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L’activité physique adaptée (APA) : un traitement non médicamenteux
L’activité physique adaptée peut être proposée par des professionnels formés (enseignants APA, kinésithérapeutes) en lien avec l'équipe soignante, que cela soit en Ehpad, en SMR ou en HAD. Validée par l'Institut national du cancer (INCa), la Haute Autorité de Santé (HAS) et de grands centres comme programme de soin à part entière, cette approche présente des bénéfices largement prouvés sur le plan scientifique.
Agir sur la fatigue et le moral : les bénéfices concrets
Intégrée au parcours de soins, l'activité physique adaptée génère des effets mesurables, pendant et après les traitements. Un état des lieux et des connaissances de l’Institut national du cancer (édition 2017) met en avant par exemple une baisse d'environ 25 % de la fatigue perçue, une meilleure tolérance aux traitements, ainsi qu’un sommeil et un moral améliorés. Elles montrent aussi un maintien de la masse musculaire et des capacités cardio-respiratoires. La qualité de vie globale du patient s'améliore de manière significative, selon les critères cliniques.
Après le diagnostic, une pratique régulière réduit le risque de rechute et de mortalité pour certains cancers : sein (de 20 à 30 %), côlon (de 30 à 40 %) et prostate (de 30 à 45 %). Même des volumes d'activité modestes apportent ces bénéfices, y compris chez des personnes peu sportives au départ, à condition que l'activité soit adaptée et progressive.
Au-delà des chiffres, l’activité physique est le garant de votre indépendance. Le cancer et ses traitements peuvent entraîner une fonte musculaire (sarcopénie) qui rend les gestes simples plus coûteux en énergie. En entretenant votre force et votre équilibre, vous agissez directement sur votre qualité de vie : monter un escalier sans vous essouffler, porter vos courses, ou simplement continuer à vous déplacer sans aide.
Maintenir cette capacité d'action, c'est préserver sa liberté de mouvement et réduire le sentiment d'isolement, pour que la maladie ne restreigne pas votre périmètre de vie sociale et familiale.
Idées reçues : ce qu’il faut vraiment savoir pour bouger en sécurité
Idées reçues : ce qu’il faut vraiment savoir pour bouger en sécurité
L’activité physique dans le cas d’un cancer fait l’objet de certaines idées reçues. Voici les plus courantes :
- « Bouger aggrave la fatigue » : au contraire, une activité adaptée réduit la fatigue liée aux traitements et améliore le sommeil et l'humeur.
- « Il y a un risque de réveiller le cancer » : aucune donnée ne va dans ce sens. L'activité physique est recommandée par l'Inca et la HAS, intégrée au parcours de soins.
- « Il est trop tard pour commencer » : les bénéfices existent à tout âge et à tout stade, à condition d’y aller progressivement et en respectant les contre-indications.
- « Il y a un danger en cas de PAC, stomie, lymphœdème, métastases osseuses » : des exercices spécifiques sont possibles à condition de sécuriser le geste et les amplitudes, après avis médical et bilan par un enseignant APA ou un kinésithérapeute.
- « Il faut transpirer pour que ce soit vraiment utile » : la marche active et le renforcement léger et régulier apportent à leur niveau des bénéfices déjà mesurables.
Un protocole type simple et progressif
L'activité physique adaptée ne s'improvise pas. près un accord médical et un bilan de vos capacités physiques, un programme personnalisé est élaboré par un enseignant APA ou un kinésithérapeute.
Voici les piliers d'un accompagnement type, modulables selon votre forme du moment :
- L'endurance (le souffle) : l'objectif idéal est d'atteindre 150 minutes par semaine (marche rapide, vélo, etc.). L'astuce ? Fractionner en petites sessions de 10 à 15 minutes, réparties sur la semaine, pour ne jamais s'épuiser.
- Le renforcement (la force) : deux séances hebdomadaires légères pour entretenir les muscles des bras, des jambes et du dos. On privilégie la qualité du mouvement et une respiration contrôlée plutôt que la charge.
- La souplesse et l'équilibre : des étirements doux pour conserver sa mobilité et des exercices spécifiques (surtout après 65 ans) pour prévenir les chutes et se sentir plus stable au quotidien.
Les 3 règles d'or de la progression
- Une marche à la fois : on n'augmente jamais tout en même temps. On commence par la durée, puis la fréquence, et enfin l'intensité.
- L'écoute du corps : le programme s'adapte à vos cycles de traitement. Si une douleur inhabituelle, une fatigue extrême ou un vertige survient, on s'arrête et on réévalue avec l'équipe soignante.
