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La télémédecine, une solution d'avenir

Depuis 2012, Le Noble Age Groupe met en place des consultations de télémédecine dans ses établissements et porte différents projets en régions, en partenariat avec d'autres acteurs de santé. Tour d'horizon d'une solution innovante et inspirante, avec le Professeur Gilles Berrut du CHU de Nantes, Madame Chantal Boudet de l'ARS Pays de la Loire, et le Docteur Jean-Achille Cozic du Noble Age Groupe.
Publié le 04.04.16 - Télémedecine

 

Tour d'horizon d'une solution inspirante

  •     Selon vous, à quels enjeux la télémédecine répond-elle ?

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Professeur Gilles Berrut  :

Chef du service de Gériatrie du CHU de Nantes, professeur à l’Université de Nantes, Vice-président de la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie et Président du Gérontopôle des Pays de la Loire.

« L'enjeu essentiel de la télémédecine consiste à améliorer le parcours de santé des patients, à réduire les inégalités d'accès aux soins, notamment pour les patients qui sont isolés géographiquement ou socialement (comme les détenus), et à proposer sur l'ensemble du territoire une expertise médicale et des soins de qualité. »

 

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Madame Chantal Boudet :

Adjointe du directeur de l'Efficience de l'Offre et responsable du Département des Systèmes d'Information partagée au sein de l'Agence Régionale de Santé Pays de la Loire.

« Elle représente aussi une réponse face aux défis épidémiologiques (vieillissement de la population, augmentation des pathologies et des maladies chroniques), au manque de médecins spécialistes dans certaines régions et aux contraintes économiques de la santé, même si on a du mal à le démontrer. »

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Docteur Jean-Achille Cozic :

Conseiller aux affaires médicales du Noble Age Groupe et spécialiste de la télémédecine.

" Elle permet également un rapide transfert de compétences. À Bordeaux, après un an de téléassistance entre médecins spécialisés dans les plaies chroniques et infirmiers, la durée des soins a été réduite de 9 à 3,5 mois, et la fréquence de renouvellement des pansements a été, elle, réduite de moitié.

 

Il y a là une réelle téléformation du personnel soignant. Autre aspect : grâce à la télémédecine, nous créons, au sein du Noble Age Groupe, des passerelles entre secteurs sanitaire et médico-social. Les médecins spécialistes de nos cliniques de Soins de Suite et Réadaptation (SSR) mettent leurs compétences au service des personnes âgées dépendantes et polypathologiques, que nous accueillons dans nos maisons de retraites médicalisées, et des patients qui sont hospitalisés à leur domicile, via nos établissements d'Hospitalisation À Domicile (HAD). "

 

  • Où en est le déploiement de la télémédecine en France ?

Chantal Boudet (ARS Pays de la Loire) :

« On est encore beaucoup dans l'expérimentation. L'absence de paiement à l'acte a ralenti le développement de la télémédecine, ces dernières années. Mais une expérimentation de tarification est en cours. Aujourd'hui, nous arrivons à une certaine maturité à la fois de l'organisation, de la culture des professionnels et du modèle de financement. Toutes les conditions sont réunies, c'est le point d'orgue. »

 

Gilles Berrut (CHU Nantes) :

« Rappelons qu'à l'origine, la télémédecine a été utilisée dans des situations extrêmes. Il nous faut passer de ce qui était une exception à un déploiement généralisé auprès de 60 millions d’habitants. Cela pose des problèmes de méthode ! »

 

  • Quels sont ces freins ?

Gilles Berrut (CHU Nantes) :

« Le premier frein, à mes yeux, c’est celui du secret médical et de l'interopérabilité des systèmes d’information. Pour des raisons de confidentialité, nous ne pouvons pas passer par Internet afin de partager nos données et cela pose la question de l’interopérabilité entre les différents systèmes d’information.

 

Ensuite, le deuxième aspect, c'est la régionalisation de la santé avec les ARS. Inévitablement, chaque région a sa propre stratégie de santé, ses propres priorités budgétaires. Cela conduit à un déploiement inégal de la télémédecine. En réalité, il n’y a pas une, mais des télémédecines !

 

Le dernier problème, c'est celui de la responsabilité juridique qui n'est pas résolu à ce jour : quand plusieurs médecins sont en téléconsultation, qui est responsable d’une "mauvaise prescription" ? »

 


Chantal Boudet (ARS Pays de la Loire) :

« Les projets de télémédecine sont souvent complexes : ils impliquent de nombreux acteurs, ils exigent du temps (au moins deux ans jusqu'à leur concrétisation), ils demandent de revoir son organisation, sa façon de travailler, sa "culture"… Finalement, les projets de télémédecine ne perdurent que s'ils répondent à de réels besoins. Ce sont les besoins en santé qui priment. »

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  •  Qu'avez-vous concrètement entrepris pour faciliter le développement de la télémédecine ?

