sa pathologie ou à ses traitements, ainsi que ses préférences et sa motivation.
Un programme personnalisé et évolutif
Le programme d'APA est construit sur mesure. Il précise les types d'exercices pratiqués, leur intensité, leur durée et leur fréquence. Il est régulièrement réévalué pour être ajusté à l'évolution de l'état du patient. L'objectif est de progresser à un rythme adapté, sans jamais mettre la personne en difficulté ou en situation de risque.
Un encadrement par des professionnels formés
Le programme est élaboré et supervisé par l'enseignant en activité physique adaptée (EAPA), en lien étroit avec l'ensemble de l'équipe médicale et paramédicale : médecin, kinésithérapeute, ergothérapeute, infirmière, psychologue... Cette approche pluridisciplinaire est la clé d'une prise en charge cohérente et sécurisée.
A l’Institut Médical de Sologne, les patients peuvent aussi réaliser des séances d’activité physique adaptée à distance, avec la télé-réadaptation. Une solution qui permet d’éviter la fatigue des déplacements, tout en étant suivi par un professionnel expert.
En EHPAD, en clinique SMR ou en hospitalisation à domicile : l’approche de LNA Santé
Au sein de LNA Santé, dont la vocation est de soigner et prendre soin des personnes fragilisées, l'APA s'intègre naturellement dans les programmes personnalisés de rééducation et de réadaptation proposés dans les cliniques de soins médicaux et de réadaptation (SMR). Elle peut être proposée à des patients atteints de cancer, de maladies cardiovasculaires, de pathologies respiratoires ou neurologiques, selon les orientations médicales.
L’activité physique adaptée est également accessible dans le cadre de l'hospitalisation à domicile (HAD), en spécialité “HAD de réadaptation”. Cela permet à des patients ne pouvant se déplacer de bénéficier d'un accompagnement en rééducation directement chez eux, dans leur environnement quotidien.
En EHPAD, les résidences médicalisées LNA Santé ont pour la plupart un enseignant en activité physique adaptée, salarié (dans le cas contraire, un professionnel libéral intervient). Les résidents, au cours de leur journée peuvent ainsi pratiquer de nombreuses activités : boxe, ping-pong, escalade (comme aux Villas d’Epidaure), ou encore gymnastique douce.
Le sport santé en pratique : l’exemple du Moulin Vert
Au centre de réadaptation du Moulin Vert, à Nieuil-l'Espoir, l'activité physique est placée au cœur de l'approche thérapeutique. L'établissement accueille des patients en réadaptation cardiovasculaire ou en réhabilitation respiratoire, à la suite d'un infarctus, d'une pathologie respiratoire ou d'une opération à cœur ouvert. Les exercices d'endurance et de renforcement musculaire permettent d'améliorer la fonction cardiorespiratoire, mais les bénéfices ne s'arrêtent pas là : les activités collectives jouent aussi un rôle central dans la reconstruction sociale et psychologique des patients.
En mars 2026, lors d'une séance animée par Thibaut Lefrançois, para-athlète de l'équipe de France et ambassadeur sport-santé au sein de LNA Santé, les patients se sont essayés au volley assis, une activité sportive et ludique qui a rapidement fédéré les participants autour d'un objectif commun.
Les profils sont très variés, de la vingtaine à plus de 90 ans. Face à cette diversité, la priorité reste l'adaptation : les exercices sont ajustés aux capacités de chacun, avec une progression sécurisée encadrée par une équipe pluridisciplinaire. Si tous n'arrivent pas avec l'envie de bouger, beaucoup repartent avec une confiance retrouvée, et certains redécouvrent des capacités qu'ils pensaient avoir perdues !

Quelques conseils pour pratiquer l’APA en toute sécurité
Si vous êtes atteint d'une maladie chronique et souhaitez savoir si l'APA peut vous concerner, voici quelques repères essentiels :
En parler à votre médecin en premier lieu. Lui seul peut évaluer votre situation médicale et, si cela est pertinent, vous orienter vers un programme d'APA ou rédiger une prescription d'activité physique adaptée.
- Ne pas chercher à reproduire seul des exercices non adaptés à votre état. Un programme d'APA est conçu par des professionnels qui connaissent vos capacités et vos limites.
