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LNA Santé | Zoom sur le métier d’Orthophoniste

En France, près de 12 000 personnes exercent la profession d’orthophoniste. Ce métier est loin de connaître la crise avec un taux de chômage inférieur à 2 %. La plupart d’entre eux exercent en libéral et certains sont salariés d’une entreprise. Avant toute chose, revoyons en quoi consiste ce métier …

Publié le 26.07.19 - Les professionnels de santé

Qu’est-ce qu’un orthophoniste ?

Profession paramédicale, le métier d’orthophoniste consiste à venir en aide à une personne et rééduquer différents troubles tels que ceux :

  • de la parole, de la voix, du langage après un AVC (Accident Vasculaire Cérébral), de l’articulation
  • des paralysies faciales, de la déglutition, de la respiration
  • des fonctions cognitives : mémoire, attention, concentration
  • de l’audition et la surdité
  • des troubles neurologiques ou neurodégénératifs
  • de l’apprentissage chez l’enfant : dyslexie, retard du langage écrit

Ces difficultés peuvent être d’origine congénitale (autisme, retard de langage, troubles intellectuels), liées à des accidents vasculaires cérébraux, des traumatismes crâniens  ou des maladies neurologiques (maladie de Parkinson, Sclérose En Plaques, maladie d’Alzheimer et troubles apparentés…)  ou survenir après des opérations des organes liés au langage, à la parole et à la déglutition. Sur prescription médicale, l’orthophoniste intervient auprès d'enfants, d'adolescents, d'adultes et de personnes âgées dans un but de prévention et de réadaptation.

Au sein de nos résidences médicalisées LNA Santé, les orthophonistes exercent en libéral. Ils interviennent auprès des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés pour prévenir les conséquences de la dégénérescence et maintenir le plus possible les fonctions cognitives. Ils prennent en charge des résidents souffrant de troubles du langage, de la communication ou de la déglutition. Ils travaillent également sur les troubles de la mémoire et de l’attention de la personne âgée.

Dans la plupart de nos établissements de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) LNA Santé, les orthophonistes sont salariés et intégrés à l’équipe paramédicale de l’établissement. Au sein de l’Institut Médical de Breteuil (IMB), une équipe d’orthophonistes accueille des patients adultes, en état de dépendance temporaire ou définitive, pour un temps de  rééducation et/ou de réadaptation. Afin d’en savoir plus sur la façon d’exercer en SSR, nous avons interviewé l’équipe…

Le métier d’orthophoniste en établissement de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR)

Dynamiques et passionnées, les quatre orthophonistes de l’IMB nous dévoilent comment elles rééduquent les troubles du langage, de la parole ou bien encore de la déglutition…

" En orthophonie, une prise en charge spécifique est proposée pour différentes pathologies, avec une prédominance de patients en situation de post-AVC. Les accidents vasculaires cérébraux représentent la première cause d’invalidité lourde entraînant la dépendance. Selon la localisation et l’étendue de la lésion, l’AVC peut endommager des zones du cerveau responsables du langage (compréhension, expression), de l’articulation, de la voix,  des fonctions cognitives, de la déglutition...Toutes ces  fonctions lésées peuvent être prises en charge en  orthophonie. Nous avons choisi de vous présenter les principales adaptations mises en place pour la rééducation du langage, de la parole et de la déglutition.

La rééducation du langage et de la parole

Pour les troubles du langage (aphasies) et de la parole (anarthrie, dysarthrie et dysphonie), notre priorité  est de rétablir le lien entre le patient et sa famille et de lui permettre également de communiquer au mieux ses besoins avec les équipes soignantes.

Dès l’arrivée du patient, selon ses difficultés de communication,  une planche de pictogrammes est mise à sa disposition afin que celui-ci puisse se faire comprendre  pour les demandes  essentielles de soins. Puis, nous mettons en place des carnets ou des tablettes de communication adaptées aux capacités  visuelles et motrices du patient. Elles sont entièrement personnalisées en fonction  de ses besoins et évoluent au fur et à  mesure   de   la  prise   en   charge.   Nous proposons parfois d'autres moyens de communications alternatives ou augmentatives : synthèses vocales, électroniques, systèmes alphabétiques,  laryngophone (prothèse phonatoire  externe qui remplace la vibration des  cordes vocales), et commandes oculaires.

