La collaboration au service du patient  !

L’HAD Haute-Savoie Sud, basé à Annecy, couvre un bassin de 350 000 habitants et les 65 professionnels prennent en soin environ 85 à 90 patients par jour. Si LNA Santé privilégie l’intégration des professionnels de l’hôpital à domicile en les salariant, l’établissement savoyard a choisi de développer, depuis quatre ans, un modèle « mixte », s’appuyant également sur des infirmiers libéraux. Isabelle Lavigne, directrice de l’établissement, explique ce choix :

« Ce partenariat renforcé avec les infirmiers libéraux apporte une valeur ajoutée évidente pour le patient. Alors que nos équipes pluridisciplinaires interviennent sur un temps donné, en phase aiguë ou instable de la maladie, les soignants libéraux sont présents, bien souvent au quotidien, avant comme après notre intervention. Ils connaissent bien le patient, son entourage, sa maladie… Ils garantissent une continuité de la relation et de la prise en soin. C’est pourquoi nous demandons à chaque nouveau patient s’il souhaite que ses professionnels libéraux interviennent en complémentarité des soignants de l’HAD à son domicile. »

Isabelle Lavigne, directrice HAD Haute-Savoie Sud

Un partenariat construit dans la confiance

Aujourd’hui, les interventions de l’HAD Haute-Savoie Sud sont réalisées avec 60 % d’infirmiers salariés et 40 % de libéraux. Ce résultat est l’aboutissement d’une démarche engagée il y a quatre ans. Elle a nécessité de sensibiliser les cabinets infirmiers à l’intérêt d’une collaboration mutuelle. Plusieurs cabinets sont entrés dans la démarche, puis un comité de pilotage a été créé ; il se réunit plusieurs fois par an. Il permet notamment de définir les modalités opérationnelles de la collaboration. Plusieurs solutions ont été développées pour permettre aux libéraux d’accéder aux données du dossier patient (via une application mobile) pour tracer la prise en soin ou encore pour faciliter le règlement des interventions via la dématérialisation des factures. Concrètement, comment ça marche ? Une convention de partenariat est passée avec chaque cabinet. Et pour chaque intervention chez un patient, une lettre de mission spécifique est mise en place par le médecin coordinateur et l’IDE coordinatrice de l’hôpital à domicile qui organisent la répartition des soins entre les brigades de l’HAD et le professionnel libéral.

En parallèle, l’HAD est soucieux d’aller plus loin. Il associe les professionnels libéraux, notamment en leur proposant de participer à des formations ou à des temps de partage. Isabelle Lavigne précise : « À terme, nous souhaitons aussi les intégrer dans des réflexions plus globales, par exemple sur le matériel. Il serait intéressant d’avoir leur vision des axes d’amélioration possibles en la matière au regard de leur expertise du domicile. »