- Avancer progressivement. Les bénéfices de l'APA s'installent dans la durée. L'enjeu n'est pas l'intensité, mais la régularité et la progressivité.
- Écouter son corps. Toute douleur inhabituelle, essoufflement excessif ou malaise doit amener à interrompre l'activité et à en informer l'équipe médicale et de rééducation.
- Rester motivé en donnant du sens à la pratique. Comprendre pourquoi on pratique et observer ses propres progrès, même modestes, est un puissant moteur d'adhésion.
Bon à savoir : Depuis 2016, les médecins peuvent prescrire une activité physique adaptée pour les patients atteints d'une Affection de Longue Durée (ALD). La loi du 2 mars 2022 a élargi cette possibilité aux patients atteints de maladies chroniques ou présentant des facteurs de risque.
Les questions fréquentes
L'activité physique réduit-elle les maladies chroniques ?
L'activité physique ne guérit pas les maladies chroniques, mais elle contribue significativement à leur meilleure gestion. Des études démontrent qu'une pratique régulière peut stabiliser certains paramètres cliniques, réduire la fréquence ou la sévérité des symptômes, prévenir les complications et améliorer la qualité de vie.
Est-il possible de faire du sport avec une maladie chronique ?
Oui, dans la grande majorité des cas, une activité physique est non seulement possible mais recommandée, même en présence d'une maladie chronique. La clé réside dans l'adaptation : l'intensité, le type d'exercice et la durée doivent être ajustés à l'état de santé de la personne. C'est précisément l'objet de l'activité physique adaptée, encadrée par des professionnels formés. L'avis du médecin traitant reste le préalable indispensable avant toute reprise ou initiation d'une activité physique.
A quel moment du parcours de soin l'APA peut-elle être proposée ?
L'APA peut être proposée à différentes étapes du parcours de soin : pendant une hospitalisation en clinique SMR, en cours de traitement pour un cancer (entre deux cures, par exemple), dans le cadre d'une hospitalisation à domicile, ou encore après un retour à domicile lorsque la personne est suivie en ambulatoire. L'important est que son intégration dans le projet thérapeutique soit évaluée et validée par l'équipe médicale et de rééducation en amont.
Qui prend en charge le coût d'un programme d'APA ?
Le financement de l’activité physique adaptée dépend du cadre dans lequel elle est proposée. Lorsqu’elle s’inscrit dans un parcours de soins en soins médicaux et de réadaptation (SMR) ou dans une hospitalisation à domicile (HAD), elle peut être intégrée à la prise en charge globale du séjour ou du programme de soins, selon l’organisation de la structure.
En revanche, la prescription d’une activité physique adaptée ne donne pas, à elle seule, droit à un remboursement automatique par l’Assurance maladie. En dehors d’un cadre hospitalier ou de réadaptation pris en charge, les séances restent le plus souvent à la charge du patient, même si certaines structures proposent des tarifs accessibles.
Selon les cas, une complémentaire santé peut proposer une prise en charge partielle ou totale, sous réserve des garanties du contrat et sur présentation d’une prescription ou de justificatifs. Il est donc recommandé de vérifier directement auprès de sa mutuelle et, si besoin, de se rapprocher de son médecin, ou de la structure de soins concernée.
Sources et références
Haute Autorité de Santé (HAS) - Consultation et prescription médicale d'activité physique à des fins de santé. Recommandations, avril 2024. https://www.has-sante.fr
Haute Autorité de Santé (HAS) - L'activité physique : votre meilleure alliée santé. Fiches patients par pathologie. https://www.has-sante.fr
Ministère de la Santé et de la Prévention - Activité physique, sédentarité et santé. Mise à jour septembre 2025. https://sante.gouv.fr
Institut National du Cancer (INCa) / AFSOS - Activité physique et cancer. Référentiel AFSOS, version validée mai 2024. https://www.afsos.org
Inserm - Activité physique : Prévention et traitement des maladies chroniques. Expertise collective, 2019.
Organisation mondiale de la Santé (OMS) - Recommandations mondiales sur l'activité physique pour la santé. 2022.
Loi n° 2022-296 du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France, élargie à la prescription d'APA pour les maladies chroniques.
Article Le7.info, « Se reconstruire par le sport », Centre de réadaptation du Moulin Vert, Nieuil-l’Espoir, 19 mars 2026.
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