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Télémédecine : de la Russie au Maroc

Le 13 Juin 2018 se tenait à Casablanca dans les locaux de l’université Mohamed VI des sciences de la santé, l’Assemblée générale constitutive de la Société Marocaine de Télémédecine (SMT). 


Retrouvez les épisodes précédents de la télémédecine : 

Episode 1 : l'histoire de la télémédecine 

Episode 2 : les pionniers de la télémédecine 

Episode 3 : l'espace & les armées 

Episode 4 : entre le Pacifique & la Baltique 

Publié le 06.05.19 - Télémedecine

« Cette constitutive de la SMT s’inscrit dans le cadre de la haute sollicitude dont le Roi Mohammed VI entoure les populations des zones rurales et enclavées. Créée sous forme d’association régie par le Dahir n°1-58-376 du 3 Joumada I 1378 (15 novembre 1958) réglementant le droit d’association tel qu’il a été modifié et complété, la SMT ambitionne la mise en place d’une infrastructure technologique et organisationnelle pour le développement des activités de télémédecine au profit des populations des zones rurales et enclavées ».

Des objectifs précis

Les statuts de la SMT se fixent un certain nombre d’objectifs :

  • Contribution au développement de la pratique de la télémédecine
  • Promotion et soutien à son déploiement à l’échelle nationale notamment en faveur des populations des zones défavorisées et enclavées,
  • Installation et exploitation de toute infrastructure technologique ou physique permettant la réalisation des actes de télémédecine
  • Encouragement et incitation des établissements et des professionnels de santé à la pratique des actes de télémédecine.

Les membres de la SMT sont des professionnels de santé, des industriels, des politiques concernés par les sujets de télé médecine. Des membres associés étrangers dont votre serviteur a l’honneur de faire partie, complètent le groupe.

Avec l’appui des pouvoirs publics, et le soutien du corps médical du CHU de Casablanca, la SMT a été chargée lors de cette réunion d’équiper en matériel et infrastructures des sites pilotes situés dans les zones rurales et enclavées pour permettre la réalisation d’actes de téléconsultation couvrant aussi bien la médecine générale que les spécialités identifiées comme prioritaires.

1er octobre 2018, RABAT, ministère de la santé : Pour la première fois, autour du Professeur Hicham Nejmi, un comité d’experts Maroco-Russes s’est réuni pour la séance solennelle d’ouverture de la réflexion sur le projet national de télé médecine, voulu le roi Mohamed VI.

Durant cette réunion, le Représentant de la SMT a présenté le dispositif de télémédecine au Maroc et le Représentant de la délégation russe, le système de télémédecine au niveau de la Fédération de Russie.

Les deux parties ont convenu de la tenue d’une prochaine réunion à Moscou au cours du 1er trimestre 2019, en vue de finaliser les modalités de collaboration entre les deux pays.

Par ailleurs, il est à noter que la SMT a retenu dans ses définitions de la télé médecine présentées au cours de ce colloque bilatéral, un ensemble de 5 services de santé utilisant les techniques d’information et de communication pour permettre l’accès aux soins à distance, copie conforme du modèle français, à savoir :

  • La téléconsultation
  • La Télésurveillance
  • La réponse médicale aux appels d’urgence permettant l’évaluation de la gravité de la situation et l’orientation (semblable au 15 en France) ;
  • La télé-assistance
  • La télé-expertise

Ce service de télémédecine devrait permettre de surmonter la pénurie des médecins en zones rurales et de cibler la population enclavée dans 160 communes prioritaires et qui représenteront 6 ,75% de la population marocaine à l’horizon 2024.

Ce projet national doit se déployer en 3 étapes :

•    2018 : Instauration de la télémédecine au niveau des 6 sites prioritaires ;

•    2018-2019 : Extension du dispositif dans 30 communes ;

•  2019-2025 : Généralisation du dispositif à l’ensemble des 160 communes prioritaires.

