SSR vs SMR : quelles sont les nouveautés et évolutions ?

Christophe Coquelin, directeur des opérations sanitaires LNA Santé
« Cette nouvelle appellation est plus globale et insiste notamment sur le caractère médical de l’offre de réadaptation avec des mentions spécialisées qui évoluent ».
4 nouvelles mentions spécialisées
- la mention « Polyvalent » : elle vient spécifier les conditions qui permettront d’homogénéiser les prises en charge entre régions et entre établissements
- la mention « Pédiatrie » : elle vient privilégier l’offre pédiatrique
- la mention « Oncologie » nouvellement créée
- la mention actuelle « Onco-hématologie »
Ces 2 dernières mentions font toutes deux partie de la modalité « Cancers » qui vient faciliter l’accès des patients atteints d’un cancer à la réadaptation, à chaque étape de leur parcours.
Quels sont les changements ?
Les décrets de 2008 prévoyaient une seule modalité d’autorisation avec des possibilités de mentions complémentaires :
- une autorisation d’exercer l’activité de soins au seul titre des SSR adultes : cela correspondait au SSR indifférencié ou polyvalent ;
- cette autorisation pouvait être accompagnée de la mention de la prise en charge des enfants et/ ou adolescents, qui pouvait être conjuguée avec une ou plusieurs autres mentions listées ci-dessous ;
- la mention d’une ou plusieurs prises en charge spécialisées en SSR pour les catégories d’affections suivantes :
- affections de l’appareil locomoteur
- affections du système nerveux
- affections cardio-vasculaires
- affections respiratoires
- affections des systèmes digestif, métabolique et endocrinien
- affections onco-hématologiques
- affections des brûlés
- affections liées aux conduites addictives
- affections des personnes âgées polypathologiques, dépendantes ou à risque de dépendance.
Un même établissement pouvait être autorisé au titre de plusieurs de ces prises en charge.
Outre le changement d’appellation des établissements qui deviennent des établissements de Soins médicaux et de Réadaptation (S.M.R.), l’autorisation est désormais exercée suivant les modalités et mentions suivantes :
- Mention “polyvalent”
- Mention “gériatrie”
- Mention “locomoteur”
- Mention “système nerveux”
- Mention “cardio-vasculaire”
- Mention “pneumologie”
- Mention “système digestif, endocrinologie, diabétologie, nutrition”
- Mention “brûlés” (autorisés à la prise en charge des mineurs en passant convention avec un titulaire de l’autorisation « jeunes enfants et adolescents »)
- Mention “conduites addictives”
- Modalité “pédiatrie” comprenant les mentions suivantes :
- Mention “enfants et adolescents” (seuls autorisés à la prise en charge des mineurs de 4 ans et plus)
- Mention “jeunes enfants, enfants et adolescents” autorisés à la prise en charge des mineurs de moins de 4 ans)
- Modalité “cancers” comprenant les mentions suivantes
- Mention “oncologie”
- Mention “oncologie et hématologie”.
Christophe Coquelin souligne qu' “une mention est particulièrement attendue : c’est celle de la modalité cancers (précédemment oncologie hématologie), qui fait la place aux mentions « oncologie » à part entière et « oncologie et hématologie ». C’est la reconnaissance de l’apport des activités de réadaptation pour les prises en charge en cancérologie, et en activité de réadaptation, par exemple les programmes pour le cancer du sein, c’est vraiment une évolution structurante. »

