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L'alcoolisation fœtale : s'informer pour adopter les bons réflexes

La consommation d’alcool chez la femme enceinte aura des conséquences physiques, cognitives et comportementales chez l’enfant à naître. La consommation d’alcool (quelqu’il soit : bière, vin, alcool fort, apéritif), dès la conception et à tous les stades de la grossesse et ce quelque soit le type de consommation (ponctuelle, quotidienne ou excessive) présente des risques pour l’enfant à naître. 

 
Publié le 09.09.19 - Spécialité - Nutrition et Diabète

L’alcool a un effet tératogène, c’est-à-dire qu’il est susceptible de causer des malformations chez le foetus, il aura un impact sur le développement du cerveau de l’enfant. L’alcool passe de la mère au foetus via le placenta, le taux d’alcoolémie de la mère est le même que celui du foetus. 

Pour cette raison, la recommandation des professionnels de santé est la suivante : “0 alcool pendant la grossesse”. Or, selon une étude réalisée en 2006 auprès de 150 femmes hospitalisées en maternité, plus de 40% des femmes continuent à boire pendant leur grossesse et près de 5% d’entre elles consomment plus de 2 verres d’alcool par jour. 

Ces troubles liés à la consommation d’alcool pendant la grossesse sont connus sous les noms de SAF : Syndrome d’Alcoolisation Foetale et de ETCAF : Ensemble des Troubles Causés par l'Alcoolisation Foetale, aussi appelés SAF incomplets ou partiels. 

 

Les troubles causés par l’alcoolisation foetale en France 

L’intoxication alcoolique foetale a été mise en évidence dans les années 60, le syndrome d’alcoolisation foetale est prouvé en 1970.

En France, on estime que 9% des naissances vivantes sont concernées par un trouble causé par l'alcoolisation foetale. Le Syndrome d’Alcoolisation Foetale touche entre 0,5% et 3% des naissances, soit 8000 enfants touchés par les ETCAF. En comparaison, la France enregistre seulement 400 naissances d’enfants touchées par la trisomie chaque année. 

Certains départements sont plus impactés comme le Nord Pas-de-Calais, la Normandie, la Bretagne ou la Réunion. 

En France, selon le Ministère de la Santé, la consommation d’alcool pendant la grossesse est la première cause de handicap mental chez l’enfant (hors origine génétique). Un enfant touché par les ETCAF naît chaque heure. 

 

Quelles conséquences sur l’enfant ? 

Une consommation d'alcool pendant la grossesse peut avoir des conséquences graves sur l’enfant : notamment un retard de croissance, une microcéphalie, des malformations au niveau des organes, des anomalies du système nerveux central, un retard psychomoteur… 

Les nouveaux nés exposés à une alcoolisation foetale présentent des signes qui doivent alerter : difficulté à se nourrir, à dormir. Ces enfants sont généralement hyper-sensibles au toucher, à la lumière et au bruit, ils peuvent également avoir des difficultés à adopter des routines. 

Cependant, certains troubles n’apparaissent pas forcément à la naissance. Ils font leur apparition plus tard lors de l’entrée en crèche ou à l’école par exemple. Les enfants exposés à l’alcool présentent souvent des troubles de l’attention qui entraînent des difficultés d’apprentissage. 

Le Syndrome d’Alcoolisation Foetale est la forme la plus sévère des troubles causés par l’alcoolisation foetale.

C’est aussi la forme la plus facile à diagnostiquer :

  • Sillon naso-labial lisse ; 

  • Vermillon de la lèvre aminci ; 

  • Fente palpébrales raccourcie.

L’enfant peut également présenter : 

  • un retard de croissance en taille ou en poids, ou les deux ; 

  • une anomalie du système nerveux central.

L’alcoolisation foetale peut également entraîner une inadaptation sociale de l’enfant, notamment à cause de troubles du comportement : 

  • un manque d’empathie ; 

  • une hyperactivité ; 

  • des troubles de l’auto-contrôle (difficulté à prendre conscience des conséquences de ses actes),  des difficultés à gérer leurs émotions …  

L’enfant pourra aussi avoir une mauvaise mémoire à court terme et présenter des troubles du langage. 

 

Zéro Alcool pendant la grossesse 

Lorsqu’une grossesse est envisagée, ou déclarée, les professionnels de santé interrogent la femme sur ses habitudes de consommation d'alcool. 
Certaines femmes présentent plus de risques liés à l’alcool notamment à cause : 

  • d’antécédents psychopathologiques ;   

  • d’un usage à risque ou nocif, ou une dépendance à l’alcool ou à d’autres substances ; 

  • d’une consommation de tabac. 

Des difficultés dans le couples,des violences domestiques, une situation financière instable, des difficultés relationnelles et plus généralement toute situation de précarité ou de vulnérabilité doivent être prises en compte. 

Certaines femmes n’ont pas conscience des risques liés à une consommation d’alcool pendant la grossesse. D’autres facteurs comme l’isolement, la précarité ou la honte ressentie par la femme ou encore le déni doivent également être pris en compte. Une grossesse ou un projet de grossesse peuvent être l’occasion de faire le point sur sa consommation d’alcool et de profiter d’un accompagnement si cela est nécessaire. 

 

Et l'allaitement ? 

L’alcool passe dans le lait maternel. Alcool info service précise qu’aucune étude n’a rapporté de trouble sérieux du développement chez les enfants exposés à l’alcool durant l’allaitement. Néanmoins, il est recommandé de ne pas consommer d’alcool pendant l’allaitement car l’alcool entraîne une baisse de la lactation et une somnolence excessive chez certains bébés. 

Si vous prévoyez une consommation d’alcool, vous pouvez tirer votre lait en amont. Il est également recommandé de donner le sein avant de consommer de l’alcool et d’attendre deux à trois heures avant de donner le sein suite à une consommation modérée d’alcool. 

 

Comment se faire aider ? 

Vous êtes enceinte et vous souhaitez parler de votre consommation d’alcool ? Vous avez consommé de l’alcool avant d’apprendre que vous étiez enceinte ? Vous avez consommé de l’alcool pendant votre grossesse et votre enfant est né ? 

Rapprochez-vous d’un professionnel de santé, vous pouvez contacter votre médecin généraliste, votre sage femme, votre gynécologue, votre puéricultrice, un pédiatre, un pédopsychiatre, un psychiatre, un addictologue ou encore un médecin de la protection maternelle & infantile (PMI).

Pendant la grossesse, si la femme est dans une incapacité à appliquer la non-consommation d’alcool, un soutien médico-psycho-social pourra être proposé. Des tests existent comme le questionnaire AUDIT ou le T-ACE. 

A la naissance, pour les raisons évoquées précédemment, s’occuper d’un enfant exposé à l’alcoolisation foetale peut s’avérer difficile. Un dépistage précoce permet d’accompagner au mieux la mère et l’enfant. 

Pendant la grossesse un partenariat médico-social peut être mis en place, il implique alors un professionnel médical de proximité, généralement le médecin traitant, un professionnel spécialiste du suivi de la grossesse (sage-femme / gynécologue). Si la femme enceinte le désire, une personne de confiance (ami(e), voisin, famille).  

 

Association SAF FRANCE

 

Alcool Info Service

Vous avez une question ? Prenez rendez-vous dans un centre de santé proche de chez vous. 
 

LE CENTRE DE SANTE DE SOLOGNE             LE CENTRE DE SANTE DE ACHERES

 

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