- Le plaisir avant tout : intégrez l'activité à votre routine (courses à pied, escaliers, pauses actives) pour que bouger devienne un réflexe de bien-être, et non une contrainte.
Passer à l’action : prescription, accompagnement et pratique près de chez vous
- Échangez avec votre médecin traitant ou l'oncologue, qui pourra vous prescrire une activité physique adaptée et réaliser un bilan fonctionnel
- Orientez-vous vers un professionnel formé : enseignant en activité physique adaptée ou kinésithérapeute, en lien avec l'équipe soignante
- Contactez une Maison Sport-Santé pour identifier un programme près de votre domicile et vérifier l'éligibilité au sport sur ordonnance
- Intégrez si nécessaire un programme structuré en SMR oncologie avec suivi pluridisciplinaire (une prescription médicale est nécessaire, en hospitalisation complète ou en hôpital de jour).
- Réduisez votre sédentarité au quotidien, progressivement : si possible, faites des marches de 10 à 15 minutes si les conditions le permettent, montez des escaliers, faites vos courses à pied, accordez-vous des pauses actives régulières
- Tournez-vous vers les dispositifs d’aide et d’accompagnement : PFR (plateformes d’accompagnement et de répit), forfait après‑cancer (bilan APA, psychologie, diététique), aides des collectivités, Ligue contre le cancer, complémentaires santé
Une activité physique qui s’adapte aux contraintes
Après une chirurgie, en présence d'une stomie, de neuropathies, de douleurs ou de métastases osseuses, il est recommandé de privilégier un travail guidé, sans impacts, avec des amplitudes progressives et des appuis sécurisés.
Le principe à respecter : aucune douleur inhabituelle ni essoufflement extrême ne doit être ressenti. En cas de vertiges, de fièvre, de poussée de lymphœdème ou de douleur osseuse, il est important d'arrêter l'activité et de réévaluer la situation avec le référent APA.
Les questions fréquentes sur le sport en cas de cancer
Est-ce que l’exercice peut améliorer mon moral, mon sommeil et ma qualité de vie ?
Oui, une pratique régulière et adaptée diminue la fatigue, l’anxiété et les symptômes dépressifs, tout en améliorant le sommeil et l’image de soi. Elle favorise aussi un meilleur sentiment d’autonomie et de contrôle sur son corps, ce qui se traduit par une qualité de vie globale significativement améliorée.
Est-ce que l’activité physique peut aggraver mon cancer ou « réveiller » la maladie ?
Non, les données portant sur cette question montrent qu’une activité physique adaptée n’aggrave pas le cancer et ne « réveille » pas la maladie. Au contraire, pratiquée dans de bonnes conditions, elle est associée à une réduction du risque de récidive et de mortalité pour plusieurs cancers, ainsi qu’à une meilleure tolérance des traitements.
Quelles activités sont les plus recommandées quand on a un cancer ?
Les activités d’endurance douce à modérée (marche active, vélo, natation, gymnastique douce) sont particulièrement recommandées, associées à un renforcement musculaire léger et à des exercices de souplesse et d’équilibre. L’objectif idéal est de tendre progressivement vers environ 150 minutes par semaine d’endurance modérée, complétées par 2 séances de renforcement et quelques séances d’étirements, en adaptant toujours l’intensité à votre état du moment.
L’activité physique adaptée est-elle remboursée ou prise en charge dans le cadre du sport sur ordonnance ?
Oui, si l’activité physique adaptée est prescrite médicalement et intégrée à un programme de soins global (par exemple dans le cadre d’une hospitalisation complète ou de jour en SMR), elle est prise en charge par l’Assurance Maladie comme les autres soins du séjour. Les frais liés au programme (séances d’APA, rééducation, autres soins) sont alors inclus dans le tarif d’hospitalisation, avec un reste à charge éventuel limité au forfait journalier et aux suppléments hôteliers, qui peuvent être couverts intégralement ou partiellement par votre complémentaire santé.
En dehors d’un programme structuré en établissement (SMR, centre de santé, etc.), les séances d’APA réalisées en ville ne sont pas systématiquement remboursées par l’Assurance Maladie ; leur prise en charge dépend alors des politiques de votre mutuelle ou de dispositifs locaux (collectivités, programmes Sport‑Santé).
Sources
- Institut national du cancer (INCa) – Bénéfices de l'activité physique pendant et après cancer : des connaissances scientifiques aux repères pratiques
- Haute Autorité de Santé (HAS) – Activité physique adaptée : repères de prescription et informations aux patients
- Santé publique France – Recommandations relatives à l'activité physique et lutte contre la sédentarité chez l'adulte
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