Nous utilisons des cookies sur ce site pour améliorer votre navigation.

En cliquant sur un lien sur cette page, vous donnez votre consentement pour l'utilisation des cookies.

La démarche SENS

Résidents, soignants, aidants, un triptyque vertueux au coeur de l’accompagnement des résidents atteints de pathologies neuro-évolutives.

Publié le 22.01.21 - Face à la maladie d’Alzheimer

Dès sa création en 1990 et l’ouverture en 1995 de la résidence Le Parc de Diane, à Nantes, entièrement dédiée à des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés, LNA Santé a développé une expertise  majeure concernant les pathologies neuro-évolutives. De nombreuses initiatives en la matière ont vu le jour dans les établissements, notamment dans le domaine des thérapies non médicamenteuses.

Christophe Boulanger, Directeur des Opérations Secteur Médico-Social, présente le nouveau cap que s’apprête à franchir le groupe : « Les pathologies neuro-évolutives constituent un défi pour notre système de santé et l’on ne cesse de progresser aussi bien en matière de recherche que de soins et d’accompagnement des personnes touchées. C’est aussi un défi aussi pour notre groupe comme les chiffres en témoignent : 75 % des résidents entrent dans nos EHPAD avec une altération de leurs fonctions cognitives. Depuis 2018, nous avons donc engagé une démarche structurée d’amélioration de nos expertises vis-à-vis de ces pathologies. Et dans le cadre de l’axe 3 de notre projet stratégique Grandir Ensemble 2022 (orienté vers l’amélioration de l’expérience clients et de l’offre médicale), nous avons décidé de l’investir encore plus fortement. Nous l’appelons désormais la démarche « SENS », illustrant ainsi notre volonté de « donner du sens, même quand les mots n’en ont plus ».
Alors que la crise de la Covid-19 du printemps est venue conforter et enrichir notre projet, nous avons aujourd’hui défini six axes de travail prioritaires :

  1. La formation et les compétences professionnelles
  2. La place des aidants
  3. Le parcours du résident
  4. Les thérapies non médicamenteuses
  5. L’architecture et le matériel
  6. La prospective

La démarche SENS est animée et suivie par un comité de pilotage pluridisciplinaire, qui se réunit de façon régulière afin de mettre en œuvre les actions définies.
Si depuis 30 ans, nous avons beaucoup appris chez LNA Santé, nous nous devons de continuer en permanence de progresser, d’améliorer nos pratiques. Dans un seul but : répondre à notre mission « Soigner et prendre soin. »

Explications avec Laure Jouatel, médecin gériatre et médecin référent groupe de la démarche SENS,

A ce stade, la formation des équipes est une de nos priorités. Objectif : avoir un socle élargi et commun de compétences. Nous allons donc généraliser la formation d’Assistant de Soins en Gérontologie (ASG) pour les Maîtresses de Maison dans un premier temps.  Nous allons également déployer en 2021, un module de formation interne de sensibilisation (sur 3 jours) à destination de tous les professionnels soignants de nos établissements. En complément, des approches non médicamenteuses comme, par exemple, l’apprentissage par la méthode Montessori pourront se développer progressivement. 

Autre point majeur de notre projet, capitaliser sur les initiatives développées en matière de thérapies non médicamenteuses dans des établissements du groupe en évaluant leur impact sur la santé globale du résident et sa qualité de vie. C’est un élément important pour légitimer le travail des thérapeutes, également viser à la diminution des psychotropes. Pour ce faire, nous étudions de près, avec la Cellule Innovation LNA Santé, les solutions numériques qui sont proposées sur le marché, car elles peuvent contribuer au mieux-être des résidents.

Demain, les EHPAD auront à accueillir de plus en plus de résidents atteints de pathologie cognitive avec des troubles du comportement et/ ou fortement polypathologiques. Monter en expertise et en expérience est un enjeu majeur pour nous. En effet, les EHPAD sont un lieu d’expertise multidisciplinaire reconnue. Les professionnels pourront aussi intervenir en soutien au domicile de la personne fragilisée et de son aidant proche, et les accompagner dans le parcours de soin, bien en amont de son entrée en EHPAD.

 

Illustrations avec Audrey Bockelee, directrice de la Villa Amélie, à Saint- Rogatien (17) et co-pilote depuis 2018 de la démarche SENS.

« Cela n’a sans doute pas été suffisamment valorisé, mais la crise sanitaire du printemps dernier a aussi été une période apprenante. Les établissements ont vécu des expériences très différentes, compte tenu des disparités de la situation épidémique selon les territoires. Ils ont dû faire preuve d’inventivité pour s’adapter aux contraintes de la période. Ces contraintes sont aussi devenues des opportunités pour expérimenter de nouvelles façons de faire. Le diagnostic que nous avons conduit avec le Docteur Jouatel, au cours duquel nous avons interrogé une cinquantaine de professionnels de six EHPAD du groupe, durant l’été, nous l’a bien enseigné.

Deux retours d’expérience enrichissants.

Le premier : la relation avec les familles a été évidemment bouleversée par le confinement. En effet, temporairement elles ne pouvaient pas, sauf exception, venir rendre visite à à leur proche. Les relations étaient maintenues à un rythme régulier mais forcément en distanciel. Cette situation a amené les professionnels à profondément repenser la place de la famille et des proches auprès des résidents bien sûr, mais aussi, aux côtés des soignants. Notre conviction est claire : les aidants doivent devenir de véritables partenaires de soins. Cela passera notamment par le fait de les sensibiliser aux pathologies neuro-évolutives ou de les associer pleinement à des activités avec leur parent ou proche…

Deuxième exemple. Habituellement, un groupe de résidents peut être accueilli au sein du PASA de la Villa Amélie (Pôle d'activités et de soins adaptés). Pendant une journée, les résidents participent en petit groupe à des activités thérapeutiques qui contribuent au maintien de leur autonomie. Ce dispositif étant fermé pendant l’épidémie pour éviter le croisement de résidents d’unités différentes, nous avons décidé de créer un PASA itinérant, se déplaçant d’unité en unité. Cette expérience a connu un franc succès. Nous allons donc la modéliser et la tester pendant trois mois, afin d’en évaluer les impacts et la reconduire si les bénéfices pour les résidents se confirment.

Pour terminer, j’évoquerai une autre initiative de notre établissement. Plusieurs études ont démontré que la tenue vestimentaire des soignants (blouse) avait un impact vis-à-vis des résidents présentant des troubles neurocognitifs, créant une distance et parfois des tensions. Nous réalisons donc avec des partenaires des prototypes de vêtements professionnels civils, que nous allons tester et évaluer durant trois mois. L’idée est bien là aussi de s’adapter à nos résidents, afin qu’ils se sentent chez eux et qu’ils communiquent sereinement avec les professionnels qui les prennent en soin au quotidien. Nous sommes pleinement dans la démarche SENS ! »

 

 

Sur le même thème

Voir tous les articles

S'inscrire à la newsletter