La télémédecine dispose désormais au Maroc d’une réglementation autorisant les médecins à la pratiquer en respectant des conditions bien définies. Les professionnels qui pratiquent déjà la télémédecine ont 6 mois pour se conformer aux nouvelles dispositions.

Une convention doit être signée entre les médecins privés, les établissements de santé à but non lucratif, les établissements ayant une activité de télémédecine pour organiser leur relation et les conditions dans lesquelles  elle doit être pratiquée.

 « La télémédecine ne peut être utilisée qu’après accord formel du patient. Cet accord doit être écrit, ou établi par tous les moyens possibles y compris électroniques. Le médecin doit avant de demander l’accord du patient lui présenter sa situation médicale, la nature de l’opération ou du traitement à distance, les résultats attendus, les autres alternatives ainsi que les risques et avantages présumés et les risques encourus en cas de refus ».

Les données médicales relatives au patient peuvent être échangées entre les médecins, sauf refus du patient, notamment via les nouvelles technologies d’informations dans le respect des textes relatifs à la protection des données personnelles.

Les actes médicaux réalisés dans le cadre de la télémédecine sont couverts par l’AMO.

La SMT a procédé au cours du 3ème trimestre 2018, au lancement des activités de téléconsultation dans trois structures relevant du Ministère de la Santé :

  • Le centre de santé du village d’Anfgou, relevant de la province de Midelt.
  • Le centre de santé d’Imilchil, relevant de la province de Midelt ;
  • Le centre de santé de Zaouïat Ahensal, relevant de la province d’Azilal.

Dans ce modèle, en principe, la téléconsultation est couplée à la fourniture de médicaments de première nécessité pour répondre aux besoins des patients.

 Les populations de ces trois localités (Anfgou : 4 500 habitants, Imilchil : 9 000 habitants, Zaouit Ahensal : 10 900 habitants) bénéficient dorénavant de prestations médicales assurées à distance et en temps réel par des médecins de différentes disciplines médicales (pédiatrie, gynécologie-obstétrique, dermatologie, pneumologie néphrologie, médecine interne (choisies conformément au profil épidémiologique des sites en question..) de l’Université Mohammed VI des Sciences de la Santé de Casablanca.

Les activités de télémédecine au niveau de ces localités vont être étendues à trois autres sites à partir du mois de janvier 2019. Il s’agit des localités d’Ait Tamlil (20 300 habitants), relevant de la province d’Azilal, de Taliouine (6 800 habitants), relevant de la province de Taroudant, et de Talsint (16 000 habitants), relevant de la province de Figuig.

Cette phase initiale, destinée à éprouver le concept de la télémédecine en milieu rural enclavé, permettra de capitaliser sur une véritable expérience sur le terrain et en conditions réelles, permettant par la suite le lancement d’un projet pilote couvrant une trentaine de sites dans le courant du premier semestre 2019. Cette troisième étape verra l’implication des hôpitaux régionaux relevant du Ministère de la Santé, qui joueront ainsi un véritable rôle de « hubs régionaux de télémédecine » répartis sur le territoire marocain.

 Les médecins relevant de ces hôpitaux assureront ainsi les futures activités de téléconsultation, permettant au corps médical de l’Université Mohammed VI, en sa qualité de hub national, de se dédier à la télé-expertise pour les cas la nécessitant.

Ce projet ambitieux, qui pour le moment se déploie conformément aux prévisions vise   à terme la couverture de 160 communes rurales et d’une population de près de 2 millions de personnes connaissant une enclavement sanitaire majeur.

Outre un partenariat avec la Russie, le Maroc se tourne vers d’autres coopérations :

C’est ainsi que le ministre de la Santé marocain Anass Doukkali a rencontré à New Dehli en décembre 2018 son homologue indien, Shri Jagat Prakash Nadda, pour étudier les moyens de mettre en place une collaboration entre les deux pays dans ce domaine.

Il conviendra de faire un état des lieux des réalisations et de l’avancée de ces projets d’ici un an lors de la prochaine réunion de la SMT. 

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