La mise en place et l’apprentissage de ces outils peut prendre du temps et nécessite un travail en pluridisciplinarité (assistante sociale, orthophoniste et ergothérapeute). Une rencontre avec la famille est souvent proposée à la suite du bilan afin d’expliquer l’aphasie, remettre des plaquettes explicatives et informer les stratégies et astuces qui vont permettre de faciliter la communication avec leurs proches.

La rééducation de la déglutition

En ce qui concerne les troubles de la déglutition (dysphagie), il faut savoir qu’environ 29 à 51% des  personnes ayant subi un AVC sont en difficulté pour mastiquer et déglutir les premiers jours (ou semaines). Une grande majorité des  patients que nous accueillons au sein de l’Institut Médicale de Breteuil, et en particulier sur nos deux services de neurologie,  présente ce type de trouble. C’est pourquoi un certain nombre de mesures ont été mises en place afin d’assurer la sécurité du patient.

  • Une formation à l’intention du personnel soignant a été organisée en amont expliquant les  mécanismes de la  déglutition, le dépistage des troubles de la  déglutition et l’intérêt des adaptations. Différents professionnels de santé (orthophoniste, ergothérapeute, infirmier et  diététicien) sont intervenus en fonction de leur champ de compétences. Une information particulière est faite concernant l’hygiène bucco-dentaire qui est la première cause de pneumopathies d’inhalation (conséquence d’une fausse route).
  • Des séances de rééducation orthophonique qui comprennent : un bilan de la déglutition, des exercices de rééducation des mécanismes lésés, la prescription de textures alimentaires (texture normale ou hachée ou mixée, évictions des aliments a risque de fausse route) et de  boissons adaptées (eau plate ou eau gazeuse ou eau gélifiée), le suivi régulier des repas, l’enseignement d’une posture de sécurité pour déglutir et l’information à l’entourage ainsi qu’aux soignants.
  • Une fiche d’information est remise au patient, à la famille ou à l’aidant principal lors d’un entretien  spécifique pour leur permettre de comprendre le mécanisme de déglutition, de mieux repérer les  fausses routes et d’adopter les bonnes conduites (installation au repas, choix des aliments …).Une signalisation des patients présentant des troubles de la  déglutition est faite dans le dossier médical et sur la planification des salles de soins.
  • Des dessous de verres spécifiques  en salle de restaurant et un affichage personnalisé en chambre  sont également mis en place après accord du patient. Toutes  ces signalisations avertissent l’entourage sur les troubles,  rappellent la posture de sécurité et les aliments dits « à risque »  et éveillent aussitôt la vigilance des soignants.
  • Une salle spécifique de restauration a été installée pour permettre aux patients, qui ont besoin  d’une surveillance particulière ou d’une aide importante au repas, de progresser au calme.
  • Une adaptation des couverts est proposée en lien avec les ergothérapeutes, comprenant notamment : des sets antidérapants, des contours d’assiette, des couverts alestés, à manche grossi ou coudé,  des verres à anse, à découpe nasale 
  • Un menu trouble de la déglutition a été créé, en accord avec la diététicienne et le cuisinier. Ainsi,  les aliments présentant un risque pour les patients dysphagiques sont mixés ou remplacés par un équivalent sur le plan nutritionnel.
  • Une fiche d’épaississement des liquides (soupe/café/jus…) a été rédigée à l’intention des soignants  pour uniformiser les pratiques. Ainsi la boisson, quel que soit le volume, conserve son goût, reste agréable à manger et le patient retrouve toujours la texture prescrite par son orthophoniste. Deux  niveaux d’épaississement sont proposés pour répondre aux besoins de chacun. Cela permet de diversifier les boissons et favoriser l’hydratation.

Grâce à une prise en charge pluridisciplinaire, évolutive et individualisée, l’objectif final de nos soins  est d’accompagner la  récupération pour optimiser la ré-autonomisation et de proposer des moyens de compensations si nécessaire."

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