Chantal Boudet (ARS Pays de la Loire) :

« Dans la région Pays de la Loire, il y a au moins 30 projets de télémédecine. Pour éviter de réinvestir du temps, de tout réinventer à chaque fois, il était nécessaire de les mutualiser, de leur trouver un socle commun. Nous avons donc souhaité créer une plateforme de télémédecine régionale, c'est-à-dire un outil informatique qui permette de développer cette activité et de structurer les données partagées, ainsi que les processus. Nous avons alors sollicité plusieurs acteurs dont Le Noble Age Groupe pour son expertise et son regard innovant. Le Groupe avait déjà postulé en 2013 avec le CHU de Nantes à un appel à projets de la Région, sur la prise en charge de consultations spécialisées pour les personnes âgées. »

 


Gilles Berrut (CHU Nantes) :

« En effet, avec le Parc de Diane, nous expérimentons des consultations de télémédecine pour des personnes âgées qui souffrent de troubles comportementaux. Soulignons que, sur 35 consultations réalisées ces 3 derniers mois, au moins 10 hospitalisations d'urgence ont été évitées. Ce n'est pas rien ! Nous savons combien le passage aux urgences est difficile pour ces personnes… »

 


Jean-Achille Cozic (LNA) :

« Cela montre combien la télémédecine participe à la politique nationale de santé et d'économie. Du côté du Noble Age Groupe, nous avons développé de nombreux projets de télémédecine et acquis une certaine expertise. Dans la majorité des cas, nous initions la démarche et sommes porteurs des projets. Une maison de retraite seule ne peut pas mettre en place un projet de télémédecine, c'est trop complexe. Et pourtant c'est une solution innovante d'avenir ! »

 


Chantal Boudet (ARS Pays de la Loire) :

« La télémédecine participe d'un tout numérique, elle ouvre de nouvelles perspectives, de nouvelles façons de travailler. Nous pourrions imaginer créer demain des modules innovants de formation en ligne, comme des Serious Games (jeux sérieux), qui favoriseraient les connaissances des professionnels médicaux et soignants. La télémédecine est innovante… et inspirante ! »

 

Telemedecine

 

 

Structurer son projet de télémédecine

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Julien Jeanneau, responsable des études prospectives du Noble Age Groupe témoigne sur le sujet.

  •     Comment bien structurer son projet de télémédecine ?

« Au sein du Noble Age Groupe, en plus des consultations en télémédecine que nous mettons en place entre nos différents établissements, nous initions aussi, depuis 2012, des projets de télémédecine en partenariat avec d'autres acteurs de santé (privés, publics ou associatifs), en répondant à des appels à projets lancés par les ARS.

 

Notre rôle, alors, consiste à porter les projets, coordonner les différents acteurs, apporter des solutions méthodologiques grâce à notre boîte à outils, et à bien identifier au préalable les besoins en santé pour pouvoir ensuite atteindre les objectifs fixés. En bref, nous nous positionnons comme des facilitateurs. Mais nous pouvons aussi aider les acteurs de santé du territoire à structurer leur projet de télémédecine. »

 

  • À quel type de difficultés peut-on être confronté ?

♦ « À une barrière économique : absence d’un modèle économique pérenne en France qui assurerait une visibilité à la télémédecine.

♦ À une barrière juridique : hétérogénéité des démarches en fonction des territoires.

♦ À une barrière technique : quel choix d'outils ? (ex. : un chariot mobile ou une salle de télémédecine ?).

♦ À une barrière culturelle : une vitesse de travail différente avec ses partenaires (culture et agilité). »

 

  • Comment relever le défi malgré ces difficultés ?

« Comme pour beaucoup de projets innovants, il est intéressant de se rattacher aux appels à projets pour co-construire les solutions de santé pertinentes et bénéficier de subventions facilitant les expérimentations. La contractualisation entre multi-acteurs, avec un porteur de projet légitime et bien identifié, est également facteur de réussite et facilite les démarches juridiques, administratives… (autorisation des activités de télémédecine auprès de la CNIL…).

 


C’est aussi une histoire de compétences locales, aux cultures et aux rythmes propres, qui choisissent de s’unir, tester et rendre des comptes, dans le but d’améliorer un dispositif avec une vision à long terme. L’enjeu consiste, en effet, à mutualiser les initiatives pour faire de la télémédecine un outil national renouvelant la pratique médicale et apportant un véritable confort aux bénéficiaires, notamment les personnes âgées. »

 

Quelques exemples de projets réalisés

♦ Depuis 2012, téléconsultation de suivi post-opératoire entre l'Institut Médical de Breteuil et l'hôpital de Beauvais (60).

 

♦ En 2013, réponse, avec notre maison de retraite Le Parc de Diane et le pôle de gérontologie clinique du CHU de Nantes, à l'appel à projets lancé par le Conseil régional des Pays de la Loire pour des consultations de télémédecine pour des personnes âgées souffrant de troubles comportementaux.

 


♦ En 2014, réponse, avec nos maisons de retraite ligériennes La Chézalière (Nantes) et Creisker (Pornichet), et 2 EHPAD associatifs (AGAPE), à un appel à projets lancé par l’ARS Pays de la Loire.

 


♦  En 2014 toujours, réponse, avec notre Résidence Le Bourgailh (Pessac), à un appel à projets lancé par l'ARS Aquitaine pour les plaies chroniques et leur cicatrisation, en collaboration avec le pôle de gérontologie clinique du CHU de Bordeaux.

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