Des activités médicales expertes reconnues
Autre point important pour Christophe Coquelin, « c’est la reconnaissance des activités d’expertise ». Les Agences Régionales de Santé (ARS) reconnaissent aux établissements, en sus de leur autorisation, des activités médicales expertes et des équipements techniques de haut niveau.
On peut notamment citer parmi les activités d’expertise :
- Réadaptation neuro-orthopédique
- Filière de réadaptation en post-réanimation à destination des patients lourds et complexes : soins de réadaptation post-réanimation, réadaptation précoce post-aigue neurologique, personnes en état végétatif chronique ou pauci-relationnel
- Réadaptation précoce post-aigue respiratoire
- Réadaptation précoce post-aigue cardiologique
- Prise en charge des troubles cognitifs et comportementaux des patients cérébro-lésés
- Prise en charge des lésions médullaires
- Prise en charge des obésités complexes
- Prise en charge des patients amputés, appareillés ou non
- Etc.
L’offre de soin sera labellisée en région. Sur la totalité des établissements actuellement autorisés en neurologie, par exemple, seuls deux pourront obtenir le label d’expertise sur la réadaptation précoce post aiguë neurologie. Cela correspond à une logique de gradation de l’offre qui permettra de mieux orienter le patient et de le prendre en soin au bon endroit.
Des plateaux techniques de haut niveau reconnus
Certains établissements SMR peuvent exercer une activité de conseil et d’expertise (hors SMR polyvalent) auprès des autres SMR. Ces établissements doivent répondre à un cahier des charges précis établi en fonction du niveau d’expertise demandé, et candidater auprès de l’ARS pour obtenir ce label, et à côté des logiques d’expertise médicale, s’ajoutent des logiques de plateaux techniques spécialisés.
Désormais, il y a la reconnaissance du savoir-faire spécifique autour de ces plateaux techniques disposant d’un certain nombre d’équipements de pointe. Seuls les centres de réadaptation qui assurent l’accès à des équipements particuliers pourront prétendre à des financements particuliers.
Ces financements spécifiques viennent reconnaître que certains établissements ont un plateau technique qui correspond à un savoir-faire particulier et qui peut prodiguer des soins à un patient, dans l’optique de répondre à une problématique complexe pour obtenir des résultats améliorés.
En savoir plus sur les SMRUne offre d’accueil qui s’enrichit
Hospitalisation ambulatoire
Dans une logique nationale de développement des soins ambulatoires, le titulaire de l’autorisation SMR peut désormais organiser un mode de prise en charge en hospitalisation complète et à temps partiel (hospitalisation de jour notamment).
Cette tendance répond à la fois aux attentes des patients et des résidents, mais aussi à l’enjeu public de la maîtrise de la dépense de santé. LNA Santé a développé des offres diversifiées qui répondent parfaitement à cette attente :
- un fort développement des alternatives à l’hospitalisation complète : hôpital de jour (HDJ), hospitalisation à domicile (HAD) ;
- en SMR, 13 % à 30 % de nos places (selon la spécialité) sont déjà proposées en hôpital de jour.
Une prise en soin du patient plus globale
De simples établissements d’aval auparavant, c’est-à-dire dévolus à la prise en charge d’un patient après un acte aigu en chirurgie ou médecine à l’hôpital, les SMR ont désormais une place centrale dans le parcours de soins du patient.
Ils doivent développer les conventions en amont et en aval avec les établissements de soins de courte durée, ou longue durée, ou ESMS (établissements et services médico-sociaux) et ce faisant permettre aux patients :
- Leur prise en charge dans les structures dispensant des soins de courte durée ou de longue durée
- Leur préparation et leur accompagnement à la réinsertion, notamment par l’admission en établissement ou en service médico-social
- Un séjour venant encadrer un acte programmé, et nombreux sont les exemples où une préparation en établissement SMR permet au patient d’être au mieux de son potentiel de récupération en vue d’une chirurgie (prothèse de hanche dans un parcours d’ortho-gériatrie, préparation à une intervention cardiologique ou à une chirurgie de réduction gastrique, etc.)
Christophe Coquelin précise : « C’est un renversement des logiques institutionnelles historiques qui prévalaient dans le système de santé. Cela renforce la place des centres de réadaptation dans les parcours de prise en charge où ils jouent un rôle de pivot incontournable dans les filières de soins. Concrètement, demain ces établissements ont vocation à être plus experts et plus ouverts, en connexion avec la médecine de ville, les équipes mobiles, l’hospitalisation à domicile. »
La mise en en place des SMR chez LNA Santé
Réforme des SSR : quel impact chez LNA Santé ?
Les nouvelles obligations sur l'organisation des soins prendront effet à partir du 1er juin 2023.
La réforme des autorisations des SMR a un impact relativement minime sur les activités d’ores et déjà mises en œuvre dans les établissements de LNA Santé dans la mesure où elle n’impose pas de nouvelles obligations majeures.
En effet, LNA Santé est engagé depuis très longtemps dans cette logique de spécialités et développement d’expertises médicales, de prise en compte du virage ambulatoire. Il n’y aura donc pas d’évolution drastique, mais cela conforte ce que les établissements SSR mettaient déjà en œuvre. C’est donc une reconnaissance des choix stratégiques engagés par LNA Santé bien en amont de la réforme.
Nos établissements de soins médicaux et de réadaptation
LNA Santé c'est plus de 15 structures SMR réparties sur l’ensemble du territoire.
* Décrets portant réforme des autorisations du secteur Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) :
- Décret n° 2022-24 du 11 janvier 2022 relatif aux conditions d'implantation de l'activité de soins médicaux et de réadaptation
- Décret n° 2022-25 du 11 janvier 2022 relatif aux conditions techniques de fonctionnement de l'activité de soins médicaux et de réadaptation

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